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Message Ultrasone Performance 820 29 Nov 2015 14:28

Bonjour !

La série des casques « Performance » s'est agrandie récemment, avec la sortie, en Septembre, du 820, disponible en trois coloris (blanc, noir, ou rouge).

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J'ouvre ce topic afin que les éventuels possesseurs de ce casque puissent y laisser 2-3 mots, car malheureusement, les reviews manquent au sujet de ce casque...
En attendant, voici quelques informations techniques officielles à son sujet :

http://www.ultrasone.audio/en/products/performance/performance820

Edit : une rapide review est disponible sur ce site :

http://audio46.com/ultrasone-performance-820-review/

Message 14 Jan 2016 14:17

J'ai reçu l'Ultrasone ce matin.

Mon Dieu la claque...  Tous les autres casques que j'ai pu essayer à ce jour, dans les mêmes prix (environ 150€), peuvent le regarder de très bas je crois.  Même mon AKG K612 parait pourri à côté, mais le mot est faible...

Non je déconne.  :)
C'est pas le contraire pour autant, mais disons que la première écoute m'a plu moyen, et étant habitué à la neutralité du K612, j'ai été réveillé.  Je sous-entends donc que le Performance 820 n'est pas vraiment neutre, mais plutôt Bass-heavy, sans aucune hésitation.

Avant d'en dire plus, je tiens à dire que la construction n'est pas terrible.  Pris en main, le casque donne l'impression de brandir un amas de plastiques qui couïne, et qui accuse beaucoup de jeu au niveau de l'articulation entre les oreillettes et l'arceau.  Le Spirit One S procurait une autre sensation par exemple, même si lui aussi grinçait un peu parfois.  
L'arceau est très très rigide, il faut forcer comme un taré pour enfiler le casque sur les oreilles.  Une fois en place c'est pas la panacée, non en terme de confort, mais en terme de fit.  Les oreillettes étant très grosses, les mousses n'adhèrent pas parfaitement à ma petite tête et ça peut fuiter en bas.  Il est donc temps de régler l'arceau.  Encore une fois, il faut y mettre beaucoup de force, mais l'avantage c'est qu'après ça ne bouge plus.
Heureusement, le confort rattrape ces quelques erreurs de construction, même si le casque ne s'oublie pas, comme cela peut être le cas avec le K612.

J'en reviens au son.  Bass-heavy donc.  Ce n'est pas vraiment dégueulasse pour une signature de ce genre, d'autant plus que les basses ont du répondant. Et puis aussi, qu'est-ce-que ça descend !  Il y a beaucoup de monde sous les 40-45Hz.
J'ai parfois l'impression que ces basses occupent trop la scène, et je me laisse persuader que par moment, les mediums et les aigus en souffrent un peu.  Mais pourtant ils sont bien là, aucunement dépassés, voilés, enfumés, étranglés !  Je dirais qu'on les entend un chouïa moins que les basses, décidément prioritaires.
Le medium est un peu froid et grisâtre, il n'a certainement pas la vivacité et la beauté de celui transmis par le K612, mais il a le mérite de ne pas déraper dans le haut-medium, qui tout de même affiche une belle présence.
Venons-en à l'aigu.  Ultrasone oblige, j'avais baissé le son à fond, de peur de me faire harceler les tympans par une acidité extrême et des sifflantes en dents de scie.  Vais-je donc me prendre une averse de grêles dans la gueule, ou seulement une petite pluie ?
Je me rends compte alors, après avoir accordé ma confiance au casque, et monté le volume, que l'aigu est tout à fait inoffensif.  Il est présent pourtant, aiguisé, fin, peut-être pas aussi subtil que celui diffusé par le K612, mais il est bien là.
En fait, si agressivité il y a, elle se trouve plus bas, beaucoup plus bas, dans le registre des basses.  Elles cognent vraiment trop fort sur certaines musiques, jusqu'à en devenir douloureux à volume élevé.  
Et le S-Logic, qui est censé réduire la pression sonore de 40%, il vaut quoi alors ?

Ah oui, le S-Logic.  J'ai lu le petit paragraphe sur ce concept, dans le livret fourni avec, histoire de me répandre une pincée d'étoiles devant les yeux.  Mais désolé, ça ne fait pas mouche.  En terme de largeur, je reste sur ma faim, et la conception fermée ne peut être ignorée.  En terme de profondeur, c'est plutôt médiocre aussi.  Sur ces deux plans, l'information sonore ne provient jamais de très loin.  Le AKG K545 le bat sur la profondeur, et fait jeu égal au niveau de la largeur.  Le K612 l'enterre, aucun doute !  :D
En revanche, la présentation est aérée, et les notes ne sont pas agglutinées entre elles, je n'ai pas eu l'impression d'étouffer là-dedans.

Plus généralement, le casque ne sonne pas si artificiel que ça, et selon ce que j'ai entendu sur le Performance 840, le 820 m'a l'air de lui ressembler énormément.  Aucun doute là-dessus, il s'agit d'un casque basseux, mais tout à fait maîtrisé, même si les basses sont un peu moches je dois avouer...  Toutefois, il se comporte bien sur la plupart des morceaux, et les voix chantent avec clarté, sans acidité aucune !

À chaud, je suis mitigé quant à ces basses trop prononcées, mais je pense qu'il s'agit d'un bon concurrent face à des références de la même gamme de prix, comme le Focal Spirit One S, Nad Viso HP50, AKG K545, Sennheiser Momentum, BeyerDynamic DT-770. bien qu'il n'ira certainement pas les emplâtrer, à mon avis.  ^^

Edit : l'isolation est très bonne !

Message 14 Jan 2016 14:27

Soumets ce retour au blog, Karrthus. Maintenant. (Y)

Merci pour ces impressions très bien écrites et évocatrices. :jap:

Message 14 Jan 2016 14:39

Impossible, c'est un retour à chaud encore...  ^^'

J'attends de mieux le cerner ce casque, mais je pense qu'il a un bon potentiel !

Message 14 Jan 2016 14:51

Au fait il y a déjà un topic ouvert dans la section sédentaire  :jap:

Message 14 Jan 2016 14:53

Pas vu, juste le commun au 840 et au dessus  ;-/

Message 14 Jan 2016 15:11

Le 820 est sacrément nomade quand même...

Message 14 Jan 2016 15:25

Tiens au fait, le lien "officiel" ne marche pas (en tout cas pas chez moi) comme l'image qui ne s'affiche pas  ;-/

Message 30 Jan 2016 00:34

Salut !

Il est temps de mettre à jour mes impressions.  J'ai pu passer quasiment deux semaines en la compagnie de ce casque, et mon feedback rendra compte de son utilisation, à la fois nomade et sédentaire.

Tout d'abord, voici quelques photos de l'engin :

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L'emballage et le contenu sont un peu rapides ;  là où des concurrents comme Focal ou Sennheiser livrent une pléthore d'accessoires et une pochette de transport rigide encavés dans une belle boite cartonnée, Ultrasone se contente simplement de nous présenter le casque dans sa pochette souple, avec un morceau de mousse.  Mis à part le câble et la garantie, il n'y a rien.  Même pas un adaptateur 6.35mm ou un deuxième câble sans télécommande.  

Le casque en lui-même est un peu massif et proéminent.  La construction, tout en plastique, a l'air sérieuse.  Pourtant, en inspectant de plus près, et en manipulant le casque, je suis soudainement moins persuadé d'avoir entre les mains un objet de 150€, moins par sa construction en plastique que par les divers grincement qu'il émet lorsque je sollicite l'arceau.  Cet arceau a d'ailleurs le malheur d'être extrêmement rigide, davantage encore que celui du Focal Spirit One S.  Par conséquent, il faut forcer beaucoup pour l'écarter.  Retentissent alors tous ces bruits mécaniques et peu rassurant.  Sur ce côté-ci, le Focal m'inspirait davantage confiance.
Sur la tête, avec le temps, je le trouve bien moins confortable que la première fois où je l'ai chaussé.  La structure circum-auriculaire des mousses (à mémoire de forme, je précise) n'est malheureusement pas suffisante pour que le casque s'oublie, puisque si ces dernières exercent bien une pression - forte - autour des oreilles, elles manquent sensiblement de fermeté.  Ainsi, au bout d'une dizaine ou d'une vingtaine de minutes, je suis obligé de régler l'arceau afin de le positionner autrement, dans la mesure où mes oreilles entrent rapidement en contact avec la paroi du transducteur.  Le réglage de l'arceau est à l'image de celui-ci, c'est-à-dire difficile et grinçant.
En revanche, rien à signaler au niveau du crâne, là les mousses sont fermes et le contact, doux.

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Le confort est donc moyen je trouve, et j'émets des difficultés à le (sup)porter plus d'une heure en général.  Quant aux accessoires (c'est un pluriel, mais un timide pluriel que j'utilise hein...) fournis avec, ils se limitent au strict minimum.  Même le packaging minimaliste du AKG K545 était plus sérieux, et offrait deux câble ainsi qu'un adaptateur jack.

Une heure d'écoute avant d'enlever le casque m'a l'air suffisant pour rendre compte de la signature audio et de la qualité de cette dernière.
Si la rigidité peut mettre mal à l'aise au niveau de la construction, elle est bienvenue en audio, puisqu'elle est synonyme d'un message sonore rapide et énergique.
C'est en effet ce qui m'est venu à l'esprit la première fois que j'ai écouté des morceaux via ce casque : on a de la rapidité, du choc, beaucoup d'énergie, et surtout, beaucoup de muscle !  Si avec le K545 je prenais le TER, avec l'Ultrasone je prendrais davantage le TGV ou l'avion.
Cette rapidité me fait beaucoup penser à la restitution du Focal Spirit One S, qui joue dans la même cour que l'Ultrasone à ce niveau.  C'est étrangement dans le registre aigu que les deux casques sont rivaux à mes oreilles, en ce que ces derniers crachent un aigu à la fois fin, vivant, mais aussi très mordant dans son attaque.

Hormis cela, ce qui frappe d'emblée ce sont ces basses.  Ces grosses basses même.  Je n'ai peut-être pas l'impression d'avoir deux sub-woofer sur les oreilles, mais ce registre affiche une présence remarquable, qu'une extension très profonde dans les infra-basses vient mettre encore plus en valeur.
Mais est-ce que ça déborde ?  Vu le renforcement de ce registre, oui, parfois j'en ai bien la nette sensation.  L'information dans le medium est l'aigu est très facilement accessible,  à ceci près que le medium semble atténué, et sonne un peu plâtreux, pas des plus expressifs.
Le Focal Spirit One S, lui, proposait un registre bas un brin plus rapide, mieux contrôlé, mais peut-être pas suffisamment délimité.  Il ne débordait en revanche pas sur le reste, mais ses mediums, notamment dans leur partie haute, rendaient quelque chose de voilé, de blafard, voire d'un peu lunaire (pâle quoi).

Maintenant, si je fais abstraction du caractère basseux de l'Ultrasone, je me surprends à être témoin d'une présence honorable dans les autres registres, qui ne sont pas phagocytés, et encore moins voilés.  Combien de casques dans cette gamme de prix sonnent trop voilés, voire carrément louches dans cette gamme de prix ?  L'Ultrasone sort un medium, qui s'il n'est pas des plus expressifs et des plus vibrant, a le mérite de donner du caractère et de la joie aux instruments, et plus spécialement aux voix.  Les timbres sont réalistes je trouve, pas d'effet plastique, ni de surcouche artificielle, ni de sensations caverneuses ou bouchées.  Ca sonne juste.  Le haut-medium est un peu renforcé, mais pas à l'endroit où ça peut vite partir en délire, non. Ici, pour une fois, c'est fait intelligemment, enfin...  Le léger renflement s'effectue quelque part entre 950Hz et 2Khz, et a pour conséquence de mettre en avant les voix féminines, les jeux de violons et de flûte (oui, c'est avec ce casque que je me suis mis à apprécier la musique classique !) sans acidité aucune.  Contrairement à un Q701, on ne sent pas une pointe parfois affligeante de +5dB pile dans la région où la sensibilité de l'oreille humaine est la plus forte.  Encore une fois, c'est effectué avec précaution, et intelligemment.

L'aigu est lui aussi très réaliste je trouve.  J'ai eu peur d'écouter ce casque la première fois, car j'entends souvent de vilaines choses pas belles en ce qui concerne le haut-medium et l'aigu de cette marque.  Alors peut-être que ce casque est une exception, mais tout comme je l'ai avancé lors de mes premières impressions, le registre aigu du Performance 820 m'a bien l'air inoffensif, à condition de ne pas écouter en sourdine non plus...
C'est tout de même un aigu net, très vif, acéré, voire parfois tranchant auquel on a affaire.  Prenez celui du Focal Spirit One S, affinez et affûtez-le encore plus, vous avec celui de l'Ultrasone.  L'aigu est là, peut-être pas assez prononcé pour que ce casque sonne en V, mais étant donné qu'il est bien rendu, et qu'il a beaucoup de mordant dans son attaque, il ne faut pas être étonné si de temps à autre, une petite sibilance peut péter de ci-de-là.  Rien de bien méchant, mais à volume élevé, on peut parfois se croire chez le dentiste, à se faire détartrer les dents (ouille).  Pour ma part, je ne suis pas sensible à la zone des 8-10Khz, mais je présume que pour les personnes sensibles à ce registre, cet aigu saillant peut faire grincer des dents...
Pour ce qui est de l'extension de ce registre...  Franchement, je n'en sais rien.  Quand je rends compte du registre aigu, je m'intéresse en particulier à tout ce qu'on peut entendre de prime, sans effort, dans n'importe quel morceau, c'est-à-dire jusqu'au 11-13Khz (et encore...  Je ferai mieux de m'arrêter à 12, histoire d'être prudent !).  Je n'ai donc aucune idée de savoir si le casque coupe à 15Khz, ou à 17Khz.  Ce que je peux certifier avec assurance, c'est que l'aigu fait preuve de suffisamment de présence et de réalisme pour rendre compte d'une clarté honorable, et d'un certain nombre de micro-détails, perceptibles également, et avec aisance (des petits bruits d'étoile, de poussière que j'entends sur des instruments à corde, dont je ne m'étais jamais rendu compte avec le Focal ,par exemple).

Il est donc clair que, rien que par le réalisme restitué sur toutes les plages de fréquence, ce casque s'en sort admirablement bien je trouve. Et pourtant, je n'ai pas encore touché un moindre mot du point clef de ce casque, à savoir le S-Logic.
Lors de ma première écoute, ce procédé ne m'a pas choqué outre mesure.  Logique, puisque je venais d'un casque ouvert - en l'occurrence l'AKG K612 Pro - et qu'en prime, j'en attendais autant en terme de largeur et de profondeur de scène, sur un casque fermé.
Après quelques jours, je me suis rendu compte que le S-Logic, s'il ne permet pas à un casque fermé de sonner comme un ouvert, est surprenant de par le relief et l'aération générés entre les notes.  En fait, sur beaucoup de casques fermés de cette gamme, lorsque plusieurs parties mélodiques, mêlées à un choeur et à une (voire deux !) partie(s) vocale(s), jouent en même temps, le message sonore a tendance à être compacté (pas forcément brouillon !  Entre un AKG K545, un AKG K551, un Nad Viso HP50, un Focal Spirit One S / Pro, chaque partie était discernables, mais avec plus ou moins d'aisance) et agglutiné.  De ce fait, il m'était difficile de me concentrer seulement sur une partie en particulier, sans qu'une autre partie ne vienne s'y mélanger avec imprudence.  Avec l'Ultrasone, chaque partie se détache - mais ne joue pas dans son coin pour autant - avec propreté, et les notes viennent simplement se glisser sur les autres, au-lieu de les bousculer !
En résulte ainsi une écoute facile, et surtout, qui ne bourre pas le conduit auditif.  Et j'ai envie d'ajouter que par rapport à d'autres casques fermés, les -40% de pression en moins, à volume équivalent, se ressentent !  (bon peut-être pas au niveau des basses, qui cognent un peu trop fortes par moment).
La scène sonore quant à elle n'est pas renversante de grandeur, enfin pour ma part.  La largeur est bonne, au niveau de la plupart des bons casques fermés trouvables dans les 150-250€, mais ne provoquera certainement pas une perte de repère lors de la première écoute.  De même pour la profondeur.  
Justement, un détail à ce niveau-là.  Sur un morceau où l'information sonore ne provient pas de très loin, le casque est très performant, et la sensation de grandeur est là.  Pour autant, quand l'information sonore est censée provenir du fond d'un couloir, avec le 820, elle proviendra plutôt de la partie médiane de celui-ci.  
En tous les cas, l'AKG K612 est meilleur sur ces deux points, et l'AKG K545 surpasse (pas de beaucoup toutefois) l'Ultrasone en terme de profondeur.
Par ailleurs, outre l'aération et le relief entre les notes, le S-Logic surprend beaucoup par le rendu des effets stéréophoniques.  Les canaux gauche / droite sont délimités à merveille, mais surtout, on est dedans, dans la musique.  À cette belle aération, se côtoie un côté très intimiste.  Ne rêvez pas pour autant, la sensation que le son provient d'un casque continuera de présider lors des sessions d'écoute, mais par rapport à beaucoup d'autres casques que j'ai écoutés, l'Ultrasone se démarque notablement à ce niveau-là.

En résumé, ça ne sonne pas comme un casque d'entrée de gamme, mais plutôt comme un bon concurrent face à beaucoup de références pour le prix.
Ce qui frappe d'emblée ?  L'abondance des basses, qui sont parfois débordantes , plus rondes que tendues, plus caverneuses que précises, le rendu de la stéréo, ainsi que l'aération entre les notes.  Pour ma part, ce sont ces trois aspects du message sonore qui m'ont le plus marqué lors de la première écoute.
Ce qui est agréable au fil du temps ?  La présence régulière de tous les registres, ainsi que le soundstage, très cohérent, qui n'est pas étiré outre mesure.
Ce qui peut rebuter ?  Les basses...  On peut trouver plus rapide, plus défini, mais surtout mieux contrôlé ailleurs.  Les aigus, peut-être, pour ceux qui sont sensibles aux sifflantes.
En soi, au niveau sonore, de très belles qualités pour un casque à 150€, malgré des petites lacunes, tout à fait pardonnables pour le prix, et plus particulièrement en regard de ce si beau réalisme.

Désormais, je souhaite toucher quelques mots sur le comportement du casque en milieux hostiles.
Tout d'abord, l'isolation, que je trouvais bonne à la maison, ne l'est plus autant en voiture, ou dans un centre commercial.  Les aigus sont parfaitement atténués, mais le bruit d'un moteur ou celui de la foule passera sans encombre.  L'AKG K545, voire le K551, faisaient mieux.  Le Focal, pas besoin d'en parler, je pense hehe !  ^^
Ce qui fait que je devais pousser le son quasiment au maximum.  Or, souvenez-vous, l'aigu est mordant, et peut être agressif à volume élevé.  Si en plus de cela, les basses (pourtant béantes, mais qui se taisent trop rapidement en milieu extérieur...) passent à la trappe, le confort d'écoute en prend un coup, et il n'y a que lors des feux rouges où je pouvais apprécier mes morceaux.  
Ne comptez donc pas écouter de la musique classique en nomade.  Ni même de la Trance douce, ou le bruit du moteur se substituera au son de la grosse caisse.  
Le temps du trajet, l'inconfort dû à la pression exercé par le port du casque ne se fera pas trop ressentir, ce qui n'empêchera pas les oreilles de chauffer.
En fait, ce casque a une prétention nomade, si l'on se fie à son câble cachectique et à ses oreillettes repliables, mais en pratique, c'est moyen, et pour ma part, le défi n'est pas relevé haut la main.

Le mot de la fin...  J'ai lu sur un site que ce casque « a l'air d'écraser des concurrents tels que l'AudioTechnica MSR-7, l'AKG K553 et le Sennheiser HD-25, en terme de clarté et de niveau de détail »  Je n'ai écouté aucun de ces trois casques, mais sincèrement, je doute que l'Ultrasone ne les enterre.  Il constitue un concurrent sérieux, plus spécialement au niveau sonore - malgré le côté basseux - et nul doute que sur certains points, il peut rivaliser, voire mieux faire.
Mais l'on ne peut pas ne pas ignorer sa construction peu rassurante, son port peu réconfortant et son manque d'isolation, qui, en sédentaire ou en nomade, ne feront pas de ce casque un compagnon qui prendra soin de vos oreilles, et qui rapidement montrera ses limites.  Il n'empêche que c'est surprenant, pour ce prix là, de voir coïncider à la fois clarté, scène sonore conséquente, et réalisme des timbres.  
Si les basses avaient été mieux maîtrisées, et si le confort et la construction avaient été moins hasardeux, je dirai sans hésitations qu'on tient là une nouvelle référence.  Mais pour ma part, je pense qu'il s'agit surtout d'une belle surprise au niveau sonore, mais ça s'arrête là...

Message 30 Jan 2016 09:21

Pfiou. Magnifique cr tres clair, tres lisible et tres informatif.

A priori ca colle a 100% a ce que j'ai entendu du 840.

Le top serait de me l'envoyer pour mesures et on aurait un test de blog bien complet. :) sur un casque passé inaperçu en plus...

Message 30 Jan 2016 09:24

Merci à toi Karrthus, c'était une belle lecture pour accompagner le café matinal.  :jap:

Message 30 Jan 2016 13:50

Merci vous deux, ça fait plaisir vos retours !  :)

Sorrodje, ça peut se faire sans souci, mais ça attendra Février dans ce cas, avant ça risque de m'être difficile...

Message 30 Jan 2016 14:17

Superbe, Karrthus ! 8-D
Précis et poétique à la fois (ah, "les petits bruits d'étoile", comme c'est parlant et beau...).
Et en plus j'ai appris un mot nouveau : cachectique ! Olé ! :bravo:
Bref, je me répète : livre-nous vite ça au blog, nom de nom ! :charte:

Message 25 Nov 2016 19:29

Désolé du déterrage, mais d'autres personnes ont pu l'écouter ce casque du coup ?  
Il n'y a toujours pas de reviews plus d'un an après sa sortie, ça en est presque inquiétant vu son potentiel (preuve en est de son potentiel, il a été récompensé il y a peu, voire sur la page Facebook d'Ultrasone « Our Performance 820 recently won the coveted Sound+Image Award 2017 in the category Headphone of the year $250 - $500  »)

Message 18 Déc 2016 13:41

Je me suis récemment repris un Performance 820, n'ayant pu résister à la tentation lorsque j'ai vu son prix de vente de seulement 110€.
Je me suis d'ailleurs interrogé quant à l'éventualité de rédiger un comparatif ;  ayant possédé beaucoup d'Ultrasone, cela me semble judicieux de les confronter.  Pour préciser, j'ai possédé le Pro550 / DJ1 Pro, HFI-580, HFI-780, Pro900i.
Du coup sans plus tarder, je vous livre cette petite review supplémentaire, en re-précisant certains points, en guise de préambule.

D'emblée, je reste toujours un peu sceptique en ce qui concerne le port du casque.  Je peux le vêtir une bonne heure sans réel souci, certes, à un détail près : les oreilles effleurent la paroi du transducteur.  En fait, c'est plutôt le fit qui me gêne un peu ;  n'étant pas habitué aux gros casques, je m'accommode moyennement du fait d'avoir les côtés du visage ventousés aux mousses.  Fort heureusement, le rembourrage est généreux, de même que l'intention des concepteurs d'avoir opté pour une mousse à mémoire de forme, plutôt que celle de piètre qualité rencontrée sur la série HFI.

Passons au son.  
Whouah punaise je ne me souvenais pas d'un tel effet lorsque je m'étais pris ce casque pour la première fois !  Il est vrai que la façon dont le son parvient aux oreilles est sacrément singulière.  Le S-logic a l'air de très bien fonctionner, mais est-ce vraiment cette technologie qui bouscule autant ?  Ne serait-ce pas dû à des placements stratégiques de creux et de pics dans la réponse en fréquence ?  
Pour ma part, la scène sonore semble véritablement holographique, avec la légère sensation d'entendre le spectacle se produire devant soi.  Par rapport aux autres Ultrasone que j'ai pu essayer, le pouvoir immersif est plus concret.  En fait je pense tout simplement que la taille des oreillettes est un élément majeur ici, le son navigue plus facilement autour des oreilles.  Cela va donc de pair avec le fonctionnement du S-Logic.  Ca ne reste qu'une supposition après !

Par rapport aux autres Ultrasone, la texture du son est assurément différente.  Les basses n'ont plus ce côté sismique et tremblant, le médium est plus chaleureux, et l'aigu a perdu sa tonalité acide.  Plus en détail maintenant :

         - Les basses sont bien plus détendues et souples sur le Perf820.  Cela est à mettre en lien, je pense, à la migration de l'emphase, qui désormais affecte les mids-bass dans leur partie haute, et non plus dans leur partie basse.  Je la situerais vers les 80-100Hz, plutôt que sur les 50-70Hz.
Cela s'entend de suite, les basses semblent bien moins durcies ici.  Elles sont pelucheuses, et l'on entend du remou.  La distorsion doit atteindre des taux assez pénibles à assumer.  Toutefois, ça va très vite, il y a un impact parfois déroutant, et l'on n'a pas cette sensation de traînasse, c'est assez paradoxal je l'admets.
En fait, j'ai surtout remarqué que le remou dans les basses est directement lié au positionnement des oreilles par rapport aux drivers.  Placées juste devant, ça fait « pouc ».  Placées à l'opposée extrême, ça fait « Hmmmm pwwouc » (c'est risible je sais, mais je tiens à le faire entendre de façon assez concrète, vu que les mots ont facilement tendance à égarer...).  Pour rappel, les cups sont de très grande taille.  Je pense donc que la distorsion dans le bas du spectre est d'évidence liée au placement du casque.
J'ai du mal à dire si le Perf820 est plus basseux que le Hfi-580 ou que le Pro900i.  Disons que l'emphase est ailleurs, et la texture du bas du spectre est différente.  Le Hfi-580 a un bas du spectre moins rapide c'est certain.  Le Pro900 m'a semblé similaire sur ce point.

         - Le médium, comme dit plus haut, est plus chaleureux.  Attention hein, c'est chaleureux, mais façon Ultrasone !  Ce n'est ni un Grado, ni un Focal, ni un AKG K7xx.  D'ailleurs le creux sans fonds est toujours de la partie dans les 200Hz.  
Non en fait, par rapport aux autres Ultrasone, le médium sonne moins malade et fiévreux, a perdu de sa tonalité froide et désincarnée.  Les voix sont les premières concernées.  Notamment les voix masculines, elles ont plus de puissance et virent beaucoup moins vers l'aigu.  L'effet nasillard, parfois percevable sur le Hfi-580, ne se rencontre pas sur le Perf820.  Les voix féminines semblent quant à elles plus mattes et moins brillantes sur le Perf820, façon Hfi-780.
Il y a toutefois ce truc bizarre qui me dérange au niveau de ces fréquences médianes...  Je ne parviens toujours pas l'identifier, mais j'ai constamment la sensation qu'il manque une couche dans la musique.  Le médium n'a pas cette amplitude et cette proximité que je retrouve sur un Focal ou sur le AKG K7xx ;  il manque encore de proximité et donne l'impression de provenir d'une boite par moment.  Il manque un peu de richesse et d'expression, je trouve.

         - Grand changement au niveau de l'aigu par contre !  Point d'acidité ici, la texture laiteuse, gélatineuse, rencontrée sur un Pro900i voire, dans une moindre mesure, sur les Hfi, laisse ici place à un registre aigu que je qualifierais de propre, tout simplement.  Ici aussi, l'emphase a migré, et s'effectue cette fois-ci non plus dans la région des 6-7Khz, mais plutôt vers les 9-10Khz.  Nouveauté également, pas d'emphase sur les 4Khz, bye bye donc les shuintances.
On passe en fait d'un aigu type laiteux et acide, à un aigu type sec et tranchant.  Exactement le type d'aigu que j'ai rencontré sur les casques Focal Spirit.  Toutefois ici, le vice n'est jamais loin.  L'aigu peut violenter à volume élevé, là où celui des Focal, bien mordant, n'attaque jamais et reste toujours alcalin.  En revanche ici, on entend beaucoup de micro-détails, ces bruits d'étoiles dont j'ai parlé dans une précédente review !  
Tous les micro-détails que le Pro900i pouvait sortir, je les retrouve ici avec le Perf820, avec cette propreté en plus, et cette acidité en moins.  Du très bon travail, franchement !

    - Vs Hfi-580 : plus rapide et énergique dans l'ensemble, meilleurs timbres, aigu plus frénétique et plus détaillé encore, scène sonore décuplée en largeur.  Le médium a cependant davantage de présence sur le Hfi-580, et les basses de ce dernier, bien que moins rapides, semblent plus précises, et surtout moins distordues.

    - Vs Hfi-780 : Plus ou moins la même.  Le 780 pique dans les 4-6Khz, là où le Perf est bien plus reposé.  Bien meilleur soundstage sur le Perf, séparation des instruments juste impeccable.  Dans l'ensemble le Perf retranscrit un son plus chaleureux et souple.

    - Vs Pro900 : Ouille, le Pro900 fait mal, son aigu est tellement vicieux (et là encore je faisais toujours exprès de faire en sorte que mon oreille se retrouve à l'opposé du driver en titane...) . Il part littéralement en couilles dès qu'on monte un peu le volume.  Et son médium semble généré par une machine, il a des timbres dignes d'un casque à 50€.  Le Perf sonne moins bestial, respecte bien mieux les timbres, et surtout, ne génère jamais ce genre d'agressivité.  De légères sibilances apparaissent parfois, mais il faut les chercher, contrairement au Pro900 qui vous les sert à la pelle.  La scène sonore m'a semblé similaire sur les deux casques.  Quoi qu'il en soit, à mes oreilles, le Perf820 est un Pro900 plus adouci et plus fidèle, mais qui conserve ce sens du détail, tant dans les basses que dans les sur-aigus.  Par ailleurs, le Pro900 a un creux à 10Khz, contrairement au Perf820.



Voilà, en gros je suis content de m'être repris ce casque.  Pour 110€ il n'y a pas à chier, c'est une tuerie.  Non en terme de fidélité je pense - ça doit taper à mort en distorsion -, mais en terme de sensations fortes.  Pour moi, la musique c'est une onde, qui tantôt se contracte, s'amplifie et vous attaque, et tantôt se replie, s'apaise et vous endort.  Avec son respect de la dynamique, cet Ultrasone accomplit un fabuleux travail, et vous fait clairement vivre vos musiques.  Il faut juste accepter le fait qu'il en fait peut-être trop par endroits et qu'il vaut mieux ne pas l'écouter en sourdines.  Mais à quoi bon ?  Avec cette scène sonore béante, cette sensation de puissance, et tous ces micro-détails, inutile de trop pousser le volume je pense, vous en aurez rapidement assez.
Gardez en tête que ça reste un Ultrasone, et que sa maîtrise peut laisser place à une fougue endiablé pour peu que vous osiez le réveiller un peu trop.
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