L’entreprise stéphanoise, réputée pour ses enceintes haute-fidélité, avait déjà mis un pied dans le monde nomade avec ses casques Spirit. Focal renouvelle l’expérience nomade en s’attaquant cette fois aux intra-auriculaires. Partie d’une feuille blanche, la société souhaite nous offrir un son digne de celui de ses enceintes et s’appuie sur son savoir-faire pour nous livrer […]

[Test] Focal Sphear

L’entreprise stéphanoise, réputée pour ses enceintes haute-fidélité, avait déjà mis un pied dans le monde nomade avec ses casques Spirit. Focal renouvelle l’expérience nomade en s’attaquant cette fois aux intra-auriculaires. Partie d’une feuille blanche, la société souhaite nous offrir un son digne de celui de ses enceintes et s’appuie sur son savoir-faire pour nous livrer les Sphear qu’elle propose au prix de 129€.

Avec leur design particulier, ces écouteurs ont été conçus pour permettre de longues sessions d’écoute sans faire ressentir la moindre gêne. C’est ce que nous allons vérifier !

Cadre du test

Focal m’a prêté les Sphear dans le cadre d’un partenariat avec Tellement Nomade et j’ai pu les tester pendant un mois et demi sur de courtes sessions d’écoutes (vous trouverez les raisons plus bas).

La source principale utilisée est un iBasso DX50 ; j’ai également affiné mon écoute sur un Sony S639F, plus neutre.

Dans la même gamme tarifaire, j’ai possédé des TDK BA200 et j’écoute maintenant les EarSonics SM64. J’aime avoir un son plein avec des graves présents et bien maîtrisés, la séparation des instruments et le timbre des voix sont également très importants pour moi.


Caractéristiques techniques

  • Type Intra-auriculaire fermé
  • Impédance 16 Ohms
  • Sensibilité (SPL 1mW 1kHz) 103 dB
  • THD 1mW [50 Hz : 10kHz] <0,3%
  • Réponse en fréquence 20 Hz – 20 KHz
  • Capsule électrodynamique 10,8 mm Mylar
  • Microphone Omnidirectionnel
  • Poids 15 g
  • Technologie Bass Reflex

 

Packaging

Les Sphear sont livrés dans une boîte rectangulaire mettant en évidence les écouteurs.

Boite Sphear

On retrouve à l’intérieur tout ce que l’on peut attendre dans cette gamme tarifaire, à savoir :

  • Six paires d’embouts
    • Silicones S/M/L
    • Mousses S/M/L
  • Une housse semi-rigide pratique, permettant de loger les écouteurs
  • Un adaptateur avion

Packaging Sphear

Design et ergonomie

Sur le papier

Focal propose des écouteurs au design sphérique. La coque est dès lors censée déporter le poids des intras dans la partie inférieure du pavillon de l’oreille et donc améliorer le confort d’écoute.

Le volume occupé par les écouteurs est conséquent, les Sphear étant équipées d’un driver dynamique de 10,8 mm de diamètre.

Ces écouteurs sont dotés d’une télécommande et d’un microphone sur le fil de l’écouteur gauche, ce qui permet de piloter un smartphone Android ou iOS et de passer des appels.

Dans les faits

Les Sphear sont bien finis et laissent une impression de solidité (leur poids n’y est sûrement pas étranger). La coque est composée de plastique dur brillant, le câble venant rejoindre l’écouteur via une bague en plastique mat (qui ne manquera pas d’attraper la poussière), tandis que la grille extérieure en acier est assortie du logo Focal.

La télécommande vous proposera différentes fonctions suivant le nombre d’appuis consécutifs :

  • Une pression : lecture/pause ou décrocher/raccrocher
  • deux : piste suivante
  • trois : piste précédente

La télécommande sert aussi de splitter, mais elle s’avère à la fois volumineuse et mal placée : la jonction des câbles est à mon sens bien trop éloignée pour permettre un enroulage pratique des câbles (l’absence de serre-câble n’arrangeant rien).

On saluera en revanche le jack, coudé à 45°, pratique et semblant résistant.

Câble Sphear

Une forme originale… qui ne convainc pas

Ces écouteurs, de forme sphérique donc, ont une canule plutôt courte, ce qui en fait plutôt des semi-intras que des intras. Il est donc difficile de les enfoncer profondément à cause de leur conception et de trouver un seal convenable : l’isolation est plutôt moyenne et j’ai eu du mal à me retrouver dans ma bulle lors des séances d’écoute nomade.

Autre point négatif, le fit est difficile à obtenir à cause des écouteurs qui viennent rapidement au contact du pavillon. Pour ma part, des douleurs sont apparues au bout d’une quarantaine de minutes de port.

Bien que le design soit original et que l’idée semble bonne a priori, j’ai pu constater un véritable manque de confort, ainsi qu’une difficulté à trouver une position permettant une bonne isolation.

Et le son dans tout ça ?

Alors que Focal annonce un son neutre, les Sphear nous offrent un son plein et flatteur, avec une signature chaude en V. L’écoute est dynamique, tournée vers les basses. Malheureusement, ces dernières manquent de contrôle et le bas du spectre a tendance à prendre le dessus. Les voix disposent en revanche de beaux timbres et sont bien retranscrites. L’aigu, quant à lui, se révèle agressif au fil de l’écoute et manque de définition.

La spatialisation est plutôt bonne, avec une scène sonore large. L’ensemble n’est néanmoins pas très précis à cause de l’omniprésence des basses et cela s’accentue lorsque les instruments se multiplient.

Graves

Force est de constater que les Sphear sont portés sur les basses. Ce registre est cependant trop présent et n’est pas bien maîtrisé, ce qui donne une impression de flottement et de flou généralisé.

Cette impression est accentuée par le manque d’attaque et de rapidité : les coups de grosse caisse ne donnent pas cette impression de tenue du grave et ressortent plus « BOW ! » que « POW ! ». Ceci se ressent en particulier sur le métal, où les intras ont du mal à suivre la double pédale.

La résonance des notes n’est pas mieux maîtrisée et celles-ci flottent dans l’espace, ce qui contribue au manque de définition du son.

On se retrouve donc avec un registre mis en avant, mais mal défini et qui recouvre le reste du spectre.

Médiums

Il s’agit sans doute du point fort de ces écouteurs. Dans ce registre, le son est précis, dynamique et nous ferait presque taper du pied.

Les attaques des percussions sont cette fois nettes et le son semble bien plus cohérent dans cette partie du spectre que dans le grave.

Le bas médium est propre, bien défini et le son est bien plein. Les guitares saturées disposent d’une belle texture et ont du corps ! Quant aux voix, leurs timbres sont justes et réalistes, elles sont très bien retranscrites et bien texturées.

Le creux du V est donc paradoxalement la partie que j’ai le plus appréciée puisque l’aigu n’est pas exempt de défauts.

Aigus

Les aigus manquent, comme les basses, de définition et de propreté. Les cymbales s’atténuent rapidement et sonnent assez métalliques.

La résonance des fûts et le timbre des cymbales confèrent à la batterie un aspect jouet.

Mais ce n’est pas le principal point noir… On ressent un pic lors de l’écoute des cymbales, des sifflantes, de la sibilance ! Dès que l’on monte le volume, on n’entend presque plus que ça et l’écoute en devient fatigante.

Spatialisation et détail

Les Sphear disposent d’une bonne latéralisation, avec une scène large et bien occupée. Cependant, les instruments ne sont pas bien séparés et le son est globalement flou ; il est difficile de bien détourer chaque partie. Les écouteurs manquent également de rapidité.

De plus, la définition du son et le rendu global se dégradent au fur et à mesure que la musique se complexifie, comme si les drivers n’arrivaient pas à fournir sur toute la plage.

Sources

La plupart des écoutes ont été réalisées avec un iBasso DX50 et quelques-unes avec un Sony S639F afin de confirmer l’analyse.

Les Focal m’ont paru plus doux sur ce dernier : le médium est plus avant et on ressent moins la signature en V des écouteurs. On retrouve cependant, même s’ils sont moins marqués, les mêmes défauts qu’avec la première source : manque de précision et de rapidité des basses et agressivité des aigus.

Ainsi, il faudra éviter les sources en V pour éviter le double effet kiss-cool.

Impressions sur quelques morceaux

Les écoutes ont été réalisées avec un DX50 et des fichiers encodés en FLAC ou MP3 320kbps.

Antoine Dufour – These moments 

Les harmoniques du début sont superbes et le haut médium est texturé. Au fur et à mesure que la musique se complexifie, on perd cependant en précision et les notes ne sont plus très bien définies.

Katie Melua – Piece by Piece

La voix est présentée de manière frontale et dispose d’un beau timbre. L’ensemble des instruments est bien posé, mais la basse vient trop prendre le dessus à mon goût. Encore une fois, la batterie n’est pas très précise. C’est surtout la sibilance que ce morceau vient pointer du doigt. Toutes les sifflantes (accentuées par la réverb) brouillent l’écoute.

K’s choice – Another Year

La scène sonore est large sur ce morceau, mais la séparation n’est pas exemplaire : tout semble se mêler dans un joyeux sac de nœuds et le grave vient trop recouvrir les autres registres.

Marcus Miller – Hylife

La basse rapide et précise de Marcus est ici très agréablement retranscrite parce qu’elle est jouée dans son registre le plus aigu. Le son est dynamique et bien défini. Cependant les percussions graves en arrière-plan semblent ne pas avoir d’attaque et flottent.

Manu Katché – Drum Solo de Live in Concert

Sûrement une des meilleures prises de batterie que j’ai pu entendre. Et là encore le tout manque de précision ! Les notes s’éteignent à mon goût trop rapidement et les toms résonnent sans être maîtrisés. Les intras peinent à fournir le sustain suffisant pour donner un timbre réaliste à cette batterie.

Pink Floyd – The Great Gig In The Sky

Ce morceau illustre parfaitement les difficultés des Sphear lorsque la musique se complexifie. Au tout début, le timbre du piano est superbe, mais sa résonance diminue au fur et à mesure que les autres instruments rentrent. Le solo de voix est en revanche magnifique, quoiqu’un peu en retrait, avec une belle texture et un timbre clair. Les nappes de synthé sont corpulentes. La fin du morceau, avec le trio piano/voix/basse est beau, tout est propre, bien défini et à sa place.

Conclusion

Les Sphear ne sont pas au niveau auquel je les attendais en tant qu’amateur du son Focal. Je n’ai pas été convaincu par ces écouteurs, que ce soit au niveau du design ou du son.

Leur forme sphérique s’avère finalement très peu confortable et il m’a été difficile de les écouter plus de 40 minutes d’affilée. De plus, l’isolation n’est pas exemplaire puisqu’il s’agit de semi-intra et l’on se retrouve vite à devoir monter le volume.

Et plus le volume augmente, plus l’écoute est fatigante : les aigus deviennent agressifs et les basses imprécises. L’utilisation d’un DAP à signature neutre voire en V ne fera qu’accentuer ces défauts. On peut néanmoins souligner la justesse et la corpulence des médiums. Alors que sur des morceaux simples, les timbres sont bien respectés, les Sphear peinent sur des morceaux rapides ou lorsque les instruments se multiplient. Dans cette gamme tarifaire, on trouvera sûrement mieux, notamment au niveau de la précision ou du contrôle des basses.

Un premier essai qui s’avère donc peu concluant pour le fabricant français. Je m’attendais à mieux au vu de leurs autres produits et des prouesses annoncées. Reste à espérer que le prochain modèle sera plus abouti. En l’état, les Sphear méritent une note de 2,5/5.

Merci à Focal pour le prêt des écouteurs, ainsi qu’à Vic pour son aide dans la rédaction de cet article.

7 réponses à “[Test] Focal Sphear

  1. Merci pour le test !
    Ca n’a pas dû être facile de le mener jusqu’au bout, si on tient compte des défauts que tu soulignes… Bel effort de ta part :)

  2. Article très sympa, bravo Blaaaaaaaaaax.
    Un seul bémol : il manque pour les néophytes une définition de ce que c’est qu’un son en V. :)

  3. Merci beaucoup pour ce test qui permet de comprendre ce qui t’a plu, et ce qui t’a moins convaincu. De la bonne information bien dense !

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