Cette semaine, nous vous proposons de découvrir le Paw Gold 5000, baladeur milieu de gamme de la marque chinoise Lotoo. Un coup d’essai ou un coup de maître ? La marque Lotoo, si elle vous paraît récente, est en réalité issue du groupe INFOMEDIA, basé en Chine, lequel produit et développe depuis dix ans de […]

[Feedback] Lotoo Paw 5000

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir le Paw Gold 5000, baladeur milieu de gamme de la marque chinoise Lotoo. Un coup d’essai ou un coup de maître ?

La marque Lotoo, si elle vous paraît récente, est en réalité issue du groupe INFOMEDIA, basé en Chine, lequel produit et développe depuis dix ans de nombreux équipements pour les radios et télévisions du pays. En dépit de sa relative jeunesse, cette marque n’est pas donc pas inexpérimentée dans le domaine du son.

Lotoo a débuté assez fort dans le monde audiophile en proposant directement un lecteur très haut de gamme, le Paw Gold, puis, la même année, le Paw 5000, quant à lui situé dans le milieu de gamme. Très intrigués par ces deux appareils, nous avons pris contact avec le directeur de la firme, Mr Xiao Qi, qui a très directement accepté de nous envoyer ces deux modèles en test. Nous l’en remercions bien évidemment, mais soyez rassurés : notre opinion n’a pas été influencée pour autant.

Après ce préambule, entrons directement dans le vif du sujet et commençons par le Paw 5000. Le test du Paw Gold suivra.

Présentation

Dès la réception du Paw 5000, on découvre le premier atout de ce lecteur : sa taille. La boîte, de dimension assez contenue, s’ouvre en deux pour présenter le baladeur. Les dernières productions de la concurrence dans cette gamme de prix, si elles proposent de belles qualités sonores, ont tendance à prendre de l’embonpoint. Ces lecteurs prétendument nomades sont en fait de moins en moins pratiques à transporter. Avec le Paw 5000, vous aurez un lecteur à la taille réduite et au poids plume qui se fera oublier dans vos poches et évitera également de les déformer. Ses mensurations sont particulièrement réduites (98 x 55 x 17,5 mm pour un poids de 110 g), pour un encombrement inférieur à celui du Fiio X3 II.

Lotoo - Bundle
Autre point positif en matière de mobilité, le Paw 5000 est livré – au côté d’un câble USB 3.0 – avec un support en plastique permettant de le fixer sur une attache en velcro. L’intérêt ? Aller courir avec votre précieux sur le bras, par exemple. Très astucieux, cet accessoire démontre la volonté de Lotoo de proposer un lecteur réellement nomade.

Lotoo - Velcro
Reste la question esthétique : là-dessus, chacun se fera son avis…

Le tour du propriétaire

En dépit de sa petite taille, le Paw 5000 propose des connecteurs en nombre puisqu’en plus de la sortie traditionnelle casque en jack 3,5mm, vous trouverez sur ce lecteur une sortie symétrique en jack 2,5mm (la même prise que sur les baladeurs d’iRiver) et une sortie ligne en jack 3,5mm, qui comprend également une sortie numérique S/P-DIF, à la fois coaxiale et optique. Ces trois sorties sont disposées sur le haut de l’appareil.

Lotoo - Haut
Le Paw 5000 présente sur sa tranche droite une connectique en USB 3.0 qui lui permet également de se recharger. Sur la tranche inférieure s’ouvre le slot accueillant les cartes µSD. Il est à noter que l’appareil ne dispose d’aucune mémoire interne et ne peut fonctionner sans carte. Il a accepté la mienne, d’une capacité de 128 Go, sans poser le moindre problème.
Le côté gauche de l’appareil accueille le traditionnel bouton de réglage de gain (à deux positions), le bouton de réglage de volume (qui peut servir à changer les morceaux moyennant un appui prolongé) et un bouton de réglage DAMP (deux positions), qui permet d’ajuster l’impédance de sortie ; fournissant ainsi une réserve de puissance supplémentaire.
Après avoir étudié le Paw 5000 de profil, nous allons passer à la face avant de l’appareil, dont la présentation s’avère tout aussi austère. Une roue crantée avec un bouton central y trône au côté de cinq boutons en plastique, disposés en L inversé (disposition assez similaire à celle des boutons de son grand frère, comme vous pourrez le remarquer dans le test du Gold).

Lotoo - Face
Pour clore la visite, je signale que ce petit lecteur offre la possibilité d’une connexion en bluetooth. Cette fonction m’a permis de l’utiliser au bureau, relié à mon enceinte sans fil auquel il a servi d’émetteur.

Les composants et l’autonomie

La parenté avec le Gold se poursuit puisque le Paw 5000 embarque la même puce à savoir l’ADI BLACKFIN 514 DSP. Cette dernière a pour avantage de pouvoir traiter tous les types de formats, du DSD (DSD DFF ou ISO) au WAV en passant par les ALAC et FLAC. Une puce TLV320AIC3105 de Texas Instruments s’occupe de la fonction DAC (Digital to Analog Converter).

Lotoo - intérieur
L’amplification se montre peu puissante, bien que suffisante pour les intras ou casques peu gourmands. En contrepartie, le lecteur propose plus d’une dizaine d’heures d’autonomie, ce qui est toujours intéressant par les temps qui courent. C’est un parti pris que l’on peut discuter, mais qui permet aussi de proposer un lecteur particulièrement compact.

Prise en main

L’allumage de l’appareil ne prend que quelques secondes, trois tout au plus, et s’effectue en maintenant enfoncé le bouton doré situé en bas et à droite de la face avant.
Lotoo - Allumé
Si l’écran principal d’accueil du Paw 5000 risque de vous sembler spartiate, ses menus le sont… tout autant. L’appareil allumé, il vous faudra ensuite utiliser le bouton « Music/Fn » pour accéder au menu de sélection. Celui-ci présente trois subdivisions : « Folder » (dossier de votre micro sd), Cover (présentation des albums présents par le biais de leur pochette) ou encore trois Playlists sans oublier un onglet All (toutes les chansons par ordre si mise à jour de votre librairie effectuée). Pour naviguer dans ces sous-menus, il vous faudra utiliser la molette. La création de vos playlists nécessitera un appui long sur le petit bouton central doré et vous aurez alors la possibilité de placer un morceau dans trois playlists au choix.

Pour changer de dossier, il faut passer par le bouton « FN » et recommencer la manipulation évoqué ci-dessus. Ce même bouton permettra d’avoir accès au menu Set avec un appui long ; les onglets suivants seront alors accessibles :

  • play settings (choix du mode de lecture, du DSD gain, du « channel balance »,…) ;
  • system settings (éclairage de l’écran, extinction automatique,…) ;
  • bluetooth setting ;
  • sport mode settings ;
  • fn key definition (qui vous permet de customiser vos commandes).

Pour finir, il convient d’évoquer la dernière commande, intitulée « ATE PMEQ ». Cette fonction donne accès au paramétrage du rendu sonore, qui s’effectue soit en utilisant des modifications déjà enregistrées parmi les onglets intitulés ATE (7 possibilités, de sweet à diffuse field), PMEQ (9 possibilités, de Classic à Full bass), soit sur la base de vos propres réglages, que vous pouvez créer par le biais de l’onglet PMEQ MANAGEMENT.
Voilà pour la présentation des menus et de l’interface du Paw 5000, que je trouve à la fois simple et efficace.

Dernier détail : au bout de quelques secondes d’inactivité, l’affichage de l’écran disparaît et le lecteur se place alors de lui-même en position de verrouillage des touches, ou « hold ». Les seules commandes encore accessibles sont alors le réglage du son par les boutons situés sur le côté, ainsi que les changements de pistes après appui long sur ces mêmes boutons. Si vous voulez reprendre la main sur les autres commandes, une simple pression sur le bouton power suffit à faire réapparaître l’affichage de l’écran. Je trouve cette fonction commode et aisée (vous pouvez bien sûr paramétrer le temps de veille).

Pour éteindre votre lecteur, enfin, un appui long sur le bouton power pendant une à deux secondes sera nécessaire.

Son

Lors de mes premiers essais, je dois avouer que j’ai été un peu déçu par ce lecteur. Mais cette première impression peut en partie s’expliquer par le souvenir laissé par des baladeurs de la gamme supérieure, à savoir le Cowon P1, l’Hifiman HM-901 et son grand frère, le Paw Gold. J’ai donc décidé de l’envoyer en prêt chez un grand connaisseur des baladeurs, jxh, pendant une quinzaine de jours. Vous pourrez retrouver ses impressions dans la suite de cet article. Suite à ce séjour dans le sud-ouest, j’ai accueilli le Paw 5000 avec la ferme intention de l’écouter et de le tester sans comparaison avec le Cowon P1 et le Paw Gold, depuis lors partis chez d’autres Nomadiens. Je tiens d’ailleurs à préciser que mon retour a été effectué sans avoir pris connaissance des impressions de jxh afin de ne pas être influencé par ces dernières.

Signature sonore et soundstage

S’il fallait rapidement qualifier la signature sonore du Paw 5000, je pense que je le classerais parmi les lecteurs proposant un rendu assez plat (en anglais : « flat »)… mais avec une pointe de chaleur, notamment dans les mid-basses et les médiums. Avec le Paw 5000, aucun effet « whaou », surtout lorsque l’on n’utilise pas les présélections. Le Paw 5000 propose par ailleurs un soundstage plutôt resserré et peu profond.

Les basses

Des basses, le Paw en offre un rendu plutôt coloré et assez épais. Sa restitution dans ce registre manque de définition, notamment comparée à celle de ses concurrents un peu plus onéreux, mais sans que ce soit rédhibitoire. C’est même assez agréable à l’écoute et parfaitement adapté à l’usage nomade (où la définition et la résolution sont toujours difficiles à apprécier, surtout dans les transports).

Les médiums

Au niveau des médiums, le traitement est là encore un poil coloré, tout en proposant une bonne définition et une bonne séparation. C’est moins coloré qu’un X3II dans cette section, mais moins bien défini et détouré qu’un Shanling M3, sentiment que renforce le constat d’un certain manque d’aération. Malgré ces petites critiques, cependant, les médiums ont un rendu assez charmeur, pas désagréable du tout à l’écoute. Il est même assez flatteur. Ce côté chaleureux est sans doute également dû à la largeur moyenne du soundstage, surtout quand on compare le Paw 5000 au Shanling M3 dans ce secteur.

Les aigus

Ce manque d’espace ou d’aération se retrouve dans le traitement des aigus. Avec le Paw 5000, vous ne subirez aucune agression ni pointe dans ce registre, même avec des intras à signature montante. Son rendu des aigus peut manquer de finesse mais, encore une fois, ce n’est pas spécialement dérangeant car la signature globale de ce lecteur est, selon moi, à classer dans la catégorie fun ou relaxante. La restitution que propose ce lecteur est finalement très agréable, jamais agressive tout en comportant la pointe de fun suffisante pour apporter son lot de groove.

Un petit plus et un bilan

En prime, vous pouvez toujours utiliser les différents préréglages pour apporter plus de peps à son rendu. J’apprécie par exemple particulièrement le preset « headphone », qui permet de relever assez nettement les médiums et qui propose des basses plus percutantes en même temps qu’une scène sonore plus aérée.

Finalement, j’avoue que le Paw 5000 m’a séduit par son rendu qui penche un peu vers le côté chaud de la neutralité. S’il propose un soundstage assez moyen, un rendu des détails tout juste correct et une séparation plutôt moyenne également, il offre en contrepartie une restitution assez douce de votre musique avec des basses relaxantes, des médiums suffisamment texturés et des aigus adoucis. Je le trouve donc vraiment conçu pour le nomadisme, tant par sa taille que par son rendu sonore (dont l’intensité peut être augmentée dans les transports sans aucune gêne auditive).


Les impressions de jxh

Tout d’abord, au niveau de l’aspect général, jxh a noté deux choses qui lui sont venues à l’esprit quand, pour la première fois, il a croisé le Paw 5000. La première concernait sa taille et son poids très contenus ; la seconde, le nombre de commandes dont il est doté, qui laissait présager une gestion de l’interface un peu compliquée.

Au niveau de la prise en main, il a été étonné par l’existence de la connexion Bluetooth. Quant à son interface proprement dite, je vous laisse apprécier le retour de jxh en version originale : « Le Paw 5000 ne dispose pas de mémoire interne mais est équipé d’un port µSD supportant jusqu’à 128 go, d’une sortie ligne et coaxiale, d’une sortie casque symétrique, de deux niveaux de gains et, de façon très étonnante pour ce type de produit, d’une connexion bluetooth. Le Paw 5000 dispose d’une interface parfaitement fonctionnelle mais assez sommaire puisque ce lecteur est incapable de proposer une lecture par tag ; il faudra donc se contenter d’une lecture par dossier. Cela étant, la navigation est aisée grâce à la roue de navigation, à la fois rapide et précise, et, si l’on se perd un peu dans les usages des différents boutons de commande, une fois mis en veille, le Paw 5000 peut se gérer à l’aveugle puisque les commandes du volume sonore situées sur sa tranche font également office, en appui long, de gestion de changement de pistes.»

Nos avis se rejoignent donc sur le côté simpliste des menus du Paw 5000, même si « simpliste » ne signifie par simple pour autant. La navigation sur cet appareil vous demandera en effet un temps d’adaptation afin d’obtenir les bons réflexes.

Côté son, voici l’avis de jxh : « le Paw 5000 présente une signature équilibrée que l’on peut qualifier de naturelle et qui se rapproche de ce que Hidisz ou Shanling peuvent proposer. Le rendu du Paw 5000 est toutefois plus fun que celui de l’AP100 et moins dynamique et puissant que celui du M3. Ses basses m’ont semblé manquer de fermeté et de rigueur, même si leur présentation reste acceptable, avec une assise assez dense et, finalement, une bonne profondeur. Avec les médiums, on est en revanche pas loin du sans faute pour qui apprécie une signature à la fois riche, enjouée et décontractée. La restitution des voix est excellente et le plaisir d’écoute au rendez-vous. Dénués d’agressivité, les aigus contribuent à la restitution plutôt gouleyante du Paw 5000 qui, au final, propose une écoute à la fois agréable et flatteuse – que certains jugeront sans doute un peu trop sage -, ainsi qu’une puissance, même en gain élevé, assez limitée. »

 

Conclusions croisées

Je vous livre tout d’abord la conclusion qu’a rendue jxh : « Concurrent direct de l’Hidizs AP100 et du Fiio X3 II, le Paw 5000 aurait mérité une interface plus aboutie, une simplification de ses commandes et sans doute un tarif plus contenu car à plus de 300 €, le 5000 est tout de même plus cher que ses concurrents directs qui, eux, disposent d’une interface autrement plus moderne et d’un peu plus de puissance. Reste que la signature fine et musicale du 5000 est un atout non négligeable. »

Pour ma part je dirais simplement que j’en ai fait mon deuxième lecteur et mon lecteur principal pour les sorties courantes. Le Paw 5000 offre un rendu sonore agréable avec une pointe de fun toujours très appréciable au quotidien (en particulier dans les transports). Par ailleurs, petit couteau suisse audio, le Lotoo peut se connecter à vos systèmes d’écoute Bluetooth, lit tout type de formats et se recharge par micro-USB, avec une autonomie supérieure à une dizaine d’heures.

Proposé dans un premier temps à un tarif avoisinant les 550 euros, il est actuellement disponible sur les sites chinois ou sur Massdrop autour de 350 dollars, ce qui en fait un lecteur particulièrement attractif. Au final le Paw 5000 est à mon sens un partenaire agréable au quotidien pour tout audiophile nomade.

2 réponses à “[Feedback] Lotoo Paw 5000

  1. Merci beaucoup pour ce retour.
    Je l’ai en prêt et l’écoute depuis deux heures.
    Je vous rejoins effectivement sur ce côté smooth très agréable au quotidien.

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