Auralic est une marque chinoise créée en 2008 par deux personnes, Xuanqian Wang et Yuan Wan. Cette marque a déjà fait parler d’elle en produisant notamment l’Ark MX+, un DAC basé sur une puce de conversion créée par la marque, et le Taurus, un amplificateur pour casque. La marque produit également un DAC positionné sur […]

[Feedback] Auralic Vega

Auralic est une marque chinoise créée en 2008 par deux personnes, Xuanqian Wang et Yuan Wan. Cette marque a déjà fait parler d’elle en produisant notamment l’Ark MX+, un DAC basé sur une puce de conversion créée par la marque, et le Taurus, un amplificateur pour casque. La marque produit également un DAC positionné sur un segment plus haut de gamme : le Vega. Son prix ? 3300€ neuf…

Finition et fonctionnalités

La finition du DAC est exemplaire. Tout d’aluminium vêtu, le boitier du DAC s’avère classieux et sobre. L’aluminium est coupé sur quasiment toute la longueur de la face avant par un écran noir affichant diverses informations sur le DAC (source, volume, menus, etc…) En bref, c’est un bel objet ! On sent tout de suite une montée en gamme par rapport à l’Ark MX+. La seule entorse au bon goût, mais c’est subjectif, est le gros bouton sur la face avant, on aime ou on n’aime pas. Ce bouton est d’ailleurs le seul visible sur l’avant du DAC et permet, en fonction du contexte, de :

  • Mettre le DAC en veille (ou le sortir de veille),
  • Régler le volume,
  • Naviguer dans les menus.

Auralic Vega

Les plus fainéants d’entre nous pourront se poser dans leur fauteuil et effectuer toutes ces actions à l’aide de la télécommande fournie. Il est à noter que l’usage de cette télécommande prend tout son sens lorsque l’on possède le lecteur réseau Auralic Aries. Dans cette configuration, elle permettra de changer de piste et de mettre la lecture sur pause. Sans Aries, cette télécommande se limite aux trois actions listées ci-dessus.

Les menus offerts par le Vega sont complets et permettent de configurer le DAC à sa convenance. Le Vega propose entre autre quatre filtres assez différents afin de satisfaire aux goûts de tout le monde. Cependant, chose amusante, Auralic conseille d’utiliser directement le filtre numéro 4. Ces menus vous permettront également d’accéder aux réglages de l’horloge, de choisir l’entrée ou simplement de régler la luminosité de l’écran.

Auralic Vega

Un des plus gros points faibles de l’Auralic Ark MX+ était la connectique. Les seules entrées disponibles étaient l’USB et le SPDIF. « C’est déjà ça ! » me direz-vous, mais le côté peu pratique de la chose est qu’il était nécessaire d’éteindre le DAC et de débrancher l’USB pour pouvoir utiliser l’entrée SPDIF. Auralic semble avoir écouté les critiques sur ce point car le Vega possède une entrée USB, deux entrées SPDIF coaxiales, une entrée SPDIF optique (Toslink) et une entrée symétrique AES/EBU. Côté sorties, il y a les habituelles RCA et XLR. A l’arrière du DAC, au côté des entrées et sorties se situe l’interrupteur permettant d’éteindre le DAC (comme précisé plus haut le gros bouton en façade sert uniquement à le mettre en veille).

Auralic Vega

La conversion numérique vers analogique était assurée dans l’Ark MX+ par une puce maison (en fait un processeur ARM9 utilisant une programmation spécifique). Pour le Vega, Auralic a (malheureusement ?) décidé d’abandonner cette solution en adoptant une puce Sabre plus classique. Cette puce permet au Vega de décoder les flux PCM allant jusqu’au 32bits/384 khz ainsi que les flux DSD 64 et 128 bits. Le convertisseur est épaulé par une horloge de type Femto assurant, d’après Auralic, un jitter de 82 femto-secondes seulement ! Différents paramètres d’horloge sont disponibles mais je dois avouer ne pas avoir entendu de différences entre les options.

L’étage de sortie du Vega est en classe A avec des modules brevetés nommés Orfeo. Ces derniers sont inspirés des circuits de la Neve 8078, une table de mixage de légende qui équipait de très grands studio d’enregistrement dans les années 70-80.

Le son

Le Vega a été testé avec deux amplificateurs différents : le Bottlehead Mainline et l’Eddie Current The Monolith. Les casques utilisés sont : Audeze LCD-2 Fazor, Audeze LCD-3 Fazor, Sennheiser HD800.

Une fois n’est pas coutume, le découpage habituel basse/medium/aigu sera remplacé par un trio dynamique et niveau sonore / signature / soundstage.

Dynamique et niveau sonore

C’est la première chose qui frappe, c’est le cas de le dire, lorsque l’on branche le Vega donc il m’a semblé logique de commencer par ça. La dynamique offerte par le Vega est ENORME. Ce DAC n’est pas à utiliser lorsque l’on souhaite écouter sa musique tranquillement le soir pour se relaxer au coin du feu. Il vous met une grande claque sur la figure et un coup de pied aux fesses tout en vous secouant dans tous les sens. Personnellement, je ne trouve pas cette dynamique naturelle. L’Ark MX+ était déjà dynamique mais cela était moins gênant du fait de sa présentation laid-back, car ici à l’inverse le Vega est plutôt frontal. Avec des amplificateurs ayant aussi une présentation similaire comme le Cavalli Liquid Gold ou l’Eddie Current Monolith, l’écoute du Vega devient très vite éprouvante.

Un point sur le niveau de sortie du DAC. Comme indiqué plus haut le Vega fait également office de préamplificateur. A son niveau maximal le niveau de sortie du Vega est plus élevé que celui d’un DAC « classique » et, probablement trop élevé pour un amplificateur casque. Une personne habituée à écouter la musique à un volume relativement faible devra régler le volume de son amplificateur très bas. Le Vega semble taillé pour alimenter un bloc de puissance pour enceintes. Toutefois, le volume de sortie peut être réglé numérique via la télécommande ou le bouton en façade du DAC, mais au risque d’entraîner des distorsions du signal.

Signature

Passé le stade de l’étonnement dû à la dynamique offerte par le Vega on découvre les autres aspects du DAC. La signature est montante, comme celle de son cousin l’Ark MX+. Malgré l’usage de puces différentes, on trouve des similitudes entre les signatures des deux DAC de la marque. Les aigus filent très haut sans pour autant être agressifs. Même sur un casque sensible dans le haut du spectre comme le HD800, les aigus du Vega ne se sont jamais révélés fatigants. En revanche, il est déconseillé de l’associer avec un amplificateur également montant, comme le Monolith d’Eddie Current, sous peine d’obtenir des sibilances.

Le bas du spectre n’est pas en reste. Il n’offre pas autant de texture que d’autres DAC concurrents mais il est très rapide et avec de l’impact. Les qualités des deux extrémités du spectre feraient presque oublier le medium, plus décevant, pourtant très aéré mais plutôt coloré.

Soundstage

LE gros point fort du Vega. La scène est très large, profonde et profite d’un excellent étagement des plans. C’est particulièrement appréciable sur des enregistrements de bonne qualité de musique classique (comme le Requiem de Mozart de chez Linn Records). Les sons naviguent autour de nous avec fluidité, raffinement et précision. Sur les Audeze, qui ne possèdent pas une scène très large, le Vega donne l’impression de pousser les murs. Effet « Waouh ! » garanti. En revanche, comme évoqué précédemment, la présentation du Vega est frontale.

Conclusion

Difficile de conclure sur le DAC haut de gamme de la marque Auralic. D’un côté il faut reconnaitre les grandes qualités techniques du Vega : une grande dynamique, un excellent soundstage et un niveau de détails élevé. D’un autre côté, ces qualités rendant l’écoute fatigante et peuvent également être perçues comme des défauts. Les amateurs de son typé analogique diront probablement que le Vega est l’archétype du « son numérique » poussé à l’extrême avec son niveau de détail, sa dynamique et ses timbres qui, d’une manière générale, sonnent « plastique ». Le Vega est plus un outil de dissection sonore qu’un élément d’écoute musical. Dans tous les cas, l’écoute de l’Auralic Vega ne laisse pas indifférent.

Malgré l’apparence négative de ce feedback, je dois avouer avoir passé de bons moments en compagnie du Vega. Sur des styles de musique rapide, la dynamique du DAC nous emporte et, dans tous les cas, le soundstage nous impressionne. Cependant, cette dynamique est toujours présente même quand on ne la souhaite pas. Le Vega donne trop tout le temps. Ce DAC semble se destiner à une petite partie de la population aimant le son très technique et rentre-dedans.

Je tiens tout de même à préciser que ce feedback a été rédigé uniquement après des écoutes au casque, la conclusion serait peut être différente sur un système d’enceintes.

7 réponses à “[Feedback] Auralic Vega

  1. Merci pour ce très bon feedback. J’aime beaucoup le plan en Dynamique/signature/soundstage.

    Par contre, je dois signaler un erratum, car l’Ark mx+ est architecturé autour d’un dac AK4399, et non d’une solution maison. le co-processeur arm n’est pas à l’origine du signal analogique, il s’agit probablement du DSP qui s’occupe des filtres.

    1. Il m’aurait certainement plu, bon enfin le positionnement tarif est juste pas possible pour moi, merci pour cet excellent retour :)

  2. Oui sur le timbre et le son typé « numérique » tu as raison.
    Le M7 est, lui, très typé « analogique », mais c’est la dynamique de cet Auralic qui doit être séduisante.

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