Hifiman renouvelle depuis quelques mois l’intégralité de sa gamme. Dernier né de la famille : le HE400S. La marque a annoncé qu’il était facile à alimenter et donc compatible avec n’importe quelle source, y compris un téléphone. Un orthodynamique « plug and play » ? On ne demandait qu’à écouter… Préambule Avant toute chose, je […]

[Preview] Hifiman HE400s, l’ortho « plug & play »

Hifiman renouvelle depuis quelques mois l’intégralité de sa gamme. Dernier né de la famille : le HE400S. La marque a annoncé qu’il était facile à alimenter et donc compatible avec n’importe quelle source, y compris un téléphone. Un orthodynamique « plug and play » ? On ne demandait qu’à écouter…


Préambule

Avant toute chose, je tiens particulièrement à remercier Audiophonics qui, au travers du partenariat avec Tellement Nomade, nous a prêté ce casque.

Ceci est une « Preview », c’est à dire une présentation visant à décrire de manière aussi complète que possible les caractéristiques et fonctionnalités d’un produit, suivie d’un retour d’impressions. J’attire l’attention du lecteur sur le fait que ces impressions sont basées sur une utilisation d’environ 3 semaines, ce qui n’est sans doute pas totalement suffisant pour qualifier ce qui suit de test en bonne et due forme.

 

Introduction

Les séries « 4 » de chez Hifiman sont connues de longue date. HE-4, HE-400 et HE-400i ont marqué tous les esprits par leur excellent rapport performances/tarif. Et ce n’était pas le dernier, le 400i, qui dérogeait à cette tradition de qualité.

Le nouveau venu, le 400S, est proposé à un tarif de 300€ et sa livrée gris métallisé n’est pas sans rappeler le défunt HE-300, seul casque de Hifiman doté d’un driver électrodynamique.
Le HE400S reprend aujourd’hui le rôle d’entrée de gamme « portable » de la marque chinoise et adopte le cœur habituel de l’ensemble des casques de la marque chinoise : un transducteur orthodynamique single sided, c’est-à-dire doté d’aimants sur un seul côté. Fini le vilain petit canard et vive le HE400S donc.

Malgré sa vocation « portable », le HE400S est un casque ouvert et il est donc inutile d’en attendre de l’isolation.

Déballage et premier pas

Manifestement, entrée de gamme ne signifie pas forcément bas de gamme pour Hifiman. L’emballage et la présentation de ce nouveau casque sont en effet de très bonne facture et enterrent littéralement la pauvre boîte en carton fin du HE-400. Honnêtement, on n’est même pas loin de la qualité de l’emballage du HE-1000, ce qui est déjà un très bon point pour les passionnés à bourse modeste.

HE400s - box ouverte

Le casque est uniquement livré avec un câble court (1,5m) et détachable terminé par un jack coudé en 3,5mm. Un adaptateur 3,5mm vers 6,35mm est fourni mais le ton est donné : le HE400S n’est manifestement pas destiné à un usage purement sédentaire où on est assis à distance d’un système hifi. Le câble court conviendra bien à un usage avec un PC pour source et bien sûr avec un smartphone, une tablette ou même en sortie d’un baladeur.

HE400s - jack

Le câble est de bonne facture mais il est malheureusement d’une raideur hors norme que j’ai trouvée très gênante. J’avoue que si j’avais à conserver le casque, j’achèterais un autre câble très rapidement, d’autant que le connecteur en mini jack TRS 2,5 mm utilisé pour connecter le câble aux oreillettes est très répandu sur le marché.

HE400s - raccord cup

Plus généralement, le casque offre un niveau de finition très acceptable. Seuls les coussinets font un peu bas de gamme — mais on y reviendra. Ils présentent par contre un excellent confort. Le HE-400S récupère d’ailleurs le bandeau et le système de serrage et de réglage de ses grands frères, les HE-560 et 400i. Le réglage est précis mais dur à mettre en œuvre. Une fois adapté à la morphologie de l’utilisateur, le casque ne bouge plus et ses oreillettes sont fermement plaquées sur les oreilles sans aucune sensation désagréable d’étau.

HE400s - HP + pad

En résumé, on règle le casque, on l’installe sur les oreilles et on n’a plus qu’à écouter sereinement de la musique. Plug & Play.

Mesures et caractéristiques

  • Casque ouvert
  • Driver unilatéral / single sided
  • Impédance : 22 ohms
  • Efficacité : 98 dB
  • Réponse en fréquence : 20Hz – 35kHz
  • Terminaison Jack 3.5mm / 6.35mm
  • Connections du casque : Jack 2.5mm
  • Poids : 350 g
  • Longueur du câble 1.5m
  • Câble remplaçable
  • Livré dans sa sacoche de transport

La fiche technique est suffisamment explicite et suggère une grande facilité d’alimentation. L’expérience sur le terrain confirme ce point. J’ai pu tester le HE-400S sur mon téléphone, un Sansa Clip Zip, un DAC/AMP nomade GeekOut V2 mais aussi sur une installation sédentaire complète et le casque a brillé sur toutes ces sources. Considérant cependant sa vocation annoncée, j’ai principalement écouté le HE-400S en association avec le Geek Out V2 et c’est surtout cette configuration que j’ai commentée dans ce retour. Il m’a toutefois semblé que le casque savait profiter d’une meilleure source et que sa qualité sonore s’améliorait en conséquence.

Réponse fréquentielle et distorsion

Voici les mesures réalisées par mes soins (sur Micro MiniDSP UMIK-1 avec coupleur maison et logiciel RoomEQwizard 1.05) . Ce sont des mesures brutes non compensées et elles sont conformes au résultat obtenu par nos voisins américains sur un système similaire.

Réponse fréquentielle:

HE400S FR

CSD

HE400S_CSD

Distorsion

HE400S_Distorsion

Réponse fréquentielle en comparaison d’un HD600 (Source : Super Best Audio Friends)

HE400 vs HD600

L’ensemble des mesures démontrent la relative propreté technique du casque : faible distorsion , pas de traînage ou de résonnance excessive en dehors de la résonnance à 4 khz qu’on trouve assez fréquemment sur les orthos , peu d’accidents dans la réponse fréquentielle. La comparaison avec le HD600 est éclairante sur le manque relatif de sous-grave et la relative timidité du haut-medium/bas aigu par rapport au niveau en aigu et suraigu.

 

À l’écoute

Les impressions sonores confirment assez rapidement les mesures.

L’équilibre général du casque est excellent et n’induit aucune fatigue qui serait due à excès dans un registre particulier. L’équilibre tonal est assez naturel et rapidement plaisant et ce sont vraiment les impressions d’homogénéité et de facilité qui prédominent de prime abord lorsqu’on découvre le HE400S. On prend très rapidement du plaisir à l’écouter sur n’importe quel genre de musique et on oublie rapidement qu’on a un casque sur les oreilles. En soi, c’est donc une réussite tout à fait conséquente. Il faut creuser un peu et comparer le casque à une concurrence de bon niveau pour cerner ses limitations.

Et indubitablement, des limitations, il en a.

Commençons par le registre grave. Évidemment, quand on découvre un casque orthodynamique, on s’attend aux basses que délivre typiquement ce genre de driver : rapides, étendues, percutantes, tendues. Sur le plan de la rapidité comme de la tension, le HE-400S assure et aucun traînage ou résonance ne viennent salir son rendu des registres graves. Son attaque des basses pourtant n’est pas très nette et n’atteint pas l’impact claquant et viscéral des « vieux » Hifiman tels que le HE-4. Son grave, quoiqu’assez plein et sec, vivant, reste toutefois plutôt doux, voire un peu cotonneux. Il manque par ailleurs d’extension et la restitution des infra-graves par ce casque n’est pas à la hauteur des performances des autres ortho-dynamiques que je connais — ce qui confirme les mesures données plus haut. Les propriétaires du He-400S ont fini par découvrir que ce défaut venait avant tout des coussinets livrés avec le casque. Ils n’assurent pas assez d’isolation et « fuitent » trop. Leur substituer ceux du HE560 (Focus A pads) change considérablement la donne et permet de gagner beaucoup en extension (comme le montrent les mesures). En l’état, le grave est bon, agréable, fun mais manque donc un peu de profondeur.

HE400s - driver

Le médium est bien réussi. Il est neutre, sans coloration manifeste et sans défaillance apparente. Un haut médium assez sage enlève peut-être un peu de présence au registre qui, sans être en retrait, semble assez relax, « laid-back ». Le bon point c’est que son écoute n’est jamais fatigante ou agressive, même quand on augmente le volume. La contrepartie, c’est que le HE-400S ne met pas en avant les voix, comme les Sennheiser HD600 et 650, par exemple, savent si bien le faire. Le Hifiman ne montre pas le même parti pris et paraît donc affirmer une personnalité moins forte. Là encore, un léger manque de détourage et de tension se fait sentir et un sentiment de diffusion, de manque de netteté, s’installent progressivement à l’écoute des médiums. Rien de rédhibitoire cependant — surtout pour un casque à 300€.

L’aigu du HE400S est assez nettement dominé par les fréquences autour de 8 kHz et ça s’entend, surtout quand, à l’instar de votre serviteur, on est sensible aux brillances trop marquées dans cette partie de la courbe de réponse. Toutefois, j’ai cru remarquer que ce pic avait tendance à s’adoucir au fil des heures (par rodage du transducteur, peut-être… ou de mon cerveau). En tout cas, la gêne qu’il me procurait au départ a fini par s’estomper assez rapidement. Là encore, je doute que vous ayez à craindre de la fatigue de ce côté. L’aigu n’est donc pas particulièrement mis en avant ni en retrait et s’incorpore harmonieusement au reste du spectre, contribuant à son tour à l’excellent équilibre général. Aucune dureté ou sibilance ne vient non plus gâcher la fête.

HE400s - bandeau

La résolution et le niveau de détail ne sont certainement pas les points forts du HE400S et on touche peut-être là à l’une de ses véritables faiblesses. Le parti pris général ayant présidé à sa conception semble assez nettement de proposer une écoute détendue évitant toute agressivité excessive et le résultat me semble parfaitement réussi de ce point de vue. Le prix à payer est un certain défaut d’intensité et de réalisme, rançon d’une douceur générale du rendu. Le niveau de détail et le rendu des textures en pâtissent et l’ambiance de l’écoute s’en trouve comme ouatée. La sensation s’étend d’ailleurs au soundstage et à la présentation en générale. On y retrouve l’homogénéité et l’excellent niveau qui caractérisent globalement le HE400S, mais aussi un léger manque de précision, autant dans le positionnement latéral que dans l’étagement des plans en profondeur. Surtout, les échos et réverbérations, le sentiment d’espace, sont assez nettement estompés. Rien de désagréable à l’écoute, toutefois.

De même que dans le rendu des infra-graves, je pense que cette sensation générale un peu diffuse/ouateuse est à imputer aux coussinets en velours de médiocre qualité. Un changement pour les focus A pads devrait assez logiquement tirer le casque vers le haut. En l’état, le HE400S reste extrêmement plaisant pour une écoute détendue et offre une prestation tout à fait à la hauteur du prix demandé, au point de concurrencer sans aucun problème certains produits tarifés bien plus cher (comme par exemple le Fostex TH500RP).

Une fois tout cela exposé, revenons à l’introduction de cette section : malgré les quelques défauts techniques listés ci-dessus, l’écoute du He-400S reste franchement agréable en toutes circonstances et ne procure à aucun moment la frustation que générerait une restitution trop moyenne.
Avec le Hifiman, le plaisir n’est pas à chercher dans le détail et dans le coupage de cheveu en quatre qu’apprécient tant certains audiophiles.
On le branche, on met la musique et on profite. Point.

Conclusion.

Équilibre général, plaisir immédiat et grande facilité d’utilisation. Voilà les points qui caractérisent ce HE400S et qui en font un casque recommandable à tous. En dehors de son câble raide comme la justice, je ne vois pas en quoi il pourrait déplaire, même aux utilisateurs exigeants. Son parti pris est clairement de ne pas jouer la carte « technique » qui impressionne l’auditeur mais peut finir par le lasser à la longue. J’ai pu profiter largement du nouveau Hifiman durant de longues séances d’écoute lors de cette période de test et le plaisir ne se dément jamais dès qu’on chausse ce casque, quel que soit le genre musical écouté.

N’espérez pas toutefois acheter un casque de course. Techniquement, le HE400S est correct mais ne concurrence pas les cadors du secteur tarifaire, comme par exemple les HD600 et 650, et encore moins les meilleurs casques haut de gamme. Il faut cependant une amplification correcte pour bénéficier au mieux de leurs qualités tandis que le Hifiman se montre moins exigeant et plus versatile.

Le HE-400S joue finalement une autre carte et représente tout ce que le milieu de gamme moderne peut produire de meilleur : du bon son qui ne requiert pas une source et un ampli minutieusement choisis, qui peut au contraire s’obtenir depuis un simple téléphone ou un ordinateur portable et qui témoigne d’un rendu de très bon niveau sur toutes les musiques.

À 300€, c’est un choix assurément très recommandable et — je crois que c’est la période – une excellente idée de cadeau de Noël sans risque, qui permettra à l’heureux(se) récipiendaire de profiter de sa discothèque dans d’excellente conditions.

HE400s

6 réponses à “[Preview] Hifiman HE400s, l’ortho « plug & play »

  1. \o/ Sorrodje \o/
    Heureusement que c’est écrit feedback, sinon j’aurai l’impression d’avoir lu un test.
    Excellentes, les premières mesures made in TN. ce qui me rappel qu’il faut que je me fasse prêter un u-mik1 ou équivalent pour mettre en place une correction Equalizer APO grâce aux résultat de REW sur mes enceintes :D

  2. Test très sympa, relax à lire et l’on se plaît à imaginer facilement l’image sonore de cet Hifiman He400S auquel je trouve un look très inspiré d’un certain SR009.

  3. Un casque qui m’avait déjà fait forte impression sur un simple combo nomade… Test effectivement très agréable à lire, dense et bien documenté. Merci, Sorrodje.

  4. Maintenant que je l’ai sur la tête avec des pads cuir/velours, je mesure toute la qualité de ce casque merveilleux ! Etant plus « émotif » que Sorrodje dans mon approche du matos, je dirai pour ma part que le rapport qualité prix de ce HE400s est fulgurant, épatant, « Terrific » même !

    Merci pour ce test , rend justice à cette performance de Hifiman. Venant de tester le 400i sur plusieurs jours je lui préfère le 400s. Et c’est justement par ce qu’il est un peu mon précis, moins technique que j’aime beaucoup. Bref une belle réussite , pas cher , confortable bref du très bon !

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