Dunu DK-4001    Les Dunu DK-4001 ont une lointaine, maigre, très sèche et terne qui manque singulièrement de chaleur, de présence et de vie. Ils ont le type de signature qu’il m’arrive (assez méchamment, je le confesse) d’appeler une signature « Aspartam » : plate et légèrement montante, elle est trop claire pour être fidèle […]

DK-4001 / DK-3001 Pro / FiiO FH7 / ISN AUDIO H40 – Le match des hybrides venus d’Asie

Dunu DK-4001

 

Dunu-DK4001

 

Les Dunu DK-4001 ont une sonorité générale lointaine, maigre, très sèche et terne qui manque singulièrement de chaleur, de présence et de vie. Ils ont le type de signature qu’il m’arrive (assez méchamment, je le confesse) d’appeler une signature « Aspartam » : plate et légèrement montante, elle est trop claire pour être fidèle et respecte mal les intentions des prods. Même si l’on peut s’accoutumer à son manque de basses et apprécier par ailleurs la très grande cohérence entre registres qu’elle permet, elle ne laisse pas de paraître distante et trop (dé)colorée à la fois.

 

Les basses de ces intras manquent de corps et de présence. Elles ont quelque chose de plat et de terne, notamment au niveau des infra-basses. Quant aux mid-basses, entre 80 et 150 Hz environ, elles m’ont paru très sèches mais par ailleurs précises et plutôt bien texturées. Curieusement, la liaison des graves avec les bas-médiums, aux alentours de 250 Hz, ne m’a pas donné l’impression d’être trop maigre ni encore moins lacunaire, même si en panne de chaleur. En tout cas, les basses, dans ces conditions, n’empiètent en rien sur le registre supérieur et ne le colorent pas — pour le meilleur comme pour le pire : les amateurs de graves « tendus » et « maîtrisés » apprécieront, je suppose, les fans de hip-hop et d’electro (dont je suis) beaucoup moins…

 

Les médiums sont rendus par les DK-4001 avec une certaine fidélité, du moins dans leur partie médiane, entre 600 et 1200 Hz environ, car leur partie basse, comme je viens de le laisser entendre, est assez molle et froide, en manque de « coffre », tandis que le haut-médium m’a semblé pour sa part plutôt serré et fluet, notamment dans le rendu des  voix… mais là encore d’aucuns pourront y voir une preuve de contrôle de ce sous-registre. Ce qui n’est pas faux : les DK-4001 ne génèrent à mon oreille aucun chuintement — même si, comme je l’explique plus bas, ils ne respectent pas toujours les timbres des voix.

 

Les aigus des DK-4001 ont, pour ainsi dire, les défauts de leur qualité. Ils sont un peu durs, assez stridents, même dans le rendu des voix les mieux enregistrées, et présentent pas mal de sibilances mais en même temps ces intras savent restituer le « frétillement » des cymbales, leur métalléité particulière, avec beaucoup de justesse. En tout cas, les mid-aigus sur ces intras sont plus audibles que sur les FiiO FH7 et les ISN Audio H40. Les DK-4001, à mon avis, sont clairement faits pour les treble addicts, mais de façon malheureusement caricaturale : au moindre frôlement du seuil de distorsion dans le haut registre, ils tombent dans la surmodulation génératrice de duretés et, surtout, de salissures, ce qui, à mon sens, est techniquement peu acceptable.

 

Le soundstage des DK-4001 est encore moins réussi que leur réponse fréquentielle et nettement plus dommageable pour leur rendu. Non seulement il est assez étroit et peu profond mais en outre très éloigné de l’auditeur. Cela se remarque en particulier dans le traitement spatial des mid-médiums : les arrangements de cordes du morceau de Swell, par exemple, quoique plus clairs que sur les H40, semblent plus distants aussi, comme si les violonistes et violoncellistes jouaient tassés sur le devant d’une scène pour un auditeur situé au dernier rang de la salle… et ce n’est pas vraiment un effet de la prod puisque ces mêmes arrangements de cordes donnent une impression spatiale moins distante et moins comprimée à la fois sur les autres intras de ce comparatif.

 

Les DK-4001 se rattrapent un peu par leur dynamique et leur résolution… mais pas trop. Si en effet ils présentent en général beaucoup de délié dans le déroulé des transitoires, avec un sens certain de l’articulation et une forme de précision sans raideur dans le rendu des attaques qui est assez appréciable, d’un autre côté, sur des genres peu énervés, cette délicatesse peut tourner à l’anémie, voire à la mollesse. Ce sont des intras détaillés mais pas vraiment entraînants et je les trouve globalement assez lents et, pour ainsi dire, en panne de swing.

 

La restitution des timbres par les DK-4001 est clairement déficiente dans les basses que ces intras édulcorent et assèchent à l’excès. Dans les aigus, ainsi que je l’ai dit, se posent des problèmes de distorsions assez évidents. Au niveau des médiums, la performance est plus contrastée. D’un côté, comme j’en parlais plus haut, les mid-médiums sont plutôt bien rendus, en particulier les violons : il est beaucoup plus facile sur ces intras de « suivre » les arrangements de cordes. C’est à partir des hauts-médiums que la fidélité timbrale des DK-4001 se détériore de nouveau. Les guitares folk, par exemple, sonnent de manière beaucoup plus maigre, aigre et acide que sur les H40, tandis que la caisse claire du morceau d’Ozark Henry me paraît manquer de substance et de présence. Mais c’est avec la voix du chanteur belge que les choses se gâtent vraiment, en ce que les Dunu exagèrent outre-mesure sa raucité ; du coup, elle en devient âpre et râpeuse, un peu trop « serrée » aussi, comme si Ozark Henry avait une angine doublée d’une trachéite !

 

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