Après nous avoir caressé les oreilles avec les excellents X5, D2, S9 et le J3 – pour ne citer que les plus connus –, la marque Cowon tenait une place particulière dans le cœur des audiophiles. Depuis l’arrêt du J3, elle nous a cependant fait patienter longtemps, laissant ses concurrents prendre des parts sur le […]

[Feedback] Cowon Plenue P1

Après nous avoir caressé les oreilles avec les excellents X5, D2, S9 et le J3 – pour ne citer que les plus connus –, la marque Cowon tenait une place particulière dans le cœur des audiophiles.

Depuis l’arrêt du J3, elle nous a cependant fait patienter longtemps, laissant ses concurrents prendre des parts sur le marché des lecteurs hauts de gamme. Il était temps que le groupe sud-coréen se réveille ; c’est chose faite avec le Plenue P1. Disponible depuis quelques mois, le nouveau flaship de la marque tient-il toutes ses promesses ?


Préambule

Je tiens à préciser que c’est mon premier feedback : merci pour votre indulgence !

Par ailleurs, j’ai effectué ce test sur un appareil acheté par mes soins, avec mes intras et les oreilles que ma maman et la nature m’ont données.

 

Cerwon ne vous dit probablement rien, mais c’était le nom original de Cowon. Si, à l’origine, cette société sud-coréenne créait des logiciels comme JetAudio, son activité s’est depuis lors diversifiée et orientée vers les baladeurs numériques, en particulier avec la gamme iAUDIO. Depuis l’arrêt du J3, on peut dire que Cowon était plus qu’attendue sur le marché du haut de gamme. Laissant sa part du gâteau à iRiver, Sony, Hifiman et Colorfly, il était temps que le groupe sud-coréen se réveille.

C’est chose faite avec le Plenue P1 disponible depuis quelques mois, le nouveau flaship de la marque coréenne.

On peut lire sur le site de Cowon que le Plenue 1 a été créé après 2 années de recherches et développement intensifs afin de reproduire fidèlement la qualité HD des enregistrements originaux dans un lecteur portable. Ce lecteur audio Haute-Fidélité intègre le DAC Burr-Brown PCM1792A pour restituer la perfection du son 24bit/192kHz, haute résolution, enregistré en studio et pour assurer la lecture des formats DSD 128 et DXD.

Spécifications techniques et fonctionnalités

  • Son haute définition 24bits/192kHz
  • DAC Haute Performance Burr-Brown PCM1792A
  • Horloge Haute Précision TCXO
  • Rapport signal/bruit : 120dB
  • Distorsion harmonique + Bruit : 0,0006%, diaphonie: -134dB, puissance: 2Vrms
  • JetEffect 7
  • Formats supportés : DXD/DSD/FLAC/WAV/AIFF/ALAC/APE/MP3/WMA/OGG
  • Processeur ARM Cortex Dual-Core
  • Écran AMOLED 3,7? 16 millions de couleurs
  • Châssis monocoque en Aluminium anodisé haute résistance
  • Mémoire interne haute vitesse 128 Go
  • Emplacement Carte microSD SDXC
  • Sortie numérique optique
  • Dimensions : 116,5 x 64,5 x 13,4 mm
  • Durée de vie batterie : approximativement 8 heures
  • Prix moyen constaté : 999 €

Au chapitre des regrets, avec le ZX1 et Android, la connexion Wifi était sympa pour optimiser sa discothèque, utiliser les services de Qobuz, Spotify et éventuellement l’utilisation d’applications tierces… Elle manque ici. Il n’a pas non plus de Bluetooth.

Liens utiles

Page officielle du Plenue P1

Emballage et packaging

L’emballage est réduit au strict minimum : une boite, le Plenue P1, une housse en cuir, jolie mais pas parfaite (j’y reviendrai plus tard), un câble USB et une notice succincte. Pas de câble pour le relier à un ampli ou un DAC. Pas de chargeur secteur. Encore moins d’écouteurs boutons comme avec ses prédécesseurs, mais c’est commun aux appareils audiophiles dont les propriétaires utilisent leur propre matériel d’écoute.

Cowon a eu la bonne idée de prévoir une prise micro USB bien plus pratique que les câbles propriétaires qu’on trouvait sur les modèles précédents. Le Cowon se connecte en MSC et sera donc reconnu comme un disque dur. Vous pourrez l’écouter pendant qu’il charge mais uniquement s’il est connecté à un simple chargeur, pas à un PC.

Esthétique et finition

À l’opposé de iRiver et Sony, qui ont travaillé le look élaboré de leurs appareils HDG, Cowon fait dans le sobre, très sobre : une petite brique ou plutôt un petit lingot sans rien d’original ni de flatteur, mais qui respire la qualité et la robustesse, voire une certaine classe. Le boitier en aluminium ainsi que l’assemblage semblent parfaits, mais je crains pour la durée de vie de la petite languette qu’il faut ouvrir pour avoir accès à la carte micro-SD ainsi qu’à la prise micro USB, utilisée pour la charge et la connexion au PC/Mac. Avec environ 8 heures d’autonomie, il faut l’ouvrir souvent… Il aurait été plus judicieux de garder la trappe pour la micro SD uniquement et laisser la prise d’alimentation sans cache comme les Astell&Kern première génération.

Sur la tranche haute un seul bouton, marche/arrêt, et une diode indiquant l’état de charge et la lecture.

Sur le côté droit, 3 boutons ; de haut en bas : Volume, Play/Pause, Avance/Retour.

En bas la trappe d’accès à la carte micro SD et la prise micro USB ainsi que la prise casque et optique 3,5mm.

J’aurais préféré la prise casque en haut pour la tenue en main, mais ça peut avoir un avantage lorsque l’appareil est dans la poche du pantalon, donc rien de rédhibitoire.

Pas de bouton Reset : pour réinitialiser l’appareil, il faut appuyer sur les boutons de volume + et – et les maintenir enfoncés pendant 6 secondes minimum (je n’ai heureusement pas eu à utiliser cette fonction).

Au dos de l’appareil, les informations légales et le numéro de série.

La taille est assez imposante, mais dans une limite encore acceptable ; il rentre dans la poche d’une chemise ou d’un jean sans problème.

Il pèse 195gr avec sa housse en cuir (173gr sans) et tient bien en main. Je crains de le laisser tomber, donc hors de question de l’utiliser sans sa protection.

Je reviens à cette housse en cuir. Elle est belle, mais a trois inconvénients majeurs : elle ne permet pas de connecter tous les connecteurs jacks des casques à cause d’une découpe trop petite, les accès aux boutons sont aussi beaucoup trop petits et rendent la manipulation délicate. Enfin, la diode est cachée, un comble pour un accessoire constructeur. Certains achètent une housse Dignis qui permet un accès plus pratique pour les boutons de volume/pistes. Mais je pense que les protections d’écran et housse diverses vont bientôt apparaître dans les boutiques spécialisées.

Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, mais nous avons affaire avec un bel objet, sobre et élégant. Peut-être trop sobre pour certain, mais cela ne me dérange pas. Dans le métro il passera pour un vieux téléphone ou un lecteur MP3 ancien.

Galerie Photo






Ergonomie générale et interface de navigation

Je n’ai jamais vraiment aimé les menus des Cowon S9 et J3, un peu trop confus et peu intuitifs à mon goût.

Le menu du P1 est très simple d’utilisation et un des plus intuitifs que j’ai rencontré ; le recours à la notice n’est d’ailleurs pas nécessaire.

L’écran Amoled réagit très rapidement sans ralentissement. Le scrolling se révèle super précis et agréable : un bouton de scroll apparaît dès le défilement pour une recherche plus rapide, mais j’aurais aimé avoir un indicateur alphabétique pour plus d’efficacité.
Toutes les commandes sont accessibles depuis l’écran, sauf le volume et pour ça, je regrette la molette des AK, tellement accessible.

L’appareil s’allume après un appui prolongé sur le bouton Power et reconstruit la bibliothèque en quelques secondes – pour être plus précis, il demande moins de 10 secondes entre le démarrage et l’ouverture de la lecture avec environ 90 GO de musique, un vrai plaisir. On arrive directement sur le menu de lecture et le dernier titre lu.

Petit détail, une pression rapide sur le bouton Power permet de rendre l’écran visible, mais inactif et ainsi d’éviter les erreurs de manipulation, deux pressions rapides, et l’écran s’éteint afin de limiter la consommation de la batterie. Un appui prolongé sera nécessaire pour éteindre le P1.

Le firmware permet de personnaliser la présentation dans différents styles du plus sobre au plus colorés avec ou sans vu-mètres. C’est agréable de pouvoir personnaliser un peu son précieux.

Dans le menu lecture, il suffit de cliquer sur l’icône en haut à gauche pour revenir au menu qui permettra de changer d’artiste ou d’album, on peut chercher par Dossiers, Favoris, Artistes, Albums, Genres, CUE/SACD et Nouveautés. Grâce à la fonction recherche, vous pourrez trouver votre morceau préféré plus rapidement dans votre discothèque.

Toujours dans le menu lecture, en cliquant sur l’icône de droite, on accède aux paramètres de lecture, c’est super simple.

Il y a bien sûr une gestion des favoris, mais je ne me suis jamais servi de cette fonction, sur aucun de mes lecteurs, donc je ne m’avancerai pas à détailler ses qualités et défauts.

Je peux néanmoins vous la décrire : lors de l’écoute, en haut à droite, dans le menu, il vous suffira de sélectionner l’icône dédiée en forme d’étoile pour voir apparaître un menu. Là, deux choix s’offrent à vous, soit enregistrer la piste dans My Favorite, soit créer un dossier en sélectionnant + et en le nommant, par exemple, Avant De Dormir. Ainsi, vous pourrez créer différents dossiers de favoris en fonction de vos envies, besoins, whatever…

En basculant le P1 en position horizontale, l’affichage change et passe en mode CoverFlow à la manière des anciens Cowon : il affiche les pochettes et on glisse simplement son doigt sur l’écran pour les faire défiler.

À l’usage

Le volume sonore est réglable sur une échelle de 140 niveaux ; avec mes intras et le PS500e, j’atteins un niveau confortable aux environs de 80. Cela peut bien sûr varier selon les albums, mais dans tous les cas, je n’ai jamais atteint le volume maximum.

L’autonomie est, hélas, le point noir de ce genre de DAPs : le P1 est dans la moyenne avec environ 8 heures d’autonomie, mais je n’ai pas encore validé ce point.

Le stockage ne devrait pas causer de problème, avec 128go de mémoire sur l’appareil et la possibilité d’ajouter une microSD de 128go. Les fichiers flacs et HD prennent quand même de la place, donc il n’est pas exclu de venir à bout de la mémoire un jour.

La gestion des mémoires est simple et efficace : après avoir inséré la carte et mis en route le P1, la mise à jour est très rapide comme toujours, dans la partie navigation par dossiers nous avons deux emplacements P1 et P1 EXT, rien d’anormal.

J’ai tenté de le prendre à défaut sur quelques albums du même interprète, stockés à deux emplacements différents : il n’est pas tombé dans mon piège grossier et affiche sans souci les albums, sous le nom du chanteur, qu’ils soient soit sur le P1 ou la microSD. Lors de la recherche par album, il affiche tout sans distinction d’emplacement.

Depuis la dernière mise à jour 2.00, il est possible de supprimer des fichiers depuis le Plenue, sans avoir recours à un PC ou Mac.

Fonction DAC

Le nouveau firmware 2.00 permet de profiter de la fonction USB DAC de votre P1, hélas limitée à 16 bits / 44,1 ~ 192 kHz, 24 bits / 44,1 ~ 96kHz. Il faudra préalablement modifier le mode USB du Plenue en sélectionnant MSC/DAC dans le menu Réglages/Système/Mode USB.

Lors de la connexion le P1 vous demandera de sélectionner USB/DAC ou USB/MSC (Mass Storage Class) pour le transfert de fichiers.

Après avoir cliqué sur USB/DAC, Le P1 sera reconnu sur Windows et Mac OS X sans installation de driver. Il suffira de sélectionner dans le panneau de configuration du son le COWON PLENUE 1 DAC.

Lecture

Le P1 est capable de lire de nombreux formats DXD, DSD, FLAC,WAV, AIFF, ALAC, APE, MP3, WMA, OGG ; seul l’AAC manque à l’appel sur le site de COWON. Dans les faits, il lit aussi bien le format AAC que l’ALAC.

Je lance la lecture, et l’envie me prend de regarder quelles sont les possibilités de personnalisation du son. Là, c’est le service all inclusive : entre l’équaliseur, les BBE, JetEffect, impossible de ne pas trouver son bonheur.

Une question me vient : quelle est la cohérence d’un appareil conçu pour avoir le meilleur son au monde et la possibilité de le modifier, bien au-delà du raisonnable ?
Je me demande à quoi peuvent bien servir certains réglages. C’est un argument de vente pour Cowon, mais à l’utilisation, ce sont beaucoup de gadgets pour rien.

Je ne suis pas fan de l’utilisation des EQ (équaliseur), non par dogme ou peur du sacrilège, mais à trop trifouiller, j’ai peur de perdre le son naturel, originel, ou plutôt l’idée que je m’en fais. C’est flagrant lorsque je repasse sur EQ off.

Mais je comprends qu’on puisse vouloir affiner le son afin d’appairer au mieux son casque ou ses intras. Sur ce point l’équaliseur du Plenue est bien fait, avec une possibilité quasi infinie de réglages. Autre motif de satisfaction, l’utilisateur pourra programmer 4 réglages « User » différents, qu’il sélectionnera en fonction de ses intras/casques ou environnements.

Qualité sonore

Si vous vous êtes endormi, c’est le moment de sortir des bras de Morphée : c’est maintenant qu’on parle de choses sérieuses !

J’ai écouté les P1 sur des intras moulés Unique Melody Merlins et 1964 Quads ainsi que sur un Grado PS500e sans utiliser d’effets sonores. J’ai utilisé des fichiers Flacs, MP3 320 et DSD.

Il n’y aucun souffle audible sur mes intras et mon casque même montant le volume à fond. J’ai utilisé le P1 posé sur le téléphone et je n’ai entendu aucune interférence.

Le gapless, c’est un point qui me tient à cœur : j’en ai été privé avec le AK120 et je ne comprends toujours pas pourquoi cette fonction est visiblement un problème chez certains constructeurs et pas chez d’autres.

Alléluia ! Pas de coupure du son entre les pistes sur le P1, que ce soit avec des fichiers Flac ou MP3.

Dès les premières secondes, pas de Wow effect, puis, après quelques minutes… tiens, c’est quoi ce très léger et délicat rythme de baguettes sur le tom ? Je ne l’avais pas entendu avant, ou alors pas remarqué…ma curiosité grandit et je commence les écoutes de mes pistes préférées.

Pour toi public, voici mes impressions :

Oscar Peterson Trio, We Get Requests

Les trois coquins se lancent dans You Look Good To Me avec une joyeuse connivence. Oscar au piano parfaitement au milieu, Ray Brown à droite à la contrebasse.
Le morceau commence par Oscar et Ray à l’archet, une cymbale délicatement brossée à gauche. La contrebasse descend bas avec autorité, mais sans gonflement ou boursouflure, le raclement de l’archet est net et précis. La résonance de l’instrument est merveilleuse et soyeuse. À 0,51s j’ai l’impression que Ray pose son archet ?

Ed Thigpen, entre définitivement en piste avec ses copains, son jeu aux balais est doux et subtil, tout est d’une très grande précision. À droite Ray marmonne en jouant. Chaque instrument est parfaitement détouré, la largeur est bien repartie entre les deux oreilles. Ça y est, ça swingue et je tape du pied. L’écoute est analytique, sans agressivité, rien ne vient contrarier le rythme vivant et joyeux de ce morceau.

Stéphane Grappelli et Michel Petrucciani, Flamingo

Le violoniste Stéphane Grappelli et le pianiste Michel Petrucciani, grands musiciens de Jazz français se sont réunis pour notre plus grand plaisir. Ils sont accompagnés par Roy Haynes à la batterie et George Mraz à la contrebasse.

Le titre Flamingo commence par Michel, le piano est au centre, il a une taille normale (le piano, pas Michel), ni trop grande, ni trop petite, le clavier s’étend du milieu vers la droite pour les notes aiguës, celles-ci meurent délicatement, c’est très nuancé et on suit parfaitement les deux mains. Stéphane commence au milieu aussi et y reste, il est gai et joueur. Son violon vit, vibre et chante délicatement. J’aimerais malgré tout un aigu un tout petit moins en avant.

Sur I love New York in June, le P1 me distille un son rythmé et très dynamique, aucune mollesse, sur aucune fréquence. A 2,13 » la contrebasse joue seule soutenue rythmiquement par la batterie, elle descend bas la bougresse, je sens viscéralement le grave, les Merlins et leurs drivers dynamiques doivent aider.

Somi, If The Rains Come First

Enganjyani. Sur ce titre, Somi est accompagnée d’Hugh Masekela à la trompette.

Les premières notes de percussions sont réellement impressionnantes, le P1 descend plus bas que tous les daps que j’ai entendus, mais surtout avec un contrôle exceptionnel. Chaque nuance est parfaitement distillée, rien de boomy. Je ressens les percussions… quel plaisir mes amis.

Arrive Hugh et sa trompette, les sonorités des cuivres sont somptueuses, il est placé légèrement derrière la chanteuse, bien détachée du reste des musiciens et choristes… et zut, je retape du pied, difficile de rester concentré.

Bernard Lavilliers

Betty, version acoustique : tu n’as pas sommeil, tu fumes et tu veilles, t’es tout écorchée…

Bernard et sa guitare… je n’avais pas remarqué avec autant de netteté la réverbération ajoutée. Le glissement des doigts sur les cordes et un peu mis en avant, toujours cet aiguë un peu insistant… Bernard ne chante pas avec sa bouche, mais son ventre, une colonne d’air passe par ses cordes vocales avant de vous caresser les tympans. Beaucoup de réalisme et de présence et toujours ces merveilleuses nuances.

Art Mengo, Live au Mandela

Petit Live par la taille de la salle, mais très grand par la qualité de l’enregistrement. La piste 5, Mon Voisin, mélange tout, des percussions, des cuivres, du chant…

Dès le début, les applaudissements sont nourris et charnels, les percussions toujours aussi profondes et contrôlées. On se rapproche de l’infra grave, à condition d’avoir des intras qui suivent. La batterie a beaucoup d’impact et de dynamique. Une sublime trompette à gauche, guitare à droite et basse derrière. Suivi rythmique parfait, rien ne m’échappe, je peux suivre chaque instrument indépendamment des autres. Le côté éraillé de la voix d’Art et plus flagrant qu’a l’accoutumé, toujours ces excellentes nuances.

Lou Doillon, Places

ICU. La chanteuse est un peu proche du micro et les sibilances sont bien là, les Earsonics et leurs aigus légendaires devraient bien s’associer aux P1 sinon un très léger ajustement d’EQ vers 13,2 khz devrait satisfaire les oreilles sensibles. Je n’ai pas eu de soucis avec le Quads, seulement les Merlins, surement trop en V.

Toujours la même qualité de détail, c’est vraiment le point fort du P1, il ne vous cachera rien.

France Gall, Concert acoustique M6

Dans cette cession France s’est entourée de musiciens exceptionnels, en particulier, Michael Bland à la batterie et Sonny Thompson à la basse, deux copains de jeu de Prince…et ils ne sont venus faire de la figuration…

Besoin D’amour, la chanson commence avec batterie, guitare basse, ça descend toujours aussi bas, le grave est très texturé, La qualité de frappe du batteur est fantastique, c’est ferme, tendu.

Allez, on monte le volume à 95. Quelle dynamique, ça vient de partout : je suis en sueur, purée, comme c’est bon. L’ampli ne fait pas dans la dentelle, il tient les drivers solidement, c’est lui le patron.

Mozart, Concerto pour Clarinette en la majeur-K622- Allegro

La résonance de la salle est bien présente, le son se répartit bien entre les oreilles, on peut presque suivre chaque instrumentiste. Les musiciens sont bien isolés les uns des autres, pas de bouillie. La clarinette est isolée et bien timbrée. J’aurais bien aimé un peu moins de dynamique, plus de calme, mais j’ai parfois trouvé les enregistrements Deutsche Grammophon un peu trop numériques.

Antonín Dvořák, Cello Conterto avec Mstislav Rostropovich

1er mouvement, Allegro. Une grande douceur avant la tempête, excellente définition du violoncelle et de la clarinette, les montées de l’orchestre sont un peu fatigantes : encore un peu trop de dynamique. Les moments de douceur sont divins.


P1 vs. AK120

Je l’ai rapidement comparé au iRiver AK120 firmware 1.40 et le Cowon P1 firmware 1.2

Les deux appareils boxent dans la même catégorie, celle des DAPs haut-de-gamme. Sur la balance l’AK120 affiche 176gr et le Plenue 194. Housse pour les deux. Le Cowon est plus grand que l’iRiver. La largeur est la même (bouton de volume compris).

Le Plenue prend l’avantage par une mise à jour de la discothèque super rapide. Je peux même dire supersonique en comparaison avec la lenteur horripilante du AK : sur ce dernier, j’avais désactivé cette fonction et je naviguais par dossier.

Naviguer par dossier sur l’AK pose un double problème. Le premier : le stockage se répartit entre la mémoire de l’AK, 64GO, et 2 emplacements pour micro SD. Allez donc savoir à quel emplacement est rangé votre disque préféré : par ordre alphabétique, par genre, à vous de bien ranger ? Le second est lié au petit écran : le scrolling avec les gros doigts n’est pas chose aisée ; il y a bien un bouton de scrolling, mais très difficile, voire impossible à atteindre avec la housse qui gêne l’accessibilité.

La finition est excellente sur les deux et ils sont livrés avec une housse en cuir.
L’AK n’a qu’une trappe pour protéger l’emplacement des micro SD, mais la prise micro-USB reste libre, alors que le Plenue nous oblige à ouvrir la protection à chaque charge. Charge qui revient d’ailleurs plus souvent sur le P1 à cause d’une autonomie deux fois moindre (sur le papier en tous cas).

Les Astell&Kern ont l’avantage d’avoir un vrai bouton de volume, pratique quand le dap est dans la poche. Le P1, quant à lui, me force à le sortir à chaque fois… il faut vraiment que je change cette housse.

Concernant le son, l’AK120 m’accompagne depuis plusieurs mois, mais j’avais remarqué un son plutôt chaud qui, flatteur et confortable au départ, me fatigue un peu. Il alourdit un peu le message.

En passant de l’un à l’autre, je ne peux que remarquer une signature similaire, mais à chaque fois le AK120 est plus épais, un peu plus pataud dans l’extrême grave qui vient parfois noyer un peu le reste.

Le grave du Plenue est plus tendu, plus ferme : la guitare basse reste à sa place, sans en avoir moins en quantité. Je pense que la qualité de l’amplification fait la différence, mais on le paye surement sur l’autonomie.

Comme je disais, hormis cette histoire de grave, la signature est similaire, mais le P1 apporte des nuances partout, la moindre inflexion de la voix, le moindre coup de cymbale meurent avec précision et délicatesse, il est parfaitement audible sur l’AK, mais moins réel, moins riche.

La dynamique du Plenue est supérieure, c’est fulgurant, l’AK120 serait un peu plus mollasson en comparaison.

La scène sonore du Plenue est large et précise ; l’AK120 est également large, mais là où le P1 découpe tout avec précision (on peut réellement suivre chaque musicien ou choriste), sur l’AK c’est parfois un peu plus flou.

Je dirais pour conclure ce petit comparatif que passer de l’AK120 au P1, c’est comme changer de lunette, on voit la même chose, mais avec plus d’acuité.

 

Conclusion

Avec le firmware 2.001.26.

Le P1 est un excellent DAP, je n’ai jamais entendu autant de détails et nuances dans les interprétations. Le grave est tout bonnement exceptionnel.

L’aigu peut être un peu trop montant sur certaines pistes, ça peut passer ou casser, rarement, selon l’enregistrement, mais l’EQ est super très bon et pourra corriger le tir sur les intras pointus. Il a une très belle extension, et sa définition est excellente, les cymbales meurent avec beaucoup de nuances et précision.

Le médium est très présent et dense est très défini, un côté analogique et dynamique particulier et un peu difficile à expliquer. Les voix masculines et féminines sont très naturelles et texturées. Si un enregistrement, un mixage ou vos intras ne sont pas au niveau, le P1 vous l’expliquera rapidement.

Un peu plus de bas médium serait appréciable sur la musique classique, qui me parait un peu trop claire par moment.

Je ne suis pas un basseux, mais je suis exigeant, les graves sont une expérience particulière avec les Merlins et leurs drivers dynamiques. C’est la première fois que je l’apprécie autant. Ce registre descend très bas avec autorité et impact, sans aucun trainage mal contrôlé. Selon les enregistrements, ils peuvent être viscéraux, physiques et jouissifs.

Accouplé aux Merlins, la scène sonore du P1 est très large, mais cohérente, chacun est à sa place avec de l’espace autour : absolument rien n’échappe au P1.

La dynamique est fulgurante, voire trop avec les Merlins et c’est peut-être le petit défaut du P1 : si vous écoutez beaucoup de classique symphonique ou de métal, je vous conseille de l’essayer et de vérifier si l’appairage avec vos intras fonctionne bien. Je n’ai pas de doute sur l’association avec les marques Earsonics, Custom Art et Spiral Ear connues pour leurs aigus mesurés.

Je n’arrive pas à déterminer s’il est chaud ou froid, je dirais plutôt plat avec des extrêmes aigus un peu accentués favorisant les écoutes à volume modéré sans perte de détail.

Au final, je peux résumer ainsi:

Points positifs

Beau lecteur, bien fini
Qualité sonore exceptionnelle digne de matériel sédentaire
Interface/Ergonomie simple et efficace
Dynamique….mais

Points négatifs

Dynamique a bien associer
Très sensible à la qualité des enregistrements
Autonomie limitée
Prix, quoique…
Pas de Wifi/Bluetooth
Me donne envie de changer d’intra pour aller encore plus loin….

13 réponses à “[Feedback] Cowon Plenue P1

  1. Ah si j’avais le budget, c’est exactement celui-ci que je me prendrais pour remplacer mon S9.

    En attendant je vais sûrement écouter les conseils de SAR et me prendre un petit Hidizs AP100

  2. Merci pour cet éclairant feedback.

    juste une remarque concernant le format AAC, Cowon n’a jamais cité ce format comme étant reconnu par ses baladeurs (guéguerre Apple toussa) ; sauf que J3, X7, X9 et consort les digéraient sans problème… Je serais donc surpris que celui-ci y déroge.

  3. pour un coup d’essai c’est un coup de maître. Bravo Poka pour cette belle lecture de retour de vacances. J’ai toujours eu un faible pour Cowon. Je trouve que l’ergonomie reste fidèle, je déplorerais simplement qu’il n’y ait toujours que 4 eq personnalisables mais l’idée d’avoir 256go dans sa poche ça fait rêver…

  4. Bravo Poka ! Merci encore. Perso, je n’ai eu aucun problème sur mes H8P lors de ma brève écoute du P1 (mais je n’ai jamais eu de problème tout court avec les H8P en même temps, ce qui n’est pas le cas de tout le monde), donc je vais dans ton sens. Je peux aussi dire que son écoute m’a laissé un mot en bouche : analogique. Très naturel et musical, mais ces trois mots sont un peu compliqués et varient selon la bouche des gens…

  5. Excellent ce feedback , merci, très agréable à lire.
    Egalement intéressé par retour sur la compatibilité ALAC.

  6. Super retour, merci beaucoup pour ces différents tests très bien étayés.
    Feedback que je partage, ayant le P1 moi-même ! ;-)

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