Feedback : Earsonics EM3

Voilà maintenant plus de deux mois que les Earsonics EM3 Pro m’accompagnent au quotidien dans mes voyages musicaux…

L’objet de ce post n’est pas de vous proposer un test en bonne et due forme mais plutôt de vous faire partager mes impressions forcément subjectives de ce qui constitue ma première incursion dans le domaine des Intras moulés.
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Avertissement

Ceux qui me connaissent un peu savent pas mal de choses de mes choix musicaux , pour faire court beaucoup de Country Rock made in seventies, une bonne dose de blues-rock, pas mal de Country Alternative et un penchant certain pour les mélodies évidentes, les guitares, les harmonies vocales et les voix féminines.

Coté signature sonore j’apprécie principalement les signatures chaudes détaillées et aérées faisant la part belles à des médiums ronds, des aigus doux et des basses profondes et chaleureuses.

Parmi les Intras que j’ai pu gouter plus ou moins longtemps j’ai le plus apprécié les sonorités des modeles suivants, classés en fonction de leur gamme de prix à savoir les Yamaha EPH 100 , les Earsonics SM2 et enfin les Westone 4.

En matière de casque les Sennheiser HD25, ATH ESW9/11 ou les Grados de la série SR ont mes préférences.

Pour ce qui est de mes lecteurs après la mort soudaine et inopinée de mon samsung YP-R0 je dispose d’un Cowon X7.

Tout ce que je vais tenter de vous décrire aura été entendu au travers du cowon X7 ( Fichiers Flac, MP3 320 ou AAC 256 ) dont l’égaliseur à été réglé en fonction de mes préférences c’est à dire en créant au travers de l’égaliseur une signature en V qui amplifie les basses et les aigus et adouci les médiums et d’un Colorfly C4 qui, grâce à la générosité de Freeman73, m’accompagne depuis une bonne quinzaine de jours.

Présentation

Je ne vais pas vous faire un long topo à ce sujet juste dire que les EM3 Pros sont livrés dans une solide boite tout en plastique à l’intérieur capitonné de mousse. les moulés sont donc parfaitement protégé.
Les EM3 sont dotés d’un câble torsadé du même type que celui  des SM2/SM3 ou des W4, c’est sérieux ça respire la qualité et c’est évidemment détachable. Le corps des moulés est imposant , tout en acrylique dur , je les ai choisi noir coté face plate et gris translucide pour l’intérieur ce qui permet de voir ce qui se trouve à l’intérieur.

Confort

Finalement c’est simple à enfiler : les orienter vers le bas puis les faire pivoter d’un quart de tour vers le haut pour les faire pénétrer en douceur dans l’oreille et le tour est joué.
Le fit est parfait, un peu trop même puisque au début (disons une bonne semaine)  j’ai ressenti une forme de pression un peu désagréable ; rien d’insupportable cependant, d’autant que cette sensation à désormais complètement disparu.
L’isolation est franchement très bonne , bien au delà de ce que j’ai pu constater jusqu’à présent avec mes autres Intras. Bref rien à dire sur ce point c’est juste excellent.

Globalement mais j’imagine que c’est la même chose avec n’importe quelle paire de moulés, le confort est proprement incroyable , je peux les porter des heures durant, dormir avec, marcher, sans ressentir la moindre gêne ni évidemment, perdre le fit. Pour moi pour qui luttait pied à pied depuis des mois pour trouver des intras facile à vivre c’est juste parfait et sur ce point au moins ma quête est atteinte.

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Le son

J’ai mis énormément de passion dans le choix de ces intras , pas mal de sous aussi alors effectivement j’en attendais beaucoup … Du coup pour tout dire j’ai été dans un premier temps, assez circonspect à leur écoute. Pas que ces intras me paraissent médiocres loin de là, juste que tout changement nécessite un période d’acclimatation.

De fait, si je leur ai immédiatement reconnu une puissance de feu impressionnante, des basses profondes dont l’impact est très réaliste notamment sur le rendu des caisses de batterie ou des lignes de basses ( Seven nation Army des White Stripes, est époustouflant de tension et d’énergie sauvage) , si le son est extrêmement vivant  la finesse, la rondeur et le niveau de détail qui ont mes préférences en matière d’écoute musicale ne se retrouvaient pas forcément dans ces intras au rendu que je qualifierais de plutôt organique.

Clairement ces EM3 me semblent taillés pour le Rock, le Métal, le blues et le live ; la force brute dont ils sont capables est évidente sur des titres aux sonorités agressives et péchues.

Spatialisation : Parmi tous les Intras que j’ai croisé ces derniers temps, les EM3 sont ceux qui procurent la meilleure sensation d’espace, on est évidemment pas au niveau d’un casque full size ouvert, mais clairement il est tout à fait possible de ressentir la latéralisation des instruments et sur certains titres dotés d’une qualité d’enregistrement au dessus de la moyenne, la sensation d’immersion est exceptionnelle. C’est très notable sur le Graceland de Paul Simon, l’album Blessed de Lucinda Williams ou encore avec le Blues-Rock de Big House.

Les basses : franches et rapides , c’est l’un des points fort de ces intras , elles sont aussi parfaitement détourées et ne bavent donc pas. En tout cas aucun des casques ou des intras que j’ai pu tester n’est capable de à la fois descendre aussi bas tout en proposant le dynamisme et naturel de ces EM3.

Les médiums,à la mode  earsonics : chaleureux , amples , luxuriants, les qualificatifs que l’on leur applique généralement quel que soit le modèle s’appliquent évidemment aux EM3 ; reste tout de même un rendu un peu trop organique que personnellement je ne goute pas forcément, mais j’y reviendrais plus en détail.

les Aigus : C’est tranchant, coupant même, avec le Colorfly C4, ça coupe plus court avec le X7 mais  ça reste extrêmement jouissif et naturel. Vivant sans être agressifs ou fatigants, ils éclairent le son avec bonheur et finesse.

EM3 versus SM3

On est chez Earsonics donc forcément les points communs existent, mais les EM3 sont supérieurs aux SM3 dans tous les domaines que ce soit en terme de détails, d’espace sonore et surtout de dynamisme. Reste que les SM3 sont parmi tous les intras que j’ai rencontré ceux qui se rapprochent les plus des EM3.

EM3 versus Westone 4

j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écoute des W4 leur signature à la fois équilibrée, chaleureuse  et détaillée, mais l’espace sonore qu’ils proposent et qui est bien au dessus de ce que procure en général des intras, s’accompagne d’une impression de distanciation par rapport à la musique qui interdit toute forme d’immersion. Trop sage et sans doute trop travaillé, les W4 ne peuvent pas lutter avec la force, la luxuriance et l’énergie des EM3

EM3 et Colorfly C4
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Je suis plutôt circonspect en fait quant au mariage entre ces intras et le C4. Si j’ai pris de véritables claques audio avec ce lecteur grâce à Big House (du blues rock comme on en fait plus) j’ai décollé comme rarement avec la sensation proprement jouissive que cette rencontre était exceptionnelle, avec John Fogerty , Dire Straits (Water Of Love par exemple) , White Stripes (ball and biscuit), Gregg Allman (Low Country Blues) tous ces morceaux aux guitares à la fois rauques et aériennes je trouve le mariage proprement réjouissant, nerveux, à la fois sec et chaleureux , les notes s’étirent en longueur,le niveau de détail est impressionnant et les instruments paraissent comme habités de l’intention de me faire exploser de plaisir . Avec Lucinda Williams (blessed) c’est tout aussi bon, spacialisé (l’album est très bien mixé) les guitares déchirent aux sens propre à un point que je n’imaginais pas possible avec un baladeur et créent un impression de présence, de puissance et d’immersion tout à fait jouissive.
Bref, sur blues et rock, le coté minéral du son emporte tout ; que ce soit au niveau des guitares ou du rendu des percussions et des batteries qui est d’un naturel et d’un dynamisme bluffant, cette association est proprement ébouriffante.

Mais voilà , avec  les voix féminines, le Jazz de Diana krall ou de Norah jones le C4 manque de rondeur, de chaleur et délivre une certaine acidité qui ne colle pas à ce que je recherche comme sensations musicales ; même si le niveau de détail est supérieur à ce que peut me proposer le X7 je trouve au global le résultat bien moins flatteur et musical. Même opinion dès que j’écoute Paul Simon et l’album Graceland, Fleetwood Mac et l’album Tusk ou encore le blues très chaud de Tony Joe White : le rendu est trop brut et le manque de moelleux des médiums ne me convient pas vraiment .

De fait le principal reproche que je ferais à ce lecteur en dehors de son autonomie assez faible, de son UI perfectible et de l’absence d’un mode de lecture shuffle, tient à l’impossibilité d’effectuer le moindre réglage d’égaliseur , puisque à l’instar d’un simple ipod, le C4 ne dispose d’aucun égaliseur personnalisable qui aurait permis me semble t il de corriger les défauts ressentis ; d’autant qu’en dehors du réglage Jazz les égaliseurs proposés sont tout simplement mauvais, assourdis, bref, à oublier.

EM3 et Cowon X7

Le X7 est sans nul doute un moins bon baladeur que le C4, les basses sont un poil moins détourées, les aigus coupent plus court, le niveau de détail et l’espace sonore ne sont certainement pas aussi bons ; reste que le résultat est bien plus homogène et que la subtilité des réglages disponibles permet clairement un résultat beaucoup plus pertinent quel que soit le type de musique écouté. Alors oui, sur du rock ou du blues on ne retrouvera pas l’amplitude, le coté proprement aérien du rendu d’un piano ou d’une guitare saturée au niveau de ce que procure le C4, mais le plaisir est bien là quand même ; Et surtout quelque soit le style musical écouté l’homogénéité, la cohérence du rendu sonore est de mon point de vue supérieure et les EM3 sur la folk crépusculaire de johnny cash, le Jazz de Norah jones ou de Wynton Marsalis se montrent à la fois plus raffinés et plus pertinents qu’avec le Colorfly.

Conclusion

Clairement les EM3 au même titre que n’importe quelle paire de moulés sont chers ; indiscutablement, mais nous connaissons tous ce fait, le gap qualitatif, si il est bien réel n’est pas aussi important que le gap tarifaire. Reste que le confort des moulés est sans commune mesure avec ce que proposent des intras classiques et la chasse très pénible aux embouts qu’ils supposent.

L’autre défaut assez évident des moulés c’est la quasi impossibilité d’une revente ; de plus quand on a pas des moyens gigantesques leur achat implique des sacrifices et des choix.
Avec Earsonics on bénéficie tout de même de la possibilité d’upgrader d’un modèle vers un autre pour un cout relativement minime. C’est un avantage qu’il faut évidemment considérer puisqu’au final il permet tout de même un peu de souplesse dans le choix.

Le passage vers les moulés est donc une décision qui se muri et qui surtout, suppose que l’on connaisse avec pas mal de certitudes ses propres attentes.

Personnellement je prends beaucoup de plaisir à l’écoute des EM3 qui m’accompagnent en permanence ; leur naturel, leur dynamisme qui en font de mon point de vue des intras faits pour le Rock et le Blues, ainsi que l’espace sonore et le confort qu’ils procurent n’ont pas d’équivalent parmi les intras universels que j’ai pu croisé. Je leur reprocherais sans doute un petit manque de raffinement, qui fait qu’à terme et parce que mes gouts musicaux (l’âge sans doute) m’amène de plus en plus vers les sonorités plus douces du Jazz et de la Folk, j’évoluerais vers les EM4, qui, à ce que j’ai pu en lire, correspondront sans doute mieux encore à mes attentes.

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Liste de test 

Remerciements : A Freeman73 pour son prêt généreux du C4 qui m’aura permis de découvrir ce baladeur si rare, à Davidsylvain pour ses conseils pertinents et sa grande connaissance des intras earsonics, à Vic pour m’avoir, un jour de septembre, fait découvrir les mondes des moulés, à  Blackwolf dont le test des EM3 a alimenté ma réflexion d’achat , à Earsonics en général et à Max en particulier pour l’accueil qu’ils m’ont réservé. A vous tous, enfin, qui lirez ce pavé et qui, je l’espère, y trouverez quelques infos utiles et un peu du plaisir que je prends à mes écoutes nomades…

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