Message [Feedback] A propos du Beyerdynamic T 1 02 Juin 2012 15:06

Si un terme ou une expression vous semble obscur le Lexique de test de Tellement Nomade est là!

Salut à toi l’ami(e),

Avant que tu ne commences à parcourir ce que je nomme une « brève (?!!) de comptoir », j’aimerais t’en toucher deux mots.

Si tu es désireux de trouver toutes les réponses à tes questions, une analyse approfondie, de la rigueur, le pourquoi du comment par A+B, des données techniques, des courbes de réponses fréquentielles, et caetera. Je vais être franc avec toi, ce qui suit a bien des chances de te laisser sur ta faim ou pire, de t’ennuyer ferme. Ne te méprends pas, ta démarche est on ne peut plus légitime et je la respecte. Mais pour ma part, un retour d’expérience, alias feedback, ne saurait être assimilable à un test.

Si tu te décides malgré tout à aller plus avant, garde à l’esprit que même si cette « brève de comptoir » prendra parfois des allures de test dans sa forme et son déroulement, elle n’en est donc absolument pas un, à l’instar de toutes celles que j’ai écrites dans ce lieu et ceux qui l’ont précédés. Elle est le reflet de ce que je suis depuis un bon bout de temps et de ce que je suis attaché à demeurer : un amateur, un aficionado avec un peu, beaucoup de subjectivité, son lot de questions sans réponse, aujourd’hui empreint de ces certitudes qui ne seront peut-être plus celles de demain, mais toujours avec sa passion et sa sincérité.

Voilà, tu sais désormais ce qui t’attend, si j’ose dire. Le cas échéant, il ne me reste plus qu’à te souhaiter une bonne lecture. Dans le cas contraire, je te souhaite de trouver prochainement ton bonheur dans cette quête du Casque idéal.  :headphone:  

Isalula



… A force d’avoir le regard braqué vers l’Autriche, guettant la venue d’un véritable successeur au K1000 ou d’une hypothétique nouvelle version du K340, j’avais « perdu de vue » que l’Allemagne après le Sennheiser HD 800 ou les Ultrasone Edition8 et 10 était encore en mesure de réserver des surprises. A ma décharge, il faut dire que je n’attendais rien de la part de Beyerdynamic dans la mesure où les DT 770, 880 et 990 semblaient incarner depuis belle lurette le haut de gamme de ce constructeur teuton.

Et bien non, l’étrave de ce nouveau navire amiral fendant les flots n’est donc pas autrichienne, mais une fois encore allemande. Baptisé T 1, en hommage à Nikola TESLA, l’un des pionniers du concept du courant alternatif, voici donc le nouveau Casque électrodynamique d’architecture semi-ouverte et de conception circum-aural  qui sera au coeur de cette énième brève de comptoir.

Si l’étui en carton ne suscite aucune réaction particulière, il en est autrement une fois celui-ci ouvert. En effet, le T 1 m’attend au sein d’un élégant et robuste coffret métallique gris clair. Voilà effectivement un écrin qui s’avère en adéquation avec ce qu’il abrite, ce qui n’est pas forcément le cas, je peux en attester d’expérience. Le T 1 repose dans un écrin de mousse avec pour seule compagnie un bristol de félicitations in Deutsch and English language only, ainsi qu’un livret de garantie. Au vu des orientations prises par certains constructeurs, je ne bouderais pas mon plaisir en lisant que le T 1 est fabriqué et assemblé en Allemagne.

Et, c'est parti...

Contrairement à Sennheiser avec son HD 800, le design du T 1 ne rompt pas avec les lignes habituelles chères à la marque. Dès le premier regard, son haut degré de robustesse et de finition ne fait par ailleurs aucun doute. Ce qui n’est pas le cas du HP-DX1000 qui va lui être opposé, esthétiquement plus raffiné, le métal n’ayant pas le glamour du bois. Toutefois sa robustesse est sujette à caution, le plastique composant certaines parties de l’arceau étant sujet aux fêlures comme je peux le constater de visu depuis quelques temps, hélas.

Faisons un peu le tour du propriétaire même si je ne le suis pas (encore ?) Armature en aluminium brossé, oreillettes de velours noires, câble symétrique de 3 mètres droit et inamovible, fiche Neutrik Jack  6,35 mm plaquée or, bandeau d’arceau en cuir souple, crantage précis, drivers inclinés, numéro de série, etcetera… Aucun doute à avoir, ni la qualité des composants, ni l’ergonomie n’ont été sacrifiées sur l’autel d’une quelconque rentabilité.

A l’instar d’un HD 800, son port de tête est confortable, stable et dépourvu d’un clamping excessif. Affichant un poids raisonnable (350 grammes) le T 1 est donc parfaitement apte à faire effectuer, sans la moindre gêne à son heureux détenteur, de longues traversées au cœur de moult étendues musicales.

Pour cette première passe d’armes, c’est ce vétéran aguerri de RudiStor RP-33 SE qui est donc à l’arbitrage...

...Et sur le ring, face au T 1, l’un des HP-DX1000 modifiés par superfred21, flagship de la Team Victor.JVC.

drinking with strangers Jesse SYKES & THE SWEET HEREAFTER
Une seconde guitare se manifeste, à la droite de la chanteuse (1.02 mn)
C’est du tout bon, la guitare est bien distincte et légèrement située en arrière-plan, tout comme avec le Victor. C’est toutefois plus cohérent avec le Beyerdynamic, la voix étant moins mise en avant. L’architecture du T 1 ne génère pas le moindre effet congestif. D’ores et déjà, on perçoit l’homogénéité qui transparait avec le Beyerdynamic, l’emphase avec le Victor.

love over gold DIRE STRAITS (Edition Super Bit Mapping)
Les notes du clavier, papillonnantes, progressent de la gauche vers la droite pour revenir à leur point de départ, semblant tâtonner quelques instants avant de s’éteindre graduellement (5.26 mn/6.07 mn)
Je n’aurais pas parié là-dessus, mais l’ouverture dont jouit le T 1 s’avère bel et bien supérieure, le balbutiement final en est d’autant plus explicite. Ici encore, le naturel dont fait preuve le Beyerdynamic transparait. Le HP-DX1000 préfère muscler la restitution, appuyant sur les notes, privilégiant la puissance.

des vies FREDERICKS GOLDMAN JONES
Guitares et batterie s’expriment d’emblée avec fougue. Les accords des premières et les impacts de la seconde se succèdent à un rythme effréné.
Fluide et dynamique, le T 1 n’a assurément rien à envier à un RS-1 sur ces aspects, malgré son impédance de 600 Ω. Il faut préciser qu’il affiche une sensibilité plus élevée que celle du Grado (102 dB versus 98 dB) ce qui tranche d’ailleurs avec les spécifications habituelles des modèles de la gamme Premium. Bien sûr, le premier ne saurait être confondu avec le second, le Grado ayant une signature plus exubérante et plus sèche. La restitution du T 1 est appliquée, sans froideur et sans esbroufe, contrairement à celle du Victor plus colorée, plus pléthorique, et au final moins convaincante sur ce titre.

A choisir entre finesse ou corpulence, je choisis de facto la finesse sur cette chanson. Et puis, l’énergie et le sens du rythme dont fait preuve le T 1 ne laisse aucune prise à la monotonie ou à la platitude, même si je sais qu’un RS-1 m’enflammerait davantage. Ce n’est pas que le HP-DX1000 montre le moindre fléchissement, mais il en rajoute et pas qu’un peu, à l’instar de sa restitution de la batterie. A mon goût,  Il n’a pas le feeling pour s’imposer dans ce style de musique. Les guitares sont moins enjouées, moins hautes en couleurs, tout semble soudainement enrobé, et à fortiori dans le jeu de la batterie qui fait d’emblée forte impression pour apparaitre ensuite un brin disproportionné dans ses impacts. Bref, qu’il s’agisse des voix ou des instruments, tout est judicieusement plus ciselé, plus élancé et plus équilibré avec le T 1.  

dante’s prayer  Loreena McKENNITT  
Les chœurs s’élèvent, solennels, semblables à une lame de fond (0.43 mn)
Le T 1 prend ici encore l’ascendant sur un HP-DX1000 plus compact et moins lumineux. Les limites inhérentes à son architecture semi-ouverte ne se manifestent pas. La formation s’exprime, le T 1 également avec toute l’ampleur, le relief et l’aération qui s’imposent. La restitution est vivante, j’ai envie de dire authentique, exprimant une grande solennité et une grande ferveur. L’interprétation du Victor ne manque pas de panache, mais ma préférence va  à celle du Beyerdynamic.

Les divers bruits émis par l’auditoire avec les chœurs au second plan : Chuchotement sur la droite (0.54 mn) et crissement (1.00 mn)
Les bruits de l’auditoire se perçoivent sans effort. L’étagement des plans atteste de la tridimensionnalité du T 1. Le Victor semble moins distinct, à moins que ce ne soit le fait d’une signature plus enrobée et d’un équilibre spectral plus descendant qui me laisseront sur cette impression ?

learnin’ the blues Katie MELUA
Une voix cristalline, les notes perlées qui s’échappent langoureusement du piano… Une ambiance au rythme sensuel à laquelle il est difficile de rester de marbre.
Bis repetita, l’interprétation du T 1 supplante celle du HP-DX1000. Harmonieux et d’une subtile fermeté, il s’applique à restituer respectueusement à son auditeur chacune des nuances instrumentales, toute la sensualité diffuse, chacun des souffles s’échappant de la commissure des lèvres de Miss MELUA, la moindre inflexion de sa voix qui se pose, tour à tour soyeuse, vibrante et caressante. Non, décidément le HP-DX1000, plus suave et plus (trop ?) charpenté, ne parvient pas à prendre l’ascendant. Seul, le HD 800 à la signature éventuellement plus raffinée et peut-être encore plus spatialisé me paraît le seul à même de rivaliser avec le T 1 sur cet extrait.

Instructive sur certains aspects, je dois admettre que la confrontation entre le T 1 et le HP-DX1000 ne peut être systématique tant les deux Casques sont aux antipodes, et que le Victor est de facto moins polyvalent que le Beyerdynamic. C’est pourquoi, faute d’un Sennheiser HD 800 qui me paraît, je le répète, être le Casque le plus à même de lui disputer la suprématie, ce sont donc les Grado SR325i et RS2i qui monteront sur le front des opérations en dépit du fait qu’ils ne sont évidemment pas du même acabit que celui du T 1.

les passantes Francis CABREL
L’intro pour son ambiance à la fois live et intimiste, pour le modulé de la guitare du poète, sans oublier une petite sélection de mots aux intonations vocales caractéristiques de l’artiste… « qu’on aime » (0.24 mn) « fluette » (1.14 mn) « court » Le r qui roule, magique ! (1.33 mn) « descendre » (1.46 mn)
Ce qui m’étonne, c’est la clarté que diffuse le T 1 sans qu’il en devienne incisif pour autant, ce qui n’était pas toujours le cas du DT 880, malgré tout l’affect que j’ai conservé envers celui-ci. Je ne peux pas non plus en dire autant du SR325i qui est l’un des Casques les plus pointilleux que j’ai rencontré quant à son association. A sa décharge, il faut bien dire que le RudiStor, tout ampli double mono de Classe A à transistors qu’il soit, ne lui convient pas.

Que peut-on néanmoins retenir de la confrontation ? Que le T 1 est fatalement plus abouti en termes de détail, de richesse de timbres et de dynamique. Qu’il offre une présentation un peu moins directe, une plus grande ouverture et une image plus ample et plus profonde. Le SR325i est plus saillant, ses timbres plus simplifiés, ses attaques plus cassantes, son image plus restreinte. Son assise est en deçà  de celle du T 1. De facto, les basses du Grado claquent sèchement là où celles du Beyerdynamic impactent pleinement et posément. Les échos qui se propagent davantage dans l’espace, les labiales qui s’affinent éloquemment… Moins abrupt, plus abouti tout en étant plus énergique, le T 1 s’impose sans réelle difficulté. Seule la légère emphase dans le médium qui donnait ce grain particulier aux voix  avec le DT 880 manque à l’appel, mais j’ai accepté le fait que cela n’est pas dans la nature du T 1, et ce même si le DT 880 ne peut être sérieusement qualifié de Casque édulcoré.

il part FREDERICKS  GOLDMAN  JONES
Le choc des gouttes d’une pluie battante, les échos lugubres des guitares dans la désespérance grise de l’aube naissante… Tous autant qu’ils sont, témoins indifférents ou sentencieux du soliloque désenchanté de l’amante captive d’un amour qu’elle sait, tout comme elle-même, condamné perpétuellement à la clandestinité.
Le RS2i prodigue une écoute plaisante, plus chaude, plus ronde oserais-je dire que son homologue de SR325i. Tout comme ce dernier dont il est similaire en termes d’ouverture, de présentation et d’image ; Le RS2i est tout aussi simplifié dans les timbres et écourté dans les basses lorsqu’on le compare au T 1. Toutefois, sa signature moins équilibrée n’est pas réellement frustrante à mes oreilles pour affectionner le son Grado, même si le potentiel et l’interprétation du T 1 s’imposent sans coup férir.

the death of timmons John BARRY (Edition Super Bit Mapping)
Un grave au ton sépulcral, lent et profond (1.20 mn/1.29 mn) & (1.48 mn/2.16 mn)
pawnee attack John BARRY (Edition Super Bit Mapping)
Les différents impacts puissants ou secs se succèdent en salves soutenues. Pas de quartier ! La mollesse ou le trainage n’ont pas leur place ici.
Le T 1 tient la baguette d’une main ferme et assurée. Sobre tout en demeurant plaisant, détaillé sans être analytique, clair sans être blessant, tonique sans être impulsif, son image et sa signature forment un ensemble jouissif qui prodigue à l’auditeur que je suis toute la dimension dramaturgique contenue dans ces deux extraits, et peu importe qu’il s’agisse de la mélopée gracile d’une flûte ou des impacts pesants d’un gong. Son registre grave, moins corpulent et moins étendu mais un chouia mieux tenu que celui du Victor, s’avère néanmoins d’une densité et d’une profondeur convaincantes. Evidemment, les basses de son rival se font telluriques, au point d’avoir attribué au Victor le tendre sobriquet de Rolling Thunder, en l’honneur de sa prestation dans les basses fréquences telles qu’il les conçoit. Néanmoins, la restitution du HP-DX1000 paraît plus étouffante, plus lourde, et d’une certaine démesure selon mon goût. Mais attention, si on peut reprocher au Victor un certain embonpoint, celui-ci ne s’accompagne pas du moindre phénomène de trainage.

voyage to avalon (orchestra version) Kenji KAWAI
Le voyage ultime commence… Les chœurs de l’Orchestre National s’élèvent successivement, graciles et limpides… C’est le calme avant la tempête, car soudain les élans fulgurants et impétueux de celle-ci vont se déchaîner !
La véhémence déployée par le Victor et le Beyerdynamic est extrêmement impressionnante. La franchise des attaques dont les deux protagonistes me régalent se vaut bien. Comme le HD 800 avant lui, le T 1 est à la fois synonyme de douceur et de fureur, d’ampleur et d’intelligibilité. Le Victor, pourtant sur ce qui me semblait être son terrain de prédilection, ne démérite pas mais il est tout de même pénalisé par une coupure dans les hautes fréquences et une maitrise inférieure à celle de son rival dans les basses fréquences. De facto, en dépit d’un grave gargantuesque, le HP-DX1000 face au paroxysme qui se manifeste perd un peu de sa superbe avec une articulation du grave en deçà de celle inhérente au T 1. Ce dernier m’étonne, car en dépit d’un mastering perfectible et avec le degré de transparence qui est le sien, la sibilance se manifestera rarement et modérément tant sur les labiales de la soprano que sur les chœurs. Les cymbales sont cristallines, mais n’éblouissent pas. Moins euphonique que le HP-DX1000 et moins gracile que le HD 800, le T 1 sait néanmoins jouer avec maestria de la corde sensible. Ici encore, il déploie une image extrêmement cohérente, un peu plus découpée que celle du HP-DX1000. En conclusion, je dirais que je compte sur les doigts d’une seule main les Casques ayant été à même d’interpréter tel que je me le conçois cette composition, et qu’il me paraît indéniable que le T 1 figure désormais parmi eux à l’instar d’un Grado PS1000, d’un Sennheiser HD 800 et ne l’oublions pas également, d’un Victor.JVC HP-DX1000.

T 1, HP-DX1000… Deux Casques ô combien démonstratifs, le premier par son naturel, son équilibre et le second par sa coloration, sa puissance. Tout sera évidemment affaire de goûts, comme souvent. A la réflexion, il est difficile d’éluder le fait que quelque chose devait inconsciemment me manquer avec le HD 800 pour que le HP-DX1000 ait pu se substituer à lui tant ils sont différents, à l’instar du T 1. Etait-ce imputable à une signature finalement trop sobre pour moi ? Du fait d’un grave moins quantitatif, moins percussif ? Une nouvelle confrontation ne serait pas malvenue, ne serait-ce qu’afin d’en avoir le cœur net.

Si le T 1 ne saurait remplacer le RS2i arrivé de fraîche date, je dois avouer que je ne suis pas dans la même disposition d’esprit en ce qui concerne le HP-DX1000. L’idée de faire une place de choix au Beyerdynamic commençait à faire son chemin. Mais ce qui paraissait se cantonner à être une ultime confirmation va… radicalement tout remettre en question.

Comme habituellement tout s’incarne davantage à l’écoute de mon SinglePower Special Edition. Qu’il s’agisse des instruments, des voix, des ambiances, de la perspective qui s’élargit, s’approfondit, s’agrandit… On en vient à se dire que ce qu’il nous restitue est l’évidence même, et que ceux qui l’ont précédé avaient, finalement, une approche musicale sommaire par bien des aspects.

Allié à un ampli Casque de cette envergure, je ne m’imaginais pas être amené à émettre de telles réserves envers le T 1. Et pourtant, le mieux n’est-il pas parfois l’ennemi du bien ? Et bien, force m’est de constater avec dépit que cela se vérifie ici. En effet, quel que soit mon choix en termes de tubes 6SN7, la dynamique insufflée par le T 1 impacte négativement sur l’image, tassant la perspective au point de pousser instruments et interprètes sur le devant de la scène et même au-delà. Jouer au jeu des substitutions avec les tubes de puissance n’apportera pas davantage d’amélioration notable. Cogitations… Le RudiStor s’avérerait-il suffisamment proche de la philosophie de conception du Beyerdynamic A1, au point qu’il soit en mesure d’atteindre une meilleure synergie globale tout en étant plus limité ? Rien de réfutable pour ma part, puisque j’avais déjà échafaudé cette théorie par le passé. La prestation du Grado RS2i, plus convaincante avec le SinglePower qu’avec le RudiStor, va d’ailleurs venir renforcer cette hypothèse.

Et comme si cela ne suffisait pas, le T 1 a perdu cette touche soyeuse dans le haut du spectre ! Si on ne peut pas les qualifier de projetés, les s se font étrangement appuyés, et je sais d’expérience qu’une fois que l’on a perçu ce trait, toute l’attention se focalisera là-dessus au détriment du reste. Là encore, le rolling de tubes auquel je me livrerais sera infructueux. Partant de ce constat, la polyvalence et la primauté du T 1 brillent désormais par leur absence, puisque ce dernier serait dévolu exclusivement aux écoutes de compositions de Classique symphonique ou de Jazz instrumental. Or, celles-ci sont extrêmement loin d’incarner l’essentiel de mes écoutes.

Pire encore, certaines sonorités se parent d’une touche métallique, comme durant l’écoute de la conclusion de brothers in arms, par exemple. Un comble avec un ampli à tubes, fort d’une technologie plus propice à une sonorité tendant vers la rondeur, alors que rien de tel ne s’était fait entendre avec le RP-33 SE, lequel est à transistors ! Moins abouti, mais plus harmonieux, le RS2i se hissera donc ici à la première place du podium en étant associé au SinglePower !!!

Abstraction faite de l’impact négatif généré par cette dynamique élevée, un rodage pourrait-il s’avérer salvateur en ce qui concerne les deux autres points d’achoppement ? La réponse interviendra à l'issue d'une seconde rencontre quelques semaines plus tard, et elle sera sans réelle surprise, négative.

Quoiqu’il en soit, associé au RP-33 SE, le T 1 confirme sa stature de Casque à vocation audiophile comme elle était énoncée par Beyerdynamic. Ceci étant, le T 1 n'appartient pas pour autant à cette catégorie de Casques à l'affût du détail le plus infime, révélateur de la moindre imperfection, ce qui aurait pour conséquence de rendre son usage difficile voire incompatible avec un certain nombre de disques au mastering plus ou moins négligé. Je conçois le T 1 comme le tenant d'un subtil équilibre, alliant à la fois une conception de la fidélité afin de satisfaire aux attentes de l'auditeur audiophile ainsi que la fibre d'émotivité qui séduira l'auditeur mélomane. Au sortir de l'écoute de yo vengo a ofrecer mi corazon interprété par le duo formé de Francis CABREL et de Mercedes SOSA, le mélomane que je pense être n'aura pas le moindre doute à ce propos.

A contrario, le T 1 semble être plus intransigeant quant à son association, étant donné le partenariat infructueux constaté avec le SinglePower. Ce qui m'amène à me remémorer la synergie constatée entre ce Casque haut de gamme qu'est le Grado PS1000 et cet ampli Casque début de gamme, si l'on se réfère au catalogue du constructeur, qu'incarnait le SinglePower PPX3-6CG7. Le principe, voire la règle (?) selon lequel une cohérence en termes de gamme est de mise afin d'obtenir le meilleur est-elle invariable vis-à-vis des configurations dédiées à l'écoute musicale au Casque ? A la lumière de ces deux expériences, j’aurais envie de dire… pas forcément.

Headphone Road
Mai 2011

Une fois de plus, un grand merci pour votre concours et votre confiance, Eric.  :headphone:

Message 03 Juin 2012 10:06

Très belle review et pour avoir le T1 en ce moment à mes côtés, il me plaît énormément par son soundstage, la dynamique/tension des sons et le détail qu'il met en avant (le T1 est intransigeant face aux mauvais enregistrements!). Pourtant je l'utilise avec un Little Dot MK4 (ampli à lampe) et je trouve qu'ils ont une très bonne synergie.

Normalement je devrais recevoir un ampli Burson HA-160 d'ici peu donc je pourrais comparer et écrire une petite review  (Y)

Message 03 Juin 2012 10:12

:jap:

Au plaisir de lire prochainement tes impressions sur la bête   :)

Message 03 Juin 2012 15:09

Comme d'hab très bon feedback. :headphone:
Je rejoins à peu près tout ce qui a été dit sur la comparaison T1 vs DX1000 pour avoir eu les 2 en même temps. Le T1 est encore chez moi, le DX1000 lui est parti.

Concernant l'association de l'ampli avec le T1, les amplis à tubes sont souvent privilégiés notamment les WA2 et CSP2. Je n'ai perso pas eu l'occasion de les écouter. Mon T1 est associé à un Meier Concerto et j'en suis des plus satisfait. Pas de soucis de sibilance, de fatigue auditive, ou d'agression de l'oreille avec les clipping de mauvais enregistrements (malgré qu'ils apparaissent distinctement). Je ne peux pas en dire autant de mon autre ampli (peit combo ampli dac Audiotrack DR.DAC2 DX), où les aigus se montrent un peu plus agressifs, un peu moins contrôlés et texturés.

Message 03 Juin 2012 15:56

:jap:

Franchement, je m'attendais plutôt à rencontrer ce genre de soucis avec le RudiStor, certes pas avec le SinglePower. Comme quoi, on a toujours quelque chose à apprendre. C'était une première avec cet ampli, et je le regrette, car ce Casque possède vraiment de grandes qualités  :headphone:

Message 05 Aoû 2012 15:45

Je confirme (tardivement :mrgreen: ) la très bonne association entre le T1 et le Rudistor

Message 05 Aoû 2012 16:57

Florence75 a écrit:Je confirme (tardivement :mrgreen: ) la très bonne association entre le T1 et le Rudistor


:)

Message 05 Aoû 2012 19:03

Bon après avoir écouté quantité de casque HDG, ça devient de plus en plus officiel, mon idylle avec le T1 va bientôt commencer  (Y)

Message 05 Aoû 2012 19:22

et ben... moi j'aimerai bien l'écouter ce T1
je vais commencer (normalement) par un DT880 250 pour découvrir Beyer  :$

Message 13 Nov 2012 19:17

Je l'ai relu à l'occasion du guide de Nowel, et j'avoue qu'en fait, c'est presque un comparatif du Victor et du T1 que tu nous as servi :mrgreen:
Avec le recul, tu as toujours le JVC?

Message 13 Nov 2012 21:37

Eh non, j'ai fais une connerie, je l'ai fais écouter à ma fille :mrgreen:

Bref, entre elle et lui ce fut le coup de foudre (qui a duré) Alors j'ai fini par lui en faire cadeau... A une condition, qu'elle me le ramène de temps en temps et me le confie durant quelques jours :diplome:  

Aujourd'hui, les piliers de mon bistrot se limitent à un Grado RS2i et un Sennheiser HD 558. Mais demain est un autre jour... Et j'ignore avec quel Casque il sera fait :headphone:

Message 27 Nov 2012 12:40

Hmmm J'avais essayé le T1 la semaine dernière sur mon iBasso dx100 et le résultat m'avais profondément déplu. Ultra bright, pas de tenue dans le grave.
Il se trouve que dimanche amazon avait un T1 reconditionné à 300€… j'ai foncé, curieux de pouvoir l'écouter sur un autre système pendant 30 jours au moins (quitte à leur renvoyer).
Il est arrivé ce matin à l'aube, ainsi que le PanAm (blackfriday…nano m'a déjà pardonné^^). La grande inconnue était l'état du casque et le pourquoi d'un tel rabais. Alors en fait la coque de l'oreille droite a légèrement morflé: je pense que le jack est venu se frotter fort contre elle ce qui a laissé une légère balafre. Rien de scandaleux, sous certains angles (de face) on le voit; sous d'autres (de profil) c'est invisible.
Je le branche sur le PanAm… bon et bien ce n'est pas du tout le même casque que l'autre jour. Ca vrille toujours un peu les oreilles dans l'aigu (y a un pic audible) mais j'ai tout de suite retrouvé le medium Beyer que j'aime tant (contrairement à l'autre fois où je trouvais ça sans vie). Ca cogne même pas mal en bas, alors que je l'avais trouvé complètement hors jeu avec le dx100. Beaucoup de détails un peu partout^^
Il joue clairement dans une autre catégorie que son cousin fermé le T5p que j'avais pu écouter (la semaine dernière aussi) grâce à drahtaar.
Je continue l'écoute et donne un avis plus détaillé plus tard.

Message 27 Nov 2012 12:54

Et bien deux beaux achats Lito1

Message 27 Nov 2012 15:23

Ca confirmerait donc les rumeurs qu'il y aurait 2 versions du T1... :levit:

Message 27 Nov 2012 15:31

Mais la source est pas la meme ??  la première fois c'etait ton DX100  non ?

Enfin à ce tarif .... (Y)(Y)