Fiio X5   Fiio est un des leaders chinois dans les amplis et DAC nomades abordables, connu notamment grâce à l’E11 ou encore l’E17. Depuis bientôt un an, le constructeur a décidé de se lancer sur le marché des baladeurs nomades en offrant des produits avec le meilleur rapport Q/P possible. De plus, Fiio porte […]

[Test] Fiio X5

Fiio X5

 

Fiio est un des leaders chinois dans les amplis et DAC nomades abordables, connu notamment grâce à l’E11 ou encore l’E17. Depuis bientôt un an, le constructeur a décidé de se lancer sur le marché des baladeurs nomades en offrant des produits avec le meilleur rapport Q/P possible. De plus, Fiio porte une grande attention à la communauté audiophile pour proposer la meilleure expérience utilisateur (et c’est bien le seul constructeur ayant la volonté d’écouter ses clients explicitement).

Si un terme ou une expression vous semble obscur le Lexique de test de Tellement Nomade est là!

Leurs premiers essais de baladeur se sont concrétisés avec le X3. Équipé d’un seul DAC Wolfson WM8740, avec de nombreuses fonctionnalités et un prix plancher. Certes, la signature de ce baladeur est très parti pris, mais on trouve difficilement aussi complet pour moins de 200€.

Après l’annonce du X3, s’ensuivit celle du X5 (baladeur milieu de gamme) et du X7 (baladeur haut de gamme). Le X7 n’étant qu’à ses balbutiements, c’est maintenant au tour du X5 de s’imposer dans le milieu de gamme face aux récents concurrents comme l’ibasso DX90 ou le Sony F886.

Le Fiio X5 se trouve actuellement à 349€ et ne comporte pas de mémoire interne (achat de µSD obligatoire) avec une carte de 32Go, aux alentours de 20€ pour un total de 369€ pour un produit fonctionnel (le F886 est à 329€ avec 32Go et le DX90 à 306€ avec 8Go).
Je remercie Nico0407 de m’avoir laissé en prêt son X5 pendant 2 semaines afin de partager mes impressions.

Leur site officiel : http://fiio.com.cn/products/index.aspx? … =105026016.

Matériel utilisé pour le test :
Custom In-Ear Monitors : Unique Melody Miracle, JHaudio Roxanne universel, Spiral Ears SE5
DAP : Sony ZX1, ibasso DX50

Les Spécifications

Hardware :

  • DAC TI Burr Brown PCM1792A
  • Ampli OP LMH6643 (dual mono)
  • Processeur Ingenics 4760B dual-core 600MHz
  • Batterie 3700 mA / 3,7 V (soit une autonomie d’environ 12 h)
  • Ecran TFT IPS 400×360 pixles, 6 cm (2,4″)
  • Double lecteur microSD : compatible jusqu’à 64 Go (et jusqu’à 512 Go avec les futurs firmwares)
  • Contrôle de volume ALPS à 120 niveaux
  • Sélecteur de gain pour casques
Fonctions de confort :

  • Rechargement par port micro-USB
  • Égaliseur 10 bandes
  • Écran de veille
  • Lecture des tags ID3 (avec support des visuels de pochettes)
  • Ajustement de la luminosité
  • Lecture sans pause (gapless)
  • Balance Droite/Gauche
Formats audio supportés :

  • Formats audio 24 bits / 192 kHz : APE (96 kHz), FLAC, ALAC, WMA (96 kHz) et WAV
  • Formats audio 16 bits / 44,1 kHz : MP3, AAC, FLAC, WAV, WMA, OGG, ALAC
Mesures :

  • Réponse en fréquences : 20 Hz à 20 kHz
  • TDH : < 0,000015%
  • Casques conseillés : de 16 Ohms à 300 Ohms
  • Niveau de sortie casque : > 540 mW pour 32 Ohms et 30 mW pour 300 Ohms
Connectiques :

  • 1x sortie casque mini-jack 3,5 mm
  • 1x sortie ligne 3,5 mm
  • 1x sortie S/PDIF coaxiale
  • 1x port micro-USB (pour transfert de fichiers et mode DAC USB)
Généralités :

  • Dimensions (lxhxp) : 55 x 16 x 109 mm
  • Poids : 195 g

Le Packaging

C’est clairement un domaine où Fiio a toujours excellé. Pour faire simple, il ne manque rien. De nombreux constructeurs devraient faire cet effort (iBasso essaie de proposer un packaging plus à la hauteur avec son DX90 par exemple).

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Le packaging est composé de :

  • Films de protection d’écran (x2) + 1 déjà présent sur le lecteur
  • Câble USB vers mini-USB
  • Câble Coaxial (S/PDIF) vers mini-jack
  • Une housse en Silicone noire (qui attire la poussière)
  • Des bouchons de prise jack femelle 3.5 (x3)
  • Un adaptateur USB vers µSD

A noter qu’une notice plus complète manque quand même à l’appel pour faire un sans-faute.

L’esthétique et la finition

A première vue, c’est un baladeur un peu imposant. Quand on pose à côté de lui un sansa clip cela fait sourire, mais on est en dessous des « poids lourds » dans le genre C4 & DX100.

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Je le trouve à la limite du nomadisme, à cause de son form factor et de son épaisseur, il n’aurait pas fallu quelques centimètres supplémentaires. Il est toujours transportable dans une poche, mais, les petites mains vont avoir du mal à le manipuler.

Lorsque l’on saisit pour la première fois le X5, une chose choque : son poids… 200 grammes. En effet, ce baladeur est pour moi trop lourd. Il a failli m’échapper des mains plusieurs fois du fait de son poids : cela rend la manipulation fatigante et il vaut mieux éviter de courir après son bus.
Je ne suis pas vraiment convaincu par le form factor qui le rend plus facile à utiliser lorsque vous êtes posé plutôt qu’en mouvement, ça manque de nomadisme !

Niveau esthétique : sobre, un petit côté steam punk/star wars agréable qui donne une vraie identité visuelle au produit.
Le boitier aluminium est très bien fini, je n’ai noté aucun défaut sur l’usinage, l’assemblage, les connectiques et les boutons. C’est très propre et cela donne confiance jusqu’au moment où votre pouce vient se poser sur la molette du baladeur. Il s’avère que la molette possède un jeu d’un bon demi-millimètre qui m’a fait demander si mon produit n’avait pas un défaut de fabrication. N’étant pas le seul à l’avoir constaté, cela me déçoit car nous avons un baladeur très très bien fini avec une roue de défilement qui fait peur quand à sa solidité et sa durée de vie.

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Il vous prendra toute la main et les boutons ne sont pas vraiment optimisés pour une utilisation à une main (on reviendra plus tard sur la navigation dans l’UI)

On retrouve sur la tranche supérieur les différentes connectiques la sortie casque en 3.5mm, la Line-out en 3.5mm, le reset, la sortie Coaxial en 3.5 et le bouton on/off. Sur la tranche latérale gauche, nous avons les deux boutons pour le volume + et –. La tranche inférieure comporte deux slots µSD et la prise mini-USB
Sur la face avant nous avons son écran en sur-épaisseur d’une définition, largement suffisante en format 4:3 de 2.4 pouces, TFT IPS 400×360 pixels non tactile.

L’ergonomie

Le démarrage du baladeur se fait en 6-8 secondes environ et l’extinction en 6 secondes environ.

C’est un grand moment que de découvrir l’ergonomie de ce X5 (je tiens à préciser que je trouve le DX50 ou encore le F886 intuitifs). Pour faire simple, j’étais complètement perdu au début. Le X3 se prend beaucoup plus facilement en main et j’aurais apprécié qu’ils améliorent l’interface du X3 plutôt que de repartir complètement à 0 avec le X5.

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On se retrouve sur une interface assez lisible avec des menus qui sont logiques. Les couleurs choisies rendent la lecture de l’écran agréable et rapide. Au premier tour de molette, je m’aperçois que la vitesse de défilement n’est pas linéaire par rapport à la vitesse de rotation de la roue avec mon doigt. Un véritable casse-tête où parfois j’ai passé 15 secondes pour arriver à sélectionner un menu alors, qu’avec un iPod, on a réellement une sensation de fluidité et de précision dans la navigation.
J’ai aussi mis beaucoup de temps à m’habituer à la touche retour qui se situe sur le bouton en haut à droite de la molette, alors que tous les baladeurs du marché (X3 inclus) situe toujours la flèche de retour sur la gauche. J’ai écouté Castleofargh qui m’a fait l’excellente suggestion d’utiliser le baladeur de la main gauche, ce qui m’évita de recommencer une énième fois de me tromper !

Il est nécessaire de faire un scan manuel des carte µSD sauf qu’il faut savoir où trouver cette option (mais pourquoi ne l’ont-ils pas mis en automatique, nativement ?). Il faudra vous engager dans une quête similaire pour changer le gain (aucune option présente dans l’écran de lecture pour la changer directement).

Je trouve que la roue et les différents boutons sont bien utilisés dans les menus mais beaucoup moins lorsque vous êtes dans l’écran de « lecture en cours ». La première chose qui me gêne est que les boutons pour changer de piste sont en bas du lecteur et non ceux situé au centre du baladeur, ce qui rend la manipulation un peu difficile avec le pouce. Les boutons du centre permettant à droite de changer les options de lecture et à gauche d’effectuer un retour arrière dans le menu. La molette sert à se balader dans le répertoire de lecture et l’on peut faire varier le son en appuyant quelques secondes sur le bouton play et changer le volume.

Le lecteur comporte pas mal de raccourcis avec les touches et j’aurais apprécié la présence d’un manuel dans le packaging pour pouvoir en profiter pleinement dès le début plutôt qu’en galérant plusieurs jours.

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Quelque chose me gêne aussi comme l’impossibilité de lire tout le répertoire d’un artiste.

Je n’ai eu aucun bug avec mes cartes µSD, mes tags et mes fichiers.

Le volume sonore

Avec 120 niveaux de volume et 2 gains paramétrables dans le menu du baladeur (High et Low gain), ce baladeur est très puissant. Il alimente facilement le matériel gourmand et offre une large plage de volume exploitable.

L’autonomie

L’autonomie de baladeur est annoncée autour de 12h, j’ai atteint plusieurs fois 11h d’écoute avant de voir le lecteur mourir entre mes doigts.
C’est une autonomie vraiment minimum pour mon utilisation (pour moi, une autonomie correcte débute à 15h d’utilisation).

Le volume de stockage

Petit point noir pour ce baladeur, Il n’y a aucun espace de stockage interne sur le Fiio. Il faut malheureusement acheter une carte µSD pour pouvoir profiter du baladeur. En contrepartie, Fiio a prévu 2 slots µSD, ce qui permet (si votre banquier vous l’autorise) d’utiliser 2 cartes de 128 Go et ainsi avoir un espace de stockage plus que conséquent (mais pas forcément utile).

La synergie

Le X5 est un baladeur difficile à appairer :
– Avec les SE5, la combinaison était trop chaleureuse.
– Avec les Roxanne, le haut medium présentait une dureté dérangeante qui rendait l’écoute fatigante.

C’est avec les Miracle qu’il s’est le mieux exprimé, car n’étant pas légèrement chaleureux comme les SE5 et sec comme les Roxanne, la pointe de chaleur du X5 venait bien compléter la signature de ces intras.

Un casque V-shape dynamique et pas trop sec dans les hauts médiums devrait parfaitement convenir avec ce baladeur.

Le son

Le premier mot qui vient à l’esprit lors de l’écoute du X5, c’est « cohérence ». Les différents registres sont liés naturellement et offrent une réelle sensation d’ensemble. La signature sonore et globalement neutre avec un léger côté chaud.

Aucun bruit parasite même avec mes intras sensibles comme avec le X3. C’est un très bon point.

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Parlons plus précisément des différents registres :

Infra-basses

Le X5 manque d’extension dans ce registre, sur toutes mes musiques test comportant des sons dans les infra-basses des notes disparaissent ou perdent énormément en niveau sonore. Je trouve globalement que le X5 manque de punch et de dynamique et se prête plus facilement à une écoute canapé même avec du matériel qui tape (Roxanne avec +12dB dans les sub-bass).

Basse

Pas le lecteur le plus rapide mais, je n’ai pas eu de sensation de lourdeur sur les styles rapides. Ça manque globalement de tension et cela offre des basses à la frontière entre un rendu dynamique et un rendu baveux mais en contrepartie, on a l’impression d’avoir peu de changement de rendu entre les différents enregistrements.

Bas-médium

Les bas-médium sont un peu mis en avant dans la signature, ce qui fait bien ronronner les basses sans pour autant avoir la sensation d’un manque de contrôle, ça sonne plein et texturé.

Médium

Les médiums sont plus transparents, ce qui permet aux voix et aux guitares de se détacher de l’ensemble. Le surplus de bas-médium appuie un peu la dynamique d’ensemble et offre un ensemble doux sans s’éloigner d’un rendu équilibré. Le médium est clairement la force de ce baladeur, qui distille la musicalité et la transparence en douceur.

Haut-médium

Moins agressif que le X3 dans le haut-médium, il faut quand même faire attention à l’appairage, cette zone en passe pas du tout sur les Roxanne ou les EM32 qui donne une restitution très sèche voir métallique sur ce registre alors que sur mes autres intras je n’ai eu aucun problème. Aucune agressivité sous réserve d’être couplé à la bonne paire d’écouteurs/casque.

Aigus

Comme les infra-basses, les aigus manquent d’extension et d’harmoniques. On entend facilement la coupure sur les cymbales ou le piano, ils sont pourtant équilibrés, non sibilants et détaillés. On aimerait juste que ça monte plus haut.

Le soundstage

Il est moins frontal que la plupart des baladeurs que j’ai essayés, la distance entre la musique et l’auditeur est palpable en profondeur et le X5 offre un très bon étagement des sons en hauteur. La profondeur et largeur sont comparables mais dans la profondeur les sons sont présents sur un unique plan : aucune aération dans la profondeur et une séparation presque inexistante (qui offre peu d’aération). Une image simple pour vous représenter la chose c’est comme si la musique était placé sur un tube autour de votre tête (à 5-10cm de vos oreilles) : de la hauteur, mais un seul plan dans la profondeur où toute la musique se trouve.

Cela noie les détails dans la masse au lieu d’aérer l’ensemble pour lui donner un effet holographique, cela fait perdre pas mal d’immersion à l’écoute et gâche un peu le plaisir

Pour parler comparaison, il est supérieur au DX50 dans son rendu global (cohérence/timbre) mais inférieur sur le plan technique (soundstage/détail/extension).

La conclusion

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Le X5 est pour moi à l’image du X3, le produit d’une entreprise qui se lance sur un marché et qui se cherche encore.

D’un côté, on nous offre un lecteur plaisant à l’écoute que tout le monde peut apprécier facilement grâce à la sensation de cohérence qui s’en dégage mais qui comporte de nombreuses lacunes techniques comme le manque d’extension, un soundstage qui manque d’articulation, de séparation et d’aération.

De par sa signature et son gabarit, je ne trouve pas forcément le X5 nomade mais plutôt un baladeur « maison ». Un tout offrant une signature plaisante, légèrement chaleureuse qui n’est pas des plus dynamiques et un poids conséquents. Clairement, un baladeur qui s’apprécie au calme.

Le X5 vaut son prix mais ne vous attendez pas à un « Killer DAP » comme certains s’évertuent à le présenter. Ce que j’ai entendu pendant ces 2 semaines me donne énormément confiance dans les futurs produits de Fiio car finalement ce baladeur, malgré ces défauts, n’est pas une déception mais souffre clairement d’un manque d’expérience du constructeur.

Ony

Un topic est dedié au test, n’hesitez pas à venir discuter !

ony

4 réponses à “[Test] Fiio X5

  1. Le vocabulaire employé, le découpage du spectre en moult zones, tout cela montre clairement la personne totalement non audiophile. Alors hormis le look et l’ergonomie, ce test ne vaut pas un clou. On craint presque qu’il ait écouté du mp3…

    1. Oui, je te rassure, l’oreille humaine à encore la capacité d’entendre des fréquences inférieurs à 50Hz (début de la zone infra/sub-basse). Je t’invite à le découvrir par toi-même en allant faire un test d’audition orl gratuit en centre hospitalier.

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