Comparatif ES5 – EarSonics/France – 950€ Les 5 transducteurs de la même famille ne font pas beaucoup parler beaucoup d’eux, pourtant ils recèlent de qualités. Ils sont certes moins spacieux, moins transparents et n’ont pas les mêmes capacités d’extension en haut et en bas du spectre, mais leur sens de la rythmique grâce à un impact […]

EarSonics Grace, performance et musicalité

Comparatif

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ES5 – EarSonics/France – 950€

Les 5 transducteurs de la même famille ne font pas beaucoup parler beaucoup d’eux, pourtant ils recèlent de qualités. Ils sont certes moins spacieux, moins transparents et n’ont pas les mêmes capacités d’extension en haut et en bas du spectre, mais leur sens de la rythmique grâce à un impact précis et rapide dans le bas-médium les rendent très engageants. Les ES5 ont un haut niveau de détails, mais les Grace par leur large scène et la hauteur des instruments, dégagent plus facilement tout ce que peut receler l’enregistrement.

Les Grace ont plus de maîtrise sur toute la bande de fréquence, l’épaisseur et la profondeur du grave, la résolution des voix ou la finesse dans l’aigu sont des approfondissements dont n’ont pas bénéficié les ES5. Ces derniers n’ont cependant pas que des défauts au regard des performances des Grace et il se pourrait qu’ils puissent être plus plaisants pour les personnes recherchant un profil d’enveloppe ADSR dont la chute et l’extinction est plus courte.

Phantom – Empire Ears/Etats-Unis – $1799 ou 1799€

Les Phantom ont une signature focalisée sur le grave et le haut-médium avec une excellente texture rendant l’écoute chaleureuse et excitante sur la plupart des genres modernes. Avec une excellente profondeur, les Phantom n’ont pas de mal à gérer les grandes formations, mais leur grave a parfois du mal à rester, rendant le tout un peu brouillon quand les Grace excellent dans la largeur et la séparation avec une basse tout en contrôle.

Sur les genres classiques on remarque tout de suite un certain excès de timbre à l’écoute des Phantom sur les instruments dont le médium est souvent sollicité. Les saxophones comme les pianos sont colorés et passent à côté de nombreuses harmoniques du médium à l’aigu. Il est certain que sur de l’électronique cela ne se perçoit pas tout de suite, mais sur du classique, même contemporain, cela s’entend dès les premières secondes. A l’écoute de l’Absente de Yann Tiersen (2001) l’impression avec les Phantom est radicalement différente que celle procurée par les Grace, les instruments ne se discernent pas aussi facilement et la tonalité générale de l’ensemble est colorée, portant plus sur le bas-médium. La dynamique de chaque instrument, et tout particulièrement pour ce qui concerne l’accordéon, est bien mieux respectée avec les Grace qu’avec les Phantom.

Sur les genres électroniques la tendance pourrait presque s’inverser dans la mesure ou les sonorités ne sont pas toutes rattachées à la réalité. L’impact et la texture des timbres véhiculées par les Phantom donnent un engagement flatteur que les Grace cherchent à limiter par un lift du bas-médium. Il en reste que dès lors que les aigus s’invitent les Phantom n’arrivent plus à tenir la comparaison. Les albums de Fakear en sont le parfait exemple avec des aigus scintillants et filants et des basses rapides et profondes, les Phantom passent à côté d’une partie des créations de l’artiste caennais.

Les Grace sont une belle tentative de compromis entre haut niveau de technicité et plaisir permanent quand les Phantom ne se focalisent que sur le second aspect tout en ayant un certain niveau de technicité. La comparaison n’est pas évidente l’approche chaleureuse des Phantom peut très bien plus convenir à beaucoup de personnes, mais il est clair après de multiples comparaisons que les Grace vont plus loin dans tous les domaines.

VE8 – Vision Ears/Allemagne – 2330€

Les VE8 sont eux aussi dans une approche plus chaleureuse que les Grace, avec un bas-medium plein et donnant une consistance au médium qui rappelle les ACS Encore. Le shell en acrylique rempli de silicone contribue aussi à donner cette corpulence qui peut parfois rendre la scène sonore un peu moins transparente, mais qui n’empêche jamais les aigus et les haut-médiums de s’exprimer, domaine dans lequel les VE8 ont certainement le plus de qualités.

Les Grace sonnent plus neutre avec leur lift dans le bas-médium, mais la différence la plus importante est dans l’attaque plus rapide des VE8 autant dans le bas médium que dans le haut médium. Les cordes pincées de basses, de guitares électriques comme les coups d’archet des violonistes sont un peu plus rapides et véhiculent un engagement que n’arrivent pas à recréer complètement les Grace. Les VE8 retranscrivent en effet un peu plus justement toute la tension que l’on retrouve sur les notes jouées avec une guitare électrique, c’est donc d’un naturel plus explosif sur du métal, du heavy, du rock ou du blues.

Les Grace l’emportent néanmoins pour moi sur le rock acoustique ou rock folk comme Mumford and Sons, Angus and Julia Stone, Ben Howard ou le moins récent Fairport Convention. Le bas médium moins chargé permet à la guitare acoustique de s’exprimer avec plus de légèreté, d’espace et de résonance. Qui plus est, la scène sonore des VE8 est plus « latéralisée » avec un effet stéréo plus marqué alors que celle des Grace forme un tout plus hors-tête. Les VE8 comme les Grace sont malgré tout parmi les meilleurs in-ears qu’il m’ait été donné l’opportunité d’essayer, et pourtant leur approche de la musique n’est pas la même.

EM64 – EarSonics/France – 1140€

Sortis à la même époque que les Grace mais conçus pour un usage professionnel, les EM64 sont censés venir remplacer les EM32 et plus largement succéder aux EM3-PRO. Les habitués de la gamme professionnelle retrouveront le contrôle de la dynamique et l’ambiance particulière des customs pro EarSonics, mais cette fois la réponse en fréquence est bien plus neutre. Le grave a un impact net sans sécheresse, avec une chute des notes bien plus courte que les EM10 ou les Grace et ne descendant pas dans les sub comme les EM32. La tension dans l’attaque des notes de basse caractérise les EM64 dans ce registre. Le médium et le haut médium ont bien plus de présence et de définition que les autres customs que de la gamme, mais toujours avec beaucoup de contrôle. Et comme avec les EM32, les aigus sont bien présents, bourrés d’harmoniques, mais peuvent manquer d’indulgence sur les enregistrements de mauvaise qualité.

Malgré une différence de prix importante, les Grace et EM64 partagent un très haut niveau de transparence, de détails et de résolution, mais les Grace sont indéniablement plus spacieux dans leur présentation de la scène sonore, projetant les instruments et voix comme de grands volumes hors-tête quand les EM64 ont une présentation plus « live », avec le gros son de front qui caractérise les customs pro EarSonics.

La dynamique est aussi particulièrement travaillée pour ne jamais fatiguer, ceux ayant des EM32 se retrouveront aisément dans ce nouveau custom, mais ceux ayant des EM10 auront l’impression que l’on retient la bête qui sommeille dans les EM64. Les EM10 comme les Grace ont tous les curseurs à fond et sont conçus pour du plaisir instantané : dynamique, scène sonore, résolution, extension.

EM10 – EarSonics/France – 1990€

Les Grace et EM10 partagent de nombreux traits de caractère, mais ils n’ont pas exactement ni la même signature, ni la même scène sonore et c’est à mon avis la conjonction de ces deux aspects qui distinguent clairement ces deux flagships.

Les EM10 ont une scène sonore panoramique avec beaucoup de hauteur qui ne s’appuie pas autant sur la profondeur que ses concurrents à la différence des Grace. Les EM10 ont un gros son frontal saisissant, alors les Grace ont une écoute plus contemplative et spatiale qui perd certes un peu en musicalité, mais ils se focalisent sur des critères techniques et plus particulièrement sur une spatialisation comparable à celle des SE5U et VE8.

En effet, les EM10 sont globalement moins précis sur tout le spectre sonore et cela se ressent tout particulièrement dans le grave qui est moins contenu dans la fin des notes qui s’échappe plus longuement dans l’espace. Les Grace permettent de noter plus facilement les silences, mais aussi de détourer plus précisément les instruments ce qui permet à la scène sonore de gagner en clarté et les instruments en tridimensionnalité.

SE5 Ultimate – Spiral Ear/Pologne – 2075€

Les SE5U sont des caméléons et ont une présentation à géométrie variable selon l’enregistrement. L’image sonore est plus dense et pesante sur chaque note tout en gardant un très haut niveau de transparence et d’articulation des différents registres. Comme la spatialisation diffère d’un enregistrement à l’autre et il n’est pas rare que les Grace soient plus ouverts et hors-tête quand les SE5U sont plus organiques et focalisés sur l’épaisseur de l’image donnée par chaque note. Par conséquent, les SE5U paraissent plus sombres que les Grace, ils ont pourtant moins de présence dans les basses fréquences, notamment dans l’espace pris par celles-ci en fin de notes, mais ils ont aussi plus de bas médium, les faisant sonner moins ouverts et joueurs dans les aigus que les Grace.

Avec une signature moins référence que ne l’est celle des SE5U, les Grace sont plus flatteurs quant à la qualités des enregistrements, démontrant par là une polyvalence certaine et une grande facilité à rentrer dans la musique que n’a pas les SE5U. Ces derniers sont plus sérieux et transparents à l’enregistrement, deux types d’écoute finalement différentes mais pouvant se comparer sur leur haut niveau de technicité dans la gestion des enregistrements complexes.

Conclusion

Les Grace sont incontestablement les meilleurs in-ears qu’EarSonics a pu réaliser jusqu’à présent, détrônant les EM10 sur plusieurs aspects, tout en restant dans la même veine que ce que la marque française a pu nous habituer : un médium travaillé sans agressivité, une basse privilégiant l’émotion et un aigu tout en finesse.

Avec les Grace ces critères sont poussés au maximum de ce que la technicité d’EarSonics peut offrir. Une basse riche et haute résolution dont le niveau d’impact est mesuré pour une écoute prolongée, un médium transparent et réaliste laissant l’émotion s’exprimer et un aigu riche, fin et présent sans agressivité. Un an après les EM10 on constate l’amélioration continue dans la recherche et l’application de nouveaux procédés. La basse est plus tenue et plus détaillée, le médium et le haut médium moins reculés avec un gain en transparence et des aigus très fins mais audibles jusqu’en fin de note.

Pour atteindre le même niveau de performance que les SE5U et VE8, EarSonics s’est focalisé sur le timbre et le plaisir d’écoute tout en ayant une très haute résolution et plus de précision. Les Grace comblent l’écart avec les EM10 grâce à une spatialisation offrant une image sonore plus holographique, précise et hors-tête, tout en gardant la touche de grave propre à EarSonics qui confère une polyvalence qu’il n’est pas si évident de trouver même parmi les TOTL.

Je souhaiterais aussi remercier Max Capgras, responsable de la division Ear Monitors pour EarSonics, qui m’a rapidement fourni une paire de Grace de démonstration lorsque je les ai demandés et qui m’a permis de les conserver pour écoute approfondie durant plus de 5 semaines.

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Vic

5 réponses à “EarSonics Grace, performance et musicalité

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