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Message [Comparatif] Ultrasone série « Pro » 05 Juil 2019 21:45

La série « PRO » de Ultrasone est probablement la plus vilipendée.  Tous les casques de cette série suscitent à la fois un enthousiasme et un dégoût péremptoire, aussi contrastés que leurs réponses en fréquences.  Ayant possédé plusieurs de ces modèles, en plusieurs exemplaires pour certains, je me suis permis de croiser mes impressions aux mesures, ainsi qu'aux reviews qui sont disponibles.
Il ne manque que le Pro550, dont je n'ai hélas pas gardé une trace écrite de sa sonorité.


En premier lieu, un constat évident peut être dressé : une signature sonore extrême caractérise la majorité de ces modèles.  
Les aigus sont puissamment mis en avant sur chacun d'eux, en résulte une tonalité vivement métallique et un traitement de ces fréquences très confus sur certains modèles.  Les basses sont trop appuyées sur le Pro900 et 2900.  Des taux inquiétants de distorsion harmonique sont à signaler et se traduisent par du clipping à volume élevé.  Seuls les Pro650 et le Pro750 sont résistants à cette distorsion.  De base, le Pro2500 est le plus équilibré en terme de balance tonale, suivi par le 650 et le 750, malgré des basses très proéminentes.  Mais que signifie « équilibré » chez cette marque ?


Ultrasone Pro650



1ères impressions :
Les timbres semblent n'avoir aucun poids, le son semble vidé de toute chair.  On ressent de suite une scène sonore impressionnante, mais en parallèle l'oreille est gênée.  Elle cherche une pesanteur, une solidité dans les timbres, qu'elle ne parvient pas à saisir.  Elle est à l'opposé malmenée par des hauts-médiums semblant émettre de hauts-parleurs bon marché.
Indubitablement, quelque chose ne va pas.  Pourtant, le reste du spectre semble correctement restitué ;  les basses sont profondes, enveloppantes, rapides, et les aigus amènent de la clarté et du détail sans nécessairement vriller les tympans.  Tout au plus on subit quelques traces de sibilance, mais cela reste léger.
Les médiums ne sonnent curieusement pas trop clairs, et certainement pas caverneux ou congestionnés.  Seulement ils n'ont aucun poids, ils sont juste effroyablement vitreux et dénués de vie.

Basses :
Le bas du spectre de ce casque ne semble pas déranger beaucoup de personnes.  En même temps, les reviews à son sujet sont bien trop éparses pour permettre de l'appréhender précisément.  
Nonobstant, une comparaison intéressante entre ce modèle, le Proline 550 & 750, les HFI-650 & 700, et les Beyerdynamics DT-770 & 880, nous apprend que les basses du Proline650 sont mieux contrôlées et moins proéminentes que celles du Proline550.  Autrement, difficile de se faire une idée précise de leur qualité et de leur abondance en se basant sur d'autres retours.
La courbe de réponse en fréquence mise à disposition par Innerfidelity rend compte d'un bas du spectre assez régulier, exempt de gros « bump ».  Celui-ci met notamment en avant la région des 80-90Hz.  Un roll-off est observable à partir de 40Hz, avec une perte de grosso-modo 5db tous les 10Hz.  On observe en parallèle que la bonne restitution de ce registre est tributaire du bon positionnement du casque.  Ainsi, s'il est mal porté, on perd environ 10db à 30Hz et 7-8db à 50Hz.  Enfin, un déclin d'apparence insignifiante s'amorce jusqu'à environ 300Hz, se concrétisant par une perte de respectivement 3db et 5db pour les canaux gauche et droit.
Les pads fournis de base étant décousus, je ne peux donner mon avis qu'avec les pads en velours (les gris) du Pro750.  Les basses sont ici très présentes, bien tendues et rapides.  Elles sont plutôt bien dessinées, bien qu'un peu grossières et résonnantes.  De sûr, elles impressionnent, et occupent une grande place dans le paysage sonore.  L'extension dans les infra-basses est assurée, bien que la précision ait l'air d'en pâtir dans les plus basses régions.
D'autre part, les taux de distorsion harmonique, avoisinant respectivement 6% et 10% à 90db et 100db, sous les 70Hz, ne se traduisent pas par du talonnement à volume élevé, contrairement à d'autres modèles.  
Ainsi, on peut s'envoyer une grosse mandale sonore avec ce casque, même avec des morceaux compressés, ce qui est plutôt une bonne nouvelle.
Quant à la sensation de tension des basses, elle n'est que très partiellement validée par la mesure des signaux carrés.  Ceux-ci révèlent un léger déphasage, ainsi qu'un manque d'extension dans les plus basses régions (la courbe décline remarquablement après le stimulus, et déborde très succinctement de la ligne 0).  Ces défauts, intrinsèquement peu remarquables, deviennent plus évidents lorsqu'on passe sur un Focal Spirit Classic, par exemple.

Médiums :
Les quelques retours éparpillés ne témoignent guère d'euphorie à l'égard de ce registre.  On lit par exemple « The 650 in comparison sounded thin, as though someone had stripped of those sound waves somewhat considerably » ou encore « the 650 had a honky, hollow coloration in the upper mids that drove me batty ».  Ces termes renvoient donc vers mes premières impressions, et pointent vers des timbres blafards, ainsi que vers un manque significatif d'épaisseur et de richesse.
Les mesures de réponse en fréquence dévoilent des médiums étonnamment très présents, se maintenant jusqu'à 2Khz, avant de chuter considérablement à 2.5Khz.  Leur niveau remonte tout aussitôt, pour se relâcher peu après 4Khz.
Bien que présents, les médiums montrent beaucoup de petites irrégularités, ainsi qu'une imbalance persistante d'environ 3-4db entre les deux canaux.  L'amplitude plus élevée dans la zone environnant 1Khz explique probablement cet effet « hauts-parleurs », notamment en regard de sa domination sur tout le reste du spectre.
Cet effet « hauts-parleurs » est quasi-permanent à l'écoute, et altère les timbres.  Ceux-ci semblent à la fois creux et tirés vers le haut, mais plus d'une manière dérangeante plutôt que de façon agressive.  Le même effet est décelable sur le Pro550.
Plus bas, on se rend compte que les bas-médiums sont extrêmement en retrait, contrairement à ce que les mesures suggèrent.  Par exemple, la voix de Stromae sur son titre « Formidable » semble restituée depuis la coupole d'une église.  Elle produit une sorte d'écho et semble d'une pâleur inquiétante.
La restitution est donc déjà passablement déséquilibrée, entre un bas du spectre très autoritaire et impactant à souhait, et des médiums très creux, froids, distants.

Aigus :
Les hauts-médiums sont généralement moins bien accueillis que les aigus sur ce modèle.  Cela n'empêche toutefois pas de débusquer des avis tels que « While they do have a nice clarity and spaciousness to the sound field, the high end is way over the top » ou « and the highs are definitely brittle and harsh »
La réponse en fréquence dans cette zone est abominable à regarder.  En dehors des énormes écarts de volume entre les canaux gauche et droit, la courbe est extrêmement accidentée.  Elle dessine trois pics principaux, situés respectivement à environ 7Khz, 11Khz et 15Khz.  Bien qu'altérant probablement la fidélité de restitution de ces fréquences, ces trois pics ne se hissent fort heureusement pas par-dessus les basses et les médiums, et ne devraient dès lors pas être perçus comme de l'agressivité.  
En pratique, les aigus ne sont effectivement pas très agressifs.  Ils sont présents, avec une certaine distinction, mais ont le bon ton de rester intégrés à la musique.  Ainsi, à volume normal, les sifflantes ne sont pas exagérées et restent d'ailleurs largement supportables à volume élevé.  C'est plutôt la zone des shuintances qui m'a dérangé, vers 4Khz, et qui d'ailleurs participe aussi à cette sensation de son « tiré vers le haut ».
En outre, j'ai été surpris de constater la finesse de restitution de ce registre, ainsi que le haut niveau de détail naturellement associé.  En effet, en se basant sur les mesures, on s'attend logiquement à un aigu agressif, confus, métallique et bourré de résonances, mais ça n'est pas le cas de mon point de vue.  Le registre est plutôt restitué avec finesse, élégance, et précision.  Même en montant le volume, je n'entends pas, ou alors très peu, le tintement métallique si souvent décrié.

En globalité :
Le Pro650 ne fait pas partie des Ultrasone agressifs, son aigu demeurant relativement tempéré en comparaison à d'autres modèles.
Les mesures ici ne nous aident pas vraiment à nous faire une idée précise de sa sonorité.  Le casque restitue un aigu très énergique certes, mais plus régulier, fin, cristallin et précis que ce que les courbes suggèrent, tandis que les médiums, livides, semblent émaner depuis le fond d'une caverne, alors que les mesures laissent supposer que la restitution serait plutôt « mid-centric ».
En outre, les mesures ne peuvent rendre apparente la plus grande qualité de ce casque : sa retranscription de la scène sonore.  Celle-ci est franchement immersive et addictive, en ce qu'elle est parfaitement holographique, très large, très profonde, avec un étagement des plans en profondeur comme on ne le ressent que trop rarement sur des casques fermés.  Avec les pads du Pro750, on est au même niveau, voire possiblement au-dessus du Pro750 et du Pro900.

Piste d'amélioration :
L'arrière des drivers se voit partiellement recouvert d'une étiquette blanche, ainsi que d'une languette en caoutchouc recouvrant un évent en périphérie.
Le retrait de celles-ci entraîne un effet de décompression, et les membranes peuvent ainsi se mouvoir plus librement.  Cela a pour effet de renforcer très sensiblement la présence et l'ampleur des médiums, tout en aidant à diffuser les hautes fréquences, qui se voient ainsi restituées avec moins de férocité.  Toutefois, les basses initialement bien contrôlées, auront tendance à davantage résonner et à envahir plus copieusement les médiums.  Je conseille de laisser au moins un évent de recouvert, ne serait-ce que partiellement.
Cela a l'air anecdotique, mais le fait de récupérer cette présence dans les médiums, notamment dans leur partie basse, rend la restitution bien plus agréable et mélodieuse, à la fois plus dense et plus subtile dans les timbres.  La voix de Stromae est redevenue humaine désormais.
Ayant déjà opté pour les pads du Pro750 de base, je ne peux tirer de conclusion sur la modification de signature induite par le changement de pads.  Aussi, je déconseille vivement de coller les pads du Pro900 sur le Pro650, sachant que ces premiers renforcent fortement le premier pic d'aigu à 7Khz.

Confort :
Le Pro650 serre moyennement le crâne.  Les mousses du Pro750 sont rêches au toucher et le contact avec les oreilles est peu plaisant.  Bien que les oreilles ne touchent jamais la paroi des drivers, on ressent assez rapidement une compression, ayant pour effet de nous obliger à remettre le casque en place assez souvent.
Concernant les mousses fournies de base (de souvenir avec le Pro550 que j'ai déjà eu), je sais qu'avec celles-ci les oreilles touchent la paroi des drivers, mais que leur contact est plus moelleux, plus agréable.  Néanmoins, par temps chaud, on finit par transpirer dedans.

Les mesures : https://www.innerfidelity.com/images/UltrasonePRO650.pdf


Ultrasone Pro750



1ères impressions :
Approche sonore très troublante par rapport à des casques plus « traditionnels », les timbres semblent « malades », de même que sur le Pro650.  Le son est à la fois très punchy et éthéré, il manque du poids quelque part.  Les médiums sont distants et semblent avoir subi un traitement avant de parvenir aux oreilles.  La dynamique et la spatialisation semblent très bonnes, mais quelque chose cloche, c'est évident au bout de quelques secondes d'écoute.  Tantôt la scène semble extrêmement large, tantôt elle semble rognée, retouchée, déséquilibrée.
La tonalité est par ailleurs du côté clair de la neutralité.  On entend davantage les sifflantes et les coups de cymbale que certains instruments opérant plus bas dans le spectre.  Pour autant, les aigus ne sont pas spécifiquement sibilants ou agressifs.  Aussi, leur tonalité est fausse et participe à ce « weird-effect ».  En gros, encore une fois, quelque chose cloche.
Au bout de quelques minutes seulement, on ressent l'envie, voire le besoin, d'enlever le casque.  On est soulagé de chausser un casque comme un K712 après lors.

Basses :
On lit dans certaines reviews que les basses sont le point fort de ce casque.  Dans d'autres, elles sont décrites avec beaucoup de réserve.  On lit qu'elles sont trop en avant, étouffantes, traînantes, distordues etc...  À l'inverse, les reviews positives n'hésitent pas à mettre en avant leur excellente tenue et leur capacité à ne pas envahir tout le spectre.
On observe la même divergence du côté de leur quantité.  Tantôt « Bass heavy », tantôt « Bass shy ».
En fait, cela dépend sur quelle section du bas du spectre on s'attarde.  
Les mesures montrent un léger embonpoint vers les 50Hz, une prolongation régulière jusque dans les plus basses régions, et une décroissance conséquente jusqu'aux bas-médiums.  Autrement dit, plus d'infras-graves que de hauts graves.  À l'écoute, les basses sont en avant, viscérales, cognent dur et ont tendance à résonner.  On distingue sans peines  du 30-35Hz, excellent donc pour les musiques modernes chargées dans cette section.  Ainsi, dans des morceaux bien pourvus en infra-graves (comme de la Trance ou divers sous-genre de House), le Pro750 semblera confier la dominance à cette partie du spectre sur les médiums.  Sur de la Pop ou du Jazz par exemple, il manquera d'un peu de consistance.
Du point de vue qualitatif, les basses ne sont pas incroyablement propres.  Malgré leur rapidité, leur tenue et leur extension, elles résonnent et sont ébouriffées.  Je n'ai aucune idée des taux de THD dans cette zone, aucun graphique ne semble exister pour ce casque.  Je tablerais sur un solide 10-15% en-dessous de 70-80Hz, mais pas au-delà, si je me base sur l'absence de saturation à hauts volumes.

Médiums :
Ici un consensus semble se confirmer.  Les médiums de ce casque sont en retraits, dominés par le reste.  Néanmoins des divergences existent sur le degré de ce retrait.  Il est dit que les médiums sont détaillés mais légèrement en retraits, comme il est affirmé de manière péremptoire qu'ils sont inexistants et creux.
Là aussi, de quelle partie des médiums parle-t-on ?
Les mesures de réponse en fréquence témoignent de médiums irréguliers, dont le niveau global est légèrement inférieur à celui des infra-basses.  Elles rendent surtout apparentes deux dépressions remarquables : une entre 200 et 300Hz, et une autre, plus localisée, à 2.5Khz.
La dépression dans les bas-médiums est communes à beaucoup de casques fermés opulents dans le bas du spectre ;  son rôle est de prévenir l'étouffement des médiums par le bas du spectre.  Le revers de ce choix est que les basses et les médiums en résultent désarticulés, isolés, générant un manque de naturel et de chaleur dans la restitution.  Si généralement cette application est bien menée, ici malheureusement elle a pour résultante le saccage des timbres.  Tout ce qui constitue le romantisme et le beau dans une musique se voit ici atrophié, avili.  Un reviewer a utilisé l'expression « a Cyborg approximation of the music ».  À l'inverse des timbres des médiums du Pro750, ces termes sont d'une incroyable justesse.
Le puits à 2.5Khz est aussi embêtant à l'écoute.  S'il ne se fera pas sensiblement remarquer sur des voix aiguës, il sera en revanche trahi par certaines notes d'instruments, tels qu'une boite à musique, une flûte, un piano, un vibraphone etc..  Les notes de Ré à Fa dans cette zone seront au mieux abaissées, au pire quasiment muettes.
À l'écoute, les timbres sont creux, sans surprise.  Les voix masculines manquent d'épaisseur, tandis que les voix féminines manquent de sensualité, de finesse.  Ces dernières ont même tendance à sur-jouer dans leurs plus hauts retranchements.  On préfère dès lors se focaliser sur les basses, bien plus accessibles et aguicheuses sur ce casque.

Aigus :
L'élément le plus polarisant sur ce casque (et pas que...), sans nul doute.  Si l'on se fie aux reviews, il est impossible de savoir en quelle quantité les aigus sont présents, ni de se faire un aperçu de leur qualité.  Ils sont soit « vicieux », « sur-emphasés », ou au contraire, limpide, « non-fatigants ».  Au moins, beaucoup s'accordent à dire qu'ils sont détaillés, avec une très bonne extension.
Les mesures sont ici catastrophiques.  L'extension y est, le niveau se maintient solidement jusqu'aux 20Khz.  Le niveau de détail aussi, de sûr.  La finesse, la fidélité, on reverra.
Inutile de détailler précisément toute cette région, il y a bien trop de choses à dire.  Deux points remarquables sont à énoncer.  
Premièrement, la symétrie des canaux gauche / droit, en terme de niveau de restitution, est alarmante.  Selon les mesures, la différence des deux canaux, à 6.5Khz, peut culminer à plus de 10dB, c'est énorme !
Deuxièmement, les aigus sont effectivement très présents, plus d'ailleurs que les médiums, à peu près au même niveau que les (infras)basses.  En s'appuyant sur les mesures, on pourrait redouter de la sibilance exagérée absolument partout, des crush de cymbales arrachant les tympans et des cuivres vrillants.  Or, l'expérience d'écoute n'est pas si atroce qu'anticipée, comme le suggèrent mesures et reviews.
Il ressort de l'écoute une grande clarté, beaucoup de micro-bruits typiques d'une bonne extension et d'un suivi dynamique efficace, et des sifflantes (quand il y en a) tout de même bien intégrées à l'ensemble musicales.  Aucune région ne vient popper par-dessus le reste et agresser précocement les tympans.  Néanmoins, aucune élégance, aucune beauté ne ressort de ces fréquences.  Des aigus bien traités apportent certes de la clarté et de la précision, mais aussi une touche de magie, de la légèreté, du chatoiement et participent à ce désir d'évasion qu'on peut ressentir en écoutant de la musique.
Ici, les aigus, bien qu'assez « réguliers », sont sales.  Ils sont cristallins mais également métalliques.  Ils sont détaillés mais aussi faux.  Ils sont présents mais presque vomitifs.

En globalité :
Vous l'aurez compris, ce casque n'est pas « musical ».  En même temps là n'est pas sa prétention.  Il est destiné pour le monde professionnel, et en cela il ne peut être vilipendé pour le fait de ne pas sonner de façon « agréable ».  En revanche, les 10db de différences entre les canaux gauche et droit dans les aigus, les divers creux et emphases dans certaines régions du spectre, et la tonalité fausse de l'ensemble rend laborieux tout travail d'analyse de la musique.  
Il a beau diffuser un son rapide, punchy et très clair, dans un espace sonore tantôt très aéré, tantôt cajolé, son pouvoir immersif est assez médiocre.  
Sa régularité aussi l'est.  Toutefois, malgré sa signature typée, on reste quand même dans une classe supérieure par rapport aux signature en V très bourrinnes et caricaturales.  Au bout de dix minutes, on ressent le besoin de passer à autre chose.

Piste d'amélioration :
En accédant au compartiment des drivers du casque, on se rend compte qu'une étiquette blanche est collée derrière l'aimant et recouvre deux évents.  Un évent en périphérie est également cloisonné par un morceau de caoutchouc glué.
Le retrait de l'étiquette blanche a pour conséquence de corriger partiellement le creux dans les bas-médiums, mais aussi d'apaiser un tant soit peu les aigus.  Certains reviewers affirment que la qualité des basses s'en voit améliorée ;  pour ma part c'est un constat que je n'ai pas fait.
L'amélioration a beau être délicate, elle permet de récupérer une meilleure présence des médiums et ainsi, un meilleur réalisme.  La jonction entre les basses et ces derniers est mieux assurée et le son gagne perceptiblement en cohérence.  Pour autant, les timbres demeurent encore un peu creux et les basses n'ont rien perdu de leur grosseur.

Confort :
Idem que sur le Pro650, sauf qu'ici le Pro750 est plus lâche sur le crâne.

La réponse en fréquences :

Image



Ultrasone Pro900i



1ères impressions :
L'expérience était déroutante sur le Pro750, ici elle est détonante.  On comprend dès les premières secondes pourquoi ce casque est aussi polarisant, pourquoi « on adore ou on déteste ».
On est frappé, bousculé par le son.  Mais pas pour les raisons que l'on peut croire.  Le premier élément qui impressionne est sans nul doute le bas du spectre.  Il semble tellement proéminent qu'on se demande s'il n'a pas avalé toutes les autres régions fréquentielles, qu'on n'entend guère pour le moment.  On essaye alors de se concentrer sur leur qualité.  En fait, on n'est pas en mesure de dire si les basses sont propres, nettes, segmentées, ou s'il ne s'agit que d'un vrombissement permanent et mal défini.
Idem pour la scène sonore.  On a du mal à réaliser si elle est extrêmement large et profonde, ou si ce n'est qu'une illusion.  De même que sur le 750, celle-ci semble tantôt très étirée, tantôt creuse.
Puis viennent les aigus...  Je vous en parle un peu plus bas.

Basses :
Elles sont là.  En quantité de sûr.  En qualité à n'en pas douter, si l'on s'attache aux nombreuses reviews allant dans ce sens.  Certains affirment assurément que c'est le meilleur casque basseux qu'ils n'aient jamais écoutés, d'autres sont moins charmés et gardent cette expérience d'écoute aussi loin que possible, tant le son semble dénaturé.
Les différentes mesures de réponse en fréquence sont unanimes : les basses sont sérieusement sollicitées, dans toute la région entre 30Hz et 100Hz.  Un roll-off est visible mais seulement à partir de 35-40Hz.  Peu importe, soyez au moins sûr que dans n'importe quel morceau, vous entendrez les infra-graves avec une facilité étonnante.
Plus loin, une très forte décroissance s'amorce brusquement à partir de 200Hz, comme sur le Pro750, pour prévenir là aussi (sur ce casque, c'est une bonne idée) l'envahissement des autres fréquences par ces basses abondantes.
À l'écoute, les basses sont bien trop présentes.  Quand on n'y est pas habitué, elles semblent phagocyter tout le reste et assombrir irrémédiablement la tonalité d'ensemble.  S'y habituer a un effet pervers : vous serez en manque dès que vous écouterez un casque plus tempéré dans cette région, et irez même jusqu'à avouer, hélas, que seul le Pro900(i) est capable de restituer fidèlement le bas du spectre.  
Par rapport au Pro750, elles sont un peu moins sèches et, paradoxalement, moins cognantes.  On est plutôt sur des basses rondes, assez romantiques.  
Des graphiques existent sur les taux de distorsion harmonique de ce casque.  Ils montrent des taux élevés mais pas drastiquement inquiétants.  Sur celui d'Innerfidelity, à 90db, ces taux se maintiennent juste au-dessus des 1% fatidiques après 40Hz, mais culminent à 10% à 100db.  On a vu des valeurs plus inquiétantes ailleurs, mais aussi des valeurs bien plus respectables néanmoins.
En somme, oui les basses sont extrêmement présentes.  Sont-elles d'une incroyable qualité ?  Pas autant qu'espéré.  Elles ne sont pas suffisamment sèches et sont un peu distordues, mais pas assez pour occasionner une réelle confusion, parce qu'effectivement, la lisibilité dans ce registre demeure plutôt bonne.  Enfin, déteignent-elles sur le reste du spectre ?
Sur les médiums, oui, sans nul doute.  

Médiums :
Ils ne sont pas là.  Certains reviewers parviennent quand même à dire qu'ils plus présents que sur beaucoup de casques et que leur clarté est exceptionnelle...
Les mesures sont unanimes.  Les médiums jouent en moyenne 10db moins fort que les basses.  De même que sur le Pro750, on observe deux décroissances, respectivement à 250Hz et à 2.5Khz, la dernière étant moins remarquable, comparativement au 750.
Ces premières trahissent également une certaine irrégularité, de nombreux zigzags par endroits, pas nécessairement l'idéal pour retranscrire les instruments avec fidélité.
Que dire de plus ?  L'écoute confirme juste que les médiums sont sérieusement mangés par les basses et qu'ils peinent à retranscrire une densité dans le message sonore.  Leur partie haute n'est pas correctement traitée, et les voix semblent passer à travers un filtre, leur arrachant leur densité, leur présence, leur humanité.  J'aime beaucoup l'expression « a cyborg approximation of the music » !

Aigus :
Ils y sont.  Quoique ça dépend.  Tantôt ils poppent violemment au-dessus du reste, tantôt ils sont camouflés.  Tantôt ils agressent, tantôt ils sont tus.  
C'est incroyable à quel point chacun semble avoir une sensibilité différente face à ces fréquences.  On lit autant des aigus de ce casque qu'ils sont dénudés de toute agressivité, qu'ils sont sans pitié, vrillants, sibilants comme jamais etc...
Le croisement des mesures de réponse en fréquence permettent d'établir une observation des plus fiables : un pic très proéminent, difficile à ignorer, est mesuré à 6.5Khz.  Un autre est observable à 15Khz et explique probablement la sensation de micro-détails.
Étrangement, ce pic est le deuxième élément à m'avoir bousculé la première fois que j'ai écouté ce casque.  J'ai d'ailleurs davantage saigné des yeux en lisant certaines reviews, que des oreilles en écoutant du Nightcore bien compressé à 100db.  Je comprends la personne qui a décrit les aigus de ce casques avec tous les pires adjectifs possibles.  Son expérience n'est en aucun cas exagérée, le pic d'aigu est un véritable supplice.  Il est là, lorsque approche un moment fatidique dans votre morceau, vous le sentez arriver, et vous baissez le son en conséquence.  Comment est-il perçu, ce pic ?
Vous avez déjà affûté un couteau, n'est-ce pas ?  Ou frotté une fourchette contre une plaque en métal ?  Cette délicate sonorité est celle qui caractérise le mieux, à mon sens, le pic d'aigu de ce casque.  Ce pic, vous aurez le privilège de l'entendre sur certaines sifflantes, ainsi que sur n'importe quel crush de cymbale.  Vous entendrez non pas une simple emphase dans cette zone (comme c'est le cas sur quasiment tous les casques), mais comme une instabilité, une résonance, un son qui vrille et qui surprend.  Alors pourquoi  tout le monde n'est-il pas agressé par ce pic ?  
Mon hypothèse est que beaucoup de sifflantes n'opèrent pas spécifiquement dans la zone des 6-7Khz, mais plutôt au-dessus.  Concrètement, un « SSSC » un peu gras de certains pays latins sera bien plus affecté par ce pic que par un « ZZZ » bien plus haut perché de Vitaa.  Les sons en « FFF », opérant vers le 10Khz, ne sera pas non plus affecté par cette emphase.  Les shuintantes en revanche seront sans pitié.
En dehors de ce pic, les aigus sont moins présents que sur le 750.  D'un certain côté, ils sont plus réalistes et moins métalliques, plus équilibrés.  Par ailleurs, aucune imbalance des canaux n'est à signaler sur le Pro900(i).

En globalité :
On aime ou on déteste le Pro900i.
Tout n'est que déséquilibre sur ce casque à la sonorité si contrastée.  D'un côté, les basses sont trop invasives et bousculent le reste ;  de l'autre, les aigus sont à la fois trop éteints pour assurer un niveau de clarté suffisant, et trop vicieux pour pour se permettre une session à volume délirant.  Est-ce que ce casque est extrêmement détaillé pour autant ?
L'adverbe est en trop, mais il faut souligner la capacité des drivers à cerner et à isoler chaque élément sonore, malgré le parti pris d'avoir autant ré-haussé le niveau des basses.
Je ne pense pas que les basses de ce casques soient plus détaillées que sur d'autres casques du même segment de prix, juste qu'elles sont très mises en avant et d'assez bonne qualité, sans verser dans les excès non plus.
Le pouvoir immersif est tout de même plus élevé que sur le 750, en ce que le Pro900i apporte une légère chaleur en plus, un meilleur réalisme des basses, et surtout un aigu plus léger et soyeux, à l'exception du pic à 6.5Khz.

Piste d'amélioration :
De même que sur le Pro750, les drivers du Pro900i ont une pastille blanche collée derrière les aimants, recouvrant deux évents.  Cependant, un des évents en périphérie est laissé entièrement ouvert, ce qui n'était pas le cas d'un Pro900 (une ancienne version) que j'avais eu dans le passé.  Cela explique pourquoi le 900i est un peu plus chaleureux et romantique que le 750.  Par ailleurs, il se peut que des gens aient ressenti un peu moins d'agressivité en comparant un ancien Pro900 avec le Pro900i.  En effet, a posteriori, laisser cet évent ouvert permet de diffuser un peu plus certaines fréquences, ayant comme double effets d'améliorer la présence des bas-médiums et d'atténuer les pics d'aigus.
Malheureusement, ce petit modd n'a que peu d'effet sur le Pro900i.  Si les bas-médiums se font un peu plus présents, le pic saillant demeure.
Il existe toutefois une solution très simple pour y remédier : mettre les pads du Pro750 sur le Pro900i.  Ses effets sont très bénéfiques, même plus qu'espéré.  En dehors de la disparition de la résonance à 6.5Khz, j'ai noté une meilleure présence des médiums.  Les timbres demeurent sombres, mais on peut enfin profiter de ce casque sans avoir à se soucier des aigus qui vrillent.  On se rend également compte que sans ce pic, les aigus sont bel et bien plus réalistes et équilibrés que sur le 750.  Ils sont plus cristallins, volatiles, magiques, délicats.

Confort :
Le Pro900i a un bandeau différent.  Celui-ci applique une pression moins localisée grâce à son généreux rembourrage.  Ses pads sont cependant tout aussi rêches que ceux du Pro750, et leur contact avec les oreilles est assez désagréable.

Les mesures : https://www.innerfidelity.com/images/UltrasonePRO900.pdf


Ultrasone Pro2500



1ères impressions :
Les premières écoutes ne révèlent rien de suspect.  On se surprend à entendre chaque région fréquentielle restituée, à première vue, avec homogénéité.  
Nulles basses qui déteignent sur les médiums, ni ne colorent l'ensemble musical, nuls médiums en retrait, des aigus énergiques sans exagérations et une tonalité d'ensemble étonnamment réaliste.  L'effet « cyborg » n'est pas ressenti ici, et son absence invite à prolonger l'écoute sans avoir à subir une pseudo-géhenne.  La musique ne semble pas dénaturée, mais l'on ressent néanmoins ce soupçon d'énergie en trop, ce léger manque de contrôle, qui malheureusement devient patent à volume élevé.

Basses :
Les avis se font plus rares sur ce modèle, comparé à son homologue fermé, le Pro750.  Néanmoins, on trouve davantage de lecture au sujet de l'ancienne version de ce modèle, le Proline2500.  Un certain nombre de reviewers manifestent un manque d'engouement, et avancent que les basses sont ici imprécises, voire boomy.  Il est souvent fait état d'un manque de détail et d'une propension à l'étalement sur les médiums.  Des avis plus élogieux pullulent, mettant l'accent sur l'impact de ces basses et leur profondeur.  La confrontation de ces avis pointent vers un consentement : les basses sont présentes, voire très / trop présentes.
Il n'existe que peu de mesures, et de même que sur le Pro750, on ne peut mettre la main sur les mesures des taux de distorsion harmonique.
Le seul graphique de réponse en fréquence trouvable nous renseigne sur un bas du spectre assez régulier, mais néanmoins emphasé parcimonieusement dans la région des 50-60Hz.  Cette légère emphase suit un roll-off conséquent (perte d'environ 10db de 50Hz à 20Hz) et précède une dépression régulière, sans creux, se stabilisant vers 500Hz.  Quand bien même cette décroissance ne saute pas aux yeux, la perte de volume atteint environ 7-8dB, ce qui laisse craindre une possible domination des basses sur les médiums.
À l'écoute, les basses ne sont jamais excessives, mais restent néanmoins massives.  Elles ne sont ni sèches, ni rondes, plutôt approximatives, moyennement bien définies.  Elles ne s'épanchent pas sur les médiums et n'altèrent pas leur clarté ;  les kicks sont puissants mais maintenus à leurs places.  Le roll-off est audible, et malheureusement, vous ne percevrez pas un vrombissement précis dans les plus basses fréquences lorsque celles-ci seront sollicitées, ou alors il vous faudra augmenter sévèrement le volume.
Dans l'ensemble, malgré leur bon dosage en quantité, leur qualité n'est pas exceptionnelle.  Bien qu'elles soient assez bien contrôlées en proportions, elles montrent une légère boursouflure, manquent de précision et d'un peu de tension.  Elles saturent à volume élevé.

Médiums :
Les avis sont mitigés à propos de l'ancienne version Proline.  Beaucoup d'avis renseignent sur des médiums en retraits, distants, manquant de clarté, plus particulièrement au niveau des voix.
Ils sont plus encourageants à propos du Pro2500, mais aucun ne témoigne d'une satisfaction évidente quant à ce registre.
Un avis très éclairant nous tient au fait que la clarté des médiums est grandement influencée par le positionnement des drivers par rapport aux oreilles.  Selon la position, les médiums peuvent paraître clairs ou voilés, presque étouffés par les basses.
La courbe de réponse en fréquence est très rassurante visuellement.  Presque aucun accident n'est visible, contrairement aux Pro750 / Pro900, même si un creux, plutôt suspect, est observé entre 2Khz et 3Khz.  À noter malgré tout un niveau de restitution moins élevé que celui des basses.
À l'écoute, la clarté des médiums est effectivement très influencée par la position du casque sur les oreilles.  Trop en avant, les médiums sont camouflés, voilés, obscurcis.  Trop en arrière, ce sont les aigus qui viennent prendre le relais.  Une fois la bonne position trouvée, les médiums sont en effet clairs, mais quelque peu « vitreux ».  Les voix, masculines et féminines, sont bien présentes, et d'ailleurs très réalistes !  Elles prennent de l'espace et ne sont pas grossières, elles sont même plutôt épurées, douces.
Quoi qu'il en soit, il m'est difficile de qualifier les médiums de distants, encore moins colorés, assombris par les basses.  Ils sont certes moins présents que les autres registres, et certainement pas aussi chatouilleux que ceux émanant d'un Grado, mais sonnent avec réalisme et proximité.

Aigus :
Le terme « métallique » est extrêmement récurrent...  Quant ce ne sont pas d'autres adjectifs repoussants qui sont utilisés à répétition.
Les mesures ne semblent pas trop effrayantes à première vue.  En étant toutefois plus rigoureux dans l'observation, elles trahissent une anomalie : le niveau remonte d'environ 10dB entre 6Khz et 7Khz !  La suite de la courbe fréquentielle ne consiste qu'en une série de pics et de creux persistant jusqu'aux alentours de 18Khz, avant d'amorcer une chute brutale.  Le niveau moyen est plus élevé que celui des médiums, laissant craindre une domination de ces fréquences sur l'ensemble musical.
À l'écoute, les aigus sont curieusement bien intégrés au reste.  Ils n'apparaissent certainement pas aussi proéminents que les mesures le suggèrent, mais sont juste assez présents pour apporter de la clarté, du tranchant, et du micro-détail.  Les voix ne semblent pas touchées par la sibilance.  Les shuintances ne sont pas accentuées, mais vient le moment où l'on tombe sur un passage où les fréquences vers 7Khz sont sollicitées.  Si vous avez le malheur d'avoir vos oreilles placées trop proches des drivers, vous distinguerez une turbulence, une résonance métallique et très désagréable dans les fréquences voisines à 6.5Khz.  Elle ne pop paradoxalement pas au-dessus du reste, mais une fois que vous l'avez décelée, vous ne vous focaliserez plus que sur elle, et le plaisir d'écoute en sera perturbé.
Plus haut, la sensation de micro-détail fait plutôt place à une forme de confusion.  On entend beaucoup de choses, mais les petits détails ont l'air mal cernés ;  les cymbales sont à la fois imprécises, sèches et atrophiées.
Globalement, les aigus ne sont spécialement agressifs, voire pas du tout si le casque est bien porté.  Leur présence est solide, mais leur qualité ne vole pas haut.  La tonalité métallique est assez modérée ici, n'attendez pas beaucoup de finesse toutefois.

En globalité :
Le Pro2500 est la contrepartie semi-ouverte du Pro750.  Pour autant, sa sonorité est bien plus mélodieuse et homogène, l'effet « cyborg » n'est ici nullement décelable, de mon point de vue tout du moins.
C'est un casque satisfaisant globalement, capable de se révéler aussi bien explosif que doucereux.  Il est facile de s'accoutumer à sa signature sonore, en ce qu'elle est caractérisée par une assez bonne homogénéité, une bonne présentation de chaque registre.
Toutefois, la reproduction de la scène sonore me parait anormalement étriquée, tant en largeur qu'en profondeur.  En tant que casque semi-ouvert, il est censé projeter l'ensemble musical avec une panoramique étendue et aérée ;  or, le Pro750 accomplit mieux cette tâche.  Conjugué avec un haut du spectre tendant à la confusion, il reste assez périlleux de s'immerger dans l'ensemble sonore.  De plus, il existe une imbalance entre le niveau de restitution des deux canaux, résultant en la sensation que le son tire vers la gauche.  J'ignore si cela ne concerne que mon modèle ou si c'est une constante.
En somme, il est certes plus réaliste et mélodieux que le Pro750, mais son bas du spectre ne partage seulement que ses défauts - à savoir sa relative imprécision et son côté boomy -, sans être aussi abyssal que le 750.
De fait, malgré ses timbres robotiques et altérés, le Pro750 a un potentiel aguicheur que le Pro2500 n'a pas.  J'ai davantage gardé longtemps le Pro750 sur la tête que le Pro2500, d'autant plus que le Pro750 semble ne jamais saturer (même avec l'application du modd).

Piste d'amélioration :
Il existe une différence entre les drivers du Proline2500 et du modèle plus récent.  Les drivers du premier ont deux de leurs évents arrières d'occultés, avec une occultation totale de l'évent périphérique.  Cela explique pourquoi de nombreux avis faisant état de médiums distants et d'aigus très métalliques se disputaient.
À L'inverse, ceux du Pro2500 n'ont que l'évent périphérique de colmaté.  Ainsi, celui-ci est plus ample dans les médiums et les fréquences aiguës restent maintenus.
Peut-être est-il intéressant de damper le fond des coques, bien que sa conception ouverte n'est pas optimale pour cela.  Un membre du forum m'a fait parvenir que le fait de sceller les coques (dit autrement, le transformer en casque fermé) a pour effet de faire disparaître la saturation.  Néanmoins, un drastique changement de signature s'en suit.

Confort :
Le Pro2500 exerce un serrage prononcé.  Ses pads circulaires sont plus doux que ceux du Pro750, mais aussi bien moins épais.  Il en résulte un contact permanent entre les oreilles et la paroi des drivers, occasionnant une gêne au bout de quelques dizaines de minutes seulement.

La mesure de réponse en fréquence, et les anciens drivers (Proline 2500) :

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Ultrasone Pro2900



1ères impressions :
Malgré sa conception commune au Pro2500, celui-ci n'en partage pas tant de similarités que ce à quoi on peut s'attendre.
On ressent de suite une signature plus typée, plus énergique encore, passablement plus explosive, mais aussi malheureusement, une restitution brillante, plus altérée dans les timbres.  Le son semble un peu « tiré par le haut ».  Les aigus sont faiblement plus incisifs encore, tandis que les hauts-médiums agressent davantage.
Le bas du spectre est indéniablement plus chargé.  Pour autant, il est mieux formé, mieux défini, mieux contrôlé, il confère une très belle assise à l'ensemble sonore.

Basses :
En s'appuyant sur les nombreux avis existants, on apprend sans surprise que le bas du spectre est sensiblement renforcé.  Néanmoins, il n'apparaît nullement aussi exagéré que celui du Pro900.  Certains évoquent d'ailleurs une certaine neutralité dans cette région.  Il n'est en outre que rarement fait mention de basses baveuses ou déteignant sur le reste du spectre, bien au contraire, c'est leur nervosité, leur impact et leur précision qui sont fréquemment cités.  Elles semblent donc bien dosées en quantité et bien incorporées au reste.
La courbe de réponse fréquentielle proposée par Innerfidelity est moins encourageante que ce que les avis laissent supposer.  On retrouve un bas du spectre suivant le sillage de celui du Pro2500, à savoir un bump centré à 60Hz, une décroissance de 10db jusqu'à 20Hz, ainsi qu'un déclin régulier, se stabilisant vers 600Hz.  On observe en parallèle une domination d'environ 7-8db des basses sur l'ensemble des médiums.
À l'écoute, les basses du Pro2900 sont impressionnantes, loin d'être neutres. Autant la parenté entre un Pro750 et Pro2500 n'est pas évidente à déceler, autant ici on décèle une hérédité avec le Pro900.  Un membre sur Head-fi, ayant comparé le Pro2900 au Pro2500, a écrit : « Bass is more solidly present, more densely and definitively sculpted in space ».
C'est exactement cela.  Le niveau ne parait pas follement plus élevé sur le 2900, mais le bas du spectre est plus grondant, plus autoritaire, mieux contrôlé, segmenté.  Je ne ressens pas d'imprécision ou de flou par rapport au Pro2500, bien que le niveau soit paradoxalement plus élevé.
Ne pas s'attendre néanmoins à des basses sèches et parfaitement tendues ;  celles-ci sont même plutôt engourdies.  « Traînantes » serait inadapté, mais c'est ce vers quoi elles tendent à mon avis.  À ce propos, si l'on se penche de nouveau sur les mesures d'Innerfidelity, les signaux carrés à 30Hz montrent un effet de déphasage des basses, se concrétisant à l'écoute par cet effet d'engourdissement, de lenteur.  L'écoute confirme, de surcroît, le roll-off des plus basses fréquences, tout comme sur le Pro2500.
En résumé, le Pro2900 propose un bas du spectre « romantique », luxuriant, se démarquant par son impact et sa forte présence, en restant tout de même contrôlé et détaillé.  Il déteint très sobrement sur les médiums, mais pas d'une façon dérangeante.  En revanche, les basses talonnent à volume élevé, ce que semblent d'ailleurs confirmer la montée soudaine des taux de distorsion harmonique dans toute la région sous les 100Hz.

Médiums :
le terme « recessed » est copieusement employé dans les reviews.  Toutefois, l'appréciation de ce ressenti varie beaucoup d'une personne à l'autre.  De fait, on est en incapacité de cerner si les médiums sont « incroyables », très détaillés et texturés, si ils sont légèrement distants, ou si ils sont absents, abjects, métalliques, creux etc..
Quoi qu'il en soit, on retient deux éléments globaux à travers la lecture des reviews.  Le premier est que les médiums sont notablement plus présents que sur le Pro900.  Le deuxième est que les voix seraient ici bien plus détachées que sur d'autres modèles.  À noter, pour finir, la quasi-absence de qualificatifs tels que chaleureux, mélodieux, vibrants, envoûtants etc.., laissant ainsi supposer une certaine froideur dans les timbres.
Comme annoncé en amont, les médiums jouent en moyenne 8dB moins forts que les basses.  Cette légère congestion n'a heureusement rien à voir avec  avec les plus de 10dB d'écart visibles sur le modèle fermé, d'autant moins qu'ici la transition entre les basses et les médiums est bien plus régulière et élégante.  
Les mesures montrent de plus une assez bonne stabilité jusqu'à 2Khz, avant un effondrement brutal et suspect, que les mesures de distorsion harmonique (grimpant, à 100db, à plus de 10% sur le canal gauche) évaluent comme étant une résonance.  Cette résonance s'observe également sur les autres modèles « Pro » (mais aussi sur les modèles « HFI »).
À l'écoute, les timbres sont blafards.  J'ai trouvé les médiums distants d'une part, certes, mais j'ai davantage été gêné par la vive restitution des voix.  Celles-ci, effectivement présentes, m'ont paru « rappantes », irritantes, voire passagèrement agressives.  Cette agressivité est d'ailleurs confirmée aux mesures, par l'accroissement sensible entre 3Khz et 4Khz, dominant de quelques db l'ensemble des médiums.  C'est parmi ces fréquences que se font entendre les voyelles saillantes telles que « èèè » ou « iii », et que se manifestent en outre les shuintances (sons en « SHH »).  
Malheureusement ici, ces fréquences sont bien trop vives dans leur restitution ;  elles forcent l'oreille à se focaliser dessus et confèrent la sensation qu'un filtre a été utilisé pour ré-hausser grossièrement ces fréquences, que les timbres en sont ainsi « tirés vers le haut ».
Par conséquent, le reste des médiums s'en trouve écartés, d'une part quelque peu dominés par le bump de basses, et d'autre part difficilement accessibles en raison d'une trop forte présence des hauts-médiums.
Ainsi, je ne peux tout simplement pas approuver pour le moment que le Pro2900(i) est un bien meilleur « all-around headphone » que d'autres modèles, comme on lit par endroits.  Je me positionne pour le moment davantage du côté de ceux qui évoquent des timbres creux et une restitution sans vie.

Aigus :
On n'apprend de nouveau pas grand chose, en ce que les divergences d'avis restent ici toujours aussi inquiétantes.  Le lecteur s'en trouve désorienté, entre un avis négatif qualifiant les aigus d'agressifs, de métalliques, perçants, vrillants, sibilants, et un avis très enthousiaste vantant l'extrême précision des aigus, l'absence de fatigue, une grande subtilité, et une quasi-absence de sibilances.  On fait quoi avec cela ?
On s'attarde sur les mesures tout simplement.  Que nous apprennent les mesures de réponse en fréquences sur les aigus ?  Qu'ils sont tantôt présents, tantôt absents, tantôt très présents, tantôt lamentablement inexistants, et ce, jusqu'aux environs des 20Khz.  Alors oui, de nouveau sur ce modèle, comme sur les précédents, l'extension dans les aigus est assurée.  Mais la stabilité dans tout ça ?
Le premier pic opère juste avant 7Khz.  Puis le niveau amorce une chute d'environ 15db jusqu'à 8Khz.  Puis il remonte d'environ 12db jusqu'à 10Khz, mais seulement pour le canal droit.  Légère imbalance ici.  Puis de nouveau une chute de 15db, avant une ultime remontée de presque 20db à 15Khz.  Enfin, les aigus s'éteignent...
Ces turbulences se retrouvent sur les mesures de signaux carrés à 300Hz, et se caractérisent par d'énormes overshoots et beaucoup de ringing.  
Les mesures confirment ici que les personnes vantant des aigus subtils et non-sibilants devraient se confronter à la réalité en écoutant, à volume normal, des morceaux correctement produits, avec des voix présentes, des sifflantes, des caisses claires, des cymbales, des guitares saturées, des cuivres etc..  Ces personnes avanceraient ainsi que l'enregistrement est de mauvaise qualité, ou que le DAC n'est pas assez qualitatif...  
Ou que les aigus de ce casque sont tout simplement impardonnables, métalliques dans leur tonalité, et exagérément présents.
Toutes les sifflantes ne seront pas touchées fort heureusement.  Une sifflante à 8khz ne posera pas de problème, mais une autre positionnée plus bas dans le spectre fréquentiel ressortira bien trop.  
Par rapport au Pro2500, les aigus sont plus chimiques, plus durs, plus hostiles.  Autant il est facilement permis de passer outre la petite pointe du Pro2500, autant ici c'est l'ensemble de ces fréquences qui dénotent d'une agressivité prononcée.  Pour autant, les aigus sont curieusement plus présents sur le 2500, mais ils sont aussi plus stables.
Le Pro2900 n'est pas le casque le plus agressif qui existe attention - comparé au Pro900, il reste un peu plus accessible -, mais ses aigus sont trop incisifs et turbulents pour laisser l'oreille savourer un ensemble musical correctement enregistré.

En globalité :
Je n'ai pas vraiment eu d'attachement pour ce modèle.  Il est plus typé que son cousin le Pro2500, plus rentre-dedans, mais pour autant, le niveau de détail n'est pas nécessairement plus élevé.  
Néanmoins, il est de bon ton de lui attribuer des qualités étonnantes, telles que son bas du spectre, certes imparfait techniquement, mais bien dosé, bien charpenté et très énergique, ainsi que sa retranscription de la scène sonore, parfaitement holographique et bien immersive, sans non plus aller se mesurer à la cohérence proposée par un AKG K712 par exemple.
Malheureusement, il est difficile de profiter de ces qualités en raison de médiums tantôt distants et éthérés, tantôt agressifs et irritants, mais aussi en raison de ce haut du spectre qui ne propose ni subtilité, ni beaucoup de détail, juste de l'ouverture tout au plus.

Piste d'amélioration :
Les drivers du Pro2900i ont eux aussi une étiquette blanche recouvrant deux évents de l'aimant, ainsi qu'un bout de caoutchouc ne recouvrant que 1/5ème de l'évent périphérique.
Le retrait de celle-ci entraîne un rapprochement sensible des médiums et atténue les hautes fréquences, hauts-médiums compris.  Si ce modd ne retire pas intégralement l'aspect granuleux et saillant des voix, il permet au demeurant de se focaliser sur le reste des médiums et d'écouter un plus vaste cortège de morceaux sans devoir diminuer sensiblement le volume.  En revanche, les basses qui coloraient parcimonieusement les médiums, seront davantage grossies encore, et entraîneront quelques effets de masquage sur certaines musiques.
En ce qui touche aux pads, je conseille de garder ceux fournis de base.  Les pads du Pro2500 manquent trop d'épaisseur et creuseront bien trop les timbres des médiums, en plus d'abaisser grossièrement le niveau des basses.  Ils font ainsi perdre ce qui constitue l'une des grandes qualités de ce modèle.
Ne surtout pas mettre les pads du HFI-2400 non plus, ceux-ci accentuent le pic à 7Khz de façon assez extrême.
Ne pas non plus coller les pads des modèles fermés, autrement le son en sera notablement bouché.

Confort :
Le serrage est assez prononcé.  Les mousses sont fermes mais agréables au toucher.  Elles sont juste assez épaisses pour éviter un contact entre les oreilles et la paroi des drivers.  Toutefois, la place laissée aux oreilles est réduite, si bien qu'on ressent le besoin d'enlever le casque rapidement pour s'aérer les esgourdes.

Les mesures : https://www.innerfidelity.com/images/UltrasonePRO2900.pdf


Ultrasone HFI-2400



1ères impressions :
Une sensation de chaleur évidente.  Les timbres sont doux, presque cotonneux par moments.  Les médiums jouent avec une certaine proximité, ils ne sont clairement pas tirés par le haut comme c'est le cas sur d'autres modèles.  Ils ne sont pas non plus sombres, simplement ils n'ont pas énormément d'éclats.
La présentation de l'ensemble musical ne parait pas très ample, malgré la conception semi-ouverte ;  elle semble moins large que sur les modèles fermés mais ne manque cependant nullement de profondeur.
Une sensation de cohérence se dégage alors rapidement des premières écoutes, et l'on se surprendrait même à apprécier une certaine « musicalité ».  Jusqu'à ce qu'un pic d'aigu sortant de nulle part ne vienne tempérer ces bonnes impressions...

Basses :
Les avis semblent converger sur un point : les basses sont solidement présentes.  À savoir si elles le sont trop ou pas, ça dépend des appréciations de chacun.  En attendant, on ressent un fort enthousiasme pour le bas du spectre du HFI-2400.  Les termes « tight, controlled, deep, punchy » sont souventefois employés, et le casque est d'ailleurs régulièrement comparé à des cadors tels que le AKG Q701, le HD650, le Beyerdynamics DT-770 / 880 / 990.  À ce propos, notons que les comparaisons sont toujours flatteuses pour le HFI-2400, dont les basses seraient à la fois plus présentes que chacun de ces modèles, sans jamais déteindre sur les médiums.
La courbe de réponse en fréquence proposée par Innerfidelity met au clair un bas du spectre très massif.  Celui-ci met notamment en avant la région s'échelonnant de 60 à 100Hz, avant d'amorcer un déclin régulier se stabilisant vers 600Hz.  Un roll-off remarquable s'observe, ainsi qu'une imbalance gauche / droite plutôt suspecte.  Cette irrégularité se retrouve dans les mesures de signaux carrés et des taux de distorsions harmoniques.
Les mesures montrent ainsi un comportement suivant la trace des Pro2500 / 2900, avec ici un bump de grave à la fois plus discret et plus étendu.
L'écoute confirme partiellement ce que mettent en avant les reviews, et incomplètement ce que les mesures renseignent.  Je ne retrouve pas ce côté basseux et riche à l'écoute, et ne perçois encore moins leur profondeur, pourtant le terme « deep » revient très souvent. J'ai même la sensation qu'au contraire, sans être « light » d'aucune manière, elles ne jouent pas au premier plan, mais un peu plus loin derrière.  Elles ne sont clairement pas aussi massives et formées que sur le Pro2900.
Assurément, elles ne sont ni boursouflées, ni lentes.  Elles sont même plutôt agiles, franches dans leur attaque et fermement maintenues.  Si l'on s'attarde sur la meilleure des deux courbes du graphique des signaux carrés, on observe un déclin de cette courbe - signe d'une mauvaise extension dans les infra-basses -, ainsi qu'un léger franchissement  de la ligne 0.  Cela va donc dans le sens d'un bas du spectre passablement tendu, mais techniquement pas autant que celui d'un Q701.  Je confirme par ailleurs le manque d'extension, et l'absence de rumble à volume normal.
Enfin, les taux de distorsion harmoniques, mesurés à 100db, s'envolent sous les 200Hz (plus de 10% sous 70Hz en moyenne !), se concrétisant par du talonnement à volume élevé.  Le reviewer ayant prononcé que les basses de ce casque semblent toujours gardées sous contrôle, devrait écouter de l'EDM compressé avec ce modèle pour se rendre compte que non, le son n'est pas contrôlé à volume élevé.

Médiums :
La majorité des avis tendent à affirmer que les médiums sont équilibrés, doux et riches.  Quelques-uns, davantage circonspects, détaillent des médiums distants et congestionnés.  Les reviews au sujet de ce modèle n'étant pas très nombreuses, on fait rapidement le tour des appréciations.
Les mesures de réponse en fréquence d'Innerfidelity mettent en exergue une bonne stabilité des médiums, malgré un niveau faiblement moins élevé que celui des mid-bass.  On observe ici aussi une imbalance des deux canaux, d'environ 4db à 600Hz.
À l'opposé du Pro2900, le niveau des médiums décroît peu après 1Khz, avant de drastiquement s'effondrer vers 2.5Khz.  La chute de niveau est autrement plus inquiétante ici que sur les modèles Pro, en ce qu'elle culmine à...  25db !  On fait face à une sorte de « Null-output ».  Le niveau remonte assez vivement  entre 3Khz et 4Khz, mais étant maintenu en-deçà du niveau des basses et du reste des médiums, il ne rend pas les voix rappantes et agressives.
Je trouve les médiums du HFI-2400 très réalistes et voluptueux.  Ils ne sont effectivement pas très intimistes ;  le premier plan est perceptiblement éloigné, au même niveau que les basses.  D'ailleurs, le bump de graves n'influence aucunement les registres médiums.  Ils sont restitués avec une chaleur très agréable, et permettent sans difficultés de retranscrire des ambiances et des émotions.  C'est un style de médiums qui atteint le cœur avant les oreilles, et c'est sans conteste sur ce point que se creuse un fossé par rapport aux modèles PRO.
En parlant de fossé, le quasi « Null-Output » à 2.5Khz est presque indécelable à l'écoute dans 95% des musiques.  Tout au plus il sera perçu comme un léger manque de mordant et d'agressivité dans les guitares saturées, les caisses claires, ou les voix féminines, bien qu'il n'altère strictement pas les timbres et la clarté de ces fréquences.  Ce creux sera néanmoins trahi par certaines notes d'instruments jouant dans cette région du spectre.
En résumé, les médiums de ce modèle sont radiants, chaleureux, vivaces mais dénués d'agressivité ou de coloration suspecte.  Les timbres sont pleins et mélodieux, les voix ne donnent pas l'impression de passer par un filtre.  Seulement, ils manquent d'un peu de proximité.

Aigus :
La proximité de ce registre est plus frappante.  Voire vrillante, selon la région du spectre sonore.
Au moins 80% des avis sont unanimes : les hautes fréquences sont ici en retraits, voire curieusement trop en retraits.  Certaines personnes pensent d'ailleurs que la marque a retravaillé la signature sonore afin de combler les attentes de beaucoup de personnes, refroidies par la trop grande énergie des aigus sur la plupart des casques.  À en lire ces commentaires, on a presque l'impression d'avoir affaire à un HD600...  
Toutefois, parmi tous ces commentaires élogieux viennent se mêler quelques avis autrement moins rassurants.  On trouve par exemple :
« Dissapointed despite some good reviews on headfi. There is a 7khz treble peak that is very shrill and fatiguing on the ears, so much so that my ears were ringing after 5 minutes. », ou encore « The worst part for me is the mid to highs. Symbols crash so loud, its like biting an ice cube ».  Un autre avis met en avant le contraste entre un son à la fois sombre et brillant.
Les mesures montrent des hautes fréquences très inégales, consistant en deux pics très proéminents, respectivement à 6.5Khz et à environ 15Khz.  De part et d'autre, le niveau chute librement jusqu'à 25db dans le pire des cas.  Le pic à 6.5Khz est éloquent ;  il se hisse par-dessus les médiums, presque au même niveau que les graves.  Quant aux signaux carrés à 300Hz, ils montrent beaucoup de « ringing », cependant moins caricaturaux que sur le Pro2900.
L'écoute confirme malheureusement la domination du pic d'aigu à 6.5Khz sur les médiums, et par la même occasion, la conclusion de 20% des reviews.  Ce pic accentue fortement la zone de transition entre les sifflantes en « SHH » et en « SSS ».  Par conséquent, vous subirez des sifflantes vrillantes, douloureuses, sortant de nulle part, ainsi que des crush de cymbale exagérés venant se superposer sur des timbres sirupeux et chaleureux.  La sensation de « clair-obscur » mise en évidence sur un des commentaires plus haut devient alors plus que familière.
En dehors de ce pic, les aigus sont étonnamment réalistes.  Ils ne paraissent pas affectés par cette résonance métallique typique des modèles PRO, ni par une quelconque dureté ;  bien au contraire, ils sont bien contourés, présents, précis, aérés, et surtout subtils.  Le pic à 15Khz ramène beaucoup de micro-détails et n'est probablement pas étranger à cette sensation d'aération.  Je ne peux qu'infirmer les avis des 80% qui pensent que les aigus sont en retraits.  Ils sont simplement réalistes et bien reproduits, bien que légèrement atténués.  En dehors du pic à 6.5Khz bien entendu.

En globalité :
Le HFI-2400 émet une sonorité chaleureuse, très agréable et vibrante.  Ces beaux timbres mettent en avant les voix avec élégance, sans pour autant leur conférer une proximité des plus caressantes.  Les basses sont ici sèches, précises, rapides, nullement grossies.  Grâce à leur bon maintien, elles n'entravent pas la clarté des médiums, ni n'altèrent leurs timbres.  Le terme « fun » n'est pas approprié à mon sens.  
Les aigus sont correctement bien restitués, et apportent du détail, de l'énergie, de l'aération, de la légèreté, sans céder place à la confusion ou aux résonances métalliques.
Néanmoins, ce pic à 6.5Khz vient gâcher ce très beau paysage sonore.  Il apporte bien trop de tranchant et surprend l'oreille, qui jusque là était bercée par des timbres mélodieux.  Son impact suffit à lui seul pour raccourcir une session d'écoute.  J'avais d'ailleurs qualifié mon premier exemplaire du HFI-2400 d'instrument de torture, lorsque j'avais eu, en raison de ce seul pic.
C'est autrement plus dommageable quand on se rend compte à côté que le pouvoir immersif de ce modèle est convaincant.  Il présente la scène sonore avec une largeur certes modeste, mais simule un effet de corridor, très satisfaisant sur certains genres musicaux.  Peut-être le tout manquerait-il d'un peu d'ampleur et de grandeur, mais là c'est subjectif.
Un autre élément vient gâcher les qualités de ce casque : les drivers saturent rapidement sur des morceaux très chargés en basses, notamment sur des morceaux peu dynamiques, très compressés.  Il semble que la conception semi-ouverte pose quelques soucis, d'ailleurs Tyll de Innerfidelity avait également pointé ce défaut sur le Edition 10...

Pistes d'amélioration :
Sans surprise, les drivers du HFI-2400 ont une étiquette blanche bouchant deux évents de l'aimant.  L'évent périphérique est laissé entièrement libre.
Plus surprenante en revanche, est la modification des drivers dans le temps.  Une photo dénichée sur Head-fi montre que les anciennes versions des drivers voyaient trois de leurs évents recouverts, de même que les 3/4 de l'évent périphérique.  J'ignore comment sonnaient les premières versions du HFI-2400, mais étant donné la configuration similaire au HFI-2200, peut-être les deux modèles partageaient-ils la même signature sonore fut un temps... (le HFI-2200 est plus âpre et irritant dans les hauts-médiums, ses aigus sont plus « réguliers » mais également plus confus, et ses basses traînent un peu plus).
Le retrait de la pastille blanche entraîne une minime diminution du pic d'aigu mais cause une plus grande excursion des drivers lorsque les basses sont sollicitées.  Celles-ci saturent d'autant plus rapidement ainsi.
Je conseille de garder un évent de recouvert, mais surtout d'opter pour les coussinets du Pro2500.  Avec ceux-ci, le pic d'aigu disparaît presque ;  néanmoins les basses deviennent plus envahissantes et notoirement plus grasses, tandis que la scène sonore se voit quelque peu rétrécie.  Je n'ai pas pu tester avec les pads du Pro2900.

Confort :
Le HFI-2400 serre assez fortement.  Ses pads sont doux au toucher, mais étant donné leurs petites tailles, ils compressent les oreilles au bout d'une vingtaine de minutes.

Les mesures : https://www.innerfidelity.com/images/UltrasoneHFI2400.pdf
Les anciens drivers :
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Pourquoi un tel comparatif ?
Déjà, parce que j'aime bien les casques de cette marque.  Sans faire partie des fanatiques de celle-ci (les fameux « Ultrasonista's »), j'avoue avoir un penchant pour la façon avec laquelle ses modèles retracent le son.
De deux, tout simplement parce que dans le segment des 100-300€, il existe d'autres casques à recommander que les éternels Beyer, Audio-Technica, Sennheiser, AKG, Grado etc.., et qu'il est lassant de toujours voir les mêmes personnes déconsidérer opiniâtrement n'importe quels modèles de la marque, à cause de leurs réputations et des mauvaises mesures qui leur sont associées.
De trois, parce que chacun de ces modèle devient très intéressant une fois un petit correctif appliqué.  Il faut bien souligner qu'en version stock, beaucoup de ces modèles sont tout simplement quasi-inécoutables.  Le Pro900 est bien trop agressif et creux à la fois pour être simultanément un instrument d'écoute récréatif et un bon outil de travail, tandis que les modèles semi-ouverts sonnent plus congestionnés que les fermés.

Alors oui, il y a une réalité : les mesures sont souvent catastrophiques, moins pour les irrégularités des courbes de réponses en fréquences, que pour les taux affligeants de distorsion harmonique, notamment dans les basses.
En regard de ces derniers, l'expérience prouve que sur certains modèles, ces taux se traduisent par du talonnement une fois un seuil de volume dépassé (modèles semi-ouverts + Pro900), alors qu'ils se concrétisent, sur d'autres, par une légère perte de précision et un léger effet de résonance (Pro550, Pro650, Pro750).
En outre, ces mêmes mesures dévoilent la présence d'une résonance à 2.5Khz sur chacun de ces modèles, résonance présente même sur les « HFI » et les « Performance ».  En pratique, elle prend simplement la forme d'un creux très localisé, généralement indécelable à l'écoute.

Bref, le fait de s'arrêter sur les mesures pour sous-entendre que ces modèles ne valent pas le coup et qu'il faut « aller voir ailleurs » reste quelque peu rapide comme raccourci.
D'autant moins que les mesures ne permettent pas d'apprécier les deux grandes qualités de chacun de ces modèles, à savoir leur suivi dynamique impressionnant, et leur reproduction de la scène sonore, bluffante en terme de proportions.  Lorsque vous revenez sur des casques plus traditionnels, vous gagnez légèrement de la précision un peu partout certes, mais le son vous semblera plat, très « gauche / droite », manquant de relief.

À cet effet, revenons rapidement sur le prétendu fonctionnement du S-Logic.  
Selon la marque, ce système permettrait de simuler une spatialisation plus réaliste et tridimensionnelle que sur des casques classiques.  Pour cela, les drivers sont déportés du centre, et en partie occultés par une plaque de métal, censée par ailleurs réduire les émissions très basses fréquences (technologie « ULE »), soi-disant mauvaises pour les oreilles, soit.
De fait, la vague sonore réfléchit sur une partie de l'oreille avant de parvenir aux tympans.

Dans les faits, je n'ai jamais eu l'impression que l'image sonore provenait de cela.  
Il s'agit plutôt d'une illusion - parfaitement simulée - engendrée par le fait que les fréquences médiums et aigus subissent une réflexion, contrairement aux basses qui sont perçues plus directement.  D'ailleurs, ce phénomène est corrélé avec la variation de la clarté des médiums, selon si le casque est porté plus en avant ou en arrière (voir le commentaire sur le Pro2500).  Quant aux aigus, ils sont de base extrêmement présents (coller ses oreilles face aux drivers permet de le confirmer en moins d'une demi-seconde), mais « s'équilibrent » une fois le casque bien porté.
En parlant de ces hautes fréquences, certaines personnes pensent que la plaque métallique est la cause de la sonorité métallique des aigus.  Pour avoir démonté les drivers d'un Pro750, j'infirme totalement cette assertion, et confirme que ce sont les drivers qui sont « tweakés » de cette manière.
Et justement, l'illusion de cette scène sonore me semble également induite grâce tout simplement à ces derniers.  En effet, contrairement à ce qui est supposé par endroits, les drivers de la marque, notamment ceux avec un blindage en titane ou un revêtement or, sont capables de reproduire tout le spectre sonore avec précision, autorité, et rapidité, tout en garantissant un haut niveau de détail et en assurant un suivi dynamique redoutable.  Il n'y a qu'à écouter un Signature Pro (reprenant les drivers de l'Edition 9, qui sont ceux du Pro750 selon certaines personnes) pour s'en rendre compte.
Toutefois, c'est leur mise en oeuvre qui paraît souvent assez mal exécutée, notamment au sein des modèles semi-ouverts.
Enfin, les pads influent eux aussi énormément sur cette illusion de grande scène sonore.  Les pads du Pro750, étant épais mais aussi très creux à leurs bases, altèrent sensiblement la façon dont est perçu le son, et confèrent aux basses un aspect « canon », très satisfaisant quand on écoute de l'Electro par exemple.  Ces basses étant notoirement dissociées du reste, elles dessinent un relief impressionnant dans le paysage sonore.



Maintenant, je me permets quelques remarques supplémentaires que je n'ai pas eu l'occasion de formuler plus haut :

       - La plupart des avis sont extrêmes.  D'une review à l'autre, on passe de « fatigue-free » à « very hot sibilant », ou de « best bass-can i've never heard » à « extremely boomy / low quality bass ».  L'absence de juste milieu ne permet tout simplement pas de savoir à quel genre de rendu sonore on a affaire.  D'ailleurs, la plupart de ces avis sont intégralement dé-corrélés de toutes mesures objectives, et semblent bien trop souvent postés à chaud.  Quand on kiffe, on a tendance à vouloir poster 1h après qu'on a fait la découverte du siècle, qu'on a déniché le fameux  « bang for the bunk », et on s'extasie devant les qualités du casques, en omettant les défauts, qui pourtant sont si évidents.
Quand on déteste, on pose le casque 3 minutes après avoir écouté à fond un titre compressé d'Antoine Clamarant, et on écrit un commentaire du style « These headphones are probably the worst headphones I've ever had in terms of sound quality ».

       - Les prétendus effets bénéfiques du rodage sont régulièrement mis en avant.  Il semblerait que tous les modèles s'apaisent dans les hautes fréquences après 100h de rodage.  Si ce n'est pas le cas, il est alors souvent conseillé de roder le casque 200h de plus...  Je n'ai pour ma part strictement jamais constaté de différence après 100h d'utilisation, et si différence il y a, je la mets sur le compte de l'accoutumance de mon cerveau au rendu du modèle en question, de mon état de fatigue, ou encore du tassement des pads.  Il est en outre drôle de constater qu'au plus la signature d'un casque est particulière, au plus on voit la durée optimale de ce rodage allongée.

       - Les fanatiques de la marque accusent constamment la source plutôt que le casque.  Selon eux, les timbres métalliques ne proviennent seulement que de la source.  Mais étrangement, l'expérience montre que ces timbres disparaissent lorsqu'on change de casque.  Les timbres métalliques de la marque ne sont pas qu'une légende professée par ceux qui, soit disant, seraient habitués aux aigus inexistants d'un Sennheiser HD600 (on en lit des choses quand même).  Non, ils sont une réalité, c'est un fait.  Regardez les mesures, attardez-vous sur tous les pics d'aigus de certains modèles, jetez un œil aux réponses impulsionnelles, aux signaux carrés à 300Hz.
À ce propos, je confirme cependant que les Ultrasone sont bien sensibles à la source.  Les sifflantes sont rendues plus apparentes sur mon Aune X1 par exemple, là où je récupère plus de rondeur dans les timbres une fois branché sur mon téléphone.

       - Aucun de ces casques n'est plaisant en version stock.  Beaucoup de personnes répugnant le son des casques de la marques admettent que le Signature Pro / DJ, et certains Edition, proposent une expérience d'écoute très typée certes, mais très agréable, unique.  Le simple modd auquel j'ai recours permet de se rapprocher drastiquement des signatures émises par ces modèles haut de gamme.
Pour autant, ce modd n'a rien de magique.  Si vous détestez un Pro750 à la base, vous ne risquez pas de changer facilement d'avis après avoir récupéré un peu de présence dans les médiums.  Ce modd a au moins le mérite d'être extrêmement simple à appliquer, en plus d'être totalement gratuit.  Vous n'aurez pas besoin d'investir dans des câbles à 150.00€ le mètre.

       - Les modèles fermés sont indubitablement plus intéressants.  Les Pro650 et Pro750 ne saturent pas à volume élevé, contrairement à leurs homologues ouverts, les HFI-2200 et Pro2500.  Ce sont aussi ceux qui réagissent le mieux au modd et dont la signature peut sensiblement se voir modifiée, contrairement aux modèles ouverts, qui sont déjà plus proéminents dans les médiums à la base.


Pour finir, je conseillerais le Pro650 (avec les pads du 750), le Pro750, ainsi que le Pro900 (avec les pads du 750) aux personnes qui désirent une écoute très aérée, peu intimiste, et qui préfèrent prêter attention aux détails plutôt que de se prendre une grosse vague sonore.
Je conseille au contraire le Pro900 (pads d'origine), le HFI-2400 (pads d'origine) et le Pro2900 aux personnes qui préfèrent une restitution plus acérée et agressive.
Quant au Pro2500, j'ai du mal à le conseiller.  Bien qu'assez similaire au HFI-2400, je lui ai trouvé des timbres un peu moins chaleureux ainsi qu'un bas du spectre assez quelconque, sans réel parti pris, là où le 2400 est plus romantique, émotionnel, et sec dans les basses fréquences.
Quant aux personnes qui préfèrent une restitution plus frontale, avec une plus forte présence des médiums, je leur conseille les HFI-680 et HFI-780 (moddés bien sûr !).  À noter que le gros pic d'aigu se situe à 12Khz sur ces modèles, plutôt qu'à 7Khz sur les modèles PRO.


Quelques photos


HFI-2200 :

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HFI-2400 :

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PRO650 :

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PRO900i :

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PRO2900i :

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Message 24 Oct 2019 21:07

Mise à jour pour le Pro750 et le Pro900i.  Il manque encore les graphiques, cela viendra plus tard.

Message 24 Oct 2019 21:15

Eh beh mon pauvre Karrthus, il semblerait que tu sois le seul à t'intéresser à cette marque en 2019. :(

Message 24 Oct 2019 21:55

Perso le ''edition eleven ultrasone'' m'intrigue carrément, je n'en suis pas à craquer la CB sans l'avoir écouté avant. Mais il est vrai que cette marque est particulièrement cyclique quand au rapport qualité/prix...

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Message 13 Nov 2019 15:19

Et bien voilà je pense que c'est fini   :p  :p

Message 13 Nov 2019 15:26

Pas encore lu mais bravo pour le travail abattu  :bravo:

Message 13 Nov 2019 15:33

Pareil, pas encore lu mais quel taf...  8-D
Ça force le respect. Bravo.  :jap:
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