Cette semaine nous accueillons un nouvel auteur en ces colonnes, kirasd69, qui partage ses premières impressions sur l’Audeze Sine l’un des seuls casque orthodynamique – aussi dit planar magnetic – à être conçu pour un usage nomade : il est fermé, de taille et de poids raisonnables. Autant de gageures pour ces membranes planes confinées entre […]

[Feedback] Audeze Sine

Cette semaine nous accueillons un nouvel auteur en ces colonnes, kirasd69, qui partage ses premières impressions sur l’Audeze Sine l’un des seuls casque orthodynamique – aussi dit planar magnetic – à être conçu pour un usage nomade : il est fermé, de taille et de poids raisonnables. Autant de gageures pour ces membranes planes confinées entre de larges grilles aimantées, fonctionnant par essence en dipôle.

Nous vous laissons juge du résultat…

Découverte

Audeze ne lance pas énormément de casques mais ceux-ci sont toujours de qualité. Sa gamme LCD comprend peut-être les meilleurs casques sédentaires qui existent sur le marché. Son catalogue s’est enrichi d’autres modèles, EL-8 et Sine, et depuis peu, d’intras. Tous ont la même particularité : l’utilisation de drivers magnétiques planaires (ou orthodynamiques). Plus coûteuse que celle équipant les casques à drivers dynamiques, cette technologie présente beaucoup d’avantages : une réponse en fréquence très linéaire, une rapidité exemplaire et une distorsion proche du néant. Les casques à drivers dynamiques n’ont plus que la gestion des basses pour eux — quoique les casques magnétiques planaires de dernière génération aient rattrapé leur retard sur ce point.

Audeze  propose depuis 2016 le Sine, premier casque planaire magnétique supra auriculaire nomade au monde. , c’est ce charmant petit camarade qui est l’objet du présent retour. Cela fait à peine une semaine que je l’ai. Pourquoi un compte-rendu aussi précoce me demanderez-vous ? Tout simplement parce que les qualités de ce casque sont tellement évidentes qu’il n’y a pas besoin de plus de temps pour s’en rendre compte. Il ne m’aura fallu qu’une trentaine de minutes  pour m’accommoder à sa signature… Et ensuite ce fut la claque ! La vraie CLAQUE ! Avec cet effet « Wahou ! » que je cherchais depuis si longtemps. Ce fameux effet wahou qui fait qu’on jetterait tout le reste juste pour ne garder que le Sine !

Mais je vais y revenir.

Commençons par un tour du propriétaire.

Déballage

Le Sine arrive dans un beau package blanc ornée. d’une  photo du casque et du câble Cipher puisque j’ai choisi cette version. Une fois ôte on découvre un joli coffret noir avec le logo Audeze en argenté. A l’intérieur le casque est logé dans un écrin de mousse de très bonne qualité. Au centre trône fièrement le câble Cipher. Deux petites poignées en tissus permettent de soulever la mousse. Dessous, une petite boite en carton contient la documentation habituelle, une housse de transport à ouverture aimantée (très appréciable), un adaptateur jack 3,5 vers jack 6,35 et le câble standard au format jack 3,5.

Boite de l'Audeze Sine

 

Le Sine est d’une construction irréprochable. Je n’ai jamais vu un tel niveau finition. Et c’est fait à la main ! Du très grand art… Le design est vraiment très réussi. Lorsque qu’on prend le casque en main, on a véritablement l’impression d’un produit haut de gamme. Beaucoup de concurrents paraissent être des jouets à côté du Sine. Tout dans ce produit respire le haut de gamme, de l’emballage jusqu’au câble. Avant de l’acquérir, je le trouvais bien cher : entre 500 et 600 € dans les différentes boutiques en ligne. Maintenant que je l’ai en main et que j’ai pu l’écouter, je dois dire que son prix est plus que justifié. D’autres marques n’auraient sans doute pas hésité à le vendre plus cher…

Qu’on soit bien d’accord : il est clair qu’Audeze ne  fait pas des produits « bon marché », reste que leur prix n’est finalement pas si excessif au regard de leur qualité.

Seule ombre au tableau, l’inconfort du Sine, vraiment rédhibitoire pour un porteur de lunettes. La faute en revient aux mousses des bonnettes qui sont trop rigides. Elles ne peuvent épouser la forme de mes branches de lunettes et appliquent donc une pression qui s’avère vraiment douloureuse au bout de trente à quarante-cinq minutes. Il suffit de le réajuster légèrement et c’est reparti pour trois quarts d’heure sans douleur, mais le problème n’est que reporté et reste fâcheux quand on porte des lunettes. Pour le régler, j’ai commandé des bonnettes chez Vesper Audio. On verra si ça améliore les choses quand je les recevrai. (Peu de doute sur ce point, vu que les nouveaux pads seront des vrais circum-auriculaires et non des supra). A part ça, bien qu’étroit l’arceau est très confortable et n’appuie par sur le haut du crâne.

Les deux câbles fournis, le Cipher et le standard, sont des modèles plats, assez épais et de très bonne qualité. Ils ne sont pas sensibles aux bruits de frottement. Leurs gaines sont dans une matière « soft touch » très agréable. En revanche ils récupèrent facilement la poussière. Même constat pour la housse de transport, dont la  feutrine cirée, très agréable, est  également sensible à la poussière.

audeze-sine-2

 

Le son

Alors il sonne comment ce Sine ?

Vaste sujet…

La première fois que j’ai chaussé ce casque , j’ai été dérouté par sa signature sonore et sa présentation de la scène sonore. J’avais écouté toute la journée l’Oppo PM3, donc le soir en coiffant le Sine, j’ai eu l’impression d’un contraste assez important. La fatigue de la journée n’aidant en rien, ma première réaction au bout de quinze secondes a été : « Mon Dieu, j’ai fait une erreur ». J’ai laissé la nuit porter conseil et j’ai procédé à un nouvel essai le lendemain matin.

Et là, j’ai eu ma claque. Une claque si énorme que je n’arrive toujours pas à comprendre comment ce casque est capable d’une telle prouesse. Pour moi Audeze a réalisé là, un véritable exploit. Une telle qualité pour un si petit casque… ça relève du miracle ou de la sorcellerie ! (Ou plus sérieusement du talent de bons ingénieurs). Oui, je fais durer le suspense, mais je pense que ce casque le mérite. Le Sine est un chef-d’œuvre qui se déguste. Il appartient à la gastronomie de la musique !

Commençons, en guise d’entrée, par la scène sonore. Celle-ci est vraiment large pour un casque supra-auriculaire fermé. Le son s’étend plus loin que sur l’Oppo PM3, avec un surcroît de profondeur L’impression holographique, ou 3D comme disent certains, est ici simplement impressionnante. La séparation des instruments est absolument fabuleuse. J’appréhende avec ce casque des concepts qui jusqu’à présent me paraissaient assez obscurs. Lorsque d’autres audiophiles parlaient « d’étagement des plans» ou de la possibilité de localiser chaque instrument avec précision,  je comprenais « intellectuellement » ce qu’ils voulaient dire mais n’en avais jamais vraiment fait l’expérience. Maintenant, je comprends, et j’applaudis des deux mains en virevoltant au gré de la musique que le Sine transmet.

Passons maintenant au plat principal : la signature sonore. Quoique difficile à cerner, celle-ci me paraît en léger V, avec un renforcement des basses et des aigus. Néanmoins les médiums sont tellement bons que ledit V est presque inexistant pour moi. Mais objectivement, je dirais en V quand même, avec des basses qui descendent très, très bas. Mon audition s’arrête à environ 26Hz, et l’on sent que le casque peut descendre encore plus. Les infrabasses sont vraiment là et c’est très agréable. Quoique bien étendus, les graves du Sine sont très rapides et légèrement secs — mais nullement rachitiques ! Ils soulignent la musique, comme il se doit de la part de ce registre.

Les médiums, quant à eux, ont une texture excellente qui donne aux timbres plénitude et matière. Je vois là comme une parenté avec les Grado. Le rendu des guitares, par exemple, est bourré de détails, les voix sont fabuleuses. Sans atteindre la qualité des timbres délivrés par l’Oppo PM3, le Sine offre des médiums beaucoup plus entraînants, dansants. Vivants, en un mot.

Les aigus sont cristallins à souhait mais dépourvus de toute dureté comme de la moindre sibilance, et cela sur tous les morceaux. Ils sont pour moi simplement parfaits.

Mais la qualité peut-être la plus remarquable de la restitution du Sine est sa rapidité. Encore une fois je vais comparer avec l’Oppo PM3, d’abord parce que c’est son plus proche concurrent et aussi parce que je le possède. La rapidité de l’Oppo est d’un autre ordre. On va dire que le PM3 est une Bentley capable de vélocité mais finalement plus recommandable pour les bonnes balades dans un confort luxueux. Le Sine lui — puisque son design vient d’une filiale de BMW — ressemble plus à une BMW M1 (issue d’un partenariat avec Lamborghini) qui privilégie la rapidité avant le confort et le luxe. Il en ressort que sur chaque musique tous les petits détails sont présents et parfaitement audibles sur le sine alors qu’ils sont tout simplement escamotés par l’Oppo PM3. Et pas que par le PM3. C’est aussi le cas avec le Beyerdynamic Amiron Home, pourtant équipé de driver Tesla qui sont parmi les plus rapide dans la technologie dynamique. Le Sine est également plus véloce et donc plus résolvant que lui..

L’impact… On parle de l’impact ? Encore une fois, on est dans l’énorme. Un si petit casque capable de nous secouer de cette manière, c’est juste impressionnant ! Comme dirait un cher personnage, lui aussi tout vêtu de noir : « Most impressive ».

Enfin, le dessert… Je veux naturellement parler du câble Cipher. On l’a un peu oublié celui-là non ? Personne ne sait ce qu’il y a comme composant dedans, mais Audeze a encore une fois réalisé une performance impressionnante avec ce composant. On sait que les casques magnétiques planaires ont souvent besoin d’une amplification costaude voir très costaude. Audeze n’hésite pas à recommander entre 500 mW et 1w pour son Sine ! La plupart des casques dynamiques se contentent d’environ 100 à 200 mW. L’Oppo PM3, autre casque magnétique planaire, demande plutôt pour sa part 300 mW.

On sait que le câble Cipher ne peut fournir cette puissance car limité par celle de l’iPhone ou l’iPod auquel il est relié. Audeze a donc dû trouver une autre solution que la puissance brute. C’est, je pense, la raison de la présence d’un DSP dans le câble en plus du Dac et de la partie ampli. Le Sine sonne divinement bien avec le câble Cipher. Le câble ajoute un petit bass boost, ce qui se comprend parfaitement : ce câble est prévu pour un usage nomade or les basses fréquences sont celles qu’on perd le plus facilement en environnement bruyant (rue, métro etc…). Ce renforcement des plus bas registres est donc bienvenu. Sur les autres fréquences, en revanche, pas de changement particulier. Cela sonne pareil. Mais l’autre avantage de ce câble, c’est qu’une fois relié à l’application d’Audeze (je rappelle que tout ceci n’est compatible qu’avec Apple) on bénéficie d’un égaliseur avec deux préréglages disponibles, préréglages qui se chargent dans le câble lui-même. Donc en plus d’être disponible dans 100% des applications, on le conserve si on change d’iDevice. De plus, le câble intègre un firmware qui peut être mis à jour. Audeze peut donc encore améliorer le son de cet accessoire sur la durée.

Musique

La surprise après le dessert !

Chose rare dans mes feedbacks, je vais parler musique. Le Sine est relié à un combo Schiit Modi 2 + Magni 2 ou à l’Audioquest Dragonfly Red branché sur mon iPhone SE, mais aussi sur le tout nouveau Audio-GD R2R 11. On y reviendra plus bas.

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I Want My Tears Back – Imaginaerum – Nightwish

Ce morceau n’est pas simple à restituer. Pas mal de guitares saturées, surtout au début et pouvant provoquer de nombreuses sibilances. Ici avec le Sine, aucun problème. Tout est restitué avec une justesse incroyable. Le jeu de batterie est parfaitement perçu. Le Sine me révèle même à l’arrière-plan un synthétiseur jamais entendu auparavant (à partir de 1’20’’). A partir de 3’16’’, le passage avec le solo est terriblement entraînant.

Ce titre, je l’écoutais de moins en moins à cause de sa « dureté » générale qui ne passe pas sur beaucoup de matos. Le Sine change la donne.

Zum Horizont – Armageddon – Equilibrium

Encore du métal. Cette fois se sont les détails qui m’ont véritablement frappé, surtout à 40’ du début, lorsqu’en arrière-plan, au fond à droite, on entend des percussions (en bois genre clave ou assimilé) très rapides. Encore une fois ce genre de détails n’est retransmis par aucun autre casque que je possède, ni par le PM3 ni par l’Amiron…

Ewok Celebration and Finale – Star wars Episode VI – John Williams

Un de mes morceaux préférés. La prestation des chanteurs est fabuleuse. La scène sonore de ce titre prend vraiment une toute autre dimension avec le Sine. La musique devient lisible comme du cristal, toute les pistes sont vraiment séparées et elles remplissent l’espace d’une magnifique manière. Accoudé au bar du bistrot, en train de boire sa bière, G G nous parlait des effets que produisent sur nous les musiques : poils qui se dressent, larmes aux yeux, etc… Sur du John Williams, je dois dire que le Sine nous offre véritablement le plein d’émotions. Un grand moment !

Idol – Idol Single – Mind Enterprises

Une musique que j’ai découverte récemment. Dans un tout autre style que les précédentes. Le Sine s’accommode de n’importe quel genre de musique et le restitue à chaque fois de très belle manière. Cette musique électronique très typé années 90s fait la part belle aux basses (plus qu’aux infrabasses) et aux synthés relativement aigus. Le contraste entre les deux est juste génial. Le Sine ne se mélange jamais les pinceaux. L’impact est excellent et on tape du pied immédiatement. Je l’écoute au moment où j’écris ces lignes et v’là que je me mets à bouger en rythme et à danser comme un idiot devant mon écran.

Musique deuxième épisode

Après mure réflexion, je préfère parler du combo Sine + Audio-GD R2R 11 dans un paragraphe séparé. Dans les spécifications du Sine, Audeze indique que ce casque atteint un fonctionnement optimal lorsque l’amplification associé permet de délivrer entre 500 mW et 1000 mW. Audeze annonce également que le Sine peut supporter jusqu’à 6 W en pic ! Le combo Schiit Modi 2 + Magni 2 est capable de fournir cette puissance. Mais il ne possède pas le raffinement technologique d’Audio-GD.

Ainsi donc, je branche le Sine sur le R2R 11 (environ 3,5 W à 20 ohms ! ) et je me suis pris une seconde claque ! J’en suis littéralement tombé de ma chaise. Quelle est donc cette sorcellerie ? Serait-ce la « techno » ACSS de l’amplification ? Ou serait-ce lié au fonctionnement du dac en R2R ?

Je ne saurais dire. Toujours est-il que le Sine atteint encore une autre dimension avec ce DAC-amp.

Les graves ont une profondeur et une tenue assez exceptionnelle, les médiums sont délicieux à souhaits et les aigus sont d’un cristallin vraiment majestueux. Et je trouve ces mots encore insuffisants.

Vous avez déjà ressenti l’impression d’être sur scène, avec les artistes juste à côté de vous, lors de vos écoutes ? Avec ce combo, ça a été le cas pour moi. Lorsque j’écoute du Sophie Kazandjian (excellente pianiste) j’ai véritablement cette impression. Les détails de la musique sont vraiment magnifiés. Les harmoniques ont une présence rare, le bruit de la mécanique du piano, pas toujours désirable souligne ici le jeu de l’artiste sans détonner. J’ignore si c’est intentionnel de la part de l’ingé son, mais cela fait son petit effet. Les notes semblent ne jamais s’éteindre.

Je ne sais qui, du casque ou du DAC-mp, est responsable d’une telle restitution, mais je dois avouer que je n’ai rien entendu de plus beau. Les mots qui me viennent naturellement à l’esprit sont : « accord parfait ».

 Conclusion

Il est temps de conclure ce retour qui est sans doute le plus long que j’ai rédigé depuis que je suis sur TN. Et je pourrais encore en dire beaucoup sur ce Sine, mais je risque de lasser mon lectorat qui préférera sans doute vérifier par lui-même ce que j’avance.

Pour ma part, je n’ai jamais rien entendu de mieux. J’en reste toujours sur le postérieur. J’en ai la mâchoire qui se décroche. Et le plus dingue, c’est que c’est un casque nomade ! Un nomade qui lamine des références comme l’Amiron ! Cela me donne envie de tester les autres casques d’Audeze, hélas ceux-ci sont beaucoup moins accessibles.

Le Sine propose une écoute raffinée, cristalline, pleine de vie et de détails ; une signature fun, qui donne envie de bouger — même à moi qui hais la danse par-dessus tout ! De la gastronomie musicale à l’état pur. Un véritable régal en tout point.

Un succès, toutefois légèrement gâché par les pads. Je précise légèrement, car la qualité de la musique est telle que j’accepte la douleur causée par mes lunettes. J’espère que le changement de bonnettes réglera ce souci.

De l’or en barre tout simplement, qui au final, n’est pas si cher pour les prestations fournis.

Sur ce Messieurs–Dames, je retourne me remplir le cerveau de joyeuse mélodie chantée de voix de maître par Mister Sine et son acolyte Cipher !

4 réponses à “[Feedback] Audeze Sine

  1. Bel Article,
    Il faudrait condenser un peu mais mieux vaut trop de détails que pas assez ;)
    Le casque à l’air top en regard de la catégorie dans laquelle il joue (casque portable fermé utilisable aussi en sédentaire).

    1. En fait c’est plutôt un casque « transportable » que portable. Car il demande une amplification costaude. Un simple smartphone n’a pas la puissance suffisante. Sauf! Si on utilise le câble Cipher mais uniquement pour Apple. Sans ce cable il faut au minimum un bon ampli nomade (type Fiio A5) ou un bon Dac/amp.

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