Le M2 Pro est le deuxième lecteur nomade de la marque chinoise Aune, marque surtout connue pour ses amplificateurs et ses DAC. Haut de gamme de par ses composants, le M2 Pro fait partie d’une « série » de trois baladeurs, au sein de laquelle il se situe au milieu, entre le M2 et le […]

[Test] Aune M2 Pro

Le M2 Pro est le deuxième lecteur nomade de la marque chinoise Aune, marque surtout connue pour ses amplificateurs et ses DAC. Haut de gamme de par ses composants, le M2 Pro fait partie d’une « série » de trois baladeurs, au sein de laquelle il se situe au milieu, entre le M2 et le M2s, bien que ce dernier ne diffère du Pro que par son esthétique. Dans un contexte où l’offre des DAP a explosé depuis 18 mois, est-il bien placé compte tenu de son prix de 500€ ? C’est ce que nous cherchons à savoir.


Je tiens avant toute chose à remercier notre partenaire Audiophonics pour le prêt de ce baladeur.

 

Présentation

Rien qui ne sorte du lot sur ce point : le lecteur est livré dans une boîte en carton carrée, avec un petit feuillet et le câble de chargement/synchronisation.

Aune sur boite

Pas de fioriture, pas d’autre accessoire ; dommage. Un petit étui aurait été le bienvenu, le lecteur semblant – je n’ai bien évidemment pas souhaité m’y risquer – facilement rayable. Par ailleurs, le boîtier et l’écran laissent très vite apparaître les marques de doigts.

Aune dans boite

L’appareil n’est paradoxalement pas ce qu’il y a de plus léger. Il n’est pas très lourd (120g), mais on le sent quand on l’a dans la poche ou en main. Gage de qualité pour certains (d’autant que le corps est ici tout en métal), là où d’autres pourront trouver cela pénible à « supporter » dans les poches. En revanche, la préhension est bonne, il n’est ni trop large, ni trop épais et les bords ne sont pas coupants. En bref, la tenue est agréable.

Bouton du Aune

Les boutons sur la face (rewind/play-pause/forward) sont facilement accessibles avec le pouce. Droitiers comme gauchers ne devraient donc pas avoir de problème. Par contre, la molette sur la tranche droite sera, quant à elle, moins facilement accessible pour les gauchers, qui devront utiliser l’index (ou le majeur, j’imagine) ; cette molette est toutefois parfaitement positionnée pour le pouce des droitiers.

Le lecteur se lance en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire : on appuie pendant 3 secondes, et très vite il est prêt à lire votre musique. On passe plus de temps appuyé sur le bouton power qu’autre chose! Un très bon point ici.

Fiche technique

Caractéristiques

  • DAC AKM AK4490
  • Supporte les taux d’échantillonnage PCM jusqu’a 32bit/192kHz
  • Format supporté : MP3, MP4, AAC, APE, WAV, FLAC, DSD64 (.dsf), ISO SACD (.dff)
  • Ecran IPS 2.6″
  • 4 filtres numériques sélectionnables
  • Étage de sortie discret haute qualité (OP+BUF+LPF)
  • Contrôle du volume analogique via PGA2311
  • Impédances supportées : 32 – 300 ohms
  • Sorties : Jack 3.5mm pour casque et coaxiale SPDIF
  • Horloges CRYSTEK CCHD575 Crystal 2 très haute précision Asynchrone ultra faible gigue (82 femtoseconds)
  • 0db de bruit de fond à volume max.
  • Stockage via carte microSD jusqu’à 128Go max.
  • Batterie : 3200mAh autonomie 9h
  • Charge : moins de 2 heures

Spécifications

  • Réponse en fréquence : 20Hz~20kHz
  • Rapport signal bruit : 116dB
  • Niveau de sortie : 3.1Vrms
  • Impédance et niveau de sortie du casque : 700mW / 32 ohm
  • THD + N : <0.001% à 1kHz
  • Châssis Aluminium
  • Dimensions : 110x65x17mm
  • Poids : 120g

Source : Audiophonics

Ergonomie

Le bouton play/pause en façade, outre les fonctions habituelles, permet de revenir en arrière dans les menus (ou de faire apparaitre celui-ci en cours de lecture). Pour cela, on applique un appui continu.

Jusque-là, rien de nouveau. Mais la particularité de ce lecteur, c’est la molette, qui sert à pas mal de choses.

La molette

Molette

Tout d’abord, lors des écoutes, la faire tourner vers le haut ou le bas sert à changer le volume. Le reste du temps, elle permettra de naviguer dans les menus/options… Du classique à ce stade.

Ensuite, elle est cliquable. Dans le menu principal, on clique pour valider une entrée (songs/paramètres, etc.), sur une option par exemple, on clique pour faire défiler les valeurs. Dans l’onglet « songs » (liste de chansons), elle permet de lancer la lecture du titre en surbrillance. En lecture, quand l’écran s’est éteint tout seul (que j’appelle mode veille), cliquer dessus fait revenir au menu principal, rallumant l’écran par la même occasion : toujours du classique me direz-vous.

Mais là où la molette du M2 Pro se révèle très pratique, c’est que lorsque l’écran a été éteint via le bouton power (que j’appelle mode verrouillé) et que le baladeur est en lecture, les boutons en façade sont alors bloqués. Cliquer sur la molette permettra alors de passer à la chanson suivante (suivant le mode : dans l’ordre, aléatoire, etc.) sans rallumer l’écran, ce qui constitue un très bon point pour économiser la batterie (et n’est pas un luxe pour ce modèle, comme nous le verrons par la suite). Notons enfin que cette fonctionnalité n’est expliquée nulle part alors qu’elle est très utile… elle s’avère être le seul moyen de changer de chanson en mode verrouillé. En revanche, l’unique façon de revenir en arrière ou de mettre en pause, à ma connaissance, consiste à déverrouiller les boutons et à rallumer l’écran…

Charge et autonomie

Concernant le temps de chargement de la batterie, autour de 3,5 heures, je l’ai trouvé relativement long, surtout lorsqu’on le compare à l’autonomie du baladeur.

L’autonomie justement, parlons-en. Le lecteur a tenu environ 6h30 dans les conditions suivantes avant de s’éteindre : volume à 60 sur 100, écouteurs EM32, fichiers FLAC, pas d’utilisation de l’écran à part pour lancer la première chanson. Et d’ailleurs, le lecteur s’éteint sans prévenir ; il coupe net ! En utilisant l’écran pour naviguer, choisir ses chansons, faire des réglages, l’autonomie en prend encore un coup. Pour ceux qui y attachent beaucoup d’importance, l’autonomie risque de faire pencher la balance du mauvais côté, d’autant que la concurrence fait mieux dans cette gamme de prix. Autre point négatif, après quelques petites minutes d’utilisation, l’appareil chauffe pas mal. Pas au point de devoir le reposer, mais cela reste désagréable. On le sent même au travers d’une poche. Un aspect pour le moins dérangeant. Et encore, ce test s’est déroulé en hiver ! Qu’en serait-il en été ?

Le son

Ce test a été effectué exclusivement avec des fichiers FLAC, un peu tous les styles musicaux, avec mes intras moulés Earsonics EM32 et un Fostex TH-X00. À but de comparaison, j’ai utilisé également un Hifiman HM802 avec une carte d’amplification « standard ».

Comme vous allez le découvrir, la bonne symbiose entre la source et les intras / casque est une fois de plus très importante, voire cruciale avec l’Aune M2 Pro. Pour tirer le meilleur de son équipement quel qu’il soit, la bonne « relation » entre les éléments apparaît comme indispensable.

Écoutes avec les Earsonics EM32

Les EM32 ne sont pas anémiques en basses, c’est le moins que l’on puisse dire. Associées au Aune M2 Pro, elles sont bien présentes, peut-être même légèrement mises en avant. En revanche, j’ai trouvé qu’elles ne descendaient pas extrêmement bas ; du moins pas autant qu’avec d’autres baladeurs. Pour qui apprécie des basses et infra basses affirmées mais ne recouvrant pas le reste du spectre (ce que savent bien faire des EM32 bien assortis), force est de reconnaître qu’il manque un petit quelque chose à l’écoute, un manque de profondeur, d’impact, une sensation de très léger « brouillon ». Ça ne « claque » pas comme j’aime l’entendre. Tout ceci me fait me dire à ce moment-là qu’elles ne sont peut-être pas totalement maîtrisées. Pour en finir avec cette partie du spectre, je dirais que je ne les trouve ni vraiment en rondes, ni vraiment sèches : une espèce « d’entre-deux » qui personnellement me laisse dubitatif.

Les médiums ne sont pas mis en avant ; on pourrait presque dire même qu’ils sont légèrement en retrait par rapport au bas du spectre (mais on peut s’y attendre avec les EM32). Les voix qui jouent dans ce registre ne donnent pour autant jamais l’impression d’être masquées ou voilées. Elles sont là, à leur place, mais bénéficient d’un « grain », comme une « coloration », un côté « chaleureux ». Les termes « organique » ou « charnu » me viennent à l’esprit pour qualifier leur rendu. Au-delà de la texture, les médiums sont aussi détaillés, précis, ce qui contribue à un placement net des instruments ou chanteurs. Leur restitution donne un côté légèrement intimiste aux chansons mettant en valeur cette partie du spectre.

Bien définis ; voilà ce qui qualifie le mieux les aigus. Ils sont clairs, nets et bien aérés, ce qui permet là aussi une bonne lisibilité du message sonore. Comme pour les médiums, les instruments de cette partie du spectre ne se marchent pas dessus, on les distingue sans effort. Par contre, j’ai trouvé que cela coupait un peu court en haut, donnant une sensation de manque, notamment par rapport au Hifiman (ou même au Cowon P1 dans mes souvenirs). Le bon côté, si cela peut en être un, c’est que je n’ai jamais noté l’apparition de sibilance ou de stridence. Jamais je n’ai eu les oreilles agressées par le haut du spectre. Le vrai revers de la médaille, selon moi, est une dynamique « tronquée », comme « tassée ». Les EM32, et moi-même bien sûr, aimant bien la dynamique, ils ne s’expriment pas de manière importante en la matière. Sans aller jusqu’à dire que c’est plat et sans vie bien sûr, je sais néanmoins que l’on peut aller plus loin avec les EM32, c’est un point qui m’a un peu frustré lors de mes sessions d’écoutes.

La scène sonore est aérée et plutôt spacieuse en largeur mais le son du M2 Pro ne se déploie par sur une grande profondeur cependant.

En résumé, avec les EM32, le résultat du test est frustrant. On sent que ça pourrait être mieux, mais ce n’est pas le cas ici. Le son n’est pas « fun », pas vraiment enjoué ni musical. Dans l’ensemble c’est plutôt propre si on excepte les basses mal maîtrisées, mais ça n’appelle pas à écouter de la musique je dirais.

Écoutes avec le Fostex TH-X00

Sur la fin de la période de test, une fois mes impressions couchées sur le papier, ma curiosité a pris le dessus et j’ai décidé d’associer mon casque Fostex TH-X00 avec le Aune M2 Pro.

Et là, quelle surprise ! La musique est redevenue vivante ! Les basses sont maintenant maîtrisées ! Il y en a moins, certes, mais c’est normal compte tenu des différences d’approches sur ce registre entre les EM32 et le TH-X00. Elles ne sont plus brouillonnes. C’est comme si une espèce de « filet », qui reliait et mélangeait tout le bas du spectre ensemble avec les EM32 venait d’être retiré avec le Fostex !

Les médiums sont toujours aussi agréables, plaisants et détaillés, légèrement plus présents (là aussi, différences de signature entre les intras et le casque).

Les aigus restent inchangés, toujours coupant un peu courts, mais restant détaillés là aussi.Tout cela participe d’un retour d’une dynamique satisfaisante, qui permet de retrouver enfin une écoute fun, enjouée, bien plus fluide, naturelle et musicale. La légère emphase dans le bas du spectre ne se ressent pas : je mets ça sur le compte de la moins grande présence de cette partie du spectre chez le Fostex par rapport aux Earsonics.

Concernant la puissance, même s’il ne rivalise pas avec un Hifiman 802, elle est suffisante pour une utilisation nomade. Dans mon cas, les EM32 (et même le Fostex TH-X00) ont été amplifiés sans soucis. Le réglage du niveau sonore est d’ailleurs suffisamment progressif et fin pour convenir à tous.

Concernant le souffle, c’est simple, je n’en ai pas entendu, que ce soit avec les EM32 ou le Fostex TH-X00.

Conclusion

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Aune réussi là un très bon lecteur avec le M2 Pro, sans fioriture et allant à l’essentiel. Le raté « Pause/Précédent » mis à part, l’ergonomie est bonne, l’utilisation de la molette bien pensée une fois comprise, l’UI stable, et la puissance satisfaisante pour un appareil nomade. Une grande qualité sonore sera au rendez-vous, pour peu que vous trouviez la bonne symbiose. Le form-factor lui est bon et permet une bonne prise en main.

Un lecteur que je recommande, mais en vous conseillant de tester l’association avec vos intras/casque avant l’achat si vous en avez la possibilité, et auquel je donne la note de 3,5/5 !

Note - gramophone - 3,5

6 réponses à “[Test] Aune M2 Pro

  1. Merci pour ce feedback ! Encore un dap qui aurait pu me plaire sur l’audio, mais qui est à l’ouest question ergonomie quand je le compare à d’autres équipés d’écran tactile pour ne pas citer de marques …

  2. Merci pour ce test ! Il est joli mais bon … La première chose que je regarde c’est l’autonomie et une nouvelle fois je passe mon chemin.

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