Quand on a la chance de s’offrir un jour un  amplificateur et un DAC Violectric, le V200 et le V800, on vit toujours un intense moment de bonheur à la découverte de cet ensemble renommé. Je vous propose donc de partager mes impressions lors de cette découverte.   Les raisons du choix Cela fait longtemps […]

[Feedback] Violectric V200 et V800

Quand on a la chance de s’offrir un jour un  amplificateur et un DAC Violectric, le V200 et le V800, on vit toujours un intense moment de bonheur à la découverte de cet ensemble renommé. Je vous propose donc de partager mes impressions lors de cette découverte.

 

Les raisons du choix

Cela fait longtemps que je parle d’acquérir cet ensemble. Alors qu’est-ce qui a motivé ce choix plutôt qu’un autre ?

D’abord la certitude. Celle que j’aurais beaucoup de mal à quitter mon W3000 un jour. Depuis plus d’un an que je m’en sers pour 80% de mes écoutes, je me suis habitué à ses médiums envoûtants, chaleureux et à cette façon qu’il a de restituer une euphonie générale dans laquelle rien ne choque, rien ne dépasse, rien n’agresse. Certains diront que c’en est trop mielleux. Pour moi, c’est un argument avec ce que j’écoute, car les cuivres, les pianos, les saxophones peuvent vite être agressifs s’ils sont restitués avec trop de brillance. Mais son registre grave m’a plus d’une fois laissé sur ma faim. J’étais souvent en train de jouer de l’égaliseur (easyQ en l’occurrence) : une pincée de 40hz par ici, un zeste de 35hz par-là, un supplément de50hz pour couronner le tout. Je me disais « c’est vraiment dommage, car le reste est parfait ». Pourtant, il y a un potentiel sous-jacent: dans un jazz acoustique, le grave peut prendre une ampleur stupéfiante alors que sur unebasse électro il peut être anémique. C’est donc uniquement en fonction de ce casque que ma réflexion s’est construite.

Ensuite, la curiosité. Nous lisons tous ici ou ailleurs des propos dithyrambiques sur des matériels plus haut de gamme que les nôtres et qui font très envie. Le problème est que les éloges n’emplissent pas les oreilles. J’avais donc envie d’essayer une source plus qualitative, histoire d’entendre par moi-même si je ne ratais rien en restant campé sur ma configuration du moment.
Donc après des mois de lecture et des critiques négatives finalement peu nombreuses, j’ai été convaincu que cet ensemble était de nature à secouer n’importe quel casque, qu’il s’associait parfaitement avec les ATH, qu’il était facile à acquérir et peu encombrant. Mon choix s’est donc porté sur lui et j’en attendais beaucoup.

 

Présentation

Voici donc le combo Dac V800 et l’ampli V200.

 

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J’ai d’abord été très surpris par la taille des deux éléments : c’est assez compact en comparaison de mon audio-gd nfb 5. Il prendra peu de place, par exemple, sur le coin d’un bureau.

 

Vio

Vio3

 

C’est très bien assemblé, ça respire la solidité même quand on ouvre les éléments pour les paramétrer à l’intérieur. Le V800 dispose d’une connectique assez complète. L’intérieur du DAC est très largement paramétrable. Son niveau de sortie est réglable via des switchs (+6/+12/+15/+18+/+24dbu), de nombreux jumpers peuvent être ajustés sur les sorties XLR ou RCA et l’alimentation pour régler les mises à la terre, ce qui a pour effet de légèrement changer la nature du son (plus ou moins grande clarté).

L’arrière du V200 propose un étage de pré-amplification. C’est un monstre de puissance qui est capable de driver sans soucis du He6, d’autant plus que branché en XLR on récupère encore un gain augmenté de 6db. Bref, ça envoie une sacrée volée de bois à chaque incrémentation supplémentaire de son potentiomètre RK27 très précis et progressif. À l’intérieur, on peut aussi paramétrer beaucoup d’éléments via des jumpers. Par exemple, sa réponse dans le grave est volontairement bridée pour éviter d’éventuels dommages sur les drivers des casques, mais l’on peut s’en affranchir et la descente dans les fréquences infra graves est sans fin. Cependant les réglages d’usine me paraissent largement adaptés pour la majorité des situations.

 

Vio4

 

Vio5

 

J’ai, en effet, testé pas mal de solutions et j’en suis arrivé à cette conclusion : le meilleur résultat sonore est obtenu quand l’ampli est utilisé à 0db de pré gain (pas d’atténuation / pas d’augmentation). Soit on se retrouve avec un grave plus mou quand baisse le pré gain, soit avec un écrasement du son quand on l’augmente. C’est assez logique en fait ; l’ampli étant le dernier maillon avant le casque, il vaut mieux le laisser amplifier naturellement le signal qui lui arrive plutôt que de le lui faire retravailler. Ainsi, il vaudra mieux jouer sur le niveau de sortie interne du DAC en l’adaptant à la plus ou moins grande sensibilité de son casque que de jouer avec le niveau d’amplification de l’amplificateur.

 

Vio6

 

Je n’utilise pas la fonction resampling (1x 2x 4x ou best) : elle change de façon assez perceptible le rendu, mais je préfère toujours sans. Si on ne veut pas s’embêter avec ça, la fonction best permet au V800 d’optimiser lui-même le niveau de resampling à appliquer en fonction de la qualité de la source qui lui est envoyée.

Mes casques étant plutôt sensibles, j’ai baissé le niveau de sortie interne du DAC au plus faible (+6dbu) et laissé l’ampli à 0db de pré gain. Je suis raccordé en XLR, et j’ai ainsi une course de volume qui s’étire de 7h à 11h – ou midi pour les enregistrements les plus faibles.

 

Le compte rendu d’écoute

J’ai choisi de parler de la chaîne complète, de ce que j’entends. Je suis tout à fait incapable de rédiger un test détaillé de deux éléments séparément. Je me sens juste capable d’exprimer ce que les V800 et V200 ont changé dans mes écoutes quotidiennes par rapport à mon audio-gd que je connais par cœur. Tout ce qui suit a valeur de comparaison, et n’a pas valeur d’absolu.

Dès le premier essai, j’ai su que je ne m’étais pas trompé dans mon choix, et je me souviens très bien avoir dit à ma femme : « jamais je n’ai entendu mon casque sonner comme ça ! ».
Je crois qu’il faut distinguer ce qu’ont apporté les deux éléments à mon W3000 :

- l’ampli V200 : incontestablement, sa dynamique est remarquable. Il fait résonner mon casque selon mes attentes – un peu plus même, mais jamais bien moins. Il rajoute de l’impact et une amplitude de l’infra grave jusqu’aux bas médiums que je n’espérais même pas. Après 3 semaines d’écoute, je reste encore scotché de la façon dont sonne parfois mon Audio Technica. Je ne m’attendais pas à une telle différence sur ce plan. J’ai essayé de reproduire sur mon audio-gd exactement le même rendu du grave à l’égaliseur, et c’est tout simplement impossible : soit ça sature tout de suite, soit ça devient sourd. J’ai également branché le V200 en sortie dac de l’audio-gd pour voir : instantanément je retrouve cette belle dynamique. C’est donc bien la conception même du V200 qui fait ainsi sonner le casque. De faible volume à volume élevé, pas distorsion, pas de saturation, les « toms » de batterie résonnent avec beaucoup d’énergie, la basse ronronne avec une belle profondeur, le pied frappe immédiatement le sol : il y a de la magie dans cet ampli !
Son seul inconvénient est qu’il ne s’accommodera pas très bien avec des casques à la dynamique naturelle très chaude comme mon D7100 ; dans ce cas, il en rajoutera de trop. D’autre part, sa signature est clairement typée chaude : il coupe un peu tôt les aigus à mon goût, j’aurais parfois aimé juste un poil plus de clarté. Ce parti pris est d’ailleurs affirmé dans la notice (vous savez au-delà de 20khz, l’oreille humaine n’entend pas ce n’est donc pas utile) ; pour autant ce n’est pas un ampli dark, mais je dirais plutôt qu’il est policé en haut.

le dac V800 : je crois qu’il participe beaucoup au plaisir mais il est plus difficile d’expliquer pourquoi.

Au départ, je ne trouvais pas beaucoup d’écart avec mon audio-gd, pourtant 4 fois moins cher. Sur une écoute de quelques minutes (par exemple à un meeting) j’aurais dit que ça ne vaut pas l’investissement consenti. Mais aujourd’hui, j’ai compris qu’un DAC ça se décortique, ça prend du temps à s’apprécier car ce sont en fait des tas de petites nuances qui donnent cette impression d’amélioration du son. Je dirais qu’un changement d’ampli est comme un changement de casque : ça s’entend tout de suite. Mais pour moi qui change de convertisseur pour la première fois, c’est une expérience beaucoup plus subtile : il faut beaucoup d’écoutes pour situer les modifications.

D’abord il m’offre un soundstage plus large : je trouve que le son enveloppe plus l’auditeur, mais je ne saurais pas hiérarchiser par rapport à d’autres concurrents. Est-ce « ça » un soundstage large ? Je ne sais pas, mais il ne me semble pas resserré non plus.
Il donne par ailleurs beaucoup de matière et d’épaisseur au son. C’est une notion nouvelle pour moi et pourtant je l’ai sentie tout de suite : les médiums ne sont pas projetés façon audio-gd et ils sont même un peu plus en retrait, mais les voix et les cordes d’une guitare sèche sont d’une sacrée belle réalité. On les croirait palpables physiquement, organiques.

Mais le plus étonnant pour moi est encore le fait que le V800 semble jouer toutes les partitions de l’orchestre. Toutes les plages de fréquences sont là (par exemple auparavant je ressentais un manque de bas médiums), reproduites, jouées. Tout est toujours présent avec l’impression que ça sonne juste, vrai, comme ça a été prévu à l’origine. Je crois que le V800 vient de m’apprendre un terme audiophile qui m’échappait jusque-là : la transparence !

Par contre, ses qualités de décodage étant plus évoluées, il fait sentir assez vite une médiocre qualité du fichier source, et inversement. J’ai quelques albums en DSD Master Edition, et là par rapport à mon nfb 5, ça s’envole sérieusement devant en termes de précision et de nuances. C’est même assez flagrant. J’ai donc aussi parfois le sentiment qu’il est dommage de ne pas avoir plus d’enregistrements en haute résolution car c’est surtout là qu’un DAC de qualité prend tout son sens.

 

Ma conclusion

J’ai beaucoup songé à ce que j’allais écrire pour conclure. Je suis peut-être un brin dithyrambique, mais puisque le résultat dépasse ce que j’espérais pourquoi ne pas l’être ? Je ne veux pas tromper le lecteur de cette bien trop longue review (je suis un passionné de tempérament que voulez-vous).

Je recommanderais vraiment les V800/V200 à tous ceux qui ont un casque un peu bright (ou qui s’en plaignent) : il calmera les ardeurs de l’aigu et fera beaucoup de musique avec énergie et transparence. Mais je le recommanderais aussi à ceux qui, comme moi, n’aiment pas le son analytique, chirurgical ou froid et possèdent un casque au rendu un peu léger : effet g.a.r.a.n.t.i !

Il faudra par contre éviter l’ampli V200 avec des casques énergiques ou naturellement basseux.

On me demande aussi souvent : est-ce que ça vaut son prix ? Et bien je dirais que je n’en sais rien. Je peux en revanche affirmer que l’expérience me montre qu’un changement de chaîne numérique peut réellement modifier le rendu d’un casque (démultiplier ses capacités en quelque sorte) tout en gardant sa nature initiale (j’écoute toujours bien un W3000, et il n’est pas devenu un Abyss).

Sans dire « je ne reconnais plus mon casque », je dirais plutôt que j’ai découvert chez lui des capacités de restitution que je ne pensais pas possibles : il sonne exactement comme je le souhaitais. Plus jamais je n’eq (parfois +1db à 14hz), plus jamais je n’ai de frustration en me disant qu’il me « manque un truc », je m’enthousiasme encore après chacune de mes écoutes presque un mois après l’achat.

À mon goût, pour ce que j’écoute, le combo violectric associé au W3000 fait pratiquement un sans faute ; et à votre sens, combien cela vaut-il?

gg

6 réponses à “[Feedback] Violectric V200 et V800

  1. Excellentissime revue! Ton propos est contextualisé à merveille, relativement à tes propres penchants acoustiques et à la signature de ton casque, et permet donc de bien « entendre » le combo lui-même, de saisir clairement ses qualités comme ses limitations. Merci beaucoup, g g!

  2. Il est parfois fort utile de relire ce type d’article…. Notamment quand on souhaite updater son matériel sédentaire. Mon seul regret, c’est que notre ami Jérôme n’ait pu disposer alors d’un panel de casques plus grand pour nous en commenter son ressenti… Avec un TH900 (qui est arrivé après cette rédaction) ou avec un HD800, c’eût été, comment dire… biblique !

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