C’est au tour du dernier intra-auriculaire haut de gamme de la marque InEar, les ProPhile-8, d’être testé par Fabaaroan… Bonne lecture ! Depuis plusieurs années déjà, InEar a séduit bon nombre de personnes au travers de ses différentes réalisations ; notamment les intras StageDiver Series. Ils ont su imposer un style propre en concevant des écouteurs universels […]

[Test] InEar ProPhile-8

C’est au tour du dernier intra-auriculaire haut de gamme de la marque InEar, les ProPhile-8, d’être testé par Fabaaroan… Bonne lecture !

Depuis plusieurs années déjà, InEar a séduit bon nombre de personnes au travers de ses différentes réalisations ; notamment les intras StageDiver Series. Ils ont su imposer un style propre en concevant des écouteurs universels ressemblant presque à des intras-auriculaires de type Custom (donc sur-mesure).

Leur confort a toujours été exemplaire et la qualité sonore au rendez-vous. Au fur et à mesure des sorties de leur modèles, InEar est monté en gamme jusqu’au SD4. Leur dernière innovation, le tout nouveau haut de gamme, a été présenté au mois de septembre 2016 lors d’un salon à Munich. Il s’agit des ProPhile-8. Ils y ont reçu un bon accueil et c’est avec plaisir que nous vous présentons leur test, rendu possible par Marco Ramish et l’équipe de InEar.

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Caractéristiques techniques

Il s’agit d’intras conçus autour de 8 drivers de type Balanced Armature (4-ways crossover), avec une impédance de 34 Ohms et une sensibilité de 120 dB, et deux switchs : basses et aigus.

Au niveau du packaging, les ProPhile-8 sont accompagnés des accessoires suivants :

  • Une boite de transport de type Pelican (un peu plus allongé que la moyenne),
  • Des embouts en silicone maison,
  • Des embouts spinfit,
  • des embouts comply,
  • un adaptateur jack 3.5/6.5,
  • Un outil pour de nettoyage.

Mais également et c’est à signaler :

  • des lingettes nettoyantes,
  • une pastille déshumidificatrice (pour tenir vos écouteurs au sec),
  • et enfin deux jeux de filtres interchangeables (protection anti-cérumen), de couleur rouge pour le côté droit et bleu pour le gauche.

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La grande originalité dans ce packaging réside dans ces fameux filtres que vous pourrez changer vous-même (le mode d’emploi est fourni) en fonction de leur état afin d’éviter d’avoir des filtres encrassés. Il s’agit manifestement d’une excellente idée.

Les ProPhile-8 sont par ailleurs fournis avec un câble stock classique (du même type que celui fourni par EarSonics par exemple). Je l’ai trouvé peu pratique notamment à cause du guide-câble derrière l’oreille beaucoup trop long. Mais bon, il sera toujours possible de changer de câble et en choisir un plus ergonomique…

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Confort et fit

InEar est réputé pour la qualité de finition de ses écouteurs mais également pour leur confort très proche de celui des intras auriculaires sur-mesure. Les ProPhile-8 ont donc été conçus en respectant cette ligne de conduite et il suffit de regarder les photographies pour s’en rendre compte. La finition est noir mate, assez classe, tout en étant le plus neutre possible (rappel à la philosophie de l’intra ?). Au niveau de la forme de l’intra, on se rapproche vraiment d’intras conçus sur-mesure bien qu’étant universel (cf photo).

Pourtant volumineux, l’écouteur se loge facilement dans l’oreille. Les angles sont marqués (reprenant les formes de la conque) et peuvent se révéler légèrement douloureux en fonction de la taille et du type d’embouts choisis. Dans mon cas, j’ai ressenti une légère gêne avec l’angle un peu marqué situé en bas de l’intra (ce dernier appuyant sur le cartilage de l’oreille), mais j’ai réussi à la faire disparaître en changeant d’embouts.

Je vous conseillerais donc de prendre le temps pour choisir les embouts les plus adaptés, tant à votre oreille qu’au niveau du son. D’ailleurs, le rendu sonore est assez dépendant des embouts choisis. Personnellement j’ai obtenu le meilleur rendu avec des embouts JVC Spiral Dots, mais au final le meilleur rapport confort/son a été obtenu avec les Spin-Fit fournis.

Par ailleurs le gros avantage de cette forme d’écouteurs est le niveau d’isolation qui est remarquable avec cet intra universel, donnant ainsi l’impression de porter un intra sur-mesure au niveau de l’isolation. Une belle réussite sur ce plan.

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Un son modulaire

Une dernière particularité des ProPhile-8 réside dans la présence de deux switchs, un pour les basses (+3 dB) et un pour les aigus (+2 dB).

Ces deux switchs sont situés non pas sur l’extérieur mais à l’intérieur de l’intra, dissimulés dans le corps même de l’intra. Par conséquent pas de switch protubérants comme cela existe déjà sur certains modèles. Par contre, pour les actionner, il faudra utiliser l’outil de nettoyage car leur accessibilité est un peu plus difficile (cf photo).

Concernant les switchs, il n’existe que deux positions possibles : soit ils sont désactivés (position vers l’intérieur de l’intra), soit ils sont activés (position vers l’extérieur de l’intra). Dans ce dernier cas, le changement sera pour les aigus de plus 2 dB et pour les graves de 3 dB. Bien sûr les switchs peuvent être mis en oeuvre de manière indépendante permettant ainsi d’obtenir en tout quatre signatures sonores différentes.

De quoi satisfaire bon nombre d’audiophiles ? A voir avec le rendu musical.

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Le rendu sonore

Les ProPhile-8 ont été conçus pour sonner comme un intra dit « de référence » (le plus neutre possible) sans activer les switchs. Dans ce cas, le rendu sonore est particulièrement neutre avec une cohérence remarquable.

Les basses sont percutantes mais pas gonflées, elles ont tendance à être un peu sèches (assez proche finalement du rendu des basses des Beyer-Dynamics). Les médiums ne sont pas colorés. Ils sont certainement les plus neutres que j’ai pu entendre. Au départ, ils pourraient paraître en retrait mais ce n’est pas le cas, ils sont aussi présents que le reste des fréquences et permettent de bien apprécier le niveau de détail excellent qu’offre les ProPhile-8.

Que ce soit dans le rendu des guitares ou des voix, jamais la fatigue auditive ne s’est fait ressentir. On obtient un beau mordant au niveau des guitares, sans agressivité. Les voix m’ont paru manquer un peu de corps et de matière dans cette position (mais j’y reviendrai plus tard).

Dés qu’il est question de signature neutre, le traitement des aigus fait toujours un peu peur mais là encore le travail est bien réalisé. La transition médiums/aigus se fait en douceur et aucune sibilance n’a été remarquée. Le rendu des violons est d’ailleurs très intéressant, tout comme celui des cymbales (un bon point pour les amateurs de musique classique).

Soundstage

J’ai été particulièrement impréssionné par l’espace sonore proposé par les ProPhile-8, non pas du fait de sa taille ou de son étendue, mais par sa cohérence et le placement proposé. L’intra sait s’adapter au style de musique écouté. Il peut être à la fois intimiste sur de l’acoustique et plus imposant sur des ensembles classiques.

Hormis le soundstage, j’avoue avoir été bluffé par la finesse des détails proposés par ces ProPhile-8. Le rendu des guitares accoustiques est par exemple l’un des meilleurs que j’ai entendu sur des intras. On obtient à la fois le timbre et la résonnance des cordes tel que joué au naturel.

Il est temps maintenant d’évoquer les changements perceptibles en jouant avec les switchs.

Les switchs

Switch « bass »

Si en position neutre, les ProPhile-8 semblent un peu sage dans ce registre, il suffit d’activer le switch situé le plus bas pour booster un peu cette fréquence. Ils offrent alors 3 dB en plus, situés d’après les premiers retours entre les fréquences 300-100 Hz. Ce bouton ne transformera pas les ProPhile-8 en écouteurs « basseux », la nuance étant minime mais parfaitement audible.

Elle ajoute en réalité des sub-basses avec des bas-médiums plus colorés. Cette petite bosse a pour effet de placer les médiums légèrement en retrait. Cette position s’avère ainsi intéressante pour des musiques demandant plus d’impacts dans les basses et également pour calmer – si le besoin s’avère – les voix de chanteurs un peu trop montantes.

Switch « treble »

En l’activant vous obtiendrez un gain de 2 dB (perceptible au niveau des fréquences entre 6.5 et 7.5 kHz). Je vous rassure de suite : en utilisant cette option le rendu n’est pas agressif, juste un peu plus clair, en restant toujours aussi doux et transparent dans le respect des médiums.

J’ai ainsi trouvé que cela apporte un peu plus d’espace sonoreA ou du moins une impression d’aération assez agréable, notamment sur de l’acoustique cette fois-ci.

Quelle position choisir ?

Vous l’avez compris l’ajout de ces deux switchs permet d’obtenir quatre réglages et il sera possible de choisir celui qui sera le plus adapté soit aux styles de musique, soit au lecteur (en lieu et place de son égaliseur).

Personnellement, après avoir joué sur le switch de basses, j’ai trouvé le rendu sans aucune activation trop neutre, un peu trop plat pour mes oreilles (du moins avec le Sony NW-WM1A). C’était le cas notamment sur le morceau live Sultans of swing de Dire Straits : la batterie manquait d’impact et la guitare de mordant (elle ne se détachait pas assez). J’ai donc écouté les ProPhile-8 avec le swicth de basses activé en permanence et j’ai joué ensuite avec le deuxième bouton en fonction des styles de musique écoutés.

Sur de la musique Pop ou Electro, j’optais pour une écoute avec uniquement les basses en position active et sur de l’Acoustique, j’activais les deux switchs. D’ailleurs je tiens à souligner que dans ce « tuning », les ProPhile-8 sont impressionnants sur de l’Acoustique ou de la Folk. Par exemple, sur le titre The Blower’s Daughter de Damien Rice, on obtient un rendu très cohérent mixant harmonieusement la guitare (chaleur et un très bon decay), la voix (douceur) et les violons (extension dans les aigus).

On notera par ailleurs, avec l’ensemble des switchs activés, une tendance à plus de résonance et d’effet de « reverb » (notamment dans les voix). Si cet effet peut paraître intéressant, en permettant d’obtenir un effet de profondeur plus marqué, cela pourra peut sembler manquer légérement de texture et de matière pour certains.

Pour conclure au niveau du son, j’ai trouvé les ProPhile-8 d’une finesse et d’une fluidité remarquable dans leur rendu. Ils n’oublient pas de rester musicaux – avec notamment le switch des basses activé – malgré leur côté « référence ».

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Comparatifs

Afin de les situer un peu mieux au niveau de leur rendu, je vais terminer par deux comparaisons, à savoir les Campfire Andromeda (conçus autour de 5 drivers à armature équilibrée) et des Oriolus Oriolus (composés d’un driver dynamique et de 3 drivers à armature équilibrée).

Campfire Andromeda

En comparaison directe, on notera que les Andromeda ont des médiums mis en avant, des bas-médiums plus ronds et peut-être un peu moins d’extension dans les aigus. Le rendu général est ainsi plus soft et plus coloré. Les médiums des Andromeda (plus doux) feront passer ceux des ProPhile-8 comme trop froids ou trop droits. Avec le switch bass activés, les Andromeda pêchent au niveau de l’impact sur les sections de batterie. Les ProPhile-8 offrent un rendu plus percutant dans ce registre (dû aux basses plus détourées) tandis que les Andromeda sont plus lissés, un peu trop mous à ce niveau.

En ce qui concerne le soundstage, les Andromeda restent les rois de l’espace, plus large que leurs concurrents. Les ProPhile-8 optent pour un soundstage plus contenu avec un bel effet de profondeur. Si vous souhaitez un intra plus résolvant vous opterez alors pour les ProPhile-8. Ils offrent une plus grande définition et résolution (du fait du côté plus fin du rendu, certainement) avec également un meilleur équilibre entre les voix et la musique. Les voix sont plus marqués sur les Andromeda.

Un petit exemple sur le titre Live Sultans Of Swing (Alchemy Live) de Dire Straits : par rapport aux Andromeda, les ProPhile-8 proposent un rendu plus impactant en bas du spectre et avec tous les switchs activés ; plus de fougue avec beaucoup de vie et d’aération. L’effet Live est ainsi mieux rendu que sur les Andromeda qui adoucissent un peu trop l’ensemble ; mais qui proposent de leur côté une meilleure articulation entre les médiums et les aigus.

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EarSonics S-EM9

D’entrée on notera de fortes différences dans le traitement des basses et des médiums entre les deux écouteurs. Sur les S-EM9, les basses sont plus gonflées et les sub-basses beaucoup plus présentes quand le switch basses n’est pas activé sur les ProPhile-8. Les basses des ProPhile-8 sont plus tendues et atteignent un niveau d’impact tout à fait respectable. Elles sont juste moins imposantes et moins texturées que celles des S-EM9. Le traitement des médiums est d’une philosophie aussi bien différente. D’un côté vous aurez une rendu plus mat et plus sensuel pour les EarSonics, alors que les ProPhile-8 jouent la carte de la neutralité.

Au niveau de l’espace sonore proposé, les deux intras font jeu égal, sans activation de switch. Seul le rendu plus clair – avec le switch des aigus activé – apporte un soundstage légèrement plus aéré. Les ProPhile-8 apparaitront plus résolvants mais les S-EM9 privilégient le côté musical et sensuel. Les S-EM9 ont une excellente définition, mais le côté plus clair des ProPhile 8 permettra de percevoir avec plus de facilité les détails.

Au final, entre les deux c’est assurément une histoire de goûts : je prendrais bien les deux, d’ailleurs.

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Oriolus Oriolus

Même s’il s’agit d’intras de conception différente – de type hybride, utilisant un driver dynamique – J’utilise souvent cet intra comme référence dans mes comparatifs. La grande force des Oriolus réside dans leur présentation avec un soundstage extrêmement vaste, tant en largeur qu’en profondeur. De leur côté les ProPhile-8 ne déméritent pas, offrant encore une fois un soundstage certes plus mesuré, plus traditionnel, mais avec suffisamment d’espace. Avec les Oriolus la musique vous entoure alors qu’avec les ProPhile-8 elle restera plus proche et donc plus palpable.

La plus grosse différence entre ces deux intras tient surtout dans leur rendu sonore et leur signature. Les médiums des Oriolus sont plus chauds, les basses plus présentes avec un decay plus important (merci le driver dynamique) et les aigus coupent plus tôt que sur les ProPhile-8. Ces derniers « groovent » moins que les Oriolus (les rois en la matière !), et leur médiums sont moins charmeurs ; mais ils proposent en contrepartie plus de résolution, de finesse et de rapidité, tout en restant suffisamment musicaux pour charmer.

J’ai eu beaucoup de mal à les départager. Sur le plan technique, les ProPhile-8 offrent une plus grande résolution, avec une maitrise sur tous les registres. Mais les Oriolus sont plus fougueux et leur espace sonore peut convaincre immédiatement.

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Conclusion

Avec les ProPhile-8, InEar souhaitait créer des écouteurs « référence », le plus fidèle à l’enregistrement qui soit. Force est de constater que le résultat est à la hauteur du projet. Les ProPhile 8 offrent un rendu d’une finesse et d’une résolution de premier plan ; tout en proposant une fluidité et une rapidité remarquable. Sans oublier de rester musicaux ! Pour ceux qui auraient peur d’un rendu trop neutre, InEar, en proposant deux switchs permettant de moduler légèrement (mais avec brio) le rendu sonore, apporte une solution convaincante.

Vous l’aurez compris ces ProPhile-8 entrent avec fracas dans la cour des intras haut de gamme, alliant une grande qualité sonore à une finition et un confort de haut niveau. Leur prix de 1300 euros se situe dans le haut du panier mais les ProPhile-8 le méritent bien. Avec toutes ces qualités, les ProPhile-8 vont certainement devenir des écouteurs qui feront référence comme le souhaitait InEar !

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4 réponses à “[Test] InEar ProPhile-8

  1. Intéressant ! La complémentarité avec les S-EM9 semble bien vue, une approche légèrement plus neutre/précise a moyen de séduire les fans du son ES.
    Aurais-tu une photo dans l’oreille ?

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