Originaire d’Obrigheim (Baden-Württemberg en Allemagne) German Maestro est une entreprise allemande réputée pour ses enceintes haut de gamme, j’avais remarqué le GMP 400 en lisant quelques commentaires assez élogieux sur certains sites audiophiles anglo-saxons, suffisamment pour attiser ma curiosité :)… Bien que n’étant pas très connue en France la marque German Maestro (anciennement MB Quart et […]

German Maestro GMP 400 – Made in Badenia

Originaire d’Obrigheim (Baden-Württemberg en Allemagne) German Maestro est une entreprise allemande réputée pour ses enceintes haut de gamme, j’avais remarqué le GMP 400 en lisant quelques commentaires assez élogieux sur certains sites audiophiles anglo-saxons, suffisamment pour attiser ma curiosité :)…

Bien que n’étant pas très connue en France la marque German Maestro (anciennement MB Quart et plus antérieurement PeerLess MB) a une longue expérience en matière de casque : la gamme PMB commercialisée à partir de 1975 comportait de nombreux modèles dynamiques mais aussi ortho-dynamiques et électro-dynamiques.

Nous n’avons pas affaire à des débutants cherchant à se faire un nom mais plutôt à une entreprise allemande reconnue qui n’a pas forcément la force de frappe suffisante en matière de marketing pour faire connaître ses casques dans notre pays.

Pour ce test j’ai choisi de m’intéresser au modèle GMP 400, un modèle haut de gamme destiné à l’écoute HiFi au design ouvert.

Etant habitué à l’écoute de mes morceaux avec l’AKG K601, le K340 et ayant aussi effectué quelques heures d’écoutes sur un Grado (un HF-1 avec Pads Jumbo, un son particulier mais qui conserve le style Grado), j’ai tout naturellement opté pour le GMP 400 qui est un modèle ouvert comme mes casques de prédilection.

Le GMP 400, la sobriété teutonne :

Bon on va rapidement passer sur le packaging qui est assez sobre, à base de carton (vive le recyclage et c’est mieux pour la planète) : Une simple boîte noire en carton avec des renfort à l’intérieur procurant une tenue très ferme du casque, donc pas de souci de casque qui bouge dans tous les sens lors du transport par les «gentils transporteurs».

A l’intérieur de la boîte on trouve un petit feuillet indiquant comment utiliser le casque, dévisser l’adaptateur 3.5mm -> 6.35mm, et donnant des détails sur la garantie (3 ans en Europe) et sur les coordonnées du fabriquant.

Et surtout le plus important : le casque :)

Le GMP 400 a un design assez simple au premier abord, avec un bandeau réglable en hauteur et ses deux oreillettes ouvertes à l’aide d’une simple «grille» ou finition «mesh» il ne paye pas de mine.

Ce casque est un modèle Circum-Aural (les pads entourent les oreilles et n’exercent aucune pression dessus), avec un design ouvert (on entends les bruits de l’extérieur et la musique est audible si on se trouve dans la même pièce).

Le casque doit être constitué à 99% de plastique, c’est un casque au design très classique qui ferait passer les K240 d’AKG pour de l’art-déco, bref, on dira que l’esthétique n’est pas la qualité première de ce casque, mais un casque n’est pas fait pour faire beau mais pour écouter, pour moi le look est un point plus secondaire que la qualité sonore et la robustesse.

Bien qu’étant en plastique la finition est d’un bon niveau, aucun souci de pièces mal vissés, mal emboîtés ou à remettre en place soi-même (ne rigolez pas j’ai déjà vu des casques d’une marque renommée qui arrivent avec des élastiques sorties de leur emplacement, la finition à finir soi-même en quelque sorte).

La qualité de la finition s’explique aussi par un petit détail, pas forcément mis en avant par la marques mais qui aura une importance pour certains : La petite inscription «Handcrafted in germany», ce qui signifie que le casque a été assemblé à la main et fabriqué à Badene en Allemagne.

En manipulant un peu le casque et en le regardant d’un peu plus près on remarque tout de suite deux choses :

  • Les pads en velours ont l’air très confortables, semblables à ceux de la gamme BeyerDynamic, ils sont constitué d’un matériel assez rigide mais très léger.
  • Les oreillettes sont mobiles et semblent flotter à l’intérieur de leurs logements, en regardant les caractéristiques détaillées on trouve la mention d’une suspension «Cardamatic» ce qui signifie que seule une suspension (une genre de grosse élastique) relie l’oreillette au reste de la structure, un excellent système pour désolidariser les oreillettes du reste du casque et ainsi éliminer la totalité des vibrations parasites pouvant affecter le son.

La dernière remarque que je pourrais faire est à propos du câble, non-détachable il est relié aux deux oreillettes et les deux fils sont reliés ensemble via un «splitter» en plastique assez costaud  suivi d’une petite section de 4 ou 5 cm de câble torsadé précédant le câble droit de longueur conséquente environ 2m, le câble torsadé agît comme une sécurité, cela peut être utile et sauver votre matériel et/ou le câble et le casque en cas par exemple de «prise de pied non-intentionnelle» dans le fil du GMP400.

Vue rapprochée du fil du GMP 400

Au niveau des caractéristiques techniques, un coup d’oeil assez rapide nous permets de comprendre que ce casque est destiné avant tout à l’écoute HiFi en sédentaire sur une source un peu conséquente (l’impédance annoncée est de 300 Ohms, même avec une sensibilité élevée ce sera très limite sur un lecteur mp3), un bon candidat pour les DAC/Ampli casques et autres ensembles HiFi dotés de sortie casque amplifiée, par curiosité j’ai testé le GMP 400 avec des baladeurs et seul le Cube C30 arrive à le driver à un niveau correct sans plus, sans surprise donc il nécessite une sortie amplifiée pour s’exprimer au mieux.

 

Caractéristiques Techniques :

Plage de réponse en fréquence: 14 – 24.100 Hz

Impédance nominale: 300 Ohm

Principe acoustique: Ouvert

Pads: Coussinets velours, circumaural

Pression moyenne sur l’oreille: ~3 N

Poids sans le câble: 240 g

Connecteur: Stereo-Multi-Jack 3,5 / 6,3 mm

Câble: Rond avec une section extensible, 3 m

 

Confort et utilisation :

Pas de surprise à constater, c’est du grand classique, une prise 3.5mm avec un embout adaptateur 6.35mm vissé, le fil n’est pas détachable mais d’un autre côté le câble semble assez costaud pour supporter une utilisation très fréquente, et il y a même un petit «système de sécurité» (la section de câble torsadé évoquée plus haut).

Il faut souligner que c’est un modèle à arceau réglable (pas de suspension sur l’arceau comme sur les AKG), je pensait que niveau confort ce serait «spartiate» mais c’est tout le contraire, le systèmes des oreillettes à suspension associées aux pads en velours donne une tenue assez ferme (si on bouge la tête même un peu violemment le casque restera en place) mais qui ne serre pas du tout la tête, à noter que le casque est léger et on ne sent presque pas son poids, du grand confort !

La taille des pads est bien calculée, je ne ressent pas de gêne particulière et les bords n’appuient pas sur les oreilles, de ce côté là aussi c’est du tout bon.

Pads standards du GMP 400 avec le tissu de protection des drivers

La seule chose qui pourrait me chagriner c’est le fil qui est fixé sur chaque oreillette et qui n’est pas interchangeable, d’un autre côté il est solide et semble conçu pour durer.

Je me dois de préciser que niveau isolation, c’est zéro : quand vous ne lui envoyez pas de son le casque laisse passer quasiment tous les bruits de l’extérieur, mais c’est normal vu que c’est un casque ouvert, mais je préfère le préciser, pour les distraits :)

Musique, Maestro ! :

Je vous avoue que dès que j’ai sorti ce casque de la boîte le premier truc que j’ai fait ça a été de le relier à mon matos et de l’écouter pour avoir un petit aperçu de ce qu’il avait dans les «bobines».

Quelques minutes d’écoute m’ont suffi pour savoir quelle orientation j’allais donner à ce test… essayer de me faire plaisir avec la musique autant qu’avec le matériel testé, et j’espère que cet état d’esprit ressortira un peu lors de l’écriture de ce test.

Au niveau du matériel de test ça n’a pas changé, en sédentaire la source est toujours le bon vieux DAC 19 DSP associé au C2 (l’ampli casque/Préampli).

Détail du matériel utilisé :

Apple iMac relié en optique au DAC, lecteur Songbird, fichiers FLAC

DAC : Audio GD DAC-19 DSP

Ampli casque : Audio GD C-2 (OPA Moon)

Un mot sur la source :

Lors d’un test de casque la source est aussi importante que le casque en lui-même, je dirais que la signature sonore du couple DAC 19 DSP / C2 est suffisamment neutre pour ne pas trop «entacher» le caractère du casque ou des enceintes qu’on va lui associer.

Je vais essayer de décrire brièvement le son du combo DAC 19 DSP / C2, pour avoir écouté quelques DAC / amplis auparavant (surtout du matériel de prix raisonnable ne dépassant pas les 350€) je décrirais sa signature comme étant très naturelle, plutôt neutre et équilibrée et avec très légère atténuation dans les extrêmes aigus.

Le principal avantage du DAC 19 DSP c’est que le niveau de détail élevé ne se fait pas au détriment de la fluidité du son ni du rendu, le son n’est pas fatiguant, le rendu est assez analogique, un peu à la manière d’une platine vinyle (sans les craquements :) mais bon c’est une image hein, j’ai pas envie de faire gueuler les puristes).

Note :

  • Le logiciel de lecture audio a été utilisé sans égaliseur ni effet pouvant modifier le son.
  • Lors des tests l’ampli casque a été positionné en position ACSS (Signal du DAC amplifié de la façon la plus neutre possible) pour éviter toute coloration du son engendrée par les OPA Moon (son façon «tube») de l’entrée RCA.

Playlist utilisée pour le test :

D’habitude j’essaye d’utiliser une liste de morceaux assez éclectique, mais cette fois j’ai préféré laisser un peu plus de place à mes goûts personnel en faisant une playlist de test basée uniquement de morceaux que j’apprécie et que je connais bien, désolé pour les amateurs de Hip/hop, de classique ou d’autres genres.

 

Come Together (The Beatles) / Abbey Road (2009 Stereo Remaster)

Sur ce morceau j’apprécie particulièrement le mixage de la batterie, et la basse très présente qui donne à la représentation toute son énergie, un bon moyen de se faire une idée sur le bas du spectre d’un casque.

Dès les premières notes on sent que la basse s’exprime très bien, sur mes enceintes la basse sur ce morceau à un son très particulier, assez sourd et avec une tendance à vibrer sur la fin de note, le GMP 400 rends très bien cet effet de «pesanteur» de la basse : les attaques de basse sont relativement rapides mais sans être trop sèches non plus, un compromis entre les détails et la rondeur et un ressenti assez percutant de l’instrument , avec l’AKG K601 par exemple on ressent beaucoup moins de vibration et d’impact dans les basses.

Le son de la batterie est très réaliste aussi, la percussion est là, même si sur ce morceau en particulier les Toms sonnent très grave, le GMP 400 n’a aucun mal à gérer cette profusion dans les basses fréquences, le message reste clair, même si sur ce morceau les hautes fréquences ne sont pas trop présentes le bas du spectre ne mord pas sur le reste.

Les aigus ne semblent pas en retrait mais c’est dur à juger car sur ce morceau à part dans les solos et sur quelques coups de charley ça ne monte pas très haut en fréquence.

L’image stéréo est bonne, je serais tenté même de dire très précise, en tout cas le casque n’en rajoute pas sur la profondeur.

 

Shake A Tail Feather (Ray Charles) / The Blues Brothers OST

 

Tiré de la bande originale du mythique «Blues Brother» ce morceau plein d’énergie est une petite perle de la Soul, la voix du «génie», un piano Rhodes-fender, une section cuivre bien fournie et beaucoup de rythme :).

Petite intro au piano électrique avec le son si caractéristique du Rhodes, puis la voix de Ray Charles assez tranchante nous «saute aux oreilles», on entend sans peine la légère réverbération sur la voix et l’inspiration avant de commencer chaque phrase.

Puis les cuivre, la basse et la batterie démarrent, et la ça envoie, les cuivres sonnent très réalistes, les attaque et le son si particulier des trompettes sont bien retranscrites, la basse ici est plutôt discrète et se contente de suivre le rythme mais reste très audible, idem pour la rythmique au piano Rhodes ou à la guitare, on a aucun mal à percevoir chaque instrument au sein du bloc rythmique, au niveau détail c’est bon, très bon.

L’équilibre tonal du casque légèrement axé vers les basses fréquences fais mouche sur ce morceau et donne une réelle assise aux instruments, pour les aigus c’est assez doux mais pas feutré comme sur certains casques, les cuivres, la batterie, etc, tout reste clair mais sans briller à outrance.

Au niveau de la scène sonore par contre c’est assez dépouillé je dirais, on a aucun mal à distinguer les instruments sur le plan latéral mais on a plutôt l’impression d’être en face de deux haut parleurs que d’écouter un groupe, l’écoute reste agréable mais c’est assez différent rapport aux autres casques que j’ai pu essayer.

 

Where Did You Sleep Last Night (Nirvana) / Unplugged in New York

Une des meilleures version de ce morceau de Nirvana, j’apprécie particulièrement ce Live pour le son de la basse électro-acoustique de Krist Novoselic, mention spéciale pour la voix de Kurt Cobain, l’émotion est palpable sur ce morceau.

Ici les guitares sont enregistrées en condition «live», à l’écoute cela s’entends, là encore le GMP 400 retranscrit les détails aisément, la moindre petite vibration de corde, les coups de médiator qui claquent sur le cordes, etc…

La basse ici s’exprime au mieux, la tessiture particulière de cette basse électro-acoustique doublée de violoncelle est une réussite, la profondeur, la vibration, l’impact, tout est là mais sans outrance, pas d’effet «caisson de basse» malgré la puissance des graves.

Sur la voix aussi les détails font la différence, quand kurt s’approche un peu trop près du micro cela s’entends aux variations dans les échos de la voix, pourtant le tout reste musical : Aucun détail ne saute aux oreilles ou n’attire l’attention, on ne se sent pas submergé de micro-détails comme sur certains casques très haut de gamme, l’écoute n’est pas chirurgicale au point d’en devenir fatigante.

La scène sonore ne traduit pas trop l’impression de scène «live» c’est moins perceptible qu’avec un AKG par exemple, ça se rapproche un peu plus de la spatialisation très directe d’un Grado.

 

For Whom The Bell Tolls (Metallica) / Ride The Lightning

Un monuments du Metal, récemment remis à l’honneur avec le générique du film «Zombieland», le morceau à gardé de sa superbe et est toujours aussi «punchy» malgré son âge (L’album date de 1984 !).

Sur ce morceau les basses sont encore une fois à l’honneur, beaucoup d’impact tant au niveau de la batterie que sur les lourds riffs de guitares, l’équilibre tonal est bien respecté, pour avoir écouté ce morceau maintes et maintes fois sur toute sorte de matériel je peux dire qu’au niveau du timbre sur les guitares c’est du bon, pas de coloration, peut être une très légère sensation de voile au niveau des voix, mais pas plus qu’avec un K601 par exemple (qui est quand même d’une clarté assez limpide!).

Ici la scène sonore sans artifices du GMP 400 n’est pas un handicap, au contraire, la voix est quasiment au même plan que les guitares, la basse et la batterie forment un bloc rythmique assez resserré mais qui n’est pas relégué en arrière plan, le tout donne un effet d’impact très réussi sans pour autant exagérer sur la dynamique, un casque pour fan de métal ? c’est la première fois que j’en croise un :).

 

Karma police (RadioHead) / OK Computer

Véritable alchimie sonore, cet assemblage d’instruments et d’effets assez rudes peut vite devenir oppressante avec des casques au son trop chirurgical ou trop «brutal», un morceau qui donne le meilleur de lui même avec des casques spécialisés dans la «délicatesse» (un must avec l’AKG K340).

Dés le départ on distingue de très léger artefacts d’enregistrement (un très léger grain analogique, façon platine vinyles), les riffs de piano et de guitare folk sont nets, pas besoin de tendre l’oreille pour entendre que les cordes de la folk sont en métal, les détails sont encore de la partie.

Les basses fréquences flirtent avec la surcharge sans jamais déborder sur le reste, sur le plan spatial la voix est très présente et se découpe assez nettement du reste, on distingue différents effets sonores «grinçants» en arrière-plan, la séparation des instruments est bonne.

A partir de la seconde partie de la chanson (changement de tonalité vers 2.35 «For a minute there») le son commence à être surchargé en reverb, effets, etc… naturellement on perd en détail mais le GMP 400 ne démérite pas, sur le plan tonal notamment : les sifflantes sur la voix tendent vers la sibilance mais ne dépassent jamais la «limite», les choeurs synthétiques non plus, seul l’énorme bruit «digital» à la fin du morceau agresse un peu les oreilles mais là c’est volontaire (à noter qu’on entends très nettement un accord de piano dans les deux dernières secondes du morceau).

 

Woman in Chains (Tears for Fears) / The Seeds of Love

Groupe emblématique des années 80, Tears for Fears signe là un morceau d’exception, une mélodie interprétée par le duo Roland Orzabal / Oleta Adams, avec Phil Collins en deuxième «guest star» pour assurer la partie percu, sans oublier la basse de Curt Smith. Un mixage aux petits oignons rempli de détails, voyons si le GMP 400 est à la hauteur.

Sur ce morceau on apprécie la légère emphase du casque sur les basses fréquences, la basse est profonde et légèrement ronde, avec juste ce qu’il faut de présence, on écoute la basse autant qu’on la «ressent», le son n’est pas caverneux et a beaucoup d’impact.

La légère prédominance de la basse ne se fait pas au détriment des autres fréquences, les percus, jambés, charley, nappes synthétiques et autres bidules électroniques arpégiés gardent un niveau de détail élevé, ceci malgré le son très légèrement «mat» de l’ensemble, cela s’entends sur les voix.

A propos des voix, les intonations, les timbres, les silences, tout y est retranscrit de fort belle manière et ceci sans exacerber le côté brillant, c’est même le contraire, d’habitude la «matitude» du son est synonyme de détails tronqué dans la partie haute du spectre, ici ce n’est pas le cas, je trouve même les voix plus agréables sur le GMP 400 que sur le K601, moins brillantes que le K340 ou que sur mes enceintes mais en ayant un niveau de détail comparable !

Au niveau de la spatialisation les effets de «pannings» du début de la chanson sont correctement retranscrits, les particularités de la scène sonore du GMP 400 ressortent bien ici, le son reste large mais le placement des instruments semble plus «resserré», plus proche de l’auditeur que sur les autres casques cela donne un son légèrement moins «fun» mais d’un autre côté plus précis, c’est plus facile de se concentrer sur un instrument en particulier lors de l’écoute.

 

Wild Horses (The Sundays) / Blind

Une des plus belle reprise de «Wild Horses» (la chanson des Rolling Stones), et aussi une des plus simple : de la guitare folk et une partie voix toute en légèreté donnent à ce morceau un son très aérien.

Les légers effets appliqués sur les guitares ressortent très bien, les voix se détachent nettement du reste des instruments et conservent leur caractère aérien sans perdre en précision (les voix sur ce morceaux on tendance à «flouter» la musique sur des casques où le détail n’est pas la qualité première).

Les timbres des voix ne sont pas trop affectés par le caractère mat du casque, en insistant on peut ressentir un très léger effet de voile sur les mediums (comparable au K601) mais c’est vraiment une question de goût, la plupart des gens trouveront le son limpide.

Sur ce morceau où la scène sonore a tendance à être naturellement élargie, notamment grâce aux effets de délais sur les guitares rythmiques, le GMP 400 tire ici son épingle du jeu : la scène sonore est réaliste, avec un effet de profondeur mesuré quoi qu’un peu limité à mon goût mais on évite les écueils de certains casques, à savoir la sensation de «soundstage» hypertrophié qui dénature l’intimité nécessaire à ce morceau.

 

Miracle Of The Ark (John Williams) / Raiders of the Lost Ark – OST

Tiré de la bande originale du film «Raiders of the Lost Ark» (Les aventuriers de l’arche perdue) un thème beaucoup plus sombre et tortueux que le thème principal mais surtout un plaisir pour les oreilles.

Les premières minutes, où le thème est joué par quelques instruments isolés, se chargent d’instiller une ambiance sombre et mystérieuse.

La dynamique est primordiale ici et le casque s’en tire très bien, et ce, sur tous les registres : les basses assez soutenues savent aussi jouer dans la finesse, silences et phrasés doux entrecoupant les envolées orchestrales n’en sont que plus réalistes.

Même quand le volume est important, cuivres et bois gardent une justesse des timbres assez impressionnante, tout ce qui se trouve dans les haut-medium ici semble magnifié, c’est un avis que je ne partageait pas forcément avec les autres morceaux.

Mais ici ce sont surtout les basses qui contribuent à retranscrire la puissance de l’orchestre symphonique, c’est remarquable, sur les timbales notamment.

C’est avec ce morceau qu’on peut le mieux cerner la scène sonore de ce casque, en faisant plusieurs écoutes comparatives je ferais l’analogie suivante, avec l’AKG K601 on a l’impression d’être dans un auditorium au deuxième ou au troisième rang : on entends les différents instruments autant que leurs raisonnances dans la salle, le tout donne une impression d’espace et de profondeur.

Avec le GMP 400 on a plus l’impression d’être à la place du chef d’orchestre, on entends plus clairement les différents instruments mais les raisonnances de ces derniers dans l’auditorium sont beaucoup plus difficiles à percevoir, le son est plus précis, plus net, on perçoit plus les instruments et un peu moins l’ambiance induite par le lieu d’enregistrement.

 

Analyse générale du son :

Je vais commencer par tempérer mes remarques sur le niveau de détail élevé que j’ai relevé tout au long de mes écoutes, c’est vrai que le son est détaillé, bien plus qu’un AiAiAi TMA-1 par exemple et tout autant voire un peu plus qu’un AKG K601.

On sent bien que le les drivers de ce GMP 400 sont particulièrement rapides et incisifs, mais il faut replacer cette remarque dans son contexte, et par rapport au prix du casque : ce casque se situe dans la gamme de prix des 220€ (c’est à ce prix qu’il est vendu directement par son fabricant sur le site : http://www.german-maestro-shop.de/) je suis certain qu’un Audio-Technica ATH-AD2000, un Sennheiser HD-650 ou un monstre genre Beyerdynamic T1 n’aura pas de mal à le battre en matière de détails (mais pour un prix bien plus élevé), je me devais de le préciser, donc quand je dis que les détails sont là, il ne faut pas oublier que tout est relatif.

La signature sonore ne laisse aucun doute sur l’origine «studio» du GMP400, le son est relativement équilibré, et un effort particulier a été fait sur le bas du spectre et sur la sibilance, et le dosage semble avoir été fait de manière à contenter l’utilisateur exigeant :

Je dirais que c’est un casque de studio dont on aurait un peu «amélioré» la signature pour la rendre plus musicale, et l’effet est très réussi, en tout cas je trouve ce son plaisant, finement dosé, mention spéciale pour ses basses légèrement rondes qui ont su garder du corps et de la texture tout en évitant soigneusement l’effet «caisson de basse» à la vogue en ce moment.

Les médiums sont assez linéaires, en tout cas ils ne sont pas en retrait et je ne les ai pas non plus trouvés trop en avant, assez raffinés au niveau du rendu et avec un peu plus de grain que sur l’AKG, là aussi cela semble dosé avec précision.

Les aigus rappellent ce que j’avais pu entendre lors d’un bref essai de Sennheiser HD-600 en un peu moins sombre, un rendu un peu terne, mais moins qu’un TMA-1, en tout cas cette matitude du son n’affecte pas les timbres et ne donne pas l’impression d’un son voilé, l’écoute ne s’en trouve que plus agréable.

Au niveau de la scène sonore (soundstage) c’est assez différent de tout ce que j’ai déjà entendu, ce n’est pas vraiment «rentre-dedans» comme avec les Grado, mais on a l’impression d’une proximité avec les instruments, en tout cas beaucoup plus qu’avec les AKG, la perception est plus centrée sur la musique en elle même que sur «l’ambiance» de l’enregistrement, la spatialisation s’en trouve affectée mais cela ne se retrouve pas forcément sur tous les enregistrements, et sur certains morceau c’est même profitable.

Enfin sur la dynamique, sans atteindre des excès, le GMP 400 a déjà plus de dynamique qu’un K601, mais là encore c’est finement dosé, l’écoute ne s’en trouve pas fatigante, et pourtant sur ce point je suis assez sensible et l’excès de dynamique de certains casques à tendance à me rebuter.

Dernière remarque à propos de la signature sonore, j’ai pu tester longuement le casque avec une paire de pads alternatifs (pads 41-6049 disponibles séparément pour les casques German Maestro sur leur site) et le son a radicalement changé : signature globale plus montante avec une légère augmentation de la brillance des aigus et une impression de largeur de scène plus importante, le son semblait aussi légèrement plus aéré et encore plus détaillé à l’écoute.

Pads alternatifs (41-6049) notez les aérations qui permettent un son plus ouvert mais moins chargé en basse

Conclusion

Etendard de la marque German Maestro le GMP 400 est un casque assez difficile à cerner si l’on cherche à le placer dans une «case» qui existe déjà, il a son propre caractère, sans chercher à imiter les produits d’autres fabricants.

Au fur et à mesure de mes écoutes avec ce modèle j’ai appris à apprécier la sonorité German Maestro, et pour une fois je suis tombé sur un casque avec une signature sonore qui me convient particulièrement : un équilibre entre linéarité du son et musicalité, de la précision pour le son mais sans excès de brillance, la seule chose un peu déroutante au début c’est la scène sonore sans artifices assez éloignée des standards modernes, mais je pense que c’est une question d’habitude, et sur certains morceau c’est même une force.

En gros un casque avec une précision assez redoutable dans cette gamme de prix mais dont le côté «chiant» du casque de monitoring aurait été soigneusement évité grâce a un dosage étudié de la signature sonore (les pads y sont pour beaucoup).

J’avoue que je ne suis pas trop fan du design tout plastique du casque mais j’ai fait involontairement l’expérience de sa solidité (tombé 3 fois du bureau sans aucun dommage dont une fois assez violemment), alors c’est vrai que ce casque n’est pas très sexy mais sa robustesse et son confort en font un casque sédentaire diablement efficace, je pense que la mention «fabriqué en allemagne» n’y est pas pour rien.

En conclusion ultime je pense que pour son prix ce casque est clairement une affaire, mais j’ai bien peur que peu de gens n’osent «franchir le pas» à cause de son design un peu trop austère et c’est bien dommage… car la qualité sonore de ce casque est remarquable et le confort n’est pas en reste non plus, en tout cas il mérite largement qu’on lui donne sa chance et je pense qu’il n’aura aucun mal à satisfaire le mélomane exigeant.

Les plus :

+ Qualité sonore

+ Confort

+ Fabrication soignée.

Les moins :

- Câble non détachable

- Design assez vieillot

Disponibilitéhttp://www.german-maestro-shop.de/

Nous rappelons que les appréciations sont à remettre dans leur contexte. Niveau gamme du produit, prix pratiqué, public visé. Il n’est pas conseillé de comparer les notes de deux produits différents. Cette note est à titre d’information pour un produit donné dans une gamme bien précise. Nous vous conseillons plutôt de lire attentivement le test dans son intégralité.

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