Sur le papier, ce petit DAC / ampli qui a été conçu par la même équipe que le Shozy Alien, semble avoir tout pour plaire et passe pour être un véritable couteau suisse de poche puisqu’il est compatible avec la majorité des devices, concourt dans la catégorie des poids plumes et dispose d’une taille de […]

[Preview] Cozoy Astrapi – une bonne idée mal exécutée ?

Sur le papier, ce petit DAC / ampli qui a été conçu par la même équipe que le Shozy Alien, semble avoir tout pour plaire et passe pour être un véritable couteau suisse de poche puisqu’il est compatible avec la majorité des devices, concourt dans la catégorie des poids plumes et dispose d’une taille de guêpe le tout complété par des caractéristiques techniques plutôt aguicheuses.

Lorsque j’ai accepté de faire une preview de ce petit machin, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Et quand j’ai lu çà et là sur la toile ce à quoi pouvait servir le Cozoy, j’ai commencé à me dire que ce produit avait l’air bigrement intéressant, et qu’il pourrait finalement être cet auxiliaire qui permettrait de sublimer le son de mon iMachin. Alors, qu’en est-il vraiment ?


Préambule

Histoire de lever tout doute, lecteur, je tiens à te préciser deux choses. D’abord, j’ai reçu cette bestiole dans le cadre du partenariat existant entre TellementNomade et Audiophonics.  : merci à David pour cet envoi et pour sa confiance. Ensuite, je suis un utilisateur de la marque à la pomme. Je n’ai pas pour habitude de trop me prendre le chou avec des détails techniques et des tests croisés dans tous les sens : un produit bien pensé est un produit dont l’usage est commode et (relativement) évident. Pour ces raisons, je ne me suis pas amusé à vérifier toutes les promesses techniques du Cozoy – d’autres s’y sont attaqués notamment sur ce post d’HeadFi. Enfin, je n’ai aucune connaissance ni compétence technique relative à l’audio. Ce qui m’intéresse ? Écouter ma musique. Le reste, je m’en tamponne le coquillard.

 

Cozoy Astrapi : un produit dont le design a tout pour plaire…

Le Cozoy frappe par ses dimensions : il est minuscule, de la taille d’une petite clé USB avec environ 10 g sur la balance et des mensurations XS (55 x 16 x 6 mm). Côté spécifications, la plupart des revendeurs les communiquent :

  • Certification Apple MFi : tout iDevice avec un port lightning sera compatible
  • Compatibilité : MAC, PC, Andoid (dans ce cas votre device doit supporter l’OTG), iOS
  • Échantillonnage : jusqu’à 24bit 192kHz et DSD (support software)
  • Rapport signal bruit : 105dB
  • THD : <0.003% à 1kHz / 0 dB
  • Puissance de sortie : 40mW sous 16 Ohms
  • Tension de sortie : 1.5Vrms max.
  • Tension d’entrée : 1.8V – 3.3V
  • Port micro USB
  • Sortie Casque Jack 3.5mm (
  • Impédance supportée : 16 – 100 Ohms

En ouvrant la boîte, vous trouverez les câbles suivants :

  • micro USB vers micro USB (Android)
  • Lightning vers micro USB (iOS)
  • micro USB vers USB A (PC / MAC)

Le côté couteau suisse en tout cas semble bien réel…

Le déballage est un peu laborieux car les éléments sont tellement serrés qu’il faut créer un peu de jeu entre eux pour pouvoir extirper le Cozoy Astrapi de son antre. La boîte en elle-même fait plutôt classe. Autant le dire de suite, le packaging fait immédiatement penser aux produits Apple. Tout est parfaitement à sa place, bien pensé.

 

Hello World - Cozoy Astrapi

 

Et une fois l’ensemble des éléments appréhendés, on se retrouve avec pas mal de trucs sortis et prêts à être utilisés ainsi qu’une carte de garantie.

 

Cables Cozoy Astrapi

 

Personnellement, j’ai été assez impressionné par la taille lilliputienne du Cozoy. À ce moment-là, je suis en pleine lune de miel et me dis que j’ai sans doute enfin trouvé le DAC / ampli qui me sera bien utile en situation nomade pour tirer tout le potentiel de mes FitEar MH335DW. Côté design, donc, carton plein et si l’on résume, on se trouve là face à un petit engin capable de révéler le potentiel audio de n’importe quel smartphone ou tablette grâce à sa conception. Jusqu’ici tout va bien : le produit semble tenir ses promesses.

… mais qui est difficilement utilisable

Qui dit smartphone ou tablette, dit casques nomades. Je branche donc mes 335 au cul du Cozoy, lui-même branché en sortie d’iPhone via le port lightning. Et là… là… euh… comment dire, MAIS QUI A FOUTU LE SON A FOND ? Le drame. Le son est tellement fort qu’il devient difficilement possible d’écouter l’ensemble. Ca gueule. J’avais lu ici et là qu’il y aurait 16 crans pour gérer le volume avec pour chacun un gain de 3dB. J’ai cherché, jusqu’à poster sur HF un SOS de détresse et après quelques retours assez stupides, j’en viens à la terrible conclusion suivante : utiliser le Cozoy Astrapi seul en sortie d’iPhone n’est juste pas possible car même avec le volume au premier cran c’est fort. Trop fort (sauf pour Poka qui tient courageusement jusqu’au quatrième cran de l’iPhone).

En outre, la sortie du Cozoy n’est pas clean : ça souffle bigrement. Certes les FitEar MH335DW sont sensibles, mais ceci permet d’apprécier justement le côté propre de la sortie de l’iPhone.

N’écoutant que mon courage et mon devoir de previewer, je branche cette fois un ogre sur le Cozoy en sortie : mon AKG K340. La bête est domptée mais n’a pas assez de patate pour alimenter l’ogre. Après quelques échanges à droite et à gauche (notamment avec un forumeur avec qui j’ai pu partager mes premières impressions), j’en viens à tester deux autres solutions : le remplacement du casque par un B&W P3 (impédance de 34 Ohms) et l’ajout d’un contrôleur de volume Shure entre le Cozoy et l’écouteur.

Avec le P3 et le Cozoy : même problème qu’avec les FitEar MH335DW pour le volume mais plus aucune perception de souffle. Il faut donc là encore utiliser un contrôleur de volume, donc ajouter des éléments entre la source et les écouteurs, donc ajouter de l’encombrement à la solution minimaliste initiale : dommage.

Avec le contrôleur de volume Shure, il devient alors possible d’écouter le Cozoy. Néanmoins, il est alors possible de comparer un peu le rendu avec et sans le Cozoy. Les écoutes réalisées et le protocole suivi n’ont rien de scientifique, ni de véritablement rigoureux. Aussi faut-il prendre avec des pincettes tout ce qui va suivre.

Afin de pouvoir cerner l’apport du Cozoy, je me suis efforcé de comparer deux restitutions d’une même playlist :

  • Donna Summer – Last Dance
  • Mozart, Requiem (version de Gardiner) – Tuba mirrum
  • Aretha Franklin – Sparkle
  • Daft Punk – Alive 2007 – One More Time / Aerodynamic
  • Donny Hathaway – He ain’t heavy, he’s my brother
  • Gil Scott-Heron – We almost lost Detroit
  • Bach, Goldberg (interprétation de Koroliov) – Premier mouvement

Les différences en terme de restitution sonore se situent, par rapport au rendu d’un iPhone, du côté :

  • des hauts-médiums et des aigus : ils sont plus « crispy », plus anguleux – sans être sibilants. Pour certains instruments, certains styles, ceci apporte un peu de peps à l’image sonore. Ceci peut aussi être parfois un poil dérangeant.
  • des bas-médiums et des basses : le côte boomy est plus marqué, sans que la maîtrise des basses ne soit accrue.

La restitution sonore n’est donc pas plus équilibrée, plus neutre ou qualitative : la différence en termes de signature est audible. J’aurais tendance à dire que le Cozoy saura sans doute s’adapter davantage à des styles musicaux nécessitant une mise en avant du haut du spectre sonore. Il est plus pop que soul.

Conclusion

Alors ? Eh bien je suis déçu. Je pensais au départ avoir entre les mains un produit qui permettrait de sublimer l’iPhone et je me retrouve avec des regrets. Le form factor est excellent, l’idée de départ au top, mais pourquoi bon sang de bonsoir se sont-ils troués à ce point sur la réalisation ? Surtout, comment ont-ils pu commercialiser un truc aussi peu exploitable en sortie directe d’iPhone ? À quoi bon vendre un machin compact si c’est pour devoir y ajouter différents éléments pour pouvoir s’en servir ? Et puis, le Cozoy n’est pas un véritable ampli puisqu’il ne permet pas de régler le volume. Il se comporte comme un DAC et un peu comme un instrument qui permettait de booster le gain en sortie de source. Bref, beaucoup de revers…

Le seul cas de figure où l’utilisation du Cozoy me semblerait adaptée ? L’envie d’écouter un casque un peu gourmand et qui aurait besoin justement d’un gain pour le secouer. Vous en conviendrez, se procurer pour cette seule raison un Cozoy Astrapi n’est sans doute pas le meilleur plan : pour 139 € il est sans doute des achats plus avisés.

5 réponses à “[Preview] Cozoy Astrapi – une bonne idée mal exécutée ?

  1. C’est vrai que ce truc est très designé apple fan boy : il est surtout top classe. Merci pour l’article toujours enrichissant.

  2. Effectivement, je n’ai pas noté ce soucis de souffle ou volume avec mes Merlins, peut être à cause d’une sensibilité différente.
    Malgré une très brève écoute, la bestiole améliore bien le son du IPhone 6, a tester avant d’acheter…

  3. Je m’y retrouve bien, mais on avait pu en parler. Par contre je ne partage pas à 100 % le ressenti sur les aigus, je ne les trouve pas valorisés. Agréable sans plus pour moi, normal vu ce que j’ai à côté. Pour ceux qui voudraient tester avec option d’achat, histoire de ne pas se lancer dans l’inconnu, je peux faire tourner le mien avec un contrôleur de volume, ça aide.

  4. Merci pour ce retour bien senti et vivant.

    Pour avoir croisé la bestiole quelques minutes , je partage ton ressenti mesuré et perso j’ai finalement trouvé ce bidule sans grand interêt.

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