Ony, après avoir longtemps rejeté les intra-auriculaires de ces conduits auditifis, nous offre un long retour et comparatif entre trois produits de chez Unique Melody : les Merlin, les Miracle et les 3DD (universalisés). Envie d’en savoir plus sur ces petits bijoux ? Alors, vas-y CLIQUE ! Si un terme ou une expression vous semble […]

[Review] Unique Melody 3DD, Merlin & Miracle

Ony, après avoir longtemps rejeté les intra-auriculaires de ces conduits auditifis, nous offre un long retour et comparatif entre trois produits de chez Unique Melody : les Merlin, les Miracle et les 3DD (universalisés). Envie d’en savoir plus sur ces petits bijoux ? Alors, vas-y CLIQUE !

Si un terme ou une expression vous semble obscur le Lexique de test de Tellement Nomade est là!

Unique Melody Miracle, Merlin & 3DD

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Unique Melody est une marque qui n’est plus à présenter et qui s’est fait un nom grâce à de bons rapports qualité/prix au niveau des customs et des reshells. C’est une compagnie qui n’a pas peur de prendre des risques et d’essayer des terrains peu courants chez les fabricants d’intras sur mesure en développant, par exemple, des intras hybrides (driver dynamique + driver à armature équilibrée) et des intra 3 voies à drivers dynamiques.

J’ai la chance de posséder actuellement plusieurs intras de la marque Unique Melody, au nombre de 3, ils proposent chacun une technologie différente :

  • Les Miracle (full balanced armature) qui représentent le flagship de la marque (avant la sortie des récents Mentor)

 

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  • Les Merlin (hybride balanced armature/driver dynamique) qui représentent la signature fun de la marque

 

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  • Les 3DD (full driver dynamique) qui font office de vitrine technologique car ils sont les seuls intras à 3 voies/3 drivers dynamiques vendus à ce jour

 

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Je suis un habitué du casque nomade/full-size et je n’ai jamais utilisé d’intra universel, car ayant des problèmes de fit récurrents, j’ai dû commencer de suite par des moulés.

C’est ma première expérience sur le long terme avec des intras moulés et de ce niveau de gamme tarifaire. Mon premier achat, les Merlin, s’est fait suivant les conseils de Vic (que je remercie d’ailleurs pour son expertise) et les retours glanés sur le net. L’acquisition des Miracle m’a permis de comparer et de mieux appréhender les Merlin. De plus, j’ai aujourd’hui une idée plus précise des reviews présentes sur le net en recroisant ces informations avec mes avis.

N’étant pas seulement un simple passionné d’audio mais aussi un percussionniste, je recherchais également un outil de travail pour m’accompagner pendant mes séances d’exercices et mes lives. Naturellement, les intras moulés étaient la meilleure option existante.

 

Caractéristiques

En commençant par le moins cher :

Les 3DD a écrit:
  • Driver type : 3x Dynamique
  • Crossover : 3 voies
  • Spectre : inconnu
  • Impédance : inconnue
  • Sensibilité : inconnue
  • Configuration : 1x Aigu + 1x Médium + 1x Basse
  • Prix : $500.00
Les Merlin a écrit:
  • Driver type : 4x BA 1x Dynamique
  • Crossover : 3 voies
  • Spectre : 10Hz – 19kHZ
  • Impédance : 12 Ohms
  • Sensibilité : 108 dB SPL
  • Configuration : 2x Aigus + 2x Médium + 1x Basse (driver dynamique)
  • Prix : $879.00
  • Courbe de réponse de mes Merlin :
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Les Miracle a écrit:
  • Driver type : 6x BA
  • Crossover : 3 voies
  • Spectre : 18Hz – 19kHZ
  • Impédance : 15.9 Ohms
  • Sensibilité : 114 dB SPL
  • Configuration : 2x Aigus + 2x Médiums + 2x Basses
  • Prix : $1,049.00
  • Courbe de réponse de mes Miracle :
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Packaging

Les 3DD universels diffèrent des packagings classiques que l’on peut voir chez Unique Melody avec ses customs.

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Ils sont livrés une boîte en faux cuir dans l’esprit de celles fournies par Hisound avec le Studio V (en moins épaisse). On y retrouve la carte de garantie (valable 2 ans), ainsi qu’un jeu d’embouts, des paires de filtres et les classiques outils de nettoyage.

Pour les Miracle et les Merlin l’emballage fait de suite plus sérieux avec une belle présentation du produit.

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En ouvrant, on découvre un poster, un dépliant sur la gamme de la marque & les services et un graphe de la réponse fréquentielle de votre paire. En dessous, on découvre une petite boîte contenant vos intras, la carte de garantie (reshell 30 jours et 2 ans), un câble stock, les outils de nettoyage (plus protection auditive) et un cube de verre avec la marque et le nom du modèle.

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La seule vraie déception est de ne pas trouver de boîte de transport style Otterbox ou Pelican qui ne coûte pourtant pas plus de 15€ et sont bien plus utiles que la petite boîte contenant les intras…

 

Fabrication et design

Unique Melody offre un grand nombre de design et une qualité qui n’est plus à prouver. Aucune bulle, des couleurs homogènes, on ne voit pas la zone de jonction entre la faceplate et le corps de l’intra. J’ai vu passer beaucoup de custom dans mes mains et les réalisations d’Unique Melody ont toujours été celles qui m’ont le plus impressionné en termes de qualité et de rendu.

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Il est possible de choisir la couleur de la faceplate, la couleur pour le corps de l’intra et une dernière pour le canal. De plus s’ajoute la possibilité de poser la classique faceplate en carbone, en aluminium, en essence de bois, jade avec des logos Unique Melody en métal présents dans l’acrylique de la faceplate.

Unique Melody met à disposition un designer pour ces produits, que vous trouverez ici : http://www.custom-iem.com/designer/incl … signer.php

Voici mes designs réalisés pour la commande de mes Merlin et de mes Miracle :

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Unique Melody Merlin & Unique Melody Miracle

On a la possibilité de choisir 3 types de socket : recessed, flush et UM extruded (le socket UM, bien que dépassant du corps de l’intra, permet d’utiliser les câbles avec des connecteurs classiques).

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Socket UM extruded

Les nouveaux connecteurs Unique Melody ne m’ont pas convaincu plus que ça, je reste un fervent adepte des recessed socket car je ne retire que très rarement le câble sur mes intras.

Les 3DD mériteraient d’avoir un corps d’intra et une canule mieux étudiée (à l’image des Mentor) car l’ergonomie de cet universel ne conviendra pas à toutes les oreilles (il est plutôt imposant).

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Parlons du défaut principal d’Unique Melody : les délais…

Il m’a fallu 7 semaines pour obtenir mes Merlin (première main) et 9 semaines pour mes Miracle (reshell de la paire appartenant à Mimouille, que je remercie au passage). Des délais de 3 à 5 semaines pour un produit venant de Chine, c’est viable, mais dans mon cas, c’était largement trop long. J’ai toujours eu la chance d’avoir des réponses rapides de la part de Unique Melody UK et de Stephen Guo lors de mes achats (mais ce n’est pas le cas de tout le monde). Dernièrement, les équipes et le nombre de machines ont augmenté afin de réduire les délais à 4 semaines pour la réalisation d’un custom et 8 semaines pour un reshell (ces délais semblent actuellement respectés).

Les délais sont vraiment préjudiciables et nuisent à l’image d’Unique Melody ; c’est bien dommage car ils proposent d’excellents produits.

Une autre chose que je trouve regrettable, c’est la multiplication des sites Unique Melody. En tant que consommateur on est un peu perdu entre les 5 ou 6 sites existants. Pour ma part, je recommande de passer par Custom-iem, qui reste le site sur lequel j’ai eu des réponses le plus rapidement.

 

Confort

Les moulés d’Unique Melody offrent un très grand confort, et je peux porter sans problème mes intras pendant toute une journée sans même sentir leur présence (pourtant dieu sait qu’un custom c’est intrusif). Aucun problème de fit (Unique Melody offre un refit de 30 jours après réception des intras et une garantie de 2 ans; 1 an pour les reshell).

Il faut savoir que je fit très mal les intras universels et que je ressens rapidement des gênes, quel que soit le type d’embout utilisé. Concrètement, je supporte aussi longtemps les 3DD que la plupart des universels (c’est-à-dire, pas plus d’une heure), mais je dirais que 50% des gens qui l’ont essayé avaient un fit et un confort convenable. On est clairement dans le cas d’un custom transformé en démo et non en un universel. De plus, il n’y a pas de butée au bout du canal pour fixer la position des embouts, et il faut parfois les replacer car ils ont tendance à bouger au fil du temps.

 

Isolation

L’isolation est variable entre ces trois intras : les 3DD possèdent une grosse ouverture derrière le driver de basse où l’on vient placer les filtres (ils possèdent un aimant qui permet de les maintenir sur le corps de l’intra; je peux vous garantir qu’ils tiennent très très bien, aucune risque de perte). Les Merlin ont quant à eux une petite ouverture pour l’unique driver dynamique et les Miracle ont un corps sans aucune ouverture.

Les 3DD isolent moyennement, on doit se situer à environ -10/-15dB d’isolation. On entend facilement les voitures et l’environnement ambiant dans la rue. Le soundstage des 3DD dépend grandement de cette ouverture et pour moi, je les classe dans la catégorie des intras semi-ouverts. L’écoute en milieu urbain nécessitera de monter le son, mais restera envisageable.

Les Merlin isolent très bien (juste un peu moins que les Miracle). Je m’en sers souvent comme retour de scène lorsque je joue de la batterie ou en concert. L’ouverture n’a qu’une incidence négligeable.

Les Miracle offrent quant à eux une excellente isolation comme tout bon moulé qui se respecte.

 

Rendu sonore

Il faut savoir que j’ai choisi d’effectuer cette comparaison sur le DX50. Certes, on va plus loin avec l’ampli RSA Intruder, mais le DX50 est une des références du milieu de gamme. En effet, il est potentiellement plus répandu chez les passionnés qui vont lire ce test et peut être acheter l’un de ces intras. Je vous rassure, je ferai un paragraphe sur ces 3 intras couplés avec le gros combo DX50 + RSA Intruder.

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Les 3DD ont une signature globalement descendante avec de belles textures et des aigus un peu secs.

Les Merlin sont, de leurs côté, définitivement le système le plus V-shape que j’ai pu écouter. Ultra dynamiques, ils ont une excellente séparation des registres et ne comportent aucune coloration. Les médiums sont très aérés et en retrait (froids).

Les Miracle offrent une signature beaucoup plus équilibrée, qui ne met aucune fréquence en avant : rien ne passe en priorité dans sa restitution. On se retrouve avec une excellente extension des deux côtés du spectre, énormément de richesse et de fluidité.

Regardons tout cela dans en détail :

 

Extrêmes graves / graves 

C’est vraiment le secteur où ces intras sont le plus différents, car chacun à sa propre façon de présenter ce registre.

Si vous aimez l’impact, les Merlin sont définitivement les meilleurs clients. Le seul autre système d’écoute qui se rapproche de ce niveau d’impact est le TH900. On retrouve clairement le rendu du driver dynamique : j’entends par là une attaque ronde avec une sensation de son plein. Ce registre est mis en avant dans la signature générale de l’intra mais aussi dans le soundstage, et l’on ressent vraiment l’assise du rendu sonore sur cette partie spectre, mais ce n’est pas pour autant qu’il déborde sur le reste du spectre. Quand on achète les Merlin, on sait pourquoi : c’est pour les +10dB dans les Sub-basse. Comme la région boostée se situe bas dans le spectre (ce qui est une qualité, au demeurant), cet impact varie selon les enregistrements (si celui-ci descend dans ces fréquences). Cela permet aux Merlin d’avoir tout de même beaucoup de polyvalence tout en envoyant quand on lui en demande. Pour ceux qui aiment l’électro caractérisé par son assise rythmique, l’ambiant avec les nappes de synthés/basses qui descendent bien bas, les Merlin sont vraiment une expérience à vivre.

Les 3DD offrent plusieurs filtres qui jouent sur le bas du spectre (il suffit de choisir celui qui convient le mieux à ses goûts). Le bas du spectre peut ainsi se révéler équilibré avec le reste de la signature ou être mis en avant dans la restitution; pour ma part, j’ai choisi les filtres qui équilibrent le plus le rendu. Avec les Merlin, on avait de l’attaque et de la tension, ici on trouve un bas du spectre plus texturé et un peu moins impacté. On n’a pas cette sensation du Merlin sous testostérone quand la musique descend. J’affectionne particulièrement le rendu du bas du spectre des 3DD, qui se révèle naturel et texturé. On parle souvent des 3DD comme les petits frères des 1plus2 (que je n’ai malheureusement jamais écoutés), je peux confirmer le rendu très musical et texturé.

Pour les Miracle on change de technologie pour retrouver nos bons vieux drivers à armature équilibrée. Ici, c’est encore une autre saveur puisque le bas du spectre possède une excellente extension avec dynamisme mais pas surjoué. La sensation d’impact est présente et est la mieux définie des 3 intras mais pas de petit plus comme la texture des 3DD ou la tension des Merlin. On retrouve une basse détourée avec une excellente restitution des nuances. Les basses des Miracle se révèlent aussi les plus rapides de nos 3 intras. Par rapport aux autres registres fréquentiels, les basses sont au même plan que les médiums et les aigus. Les Miracle proposent un rendu avec justesse, dynamisme, sans aucun chichi; très propre en somme.

A choisir parmi les trois, dans ce registre, j’ai une préférence pour les 3DD, mais dans l’absolu, la tension des Merlin couplée avec les nuances des Miracle et la texture des 3DD (le tout saupoudré de l’équilibre entre les registres des Miracle), aurait été un parfait mélange. Vous avez dit client exigeant ?

 

Bas-médium 

Pour ce registre, les Miracle et les Merlin sont extrêmement semblables. Le bas-médium est vraiment indépendant et se détache du bas du spectre autant dans la spatialisation que dans le recouvrement des plages sonores. On a vraiment une indépendance de la dynamique des sons et des instruments qui est vraiment impressionnante. La basse en est le plus bel exemple, un son extrêmement naturel et juste. Une très belle restitution des effets et réverbérations, les toms de batterie et les effets percussifs sont vraiment réalistes. Ça sonne très très juste, sur aucun des deux intras on a la sensation de bas-médiums mis en avant par rapport au reste de la plage sonore et il en résulte aucune sensation de chaleur.

Les 3DD offrent tout de suite plus de bas-médium, la basse sonne plus ronde et pleine. Le rendu est un petit peu plus chaud que ses deux grands frères. La dynamique de la basse est plus difficile à distinguer. Autant sur les Merlin/Miracle même quand la musique est chargée, l’articulation est excellente, avec les 3DD, on a tendance à perdre un peu la basse dans la masse. Les toms sont texturés avec là aussi une bonne réverbération mais cette partie du spectre manque d’aération et se révèle moins technique que ces deux grand frères.

Mes goûts personnels vont indéniablement vers les Merlin/Miracle qui m’offrent une écoute très précise et indépendante du reste du spectre sans colorer globalement la musique. Le rendu est très musical.

 

Médiums

Les médiums séparent aussi nos 3 intras de façon significative.

On entend un voile sur les 3DD, cette sensation du chant un peu bouché, venant du nez. Pas forcément flagrant lorsque l’on s’habitue à la signature de l’intra, mais clairement là quand on repasse sur les Miracle. Naturellement, les voix manquent de clarté et de naturel, qu’elles soient masculines ou féminines. Les guitares offrent, quant à elles, de belles textures : la distorsion est bien retranscrite mais manque aussi de relief par rapport au bas-médium. La caisse claire (qui est un vrai révélateur sur les médiums) est bien sèche, incisive avec de beaux harmoniques; globalement la section rythmique est bien retranscrite sur cet intra.

Pour les Merlin, c’est une autre paire de manches. Le médium est en retrait et ça se ressent tout de suite. C’est très propre et articulé, le gap avec les 3DD dans la précision technique est bien là, mais le rendu… Les guitares manquent de vie et de musicalité, les voix ne véhiculent aucune vie. On se retrouve vite dans le cas de « j’écoute la musique mais je ne la ressens pas » : concrètement, du son mais pas d’émotions. Le grave étant mis en avant, l’esprit se focalise rapidement sur cette zone du spectre et cela renforce la sensation de retrait sur le registre médium. La caisse claire est elle aussi fade.

Bon c’est le moment de revivre en chaussant les Miracle. Et là, on accède enfin à de bon médium et d’un naturel déstabilisant. Les guitares sont riches et détaillées, très nuancées. Les voix sont plus charnues que sur les Merlin et sont légèrement mises en avant dans le soundstage. Le rendu est globalement plus « plein » que les Merlins mais sans perdre en articulation ou en détails : les médiums sont en effet très fluides et liquides. La caisse claire est dosée comme il faut entre musicalité et dynamique. Les médiums manquent un peu de texture pour vraiment donner cette sensation de musique palpable mais l’émotion est bien présente, tout en nuance.

Comme vous l’avez certainement deviné, j’ai vraiment préféré les médiums des Miracle, qui se révèlent très justes, naturels, précis et riches sans être colorés.

 

Les haut-médiums et aigus

Les 3DD, avec leurs drivers dynamiques, offrent des aigus qui manquent un peu d’extension. Le rendu est plutôt sec et manque de richesse harmonique. Ce registre est en retrait par rapport à ses graves mais ne souffre pas de sensation de voile comme sur ses médiums. Les aigus ne sont pas son point fort et ils ne marquent pas forcément les esprits. Ils sont assez précis mais pas forcément fatigants, ce qui est un point non négligeable.

Les Merlin offrent des aigus très riches, l’opposé de ces médiums. On perçoit beaucoup d’harmoniques et de nuances sans aucune sibilance, de très belles réverbérations. Ils complètent parfaitement le rendu de la batterie au niveau des cymbales. C’est très propre et sans agressivité.

Les Miracle sont dans la même lignée que les Merlin en offrant des harmoniques encore plus complexes, le rendu des cymbales rides sur le jazz est par exemple aux petits oignons. Il n’y a aucune sibilance à déplorer. La fluidité et la richesse sont au rendez-vous, le tout servi avec une excellente dynamique et une grande précision. Le rendu sur les violons est vraiment poussé et transmet énormément d’émotions.

Les Miracle sont mes préférés d’une petite longueur grâce à leurs richesses et leurs complexités.

Trois signatures se profilent clairement, avec des 3DD qui se révèlent un peu descendant, des Merlin définitivement V-shape et des Miracle équilibrés.

 

Séparation des instruments et scène sonore 

Je suis très difficile sur ce critère : j’ai une sainte horreur des intras qui présentent un soundstage comme… Un intra. Il est généralement petit, dans la tête, avec peu de profondeur, peu d’effet 3D,  ainsi qu’une séparation et une aération relative. Venant du casque, je recherche vraiment un soundstage comparable (ça a au moins pour avantage de limiter les choix) car pour moi c’est un facteur très important dans l’immersion de mon écoute.

On est clairement sur le crédo des produits haut-de-gamme de Unique Melody quand on parle de soundstage. Les Miracle et les Merlin offrent un soundstage hors-tête et sphérique. Généralement, chez une marque, on retrouve un point commun entre toute leur gamme, comme par exemple avec Earsonics et « ses médiums sauce Earsonics ». Ici, chez Unique Melody, c’est la philosophie du soundstage.

Vous cherchez de la profondeur, de l’aération, de la séparation, la sensation d’un son venant du fond du soundstage vers vous comme une image holographique ? Vous allez adorer ces bestiaux.

Les Merlin et les Miracle offrent un soundstage semblable, avec des réverbérations naturelles et un peu plus d’espace chez les Miracle. Dès que la production devient un minimum travaillée, on se sent tout de suite immergé dans la musique. L’excellente séparation des instruments, tout comme les reliefs créés par les effets de réverbérations et les nuances permettent de se focaliser très facilement sur chacun des instruments.

C’est extrêmement aéré, avec une image très sphérique et hors-tête; la sensation d’un casque full-size est bien présente.

Une très belle prestation technique avec une énorme précision dans le placement.

Du côté des 3DD, ce n’est pas le même rendu. Le soundstage manque cruellement d’extension sur les côtés et la séparation est plus difficile entre les instruments. Le fait que les basses et bas-médium manquent d’articulation se ressent tout de suite sur l’aération. Les aigus, quant à eux, sont bien placés et jouissent d’un meilleur rendu dans l’espace. Cet intra propose un soundstage avec une hauteur et une profondeur correctes, mais sur les côtés, il en manque cruellement. La séparation reste bonne dans les médiums et les aigus. L’évent à l’arrière de l’intra aide énormément à donner de l’aération au soundstage, il suffit de placer son doigt dessus pour en comprendre tout l’intérêt.

Le soundstage et la séparation se révèlent être les gros points forts des Merlin et des Miracle. Je n’ai simplement pas encore trouvé mieux niveau intra (tout en conservant une excellente isolation).

 

Versatilité 

Ces 3 paires d’intras ne sont pas sensibles à la qualité d’enregistrement et seront permissifs : ils ne vous feront pas regretter de tomber au hasard sur un morceau punk enregistré avec un dictaphone des années 90. D’ailleurs, ils s’enrichiront grandement en fonction de la qualité de l’enregistrement : ils sont vraiment sensibles à la masterisation des morceaux. Aucune batterie ne sonne de manière identique sur les Miracle & les Merlin selon le groupe et l’ingénieur du son qui s’est occupé du post-traitement. Les 3DD sont moins sensibles à ces variations.

Les 3DD, de par leur rendu et leur soundstage, se révèlent excellents sur de l’acoustique et du jazz mais aussi grâce à leur dynamique et textures, très sympas sur les musiques électroniques ou le rock. Ils manqueront d’aération (pour du métal) et de finesse dans les aigus pour réellement plaire aux passionnés de classique.

Les Merlin sont clairement les maîtres de la dynamique et du kick, et sont taillés pour la musique électronique… Mais pas seulement. Du fait de sa « non coloration » et de son soundstage, c’est un intra qui est excellent sur le classique (plus précisément sur les musiques de films). C’est aussi un bon élève sur du métal et du rock, mais il manque de texture dans les médiums et de vie sur les voix pour vraiment prendre son pied.

Les Miracle n’ont pas de style de prédilection, ils sont vraiment bons partout. Dans aucun style je n’ai eu une sensation de manque ou d’inadaptation. C’est le système d’écoute le plus polyvalent que je possède, et si pour certains ils manqueront peut-être de charme ou de ce petit quelque chose qui les font briller sur un style, on a vraiment la sensation d’un intra dépendant de la musique et non de la musique dépendant du rendu de l’intra.

 

Comportement avec des sources

Les produits Unique Melody présentent souvent une impédance faible avec une bonne sensibilité qui les rend facilement exploitables. Les Miracle et les Merlin sont facilement drivés avec un clip zip et se révèlent grandement, même avec une source à 40€. Mais d’un autre côté, ils sont sensibles au souffle et dépendent énormément de l’impédance de sortie des DAP. Je n’étais pas sensible au souffle avant d’en faire l’expérience au quotidien et à la longue, ça ruine clairement le plaisir d’écoute. Sur un DX50 il est audible et présent sur les blancs : c’est là et on entend plus que ça…

Les 3DD, dont aucune valeur d’impédance ou de sensibilité n’est fournie officiellement sur la toile, ont besoin de plus de jus et ne souffrent d’aucun souffle.

Globalement, les niveaux d’écoutes sur les Miracle/Merlin sont autour de 170-180 en low gain sur le DX50 et, pour les 3DD, je me situe autour de 190 en position mid gain.

Niveau source sonore, je recommanderais un DAP qui offre des médiums et de la texture pour les Merlin. Un DAP plutôt dynamique et froid pour les 3DD. Les Miracle s’accommodent d’un peu tous les types de DAP, mais préférez le neutre du genre DX50/DX100 pour exploiter au maximum sa précision et sa fluidité ou texturé/ légèrement chaud pour renforcer son côté naturel et immersif.

 

Poussés dans leurs derniers retranchement 

Ce chapitre est pour le passionné sans limite budgétaire qui n’a pas peur des empilements DAP + amplificateur de 4 cm d’épaisseur et des câbles customs.

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Le combo ibasso DX50 + RSA Intruder (LOD hybride cuivre/argent Forza AudioWorks)

Lors d’un meeting de TN, grâce à Faabaroan, j’avais pu tester les Merlin sur le RSA sr-71b (même ampli que dans l’Intruder) : j’avais eu à l’époque, un gros coup de cœur pour ce combo. Il faut savoir que cet ampli apporte de la texture aux médiums, un peu de rondeur dans les basses, tout en restant dynamique. Son gros point fort est d’offrir un soundstage sphérique avec une précision diabolique entre les plans et dans le placement. L’ampli offre une plus grande extension que la sortie casque du DX50. Je possède l’Intruder depuis Septembre 2013 et les intras sont écoutés par le biais de la sortie symétrique de l’ampli.

Signature

Le RSA bonifie grandement les Merlin : les médiums gagnent en textures, indéniablement. On le ressent tout de suite sur la restitution des cuivres et des distorsions de guitare. Les voix sont un peu mieux mais ne gagnent pas en vie, elles restent sans émotion. Le bas du spectre gagne lui aussi en texture, sans pour autant perdre en dynamique et en tension.

Les 3DD partagent une signature similaire au RSA Intruder. Ils gagnent un peu de richesse dans les aigus et d’extension mais la signature ne change pas fondamentalement.

Les Miracle gagnent en texture dans le grave et les médiums, ce qui amène une écoute vraiment naturelle. Ce combo correspond clairement à ma définition d’un son musical et de vivant. On n’est pas encore au niveau organique que procure un Audeze, mais le RSA renforce le côté fluide et naturel des Miracle.

Soundstage

Le constat est le même pour les 3 intras : le RSA fait un super boulot. On gagne en volume, en détails, en séparation, en aération, en effet 3D. On a l’impression que le fond de soundstage vient d’augmenter tout en gardant les instruments au même placement dans l’espace. Clairement un aboutissement avec les Miracle/Merlin et une bouée de sauvetage bienvenue pour les 3DD.

Si vous cherchez l’immersion, vous tenez ici quelque chose de vraiment excellent.

 

Les câbles

Je possède deux câbles avec terminaison symétrique Kobicon pour être utilisés sur le RSA Intruder, tous deux de marques Forza AudioWorks. L’un est un câble en cuivre cryo en 26 AWG et l’autre un véritable hybride cuivre/argent cryo en 26 AWG (ce qui signifie que dans chaque brin, les fils d’argent et de cuivre s’entremêlent).

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Avec le câble en cuivre, les 3DD gagnent en chaleur au niveau des médiums : le voile commence enfin à se lever sur les voix. Les basses tapent un peu plus (plus de rondeur) et les aigus sont moins durs, mais ils manquent de détails et de richesse. Le soundstage n’est que très peu influencé par le câble en cuivre, mais le gain sur la séparation des instruments est quand même perceptible. Les 3DD commencent enfin à se révéler : la basse et les guitares deviennent vraiment texturées et très agréable à l’écoute.

Avec le câble en cuivre/argent, le soundstage s’ouvre vraiment. Le gain en profondeur et sur les étagements est bien là. Le rendu est plus aérien et la séparation des instruments meilleure. Les aigus sont plus riches et le bas du spectre plus contrôlé (plus de tension dans l’impact). On perd légèrement en texture mais cet intra en fournit bien assez pour que ça ne soit pas préjudiciable.

Les 3DD deviennent vraiment excellents avec un câble en cuivre/argent. On n’a plus du tout affaire aux mêmes intras et ils se rapprochent dangereusement de ses grand frères, tant son évolution est marquée.

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Avec le câble en cuivre, les Merlin présentent la musique de façon plus frontale. Le bas médium prend de l’embonpoint et se surcharge : l’impact est encore plus rond et on perd en tension, la basse prend le dessus sur les médiums par rapport à la guitare et au chant. Les voix gagnent un peu d’émotion et les guitares en texture, sans pour autant être une révolution. On observe une petite augmentation de la profondeur du soundstage. Avec ce câble, j’apprécie beaucoup moins les Merlin que je trouve excessifs sur la zone de transition grave/bas-médium. L’ensemble surjoue et devient même éprouvant tant ces intras envoient dans cette région du spectre.

Avec le câble en cuivre/argent, l’ouverture du soundstage est vraiment la première chose qui saute aux oreilles : séparation accrue, distance entre les plans et précision. L’impact est plus tendu et maîtrisé dans le bas du spectre et les aigus sont beaucoup plus riches. Les voix sont au même niveau d’émotion que sur le câble stock, de même pour la caisse claire. La guitare offre un peu plus de texture. La sensation de maîtrise qui se dégage de l’ensemble est vraiment surprenante, à l’image d’une poigne de fer dans un gant de velours : ça tape mais c’est maîtrisé à l’extrême.

Le câble en cuivre/argent offre vraiment un plus non négligeable aux Merlin. Sans révolutionner les médiums, toutes les autres plages de fréquences y gagnent et le soundstage dépasse en qualité celui des Miracle avec le câble stock.

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Avec le câble en cuivre, la signature des Miracle reste vraiment la même. On gagne légèrement en texture dans les médiums sans déséquilibrer l’ensemble et les voix sont vraiment saisissantes. Le soundstage gagne un peu sur tous les plans et se révèle légèrement supérieur à celui des Merlin avec le câble en cuivre/argent (mais à ce niveau-là, on a déjà largement à faire). Les Miracle sonnent un poil plus plein et texturé. Pour faire simple, le câble en cuivre offre le petit truc en plus qui me fait craquer sur les Miracle (même si l’influence du câble est bien plus faible que sur ses deux camarades).

Avec le câble en cuivre/argent, les Miracle sonnent tout de suite plus froids et analytiques. C’est plus sec et les médiums se retrouvent un peu en retrait, les voix sont moins charnelles. L’ensemble sonne très maîtrisé, mais perd clairement en vie. Les basses sont plus claquantes et les aigus plus liquides. La signature de l’intra n’est pas non plus révolutionnée ici, mais je préfère largement ce que j’ai entendu précédemment avec le câble en cuivre.

Pour les Miracle, le câble en cuivre est pour moi celui qui offre la meilleure expérience, plus naturelle, plus texturée, plus vivante : c’est le petit extra qui vous emmène plus loin.

Tester différents câbles sur des intras avec des technologies différentes m’a vraiment montré que les drivers dynamiques sont vraiment influencés dans le rendu par le matériau du câble tandis que la différence n’est pas si importante sur les intras composés d’armatures équilibrées.

Un test des câbles Forza AudioWorks devrait paraitre dans les semaines à venir.

 

Conclusion

Après avoir passé respectivement 10 mois avec les Merlins, 3 mois avec les Miracle et 2 mois avec les 3DD, je suis vraiment heureux d’avoir pu profiter de ces 3 intras, fondamentalement différents et complémentaires. Je peux enfin conclure sur la découverte de ces produits Unique Melody qui représentent chacun une technologie propre et un rendu particulier.

Vous l’aurez compris mon gros coups de cœur est pour les Miracle, que je trouve vraiment aboutis, justes, fluides. Polyvalents et immersifs à l’extrême, ils offrent un rendu homogène sur des instruments comme la batterie ou le piano, qui couvrent une grande plage de fréquence. Le soundstage est définitivement son gros point fort, avec la séparation, les plans dans l’espace, les réverbérations, les détails, le tout servi dans un volume sphérique et aéré.

Les Merlin offrent une expérience unique dans le bas du spectre, extrêmement proches d’un casque dynamique full-size (pour vous dire, j’ai voulu les enlever en croyant que c’était un casque, machinalement) et assume complétement sa signature V-shape. Le rendu est propre, articulé et ne comporte pas de coloration. On retrouve ce fameux soundstage que j’affectionne chez Unique Melody. L’effet « foot taping » est immédiat.

Les 3DD sont une démo technique du savoir-faire d’Unique Melody (comme à l’époque de la sortie des Merlin). Ils ont clairement souffert de la comparaison avec les Merlin et les Miracle, surtout au niveau du soundstage et des aigus, mais replacés dans son secteur tarifaire, je n’ai pas encore croisé d’intra offrant autant de texture avec autant de maîtrise. Attention tout de même à la forme de l’intra, qui ne sera pas pour tout le monde (Unique Melody aurait pu faire l’effort de développer un vrai corps d’universel…).

J’espère qu’à l’avenir, Unique Melody poussera plus loin l’expérience avec les hybrides et les drivers dynamiques multi-voies et en tout cas, je garderai un œil sur leurs futurs produits!

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Petit complément de conclusion sur les Miracle :

Le terme qui revient souvent sur les reviews du web est « balanced » et c’est clairement leur point fort. Ils ne sonnent ni chaud, ni froid, sans toutefois être neutres : ils distillent clairement le juste équilibre entre toutes ces signatures. C’est vraiment des intras qui ne marquent pas l’esprit par un rendu qui se détache de la masse des produits existant ou par une plage de fréquence mise en avant. La première chose que je me suis dite en les chaussant c’est « la musique sonne comme elle doit sonner, rien de plus » et mon impression n’a pas changé…

Pour moi ces intras font vraiment office de référence (et je comprends aussi pourquoi il l’est pour beaucoup de testeurs) autant pour les intras que pour les casques : il offre une restitution naturelle, fluide, aérée, immersive et équilibrée. Il réagit vraiment à l’association en amont sans pour autant perdre son esprit de restitution et gagne à être bien exploité.

J’ai essayé de lui trouver des défauts (un petit peu plus de texture ou avoir un rendu plus tendu : sensation de peau percussive dans les basses) mais la force de cet intra c’est de réussir à me les faire oublier tout en m’enivrant de sa musique. Ce n’est pas pour rien que je les écoute parfois 7h d’affilée.

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5 réponses à “[Review] Unique Melody 3DD, Merlin & Miracle

  1. Merci pour ce retour, pour avoir pu tester grâce à toi hier au meeting, j’avoues avoir pris une vrai claque sur la combo DX50/Intruder/Miracle, je n’ai pas ressenti la même chose avec les autres intra testé (ToGo 334, 1plus2, EM32 mais bémole pour ce dernier car j’ai pas pu fit donc mon avis n’est pas significatif, il faudrait refaire un test avec un bon fit).

  2. EM32 =moulés , modèle sur mesure , il faudrait de se mettre n imp ds les oreilles 8O

    , , je me régale depuis une semaine avec combo. DX50 AMP911 et EM32!! LA PERSONNALISATION UM c’est gadget sérieusement
    le son rien que le son!!!

  3. oui tout comme les miracle, j’arrive a très bien fit les moulés d’Ony (fit et isolation nickel). mais les EM32 clairement le fit ne passait pas :-) on n’avait pas les même oreilles Dommage, mais je ne désespère pas de pouvoir les tester !

  4. Merci pour ce super compte rendu !
    Je crois que les Miracle seront donc mon prochain achat d’autant que je possède déjà un DX50, un DX100 et le RSA 71B.

    Il faudra que je demande conseil pour le choix du meilleur câble connectable en symétrique sur le RSA.

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