ISN Audio H40 La des H40 est moins claire que celle des trois autres paires d’intras : c’est une signature chaleureuse, pesante, solidement ancrée dans ses bases, « terrienne ». Elle peut donner, aux premières écoutes, une impression de confusion, notamment par rapport au rendu proposé par les FiiO FH7 mais, peu à peu, par […]

DK-4001 / DK-3001 Pro / FiiO FH7 / ISN AUDIO H40 – Le match des hybrides venus d’Asie

ISN Audio H40

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La sonorité générale des H40 est moins claire que celle des trois autres paires d’intras : c’est une signature chaleureuse, pesante, solidement ancrée dans ses bases, « terrienne ». Elle peut donner, aux premières écoutes, une impression de confusion, notamment par rapport au rendu proposé par les FiiO FH7 mais, peu à peu, par comparaison (des tableaux dynamiques notamment), la plus grande clarté apparente (et plus immédiatement perceptible) des FH7 semble un peu artificielle. Les H40 se révèlent à la longue tout aussi techniques, sinon plus, et présentent notamment une très grande cohérence entre les registres: c’est chaud et plutôt rond partout mais avec de l’air et de la précision, de la tenue et de la densité.

 

La qualité des graves des H40 ne se perçoit pas tout de suite. Au début de ce comparatif et par rapport aux performances des trois autres paires d’intras dans le rendu de ce registre, les basses des ISN Audio m’ont paru boursouflées, envahissantes.
En un sens, je leur trouvais trop d’autorité (et c’est toujours un peu le cas à chaque fois que je les écoute !) D’un autre côté, cependant, leur résolution m’a tout aussi immédiatement sauté aux oreilles : les graves des H40 sont certes très présents mais également très détaillés, au moins autant que ceux des Dunu DK-4001. Surtout, leurs résonances sont très tenues ; en d’autres termes, les H40 n’en rajoutent pas dans le sustain… mais ils ne l’écourtent pas non plus !
En fait, les basses de ces intras ne m’ont paru exagérées que sur le morceau d’A Perfect Circle alors que, tout bien réfléchi, sur ce track, elles étaient tout simplement exactes, authentiques, « The Package » étant justement réputé pour être une des chansons les plus basseuses de l’histoire du rock, ses graves ayant été volontairement hypertrophiés à la prod par Billy Howerdel et Maynard James Keenan, sans doute pour bien faire sentir à l’auditeur le poids de l’addiction qui pèse sur les épaules du narrateur. C’est, en partie, ce qui rend ce morceau si difficile à restituer, or c’est peut-être la première fois que j’entends des intras capables de respecter toute la puissance et aussi la finesse de ce registre dans ce track dont la prod flirte sciemment avec les surmodulations et utilise même le clipping pour engraisser le son, à la manière des artistes techno. A ce titre, les H40 sont les seuls intras que je connaisse à ce jour capables de me délivrer un rendu des basses digne des meilleurs casques ouverts…
Il va sans dire que, forts de cette qualité, les H40 savent remarquablement faire fonctionner le duo rythmique moteur du rock — batterie + basse — en ménageant suffisamment d’« air » dans leur restitution pour l’un comme pour l’autre et en respectant la place propre que chacun d’eux occupe dans le registre des graves.

 

Les médiums des H40 sont également très en avant et précis tout à la fois : ces intras n’ont clairement pas une signature en V… ni même en W, car ce registre est aussi très chaleureux sur ces intras, preuve que ses bas-médiums ne sont pas en reste sur ses mid-médiums. Il m’a semblé toutefois percevoir un léger creux dans les hauts-médiums/aigus, vers 2-3 kHz. En tout cas, c’est par la présence éventuelle de ce creux que je m’explique personnellement le côté parfois un  peu mat de la restitution des voix et surtout des guitares par les H40… à moins que cette impression de voile ne soit due à un effet de masquage des hauts-médiums par les bas-médiums, ce qui arrive souvent avec ces deux instruments. La conséquence en est toutefois que, sur certains tracks, comme celui de Swell par exemple, les mid-médiums peuvent donner l’impression d’être en retrait.
Il n’est pas impossible qu’aux oreilles de certains auditeurs, les médiums des H40 semblent tout simplement fuckés. Je les préfère néanmoins, avec leur « poids » particulier, à ceux des trois autres paires d’intras de ce comparatif qui ont tendance à « alléger » un peu trop ce registre à mon goût.
Les médiums des H40 ne sont pas parfaits mais je les trouve plus authentiques que d’autres.

 

Les aigus des H40 présentent pour leur part une exactitude tonale que j’estime tout simplement parfaite, sans aucune sibilance — en dehors de celles véhiculées par le signal, naturellement. Cela se remarque en particulier dans le rendu des voix par ces intras : elles sont sont toujours bien articulées, sans chuintements, ni sifflements, ni stridences, ni duretés.

 

La scène des H40 est profonde et haute et son panoramique présente une excellente distribution latérale. La très grande précision de leur soundstage (bien supérieur en ce sens à celui des trois autres paires d’intras) permet de mieux percevoir le léger effet caverneux du traitement des reverbs dans le morceau de Swell ; c’est d’ailleurs la première fois que je me rends compte aussi clairement de cette sensation de « creux » que donne la sonorité générale de ce morceau. Par comparaison, la scène sonore des FH7, pourtant excellente aussi, montre ses limites et semble écraser la profondeur.

 

Les H40 proposent un couple dynamique + résolution tout à fait particulier mais de très haute tenue qui, toutefois, comme le registre grave de ces intras, ne se laisse pas immédiatement appréhender ni encore moins apprécier. Ce qui frappe au premier abord, c’est la douceur (mais sans mollesse) de leurs attaques, l’absence de sécheresse de leur traitement, et cette douceur — ou ce raffinement, comme on voudra — peut, d’emblée, donner une impression de manque de résolution. Or les H40 savent par ailleurs délivrer des impacts aussi francs que lourds quand il le faut : ce sont des intras qui  n’hésitent pas « cogner », notamment au niveau des médiums, alors que les DK-4001, quoique secs, manquent trop souvent de force à mes oreilles et que les DK-3001 Pro sont trop « polis ». Les H40 ont même tendance à en rajouter un peu trop dans l’intensité pendant les passages les plus « énervés », à la différence des FH7 qui gardent toujours le contrôle et n’exagèrent rien…  ce qui n’ empêche pas les ISN d’offrir un tableau dynamique plus fin et plus contrasté que celui des FiiO, avec non seulement beaucoup plus de délié dans le déroulé des transitoires et beaucoup plus de réactivité dans le rendu des attaque mais aussi un plus grand respect des différences entre les intensités propres à chaque source dans les morceaux les plus chargés.
Cette compétence tant macro-dynamique que micro-dynamique leur permet de rendre tous les effets de prod — et en particulier les échos ainsi que les jeux avec la surmodulation (dans le morceau d’Ozark Henry par exemple)— avec beaucoup d’acuité, à tel point d’ailleurs que je songe sérieusement à utiliser ces intras pour la MAO, comme moniteurs de contrôle !

 

Comme on aura pu s’en douter à la lecture de ce qui précède, les timbres des H40 sont d’une justesse immédiatement perceptible, qui s’impose, d’une qualité digne du HDG, voire du THDG. Leur restitution de la caisse claire, notamment, est la plus juste des quatre paires d’intras du comparatif, avec de l’ampleur et du tactile qui fait sentir la « peau » de l’instrument. J’entends beaucoup mieux la caisse claire du morceau de Swell que sur les FH7 et je perçois mieux son tuning assez grave. Autre « instrument » traité avec une délicatesse remarquable par les H40 : la voix. Celle d’Ozark Henry est ainsi restituée avec toute sa raucité mais sans dérapage dans le râpeux ni coffre excessif  (preuve par ailleurs que les H40, malgré l’impression de chaleur qu’ils dispensent, ne colorent pas le signal au niveau des bas-médiums.) Ce meilleur respect des timbres est aussi ce qui, avec la plus grande fidélité aux résonances propres de chaque source, permet de mieux percevoir avec les H40 les intentions des prods et de jauger plus facilement leur réalisation.

 

3 réponses à “DK-4001 / DK-3001 Pro / FiiO FH7 / ISN AUDIO H40 – Le match des hybrides venus d’Asie

  1. Merci pour ce comparatif. Ce n’est vraiment pas le moment d’investir dans de nouveaux IEM mais vu le prix des ISN je me demandais comment on faisait pour savoir s’ils sont de première ou seconde génération ?

    1. La première génération n’est plus vendue et le corps de ses coques était transparent et non pas opaque comme celui de la seconde génération.

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