Dans ma platine : Army of the Pharaohs – The Unholy Terror

Army of the Pharaohs est un collectif formé en 1998 par Vinnie Paz (Jedi Mind Tricks), un peu à la manière du Wu-Tang Clan à New york, ce collectif réunit les meilleurs MCs de Philadelphie, Boston et Pennsylvanie. Au départ composé de 5 membres, ce collectif s’ est agrandit et transformé au fil des albums.

Sur leur dernier opus en date (sorti mi-2010) intitulé “The Unholy Terror” on y compte une quinzaine de membres (Vinnie Paz, Doap Nixon, Celph Titled, Planetary, Reef The Lost Cauze, Apathy, Jus Allah, King Magnetic, Des Devious, Demoz, King Syze, Crypt Da Warchild, Esoteric, Block McCloud, Journalist) pas tous sur les mêmes morceaux évidemment.

Army of the Pharaohs a souvent dû repousser ses albums à une sortie ultèrieure, on se doute bien qu’ un album réunissant une quinzaine de personnes plus les beatmakers ne se fait pas sans difficultés loin s’ en faut, mais heureusement pour nous, la qualité des productions et des punchlines acérées des kickeurs Pharaons est toujours à la hauteur de l’ attente !
The Unholy Terror commence par une intro en français (venant certainement d’ un film) qui nous annonce la présentation du collectif suivi de l’ entrée de Vinnie Paz qui pose magnifiquement son flow rageur sur la boucle de violon, le décor est planté donc avec une prod du beatmaker français Crown, taillée sur mesure pour les Pharaohs.

En ce début d’ album ce qui nous marquent c’ est le flow et le style de Celph Titled qui capte notre attention immédiatement, on retiendra également les productions parfois soul/hiphop sur “Prisoner” ou “Suicide Girl”, certaines boucles nous donnent l’ impression d’ être planté bouche bée sur notre canapé devant un peplum comme sur ‘Suplex’ et ‘Spaz Out’ ou devant un blockbuster américain sur ’44 Magnum’ et ‘Dead Shall Rise’, ça manque quelque fois de subtilités dans les basses mais nul doute qu’ en live ce défaut se transformera en qualité.

Le dernier tiers de l’ album fait redescendre la tension, ce qui est plutot bienvenue car nous découvrons là que ces rappeurs ont aussi bon goût pour les instrus moins bourrines comme ‘Cookin Keys’ et ‘Burn you Alive’ (dans ce style là Planetary et Apathy sont excellent) à présent donc plus besoin de grandes bouffées d’ air en bombant le torse pour sortir des flows rapides et fracassants, place à la subtilité qui conclura tranquillement un super album qui se terminera par une tradition qui se perd dans le Hip Hop d’ aujourd’ hui, celle du dernier morceau qui laissait place à un exercice de style géant, nous voila servit avec ce ‘The ultimatum’.
En conclusion Army of the Pharaohs n’ a certe rien inventé ou réinventé, mais on retiendra qu’ ils restent ultra efficace dans tout ce qu’ ils font et c’ est bien cela qui nous donnent cette euphorie à chaque approche d’ un nouvel album des Pharaons.

Spaz Out :

Suplex :

Prisoner :

Cookin Keys :