Nous y sommes, c’est la rentrée ! Mais ne cédez surtout pas à la morosité ambiante et profitez plutôt du grand retour du Blog pour vous évader un moment. En ce premier vendredi de septembre, DarkZenith et lolo33 nous proposent en effet un comparatif de cinq paires d’intras économiques. Bonne reprise à tous et bonne […]

[Comparatif] Cinq paires d’intras économiques : Zero Audio Carbo Tenore, Havi B3 Pro I, Soundsoul S-018, VSonic VSD3 et TTPOD T1

Nous y sommes, c’est la rentrée ! Mais ne cédez surtout pas à la morosité ambiante et profitez plutôt du grand retour du Blog pour vous évader un moment. En ce premier vendredi de septembre, DarkZenith et lolo33 nous proposent en effet un comparatif de cinq paires d’intras économiques. Bonne reprise à tous et bonne lecture !

Première Partie : présentation du tableau comparatif

Avertissement

Tous les intras testés ici nous appartiennent. Nous ne sommes liés à aucune des marques citées dans ce texte.

Protocole suivi

DarkZenith a procédé, pendant environ un mois, à une première écoute du panel accompagnée de prises de notes. Lolo33 s’y est collé dans le mois suivant. Au terme de ce deuxième mois, nous avons comparé nos notes et nos classements puis mis au point la version définitive du tableau comparatif. Nous avons enfin rédigé les articles de présentation de chaque paire d’intras.

Matériel de test

  • Xuelin Ihifi 760 + LOD Forza Audioworks + C&C BH2
  • Xuelin Ihifi 960 « Modify » rockboxé + LOD Forza Audioworks + C&C BH2
  • iBasso DX50 + LOD Forza Audioworks + Trasam HA1 2G
  • Sansa Fuze + LOD Audiominor + Blue Bird U3+ (avec AD8610 double mono)
  • Cowon J3

Play-list de test

  • AC/DC – [Tout ce qu’il est possible d’écouter…]
  • Adèle – 21, Live
  • A Perfect Circle – Thirteenth Step – « The Package »
  • Barlow Girl – Our Journey So Far
  • Coors (The) – Unplugged
  • Eagles (The) – Grand Collection
  • GASSIN Emilie – Curiosity
  • HEPBURN Alex – Together Alone
  • Karma to Burn – Karma To Burn – « Mt. Penetrator »
  • Metallica – Metallica – « Enter Sandman », « The Unforgiven »
  • MILLER Marcus – The Sun Don’t Lie
  • Nostromo – Ecce Lex – « Still Born Prophet »
  • OBEL Agnès – Aventine
  • Pixies – Surfer Rosa – « Where Is My Mind »
  • Spacek – Curvatia – « Sexy Curvatia »
  • STILETTO Gianni – Kognitive Devide – « Reality Port 23″
  • STIRLING Lindsey – Shatter Me
  • TCHICAI John & REK Vitold – Satisfaction – « Hullo »
  • YANOFSKY Nikki – Little Secret
  • Zaz – Paris

Explication des critères de comparaison

La note du soundstage sanctionne surtout la capacité de chaque intra à rendre compte de la spatialité propre à chacune des musiques de test, à donner la plus juste impression de l’espace singulier des enregistrements ou des productions, à en procurer le ressenti le plus authentique. Nous n’avons pas tenu compte des dimensions de cette scène (ses largeur, profondeur et éventuellement hauteur), sauf quand celles-ci, par leur manque, par leur excès ou simplement par leur présence affectaient, dans un sens ou dans un autre, le ressenti spatial.

La réponse fréquentielle est censée refléter autant la qualité que la quantité des trois grands registres retenus (graves, médiums et aigus).

Dans le secteur de la dynamique, nous avons été bien sûr sensibles aux capacités macro-dynamiques des intras (fidélité aux écarts d’intensité, qualité des attaques et du profil ADSR en général) mais aussi et peut-être surtout à leur respect de la micro-dynamique du signal (sensibilité au groove, au balancement fin de la cadence).

La rapidité est le degré de résolution temporelle de chaque intra, sa faculté de détourage des interventions sonores dans leur succession, en particulier sur des cadences élevées.

Le respect des timbres, enfin, est la capacité qu’a chaque intra de bien caractériser le rendu des instruments, de les faire sonner tels qu’en eux-mêmes, de les rendre aussi reconnaissables que l’ont voulu les ingénieurs du son et les producteurs des musiques de notre play-list.

Le tableau comparatif

Les points attribués à chaque paire d’intras dans chaque secteur correspondent à son classement dans ce secteur. Par exemple, les Tenore ont, selon nous, le meilleur soundstage de ce comparatif ; ils sont donc premiers dans ce secteur et se voient attribuer cinq points. Les Havi B3, que nous avons classés seconds dans ce même secteur, reçoivent quatre points seulement; les Soundsoul S-018, qui sont troisièmes, récoltent trois points, etc. Nous avons évité les ex æquos.

 

Cliquer dessus pour l’agrandir.

Commentaire du tableau

Les Zero Audio Carbo Tenore sont les grands et indiscutables vainqueurs de ce comparatif, et cela, sans nul doute, grâce aux performances de leur micro-driver dynamique qui, à la richesse timbrale des drivers dynamiques classiques, ajoute des capacités de détourage et d’impact ainsi qu’une finesse de résolution qui étaient jusqu’alors l’apanage des armatures. Il est d’autant plus regrettable que leur fabrication (comme nous le détaillerons plus loin) laisse autant à désirer…

Havi B3 Pro I et Soundsoul S-018 viennent ensuite, les premiers précédant les seconds d’une bonne longueur grâce à leur excellence sur certains secteurs (rapidité et respect des timbres) qui nous les ont même fait préférer, dans ces domaines précis, aux Tenore. Il est d’autant plus dommage que leur prestation dans le rendu de la partie haute du spectre ne soit pas à la hauteur du reste de leurs performances.

Les Soundsoul S-018, sans vraiment exceller nulle part, sont quant à eux agréables partout — à l’exception de leur restitution des timbres, hélas médiocre. Mais cela ne les empêche pas d’offrir sans doute le meilleur rapport qualité/prix de ce comparatif !

TTPOD T1 et VSonic VSD3 ferment la marche… Nous les avons détestés, même si nous avons dû leur reconnaître certaines qualités, et les écouter pour ce comparo nous fut pénible. DZ a particulièrement abhorré les VSD3 et lolo33 les TTPOD T1. En tout cas, nous ne comprenons guère la faveur que ces intras ont pu avoir (et continuent encore à avoir) sur certains forums audiophiles, en particulier anglo-saxons…

Nous allons maintenant essayer de détailler les impressions que nous ont laissées tous ces intras, secteur par secteur, dans les articles de synthèse qui suivent…

 

Deuxième Partie : les articles de synthèse

Zero Audio Carbo Tenore

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 (Source : Ryuichi Matsuba @ geocities.jp)

Le prix : 31,45 € fdpin sur Amazon.fr.

Les specs : Type de driver : un micro-driver dynamique de 5,78 mm de diamètre Impédance : 16 ohms Sensibilité : 102 dB

Les accessoires : Le package des Tenore est spartiate : trois embouts (S, M et L), une pochette en tissu et c’est tout.

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 (Source : Ryuichi Matsuba @ geocities.jp)

La fabrication : L’achat des Tenore relève malheureusement un peu de la loterie, tant leur rendu a tendance à différer assez nettement d’un exemplaire à l’autre. Cela tient à la mise en œuvre des micro-drivers dynamiques dont ces intras sont équipés. Ces drivers sont la clé de leurs performances… mais aussi leur talon d’Achille. Leur membrane est rigidifiée par un revêtement en titane qui confère à leur sonorité du corps en même temps que de la précision, et cela jusque dans les plus basses fréquences. Cependant, pour donner leur pleine mesure, ces drivers ont besoin à la fois d’un filtre pour les aigus et d’un filtre pour les graves. Le premier filtre consiste en un masque métallique ajouré venant se placer entre le driver et la canule et le second en un cercle de mousse collé à l’arrière du driver, devant un évent de décompression.

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 Le filtre avant des Tenore (Source : james444 @ Head-Fi)

 

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 Le filtre arrière des Tenore (Source : james444 @ Head-Fi)

Ces deux filtres peuvent être affectés par des défauts de fabrication et de pose qui se traduiront par des accentuations et/ou des atténuations dans plusieurs parties de la réponse fréquentielle : à l’articulation hauts-médiums/aigus, ce qui engendrera des sibilances, ou dans les graves qui en deviendront excessifs ou, au contraire, lacunaires. L’exemplaire testé ici était parfait… mais c’était le seul parmi les trois que nous avons achetés successivement au même vendeur ! L’autre grosse faiblesse des Tenore est la fragilité de leur câble dans sa jonction avec la coque, d’une part parce qu’il n’est retenu à l’intérieur de celle-ci que par un simple point de colle (et non par un nœud) et d’autre part parce que la surgaine d’entrée n’est pas assez épaisse ni surtout assez longue pour jouer son rôle d’amortissement mécanique. Il faut donc prendre maintes précautions quand on enlève ces intras des oreilles et ne surtout pas céder à la tentation de procéder à cette extraction en tirant sur le câble : rupture garantie à court terme !

Le fit : La coque des Tenore est à la fois droite et mince, avec le câble judicieusement déporté à la leur extrémité, ce qui permet de leur trouver très facilement un seal (occlusion) durable, voire, quand on a l’anatomie requise, de les enfoncer intégralement dans le conduit, par exemple avec des embouts articulés comme les Spinfit. En plus d’assurer une excellente isolation, de très loin la meilleure de tout le comparatif, ce genre d’insertion profonde permet aussi de rendre optimales les conditions de travail du micro-driver dynamique dont le rendu gagne alors en fermeté ainsi qu’en richesse timbrale et cela sans que la scène des Tenore s’en trouve plus confinée pour autant — car c’est un autre avantage des micro-drivers dynamiques, et non des moindres, que d’avoir ainsi une restitution qui ne perd pratiquement rien en aération quand ils sont placés dans un environnement acoustiquement clos.

Le son : Les Tenore offrent, dans ce comparatif, le soundstage le plus discriminant et le plus réaliste à la fois, avec de belles réserves de profondeur, capables de rendre compte avec détail et naturel du volume et des résonances propres des espaces d’enregistrement ou de production. La séparation latérale de leur rendu n’est pas en reste et, quoique s’affirmant sur une scène d’une largeur moyenne, elle achève de conférer à ces intras une faculté de résolution spatiale qui les rend très à l’aise dans la restitution de signaux complexes, composés d’une multitudes d’interventions sonores simultanées.

Leur réponse fréquentielle est à l’avenant, avec des graves réalistes, relativement peu texturés mais aux attaques franches, dont les extensions, pas toujours très bien maîtrisées, savent néanmoins proposer de la densité et un « gras » authentiques. Surtout, malgré leur impact et leur présence, les graves des Tenore restent à leur place et n’empiètent pas sur les médiums. Ceux-ci ne sont pas le point fort de ces intras, du moins en quantité, mais leur qualité, dans leur secteur tarifaire, est quasi irréprochable. Sans être projetés vers l’avant, les médiums des Tenore s’imposent à l’oreille de l’auditeur avec aisance et se montrent relativement enjoués mais surtout bien articulés, avec de la clarté et de la fluidité. Là encore, le qualificatif de « naturel » nous semble le plus approprié pour décrire l’impression que nous ont laissée les médiums des Tenore. Les aigus, enfin, possèdent sur ces intras une finesse et un délié que n’entache aucune crispation. Cela se remarque en particulier dans la restitution des cymbales, très propre et bien « croustillante ». De façon générale, les aigus des Tenore sont aussi présents que contrôlés, même si on peut leur reprocher un léger manque de brillant et aussi de texturation — une certaine lacune dans les résonances donc. Mais outre que cette lacune est un peu la rançon de la maîtrise des hauts registres, elle ne nuit en rien à la fidélité de la restitution des instruments ou des interventions sonores les plus aiguës.

Au naturel de la réponse fréquentielle des Tenore répond la musicalité de leur dynamique. Ces intras savent négocier avec panache mais sans ostentation les ruptures de volume les plus agressives et peuvent « claquer » quand il le faut et comme il le faut. Mais c’est surtout au niveau de la micro-dynamique, du déroulé fin de la scansion du signal que les Tenore semblent déployer la plus parfaite aisance, en se montrant capable de suivre la cadence du signal à toutes les échelles de temps, jusqu’aux intervalles dont les variations subtiles définissent groove ou swing, ce balancement intime qui fait que la musique danse dans la tête avant de pouvoir faire bouger le corps. Alors, certes, cette musicalité se paie par une certaine estompe des attaques qui fait que tout peut parfois paraître trop lié et trop coulant sur les Tenore mais, dans leur secteur tarifaire, cette fluidité est un peu le prix de la musicalité.

C’est dans le secteur de la rapidité que ces intras butent sur leurs limites — ou plutôt sur celles du parti pris de leur conception qui semble avoir privilégié avant tout le plaisir et l’immersion, au détriment d’une certaine sécheresse qui aurait pu rendre leur rendu plus acéré dans le temps. Car il faut bien avouer que les Tenore s’emmêlent un peu les pinceaux sur les rythmes rapides, au point de paraître presque « lents » sur les musiques les plus énervées. Bref, il leur manque ce petit surcroît d’articulation qui aurait pu leur permettre de concilier musicalité et réactivité. Même déception (toute relative, cependant) dans leur restitution des timbres qui, quoique très naturelle aussi, ne semble pas bénéficier de ce pouvoir de caractérisation optimal qui aurait permis de mieux distinguer les uns des autres les instruments de chaque pupitre. Les Tenore souffrent en ce domaine d’un certain manque de fidélité à la hauteur tonale spécifique des interventions sonores, et cela jusqu’aux niveaux les plus fins : sur ces intras, parfois, le son de telle contrebasse n’est pas assez boisée ou celui de tel saxophone pas assez cuivré. Le défaut est subtil, certes, mais s’entend et gâche un peu le tableau par ailleurs excellentissime que présentent les performances de ces intras.

Havi B3 Pro I

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 (Source : Penon Audio)

Le prix : 51,41 € fdpin sur LendMeUREars.

Les specs : Type de driver : deux drivers dynamiques de 6 mm de diamètre Impédance : 32 ohms Sensibilité : 95 dB

Les accessoires : Havi propose un excellent bundle avec ses B3 Pro I puisqu’il comprend 9 paires d’embouts (trois silicones à double ailette S, M et L ; deux silicones hybrides M et L ; une paire de mousses à évent; trois silicones transparents à ailette simple extra-souple de forme oblongue, tailles S,M et L), des contours d’oreille, une trousse carrée fort jolie et bien finie, recouverte d’un tissu synthétique à effet fibre de carbone, une housse de transport et un chiffon nettoyant. Carton plein !

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 (Source: bigbargainonline @ ebay)

 

La fabrication : C’est simple : ces intras semblent un modèle de solidité et de facilité d’usage, avec un jack à angle droit à profil discret, un câble plat jusqu’au séparateur, un serre-câble simple et efficace, une entrée de coque renforcée, des coques en plastique épais et qualitatif… Bref, encore un sans-faute !

Le fit : Comme les VSD3, les Havi B3 Pro I ont une coque dont le profil est inspiré de celui des coques de moulés. Elle se cale dans la conque de l’oreille et n’autorise donc pas d’insertion profonde. En conséquence, le seal se fait à l’entrée du conduit et peut donc nécessiter des embouts d’une taille supérieure à celle utilisée ordinairement.

Le son : La scène sonore des Havi B3 Pro I est large et bourrée de détails. Les instruments y sont à leur place et, même si la séparation latérale n’est pas le meilleur argument du soundstage de ces intras, celui-ci sait rester très précis, pur, équilibré… Sur certains morceaux, et plus particulièrement sur des live, les B3 donnent l’impression d’être au milieu de la scène parmi les musiciens, ce qui est fortement jouissif ! Après, au niveau de l’aération, nous n’avons pas affaire au champion du monde de sa catégorie. Il est à noter que le rendu spatial de ces intras (comme leurs performances dans d’autres secteurs, d’ailleurs) s’améliore énormément sur un signal amplifié. Un simple C&C BH2, par exemple, peut suffire à transfigurer leur restitution des espaces de production ou d’enregistrement. Dans ce secteur, ils ne le cèdent que de peu aux Tenore dont la scène nous a paru encore plus équilibrée, plus consistante et surtout plus aérée.

Leur réponse fréquentielle est de bonne tenue aussi… sans toutefois être exempte de faiblesse. Leurs graves s’imposent : ils sont là et bien là — et nous n’osons imaginer le niveau de basses que peut produire la Bass Edition ! L’impression générale que donne ce registre est néanmoins celle d’un équilibre et d’une bonne maîtrise générale. En fait, tout dépend de la qualité technique du fichier lu : si le morceau est correctement encodé, le rendu des graves sera à l’avenant. Les B3 n’aiment pas trop les fichiers de mauvaise qualité et les restitueront avec des basses trop « boomy » ou, a contrario, complètement anémiques. Dans ce domaine aussi, cependant, l’amplification est requise pour obtenir le rendu le plus juste. Les médiums font preuve de la même présence pleine de retenue. Ni projetés en avant ni trop lointains, ils se montrent très réalistes dans la restitution des textures et des détails. Les voix, notamment, sonnent très justes sur les B3, tout comme les claviers et les guitares, à tel point que la clarté et l’articulation de ce registre peuvent, à l’occasion, suppléer aux éventuels manques de précision des basses. Les aigus sont le point faible du spectre des B3, disons-le nettement, et cela parce qu’ils coupent beaucoup trop tôt. Maintenant, cela les empêche aussi d’être trop envahissants, les Havi n’étant ni stridents ni sibilants. Cette déficience quantitative peut donc être considérée, à la limite, comme une qualité, notamment dans le cadre d’une écoute quotidienne visant la détente et le plaisir. Les amateurs de brillance et d’analytisme, en revanche, risquent d’être déçus par la contreperformance des B3 dans le rendu de cette partie du spectre.

La dynamique des Havi B3 pro 1 dépend beaucoup de la qualité de la source. Le manque de puissance peut générer chez eux un effet d’estompe des impacts, voire une sensation de compression des écarts dynamiques. Le meilleur résultat, dans ce secteur, a été obtenu avec nos combos les plus pêchus et les plus détaillés : Xuelin Ihifi 760 + C&C BH2 et iBasso DX50 + Trasam HA1 2G. Maintenant, même bien amplifiés, les B3 pèchent au niveau micro-dynamique et offrent une scansion trop lisse et trop peu marquée. Bref, ils manquent cruellement de groove.

La rapidité est l’un des gros points forts de ces intras. La restitution des salves de notes se fait sur les B3 de façon aisée, claire et avec beaucoup de lisibilité. Quelle que soit la cadence de la musique, les sons successifs restent bien détachés les uns des autres, et cela avec beaucoup de naturel, une agilité sans sècheresse. Là encore, toutefois, cette qualité se révèle plus nettement sur un signal bien amplifié.

Mention spéciale au rendu des timbres sur les B3 qui, par exemple, savent merveilleusement faire chanter les voix féminines. Leur restitution des instruments est également juste et authentique, et cela dans tous les styles musicaux que peut comporter notre play-list. Sur aucun de nos morceaux de test, la fidélité timbrale des Havi n’a été prise en défaut. Leur rendu du violon notamment, instrument assez difficile à restituer correctement, est assez bluffant… même lorsque ce violon est utilisé, comme par Lindsey Stirling, sur du dubstep ! Les B3 brillent surtout en ce domaine par le respect des résonances particulières à chaque instrument, par l’acuité avec laquelle ils savent filer les extensions de chaque pupitre : de la technicité au service d’un gros plaisir d’écoute !

Soundsoul S-018

 

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 (Source : SoundSOUL @ Amazon.com)

 

Le prix : 19,18 $ fdpin sur Amazon.com, prix auquel il faut ajouter, pour les acheteurs non américains, les frais de réexpédition d’un service de domiciliation postale. (Compter environ 5 $ de plus.)

Les specs : Type de driver : un driver dynamique de 9 mm de diamètre Impédance : 16 ohms Sensibilité : 102 dB

Accessoires : Le bundle des S-018 est exemplaire dans le secteur tarifaire de ces intras vraiment économiques : 6 embouts (3 à ailette simple et 3 à double ailette, en tailles S, M et L), une petite pince à fixer sur le câble et un petit étui de transport semi-rigide, oblong, zippé et revêtu de mesh.

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 (Source : DZ)

La fabrication : À première vue, la fabrication des intras est également exemplaire. Le bois des coques, présenté comme de l’ébène… en est peut-être ! Son grain est serré, son toucher lisse et sa surface dure. Les coques sont collées à la partie métallique portant la canule. Les deux éléments peuvent parfois se désolidariser l’un de l’autre, comme cela est arrivé sur l’exemplaire de l’un d’entre nous, mais ce genre de défauts est assez rare et semble peu documenté par ailleurs. Le câble, torsadé et gainé, a l’air solide et se termine par un jack coudé de qualité, similaire à celui des SM64 d’Earsonics. Il est bloqué dans la coque par un nœud et ses efforts sont amortis en sortie de coque par un surgainage bien épais. Bref, du beau et du costaud à la fois !

Le fit : La grosseur de la coque des S-018 rend, hélas, leur port parfois problématique, surtout pour les conduits auditifs à entrée étroite. Obtenir le seal avec ces intras n’est pas toujours facile et cette occlusion se fera généralement en entrée de conduit, souvent avec des embouts d’une taille supérieure à celle utilisée habituellement.

Le son : Le soundstage des S-018 est assez écrasé vers l’avant et peu profond. Les réverbérations y manquent de filé et y sonnent trop courtes. Néanmoins la scène des Soundsoul restitue assez bien les impressions spatiales véhiculées par les enregistrements ou les productions.

La réponse fréquentielle des S-018 est tout aussi honorable, avec des graves qui ont de l’attaque, relativement peu de corps mais beaucoup de texture. Les mid-basses, en particulier, sont très bien restituées par les Soundsoul, avec réalisme et précision. Le rendu des médiums, malheureusement, n’atteint pas cette qualité. Certes ils sont clairs et assez bien articulés mais nous les avons trouvés également un peu métalliques et lointains. Ces raideurs se traduisent par des sibilances dans la partie haute de ce registre et par une certaine sècheresse dans sa partie basse, notamment à l’articulation avec les basses qui nous a paru manquer de liant faute d’une présence plus appuyée, plus charnue du bas-médium. Les aigus ne relèvent pas le niveau de la réponse fréquentielle… mais ne l’abaissent pas non plus : audibles mais peu définis, ils nous ont semblé globalement peu raffinés, assez « grossiers », pas assez tenus. D’un autre côté, ils n’ont rien de crispé. Simplement, quoique plutôt réalistes, ils sont en panne de caractère, ne suscitant ni rejet ni enthousiasme.

Les prestations s’améliorent côté dynamique, car même si les S-018 offrent des attaques trop douces et présentent pas mal de mollesse dans le rendu des changements d’intensité sonore, ils ont un vrai sens de la cadence et savent marquer le rythme quand il le faut, avec de l’allant et de la pulsation. Hélas, leur résolution temporelle ne suit pas et, sur les morceaux rapides, surtout ceux dont la tonalité moyenne se situe dans la moitié supérieure du spectre, les Soundsoul peinent à distinguer les interventions sonores successives qui, du coup, donnent l’impression de se piétiner mutuellement, tels des soldats en colonne se marchant les uns sur les autres.

C’est la restitution des timbres qui, au final, pâtit le plus de ces défauts, avec un « feutrage » global des sonorités qui a tendance à fondre les différences entre les registres et à estomper le grain des instruments, produisant une sorte de camaïeu acoustique plutôt assourdi et relativement peu discriminant. Ce n’est pas un rideau qui semble ainsi tomber sur les sources mais plutôt un voile, assez léger, mais qui n’en gomme pas moins sensiblement les singularités de chaque pupitre.

TTPOD T1

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(Source : bigbargainonline @ ebay)

 

Le prix : 35 $ fdpin sur Penon Audio.

Les specs : Type de driver : deux drivers dynamiques de 6,2 mm de diamètre Impédance : 12 ohms Sensibilité : 104 dB

Les accessoires : Les TTPOD T1 arrivent avec un beau lot d’accessoires comprenant, outre une pince à chemise et une housse de transport en simili-cuir, un set d’embouts bien fourni : trois silicones à simple ailette et canule étroite (S, M et L), deux silicones à simple ailette et canule large (S et M uniquement), et trois silicones hybrides à ailette simple et nervurée.

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 (Source : Penon Audio)

La fabrication : La fabrication de ces intras semble excellente. Le câble en cuivre plaqué argent est gainé de plastique transparent au toucher siliconé et se termine par un jack droit qui paraît de très bonne facture. Seule l’insertion dans la coque nous a paru manquer un peu de matière pour assurer au mieux son rôle d’amortissement des tensions mécaniques. La coque, transparente, est bien usinée et offre un fini très convenable. Le tout est assez beau dans le genre bling-bling (surtout en version blanche).

Le fit : Et c’est là que tout commence à se gâter. Le fit de ces intras est en effet plus que problématique. Le profil de la coque, mal étudié, ne permet pas son maintien durable dans la conque de l’oreille, d’autant que le câble, censé passer par-dessus le pavillon, a tendance à s’en décrocher trop facilement. Ajoutez à cela un angle de la canule trop peu accentué par rapport au plan de la coque et vous obtenez le seal le plus délicat, pour ne pas dire le plus impossible de ce comparo — avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur les performances acoustiques de ces intras…

Le son : « Bouchés » : retenez bien cet adjectif car il pourrait servir d’épitaphe aux TTPOD T1 si vous aviez envie de les enterrer… et vous en aurez envie, croyez-nous !

Donc le soundstage est bouché, aussi bien par manque de profondeur que par confinement latéral. Fort heureusement, la compression tous azimuts de la scène a aussi pour effet de raffermir le contourage des interventions, les instruments y bénéficiant d’un placement assez précis — mais c’est bien la seule qualité qui sauve les T1 de la dernière place du classement en ce domaine !

La réponse fréquentielle de ces intras ne calmera pas vos envies de les occire. Leur graves sont beaucoup trop présents et brouillons à la fois. Nulle précision dans ce registre, nulle finesse : les basses des T1 sont tout simplement voilées. Et pourtant, même voilées, elles vous paraîtront encore moches ! Un paradoxe dont on se serait bien passé… Quant aux médiums… Quels médiums, au fait ? Ils sont où, les médiums ? Le même voile apparaissant partout, les médiums répondent aux abonnés absents. Forcément : les basses les écrasent complètement ! Et si vous perdez le fit (ce qui arrivera, comme de bien entendu), tout achèvera de devenir cotonneux — y compris les aigus, déjà bien étouffés au départ. Leur feutrage vous évitera cependant les sibilances. Maigre avantage. Au final, le son complètement sourd des T1 vous donnera envie d’aller voir ailleurs.

La dynamique des TTPOD T1 fait jeu égal avec leur réponse fréquentielle. Avec ce voile permanent, on a vraiment l’impression que le son peine à avancer. Même en mettant le TTPOD derrière le C&C BH2, la dynamique n’évolue absolument pas ! Alors, certes, il arrive aux T1 de « claquer » comme il faut et même aussi, parfois, de bien groover sur certains morceaux particulièrement entraînants, mais leurs attaques demeurent globalement estompées et leur fluidité assez visqueuse.

La résolution temporelle des T1 ne relève pas le niveau de leurs prestations — loin de là ! Les successions de sons rapides ne sont pas restituées sur ces intras avec une clarté et une précision satisfaisantes. Les T1 sont lents, à la traîne, même si à l’occasion cette langueur peut passer pour de la souplesse.

Ils se rattrapent un peu avec la fidélité timbrale. C’est bien d’ailleurs leur seule qualité réelle. Malgré une certaine difficulté à restituer toute la latitude fréquentielle des instruments, aux alentours de la fondamentale les T1 savent délivrer une quantité de micro-détails assez surprenante et montrer beaucoup de finesse et de véracité dans la caractérisation des sources, et cela malgré le voile — pour ne pas dire la bâche — qui pèse sur leur rendu et le rend globalement brouillon. Surprenant. (Mais pas si excitant que ça, hein, faut pas exagérer non plus…)

VSonic VSD3

 

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(Source : bigbargainonline @ ebay)

 

Le prix : Environ 40 € fdpin chez Penon Audio.

Les specs : Type de driver : un driver dynamique d’un diamètre inconnu (mais quelque part, osef). Impédance : 40 ohms Sensibilité : 108 dB

Les accessoires : Le package des VSD3 est très correct pour du premier prix : 5 embouts variés (trois silicone à ailette simple S, M et L ; un silicone à double ailette ; une paire de mousses), des contours d’oreilles et une pochette en velours.

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 (Source : Penon Audio)

La fabrication : La qualité de fabrication des VSD3 est tout simplement irréprochable, d’autant que les câbles de ces intras sont amovibles et donc remplaçables.

Le fit : Il n’est pas toujours facile d’obtenir le seal avec les VSD3 dont la coque est assez volumineuse, mais nous y sommes l’un et l’autre parvenus — quoique parfois avec des embouts empruntés à d’autres paires d’intras. Il est à noter que, comme sur les Havi, l’occlusion se fera toujours en entrée de conduit, avec tous les effets que cela peut avoir sur le rendu acoustique.

Le son : Le soundstage des VSD3 est quasi inexistant, sans doute à cause de l’éloignement délirant de la position de l’auditeur par rapport à la scène. Est-il encore pertinent, dans ces conditions, de s’interroger sur la fidélité du rendu spatial des VSD3 aux espaces des enregistrements ou des productions ? Pas vraiment.

Le massacre se poursuit dans la réponse fréquentielle, avec des graves accentués jusqu’à l’hypertrophie dans leur section médiane, confus, trop réverbérés, très mal tenus en tout cas et limite laids. Les médiums de ces intras sont quant à eux affreusement sibilants, lointains, écrasés par les basses qui néantisent toute la partie inférieure de leur registre et les privent ainsi de leur assise. Et puis, au beau milieu de ce naufrage, voici que surnagent soudain, inespérés, des aigus plutôt agréables, fins, bien filés, avec de la matière et pas trop crispés. Alors, certes, la partie haute du spectre doit batailler ferme pour se faire entendre au-dessus de la guerre sans merci que les graves livrent aux médiums ; les aigus y perdent un peu de leur mordant, mais ils arrivent néanmoins à briller, à chatoyer même, en offrant matière, texturation et précision. Un petit miracle.

La macro-dynamique des VSD3 est plutôt réaliste et fidèle, peu compressée, avec de très bonnes réserves d’impact offrant des attaques franches mais sans sècheresse. Elle peut notamment apporter certaines satisfactions sur du hip-hop pas trop rapide. Malheureusement, qui tient le choc ne tient pas forcément la cadence et les VSD3 le prouvent par un manque de groove désolant, un sens quasi inexistant du balancement rythmique.

Car ce ne sont pas des intras rapides. Leur résolution temporelle n’est certes pas la plus médiocre de ce comparatif… mais elle ne peut guère compenser la raideur de leur micro-dynamique. Faute de vivacité, la restitution fine des VSD3 reste globalement raide et contrainte.

Comment s’étonner, dès lors, que ces intras peinent à respecter les timbres ? Les VSD3 différencient mal les pupitres et cela, en premier lieu, par leur incapacité à tenir la hauteur spécifique de leur registre — les cordes graves, par exemple, donnent trop souvent l’impression de sombrer dans une sorte de puits de basses informes. Toutes les interventions sonores sur ces intras manquent par ailleurs de matière, de finesse dans la texturation et semblent comme assourdies ou estompées par la coloration décidément trop sombre et comme congestionnée des VSD3.

4 réponses à “[Comparatif] Cinq paires d’intras économiques : Zero Audio Carbo Tenore, Havi B3 Pro I, Soundsoul S-018, VSonic VSD3 et TTPOD T1

  1. Juste colossal ! Colossal article que je trouve très intéressant d’avoir été mené à 4 oreilles.
    Voilà au moins de quoi permettre à chacun de trouver intra à son oreille.
    Bravo

  2. yep, un travail remarquable, documenté et instructif.
    Merci de proposer ainsi des retours sur du matos à un tarif raisonnable ; les Tenore font vraiment envie

  3. Merci pour cet excellent travail ! je plussoie pour les Tenore que j’ai dans les oreilles au moins 3 heures par jour depuis 2 mois et c’est un vrai plaisir! oui c’est vrai en cherchant un peu il y comme vous le dites dans la restitution des timbres un petit manque de réalisme, contrebasse, violoncelle….mais on chipote !! pour le prix, franchement on en a pour son argent !

  4. Une chance sur trois de tomber sur une bonne parie ? Waou… J’aime le poker, j’ai donc commandé une paire de Carbo Tenore…

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:D :-) :( :o 8O :? 8) :lol: :x :P :oops: :cry: :evil: :twisted: :roll: :wink: :!: :?: :idea: :arrow: :| :mrgreen: