C’est au tour de la gamme d’écouteurs intra-auriculaires de la marque Campfire Audio de passer dans les oreilles de nos testeurs de choc. Lyra II, Dorado et Vega sont donc au programme de ce test, on vous laisse le découvrir dans la suite… Depuis ses débuts sur le marché des écouteurs intra-auriculaires il y a environ deux ans, […]

[Test] La gamme Campfire Audio

C’est au tour de la gamme d’écouteurs intra-auriculaires de la marque Campfire Audio de passer dans les oreilles de nos testeurs de choc. Lyra II, Dorado et Vega sont donc au programme de ce test, on vous laisse le découvrir dans la suite…

Depuis ses débuts sur le marché des écouteurs intra-auriculaires il y a environ deux ans, la marque Campfire Audio – division écouteurs de ALO Audio – ne cesse de faire parler d’elle. La petite entreprise américaine (constituée de six passionnés) s’octroie un certain succès chez les audiophiles tant par la pertinence sonore que par la finition des produits digne de l’orfèvrerie.

A l’issue d’un très bon accueil de leurs tous premiers modèles : Orion (1 BA), Lyra (1 driver dynamique) et Jupiter (4 BA), la marque a étoffé son offre d’écouteurs à armatures équilibrées (BA) avec les Nova (2 BA sans crossover) et leur excellent flagship Andromeda (5 BA) au printemps dernier. Pas décidé à s’arrêter en si bon chemin, c’est à l’automne dernier que furent présentés 3 nouveaux modèles basés sur des drivers dynamiques, dont il sera question dans cet article : les Lyra II (1 driver dynamique), les Dorado (hybride : 1 driver dynamique + 2 BA) et un second flagship qui vient cohabiter avec les Andromeda, les Vega (1 driver dynamique haut de gamme).

Nous nous retrouvons avec donc deux familles distinctes de produits : les intras BA (Orion, Nova, Jupiter et Andromeda) et les intras à base de drivers dynamiques (Lyra II, Dorado et Vega), qui nous intéressent aujourd’hui. De quoi brasser un large panel de goût et de budget. Essayons donc de voir à qui s’adressent ces nouveaux venus.

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Présentation technique

Caractéristiques techniques

Campfire Audio Lyra II

Conception dynamique : 1 driver dynamique Beryllium de 8.5 mm

Sensibilité : 103 db

Impédance : 17 Ohms

Prix 699 dollars

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Campfire Audio Dorado

Conception Hybride :  1 Driver dynamique Beryllium de 8.5 mm avec deux drivers de type BA (à armature équilibrée) avec chambre acoustique spécialement conçue par Campfire Audio appelée « TAEC » ( Tuned Acoustic Expansion Chamber)

Sensibilité 107 db

Impédance : 15 Ohms

Prix : 999 dollars

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Campfire Audio Vega

Conception dynamique : 1 driver de 8.5 mm de type « non crystalline – diamond » (première mondiale)

Sensibilité : 102 db

Impédance : 17.5 Ohms

Prix : 1299 dollars

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Packaging

Aucune surprise, le packaging est le même pour les trois modèles. Les trois intra-auriculaires vous seront ainsi présentés dans une boite contenant un petit étui en cuir (la même pour les trois) signé Campfire Audio, afin de transporter vos intras en sécurité (avec un intérieur bien douillet).

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Vous y trouverez des embouts de type spin-fit de toutes tailles et également des embouts de type Comply (mousse assez molle et de forme allongée conçue par – et pour – Campfire Audio). En prime, un petit outil de nettoyage et un clip métal signé Campfire Audio pour attacher le câble à vos vestes, chemises ou autres. Le câble est de type « fil de Litz », lui aussi conçu par Campfire Audio. A noter qu’il est très agréable à l’usage, suffisamment fin pour se faire oublier en port nomade.

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Ergonomie

Comme le montrent les illustrations précédentes, les trois intras sont de même forme très contenue. Il s’agit d’un réel changement de style par rapport à la gamme antérieure (Lyra I, Jupiter et Andromeda). Ces derniers présentaient une taille beaucoup plus importante et surtout des angles bien – voire trop – marqués (quelques soucis de confort). Les nouveaux Campfire Audio sont réellement très petits, permettant, je pense, à chacun de profiter de ces intras sans aucun souci de confort au niveau de la conque de l’oreille.

Un autre changement est annoncé au niveau de la qualité de la peinture qui – d’après Campfire Audio – est beaucoup plus résistante. Pour avoir passé trois mois avec cette nouvelle gamme et ayant possédé des Andromeda, je peux dire que je n’ai constaté aucun éclat de peinture sur ces nouveaux écouteurs ce qui n’était pas le cas auparavant. La qualité de finition et le confort ont donc été améliorés, tenant compte des quelques réserves adressées sur les forums audio. Une marque qui prend en compte les retours des consommateurs c’est toujours intéressant à noter comme à souligner.

S’il existe bien une différence entre les trois nouvelle paires, c’est au niveau de la canule plus allongée sur les Dorado (afin de prendre en compte les deux drivers à armature équilibrée). Au final cela ne modifiera pas grand-chose pour le port (en tout cas pour moi), à part que l’intra sortira un peu plus de l’oreille.

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D’ailleurs niveau port et confort, j’avoue avoir été un peu désorienté au début. Ayant pour habitude d’utiliser des intras plus volumineux (calant le corps de ces derniers au niveau de la conque), j’avais toujours l’impression de les perdre au moindre mouvement. Mais après avoir essayé beaucoup d’embouts, je suis finalement revenu aux embouts mousse fournis par Campfire Audio. Ils proposent un maintien très acceptable, une isolation correcte mais surtout le meilleur rendu, comme quoi ils ont bien été conçus pour ces intras.

La présentation générale étant faite place aux retours à proprement parler. Ils sont le fruit de vos deux testeurs dévoués : Space Cowboy (Lyra II et Vega) et Fabaaroan (Dorado, Lyra II et Vega ). Les sources utilisées ont été l’Astell&Kern AK120II et l’Onkyo DPX1-a pour Space Cowboy ; le Thebit Opus#2, le Sony NW-WM1A et le Stoner Acoustics UD125 pour Fabaaroan.

Nous précisons que les comptes-rendus d’écoute que vous allez lire ont été rédigés sans aucune concertation. Le test en parallèle a été rendu possible grâce au prêt de Campfire Audio de trois intras pour Fabaaroan et de deux intras pour Space Cowboy. Ce prêt a été effectué sans contrepartie, avec juste l’objectif de produire un test le plus fidèle qui soit.

Un grand merci à Campfire Audio et à Ken Ball !

 

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Passons la parole à Space Cowboy pour son retour sur les Vega :

Campfire Audio Vega

https://www.campfireaudio.com/shop/vega/

Voici des intras au caractère fort. Loin de la droiture des Andromeda, nous sommes en présence d’un intra clairement descendant, avec une emphase généreuse dans le bas du spectre et un haut-médium un peu en retrait. Il ne va pas plaire à tout le monde, pour sûr. Les amateurs de signatures droites et rigoureuses risquent de faire la grimace.

En effet les Vega n’ont pas vraiment cette vocation de droiture, avec en première ligne son bas du spectre assez massif et musclé. Il se dégage une grosse sensation de puissance malgré une bonne rapidité et tenue pour un driver dynamique (on est encore en deçà de la rapidité des meilleurs BA ou d’un KSE1500 pour ces deux derniers points). La texture du grave me paraît assez naturelle, avec pas mal d’épaisseur et de matière, avantage souvent conférés par les drivers dynamiques, mais là encore, je regrette le manque d’articulation et de nuances que l’on peut trouver dans les Andromeda par exemple. De même sur le plan quantitatif, sur les enregistrements déjà chargés en bas, les basses vont se retrouver trop présentes sur le devant de l’image sonore avec les autres plages de fréquences en retrait.

Concernant les médiums, je reste assez partagé. Légèrement en retrait, notamment sur le haut médium, ils restent étonnamment peu colorés, avec des timbres naturels. On a une résolution de ces derniers très bonne dans l’absolu, peut-être ce que j’ai entendu de mieux sur un driver dynamique en intra. Mais voilà, il en ressort un caractère timide, retenu, légèrement voilé même. Doux à l’oreille et conciliants à l’enregistrement, leur manque de présence, d’ouverture et d’aération me chagrine un peu. On pourra tout de même corriger un peu le tir en choisissant bien la source. A ce titre, le DP-X1A m’a semblé plus adapté que l’AK120II (au passage : ce sont les deux DAP que j’ai utilisé lors de mes tests).

Le haut du spectre est assez réussi, bien que l’on ait la sensation d’un léger pic avec le creux du haut-médium (là encore, en comparaison avec les Andromeda où la transition se fait magnifiquement bien, ça saute aux oreilles). Les aigus, bien que très “easy-going”, vont filer plutôt haut, ce qui est assez impressionnant pour un monodriver dynamique, et vont afficher un niveau de restitution des micro-détails fort convaincant.

La sensation globale qui résulte de cette réponse en fréquence, c’est l’impression d’avoir une restitution que je qualifierais de “live amplifié moderne” par son côté punchy dans le bas du spectre et le médium un peu timide. Encore une fois, c’est un parti pris assez radical qui risque de ne pas convenir à tout le monde (moi inclus).

Mais malgré cela, les Vega restent peut-être les meilleurs mono-drivers dynamiques du marché sur le plan de la performance pure, avec une résolution et une vitesse des plus satisfaisantes (même si ça reste encore un poil en deçà des tous meilleurs multi-BA) : une belle cohérence globale, une texture naturelle, légèrement du côté sec avec des attaques franches et un decay court (assez typique de la marque), beaucoup d’épaisseur et enfin des timbres justes.

Concernant enfin la scène sonore, plutôt « hors tête », elle se range clairement du côté “intimiste” de la force. Nous avons droit à une belle profondeur mais une largeur un peu réduite. Tout ça contribuant avec cette ambiance “live” et je préciserais : dans une petite salle.

Pour résumer, ces intras risquent d’être le paradis perdu des « bass-head », en arrivant à proposer un grave massif sans trop empiéter (un peu quand même) sur la qualité sonore générale ; mais vont certainement faire tiquer les personnes à la recherche d’une restitution rigoureuse. Vous voilà prévenus !

 

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Au tour de Faabaroan maintenant :

Au prix proposé, les Vega se placent comme le modèle haut de gamme de Campfire Audio ; ce qui, compte tenu de la qualité des Andromeda, crée une attente importante autour de ces intras.

Conçu autour du premier driver dynamique avec une membrane bien particulière nommée « non-crystalline Diamond », ils reprennent le form-factor plus contenu proposé par Campfire audio sur la nouvelle gamme. Reste maintenant à savoir si ces qualités permettent effectivement de les placer au sommet de la gamme.

Les basses

Il s’agit incontestablement du registre le plus marquant de ces écouteurs. Il suffit de les essayer pour s’en rendre compte. Rapidement vous serez submergé par le rendu des basses imposantes. Il vous faudra certainement un temps d’adaptation avant de bien les apprécier ; tellement leur présence et leur puissance est si particulière (et rare) dans des écouteurs de ce type.

Mais s’il s’agit de basses imposantes avec un poids et une texture impressionnante, cela reste parfaitement contrôlé et tellement détaillé ! Elles seront ainsi moins « boomy », moins grasses et moins trainantes que sur les Dorado. Le grave descend très bas et son rendu vous fera apprécier les moindres détails dans ce registre.

Les kicks de batterie sont impressionnants, les lignes de basses les plus marquées sont restituées avec un grand réalisme, tout comme la section rythmique. Par ailleurs le rendu des mid-bass permet d’apporter plus de richesses sur l’ensemble du registre, notamment au niveau des voix ou bien des guitares.

J’avoue que j’ai été – et je suis toujours – impressionné par la qualité du rendu des basses, qui en plus déteint sur le reste du spectre en apportant notamment plus de richesses et de texture. Une chose est certaine : avec les Vega vous apprécierez comme jamais les sections rythmiques et les lignes de basses !

Les médiums

Malgré tout, les médiums ne sont pas en reste sur les Vega. Ils profitent – comme évoqués plus haut – de l’importance des basses pour bénéficier d’un apport au niveau de la texture et du grain. Les voix possèdent un coffre et une matière réellement intéressante. Et contrairement aux Dorado, les voix ne sont pas mises en avant mais bien intégrées à l’ensemble du message sonore, tout paraît ainsi plus fluide, plus vivant et fougueux.

Le haut-médium arrive à bien se détacher avec pas mal d’extension ; rendant ainsi très agréable et très dynamique les guitares, par exemple. L’aération des haut-médiums est satisfaisante également ; l’ensemble respire bien et le rendu n’est jamais étouffant. La richesse des textures se retrouve à nouveau dans ce registre. Le rendu des cuivres est ainsi bien réalisé avec un bel effet de mouvements d’air, un decay très intéressant et un côté suave particulièrement appréciable. Le piano est également restitué avec brio ; une belle réussite sur ce point.

Les aigus

Afin de contrebalancer le niveau des basses, les aigus possèdent un léger pic pour apporter de la clarté. Cet apport permet de profiter d’un bon niveau d’articulation dans ce registre. Avec en prime un peu de piquant et de mordant aux guitares et une belle extension dans les voix. Elles sont moins lissées que sur les Lyra ou les Dorado, et peuvent apporter un peu de sibilance en fonction des lecteurs choisis. Personnellement je n’ai rencontré aucun souci avec le Sony NW-WM1A, mais certains forumeurs ont pu ressentir une légère gène à leur écoute.

Par contre, vous pourrez apprécier encore une fois dans ce registre le niveau de détails étonnant que fournissent les Vega.

Le soundstage

Les Vega possèdent une articulation impressionnante, soutenue par un soundstage très profond permettant aux instruments de bien se placer dans l’espace. Si comme le reste de la nouvelle famille Campfire audio, les Vega ne sont pas trop étendus sur les côtés : je les trouve un cran au-dessus des deux autres dans leur présentation, grâce à une résolution plus importante.

La profondeur obtenue sur cet intra est remarquable et on prend plaisir à entendre tous les instruments. Sur des morceaux chargés, ou bien avec orchestre, les Vega vous feront une démonstration de leur qualité technique. J’ai pu apprécier la profondeur de ces intras sur des morceaux variés, que ce soit sur du Ray LaMontagne (avec une intimité impressionnante), ou bien sur des morceaux d’Opéra (avec une puissance sonore et une espace magnifique) : les exemples seraient trop nombreux. Le placement des instruments et des voix sur cet intra est réellement exceptionnel à tel point que depuis que je les ai essayés, j’ai beaucoup de mal avec les autres écouteurs.

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Conclusion

Dès les premières lectures, les Vega m’ont fait peur compte tenu des basses surpuissantes. Les premières écoutes m’ont un peu déçu, je dois le dire ; mais avec un peu de temps (du rodage ?) et après avoir écouté bon nombre d’intras haut de gamme (Empire Ears Zeus-R, Empire x Effect Audio Arthur et InEar ProPhile-8 par exemple), je leur ai donné du temps afin de rédiger ce retour.

Et là j’ai été à la fois conquis et impressionné par ce rendu à la fois musical et technique. Les basses sont physiques, palpables. Les médiums sont à la fois charnus et aérés et les aigus ont une belle extension. Leur résolution permet d’apprécier le moindre détail mais surtout les Vega arrivent à rendre l’ensemble extrêmement harmonieux. Les voix sont bien intégrées à la musique et quel groove ! C’est au-dessus des Oriolus, que ce soit dans le rythme ou la résolution.

Les Campfire Audio Vega ont été conçus pour profiter de la musique, quel plaisir de se laisser submerger par leur fougue. Ne vous faites pas prier et faites nous confiance !

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Après vous avoir présenté les Vega je passe la main à Space Cowboy pour les Lyra II :

Campfire Audio Lyra II

https://www.campfireaudio.com/shop/lyra-ii/

Les Lyra II se positionnent en entrée de la gamme des intras à base de mono-driver dynamique de la marque : le retour de la « revanche vengeresse » des Lyra premiers du nom, qui avaient été retirés de la vente à cause des soucis de fabrication de leur coque en céramique. Malheureusement cela fait trop longtemps que j’ai écouté les Lyra originaux pour en faire un comparatif sérieux avec cette nouvelle itération.

Les Lyra II présentent un caractère juste entre les Andromeda et les Vega dans leur rendu global. Nous avons affaire à une signature plutôt chaude, moins “neutre” que les Andromeda, mais pas aussi extrême dans le bas du spectre que les Vega tout en gardant un côté physique et texturé cher à la marque. Vous savez, c’est un peu comme le “mec sympa”, le “bon petit gars” qui sourit tout le temps, qui n’est jamais de mauvaise humeur, qui ne râle jamais, qui est toujours conciliant…

Des intras faciles à vivre, faciles à écouter mais qui donnent toujours du plaisir. Ils gardent un petit punch sympa sans être aussi “bourrins” que les Vega, on y retrouve aussi une texture similaire (en un peu moins riche peut-être). Les mediums sont cependant moins en retrait que sur le flagship, les rendant un peu plus équilibrés. Pour faire une analogie avec la gamme BA de la marque, les Lyra II seraient les Nova. Malgré une bonne cohérence et linéarité générale (pas de cassure dans les transitions des registres) fort appréciables, ce coup-ci, cela va être plus sur le plan de la performance que les Lyra II, qui vont un peu pêcher, selon moi.

J’ai décelé un certain manque d’extension des deux côtés du spectre ainsi qu’un léger manque de résolution générale avec un message un peu simplifié, lissé, comparé aux deux flagships de Campfire Audio. De même, la scène sonore est encore un peu plus réduite que celle des Vega. Etrangement cette dernière ne m’a pas déplu pour autant avec son côté “proche de la musique” plutôt engageant. Cependant, dans cette gamme tarifaire, et même en-dessous, on trouve désormais des produits sérieusement techniques laissant une impression de demi-teinte sur les performances pures des Lyra II.

Mais encore une fois, et malgré tout, cet intra m’a procuré beaucoup de plaisir à l’écoute de par son côté charmeur et facile à vivre. Quand j’écoute les Lyra II, je n’ai jamais trop envie d’analyser le rendu et me laisse plutôt happer par la musique, ce qui est en soit une bonne chose. Se montrant assez peu discriminants avec les mauvais enregistrements, cela en réjouira certains.

Au final les Lyra II me laissent un peu sur ma faim sur le plan de la performance, malgré une approche qui risque de plaire à une majorité, moi compris, (d’ailleurs ils ont reçu un prix dans leur gamme tarifaire lors du dernier Fujiya Avic Headphone Festival) avec une signature qui coupe la poire en deux entre rigueur et musicalité (c’est-à-dire légèrement descendant).

J’aurais, sur une note plus personnelle, préféré avoir les performances du driver des Vega mises au service d’une signature sonore plus proche des Lyra II voire même des Andromeda (qui restent mes favoris de chez Campfire Audio). Ce sera peut-être pour un hypothétique futur modèle, qui sait ?

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Place au retour de Fabaaroan sur les Lyra II :

Comme Space Cowboy vient de le mentionner, les Lyra II viennent remplacer les Lyra premier du nom pour apporter quelques améliorations et modifications que ce soit dans le form-factor ou bien dans le tuning. Conçus autour d’un seul driver dynamique, les Lyra II reprennent le même form-factor que les Vega et sont proposés au prix de 699 dollars.

Les Lyra II débutent la nouvelle gamme Campfire Audio, il s’agit en quelque sorte d’un produit d’appel (même si le prix est déjà élevé). Leur but est certainement de vous faire découvrir les charmes de la maison et de vous donner envie de poursuivre l’aventure vers le haut du panier de la marque.

Les basses

Le rendu des basses des Lyra II est assez imposant mais moins que ses deux frères ou cousins. Si elles sont assez puissantes et profondes pour permettre à des morceaux chargés de bien s’exprimer, elles sont également très rapides avec des sub-basses peu trainants. Le rendu est par exemple moins gonflé qu’avec les Dorado ou les Vega.

L’auditeur pourra apprécier la très bonne qualité de reproduction et les détails dans ce registre. Il suffit d’écouter le dernier album de the xx (la piste lips par exemple) pour se rendre compte du rendu fin et technique du grave ; c’est assez tendu et rempli de nuances.

Les médiums

Les Lyra II offrent des médiums au final assez fins et les moins colorés de toute la gamme Campfire audio. La résolution dans ce registre est très bonne, les voix sont bien détourées, les guitares également. Les voix s’intègrent bien dans l’ensemble du registre mais sont moins texturées, moins épaisses que sur les Vega et moins projetées que sur les Dorado.

Mais attention encore la qualité de définition dans ce registre demeure excellente. Au final les Lyra II sont les plus neutres dans ce registre de toute la gamme Campfire Audio.

Les aigus

Dans cette partie du registre on retrouve la douceur de la marque, surtout dans leur rendu. Ils coupent en effet assez tôt et et ne sont pas particulièrement étendus. Mais malgré le manque d’accentuation des aigus, le son est encore assez spacieux, empêchant toute impression de confinement ou de rendu sombre.

La résolution reste suffisamment qualitative pour percevoir les détails en tout genre.

Le soundstage

On retrouve dans cette partie l’avantage de l’emploi d’un driver dynamique qui permet plus de déplacement d’air que sur des intras à armature équilibrée ; occasionnant en général plus de profondeur.

Le rendu sera qualifié de plus enveloppant et beaucoup moins plat que sur des intras classiques. Le gain se fait donc en profondeur avec un son plus « hors tête ». Même s’il n’est pas particulièrement large (beaucoup moins que les Andromeda), il n’y a aucun problème d’espace pour faire vivre correctement la musique.

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Comparaison avec les Oriolus

Les lyra II sont plus définis que les Oriolus. Ces derniers offrent par exemple des basses plus épaisses, avec un decay plus important. Le soundstage est plus vaste sur les Oriolus et les médiums sont plus colorés (au niveau des voix) et plus épais que sur les Lyra II. Les Oriolus proposent plus de fun, plus de groove alors que les Lyra II sont plus calmes dans leur ensemble.

Conclusion

Les Lyra II sont clairement à prendre en considération, déjà grâce à leur prix plus attractif (bien que déjà assez élevé) mais également par leur qualité technique. Ils offrent un rendu avec des basses bien texturées, impressionnantes dans la résolution et la présence ; et avec un niveau de résolution correct sur tous les autres registres. Il s’agit de l’intra le plus « neutre » de la nouvelle gamme Campfire Audio. Mais pas d’inquiétude, vous ne vous ennuierez pas avec, loin de là !

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Et pour finir, le feedback de Fabaaroan sur les Dorado :

Campfire Audio Dorado

https://www.campfireaudio.com/shop/dorado/

Situés à un niveau tarifaire inférieur aux Andromeda et Vega, les Dorado ont du mal à se faire de la place. Pour certains leur prix était un gage de qualité inférieure, alors qu’en réalité il s’agit surtout d’une approche musicale différente, mais voulue.

Il s’agit du premier modèle hybride de la marque. Il reprend le driver dynamique des Lyra II chargé de traiter les basses et une partie des médiums, accompagné de deux drivers à armatures équilibrées qui prennent en charge les fréquences les plus élevées. Ce type de conception apporte souvent une restitution sonore en V c’est à dire avec des basses prononcées, des médiums en retrait et des aigus plutôt montants.

Et bien je peux dire de suite que les Dorado différent légèrement. Il s’agit plutôt d’une conception sonore en W parfaitement perceptible au niveau des médiums. Si les basses sont en effet plus épaisses, les médiums sont eux restitués façon « montagne russe » car les voix sont mises en avant, comme projetées en avant par rapport au reste du spectre.

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Signature sonore

Les Dorado sont à classer dans la catégorie des écouteurs colorés. Ils proposent un son énergique, chaleureux, très fun dans son ensemble mais avec une restitution très délicate, offrant beaucoup de détails. Ils distillent des basses avec des médiums (voix) mis en avant. Si vous cherchez un intra immersif plus qu’analytique : ne cherchez pas plus loin.

Les basses

Les Dorado proposent un rendu plutôt imposant dans ce registre. Les basses offrent beaucoup d’épaisseur. Et si les Vega sont généralement considérés comme des monstres de basses, et bien les Dorado apparaitront à l’écoute encore plus « basseux » que ces derniers.

Cet effet est, en partie, lié aux bas-médiums davantage renforcés que sur les Vega apportant ainsi plus de matière encore au niveau de la restitution des basses. Bien sûr on percevra aussi un rendu plus physique du grave grâce au driver dynamique : le déplacement d’air dans le conduit auditif apporte un niveau de réalisme à la percussion ; et un tel effet ne saurait être réalisé avec des drivers à armature équilibrée.

Si les basses des Dorado proposent pas mal d’extension avec un rendu assez naturel, c’est surtout leur « poids » qui les rendent impressionnantes. Et même si le rendu est plutôt rond, il arrive à rester  plus « punchy » que « boomy ». Dans la famille Campfire, les Dorado proposent une restitution qui pourra pleinement satisfaire les « bass-head » les plus fous, tout en n’écrasant pas le reste du spectre (quand même).

Les médiums

Pierre angulaire du rendu global d’un intra, les médiums des Dorado seront considérés par certains comme leur point faible et en feront tout leur charme pour les autres. Le tuning réalisé – et souhaité – par Campfire propose ici de mettre en avant les gammes vocales. Les voix masculines tout autant que féminines sont placées en avant, comme détachées du reste du signal sonore.

De chaque côté de la voix, le son glisse un peu plus en arrière plaçant par exemple les pianos et les guitars derrière le chanteur. Le placement est donc particulier et en rien comparable avec le reste de la gamme Campfire Audio. Dans la définition des voix, on retrouve néanmoins de la douceur et un côté émotionnel devenu l’une des signatures de Campfire Audio.

Au niveau de la restitution, les médiums offrent une belle précision. Ils ne sont ni fins ni particulièrement aérés. Pour les amateurs de voix, ce parti-pris les satisfera certainement alors que ceux qui aiment les guitares seront certainement déçus par un rendu plus étouffé et en retrait de leur instrument préféré. Les riffs de guitares seront moins énergiques sur les Dorado (à l’inverse des voix portées en avant).

Les aigus

Les aigus des Dorado sont aussi doux que le reste du spectre. S’ils ne sont pas du tout agressifs dans leur présentation, ils ne sont pas non plus d’une précision analytique. Toutefois, les Dorado restent capables d’offrir suffisamment de micro-détails avec en prime suffisamment d’extension pour offrir une belle sensation 3D.

Le gros avantage est qu’ils pardonneront vos mauvais enregistrements et vous pourrez monter le volume sans fatigue. De quoi profiter pleinement des basses puissantes et des médiums chatoyants.

Le soundstage

Le soundstage des Dorado, s’il n’est pas spectaculaire en largeur, se rattrape sur la profondeur proposée ainsi que le rendu offert par ses voix mises en avant. L’espace est donc largement satisfaisant même si, à titre de comparaison, il est moins vaste que celui des Oriolus (sans doute à cause de ses basses plus présentes).

En termes de séparation, les Dorado n’ont aucun problème pour rendre perceptible tous les instruments et les différentes lignes de guitare ou de percussion sans que ces derniers ne s’entremêlent, même si nous sommes en dessous de la séparation exemplaire des Vega.

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Comparaison avec les Oriolus

De conception hybride également, les Oriolus se différencient néanmoins assez fortement des Dorado. Ils disposent d’un son plus ouvert avec un timbre coloré mais plus sec dans le ton et plus révélateur dans les détails individuels notamment dans les haut-médiums et les aigus.

Les voix sont également plus aérées, offrant du coup plus de profondeur et un soundstage plus vaste que les Dorado. Plus pêchus dans l’ensemble, ils fournissent plus de détails et ils sont plus précis, notamment dans le haut du spectre.

Conclusion

Malgré le manque de retour sur ces Dorado, j’avoue passer de bons moments en leur compagnie, grâce notamment à ce rendu si chatoyant au niveau des voix. Cette approche est d’ailleurs très intéressante et permet aux Dorado de se créer une vraie place dans la gamme Campfire Audio.

Si vous souhaitez posséder un intra offrant le meilleur rendu des voix, vous savez lequel choisir. Mais ce n’est pas tout, les Dorado disposent également de grandes qualités techniques avec une résolution importante et des basses bien gonflées.

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Nous allons conclure ce test avec une petite comparaison entre ces trois produits autour de quelques chansons afin de mieux apprécier les différences sonores, une sorte de « making-of » du test…

Comparatifs en situation réelle

Sur Paul Simon – American tune

Avec les Dorado la basse tape vraiment bien, tandis que la voix de Paul Simon est lissée et aucunement agressive. Les violons sont par ailleurs très doux dans leur rendu. Avec les Lyra II, les basses sont moins gonflées, et la voix de Paul Simon plus fine.

Les Vega offrent le rendu le plus harmonieux avec des impacts de basses plus contenus. C’est doux et velouté, avec un sens musical remarquable. La voix est bien intégrée dans l’ensemble et les violons possèdent plus d’ampleur, plus d’extension.

Vainqueur : les Vega.

Sur Franck Sinatra – Love is the tender trap (live)

Avec les Dorado, les cuivres et cymbales sont adoucis dans leur restitution. La ligne de basse est légèrement plus ronde que sur les Vega. Le groove est bien là mais la voix de Sinatra paraît trop surélevée par rapport à l’orchestre. Les Lyra II font sonner les cuivres et cymbales plus métalliques, et cela manque de chaleur avec une voix de Sinatra trop en retrait.

Avec les Vega, le rendu est très beau techniquement, c’est fluide, et ça groove magnifiquement. La qualité de restitution des cuivres est magique, on obtient douceur et sensualité. La ligne de basse est présente comme il faut avec un decay parfait (basses et violoncelle). Les cuivres sont bien étendus. L’ensemble orchestral s’intègre encore une fois bien avec la voix de Sinatra.

Vainqueur : les Vega, mais très bon point pour les Dorado (avec un rendu de voix remarquable).

Sur Vincent McMorrow – Look out

Les Dorado apporte une sensualité, une belle épaisseur mettant en valeur la belle voix de James avec une basse bien présente derrière. Les cymbales apparaissent un peu coupées et écrasées. Avec les Lyra II la voix de James est plus fluette et est nettement plus agressive.

Les Vega équilibrent l’ensemble entre douceur et réalisme, c’est moins coloré que sur les Dorado. Avec un rendu de la voix impressionnant sur la fin de la chanson.

Vainqueur : les Vega

Sur Jonathan Wilson – Desert trip

Les Lyra II proposent un bel espace sonore avec un rendu assez fin et délicat sur les médiums et les aigus. La section rythmique est assez bien restituée dans le sens où elle n’écrase pas le reste. J’ai trouvé que les guitares acoustiques sonnaient trop métalliques, même si techniquement il n’y a aucun souci au niveau de la fluidité.

Les Dorado font de suite ressortir la voix. Il y a également plus de sub-basses et des bas-médiums plus chargés. Cela semble plus artificiel ou exagéré. Au niveau des détails, les Dorado font jeu égal avec les Vega, même si l’ensemble est plus arrondi, plus doux.

Les Vega font étalage sur ce morceau de leur fluidité, et de leur rendu musical. Tous les instruments semblent à leur place. Les guitares sont remarquables. La résolution est impressionnante et le tout avec un parfait équilibre entre voix et instruments. Chacun se respecte et la restitution de l’ensemble est remarquable.

Sur Anthony and the Jonhnson – Cripple and the starfish

Avec les Lyra II on note un déséquilibre entre le bas du spectre (les percussions) assez bien restitué et le haut avec des violons et des cuivres manquant de texture. J’ai trouvé que l’ensemble manquait de vie, bien que la résolution soit impressionnante. Encore une fois le rendu avec les Dorado est beaucoup plus lissé (comme une sourdine) avec autant de détail que les Vega. La voix d’Anthony est en avant par rapport à l’Orchestre alors que les Vega arrivent à tout intégrer à merveille.

Les Vega apportent d’emblée beaucoup plus de matière aux instruments. Le grondement des grosses caisses est un régal, tout comme les violons. L’ensemble est riche en détail et quelle fluidité ! Les instruments sont beaucoup plus présents, mieux définis, que ce soit les violons ou les cuivres.

Vainqueur : par KO les Vega, qui sur des morceaux chargés font étalage de leur belle résolution. 

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Un dernier conseil de Space Cowboy avant de conclure

Un petit mot sur les sources utilisées : essentiellement un Astell&Kern AK120II et un petit peu un Onkyo DP-X1A. Aussi bien les Vega que les Lyra II m’ont semblé bien réagir à la source. Les 2 modèles ne sont ni trop sensibles, ni pas assez. Donc pas de souffle à déplorer sur l’AK120II contrairement aux Andromeda ; et pas de souci de volume non plus sur la plupart des sources, je présume. Ils sont aussi moins sensibles à l’impédance de sortie comparés aux Andromeda. Pour ces 2 intras j’aurais cependant tendance à privilégier des sources neutres voire avec un haut-médium généreux.

Et en « cadeau-bonus », la vidéo test de Space Cowboy sur ces deux intras :

 

Et pour mémoire, on vous donne le lien de sa chaîne Youtube Audio Injection.

Conclusion générale de Fabaaroan

Avec trois intras testés en même temps, la plus grosse difficulté est souvent de les apprécier de manière indépendante en laissant à chacun un temps d’écoute nécessaire. Grace à Campfire Audio, j’ai eu cette chance, avec plus de trois mois de prêt en tout pour évaluer les qualités de chacun.

Alors même si en lisant mes impressions sur cette gamme Campfire Audio vous avez certainement noté que je penchais très clairement vers les Vega, ne laissez pas tomber les autres. J’écoute d’ailleurs toujours les trois en fonction des musiques et du rendu que je souhaite. Si je souhaite une écoute détaillée avec le moins de coloration possible j’opte pour les Lyra II, pour apprécier les voix je chausse les Dorado, et pour le groove je penche pour les Vega.

Et surtout il ne faut pas oublier que les trois intras se rejoignent au niveau du soundstage avec une belle profondeur et proposent tous une belle résolution. Chacun propose un rendu différent et c’est bien ce qui fait leur force car ne l’oublions pas nous ne recherchons pas tous la même chose. Au niveau packaging et finition, les trois intras sont identiques. Il s’agira bien d’une question de goût au moment de choisir entre les trois. N’hésitez pas à les tester si vous croisez leur chemin.

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Ken Ball, CEO de Alo-Audio et de Campfire Audio

5 réponses à “[Test] La gamme Campfire Audio

  1. Félicitations pour ce test et retours précis et détaillés !
    Merci de nous faire partager votre science de l’analyse :-)

  2. Salut Space Cowboy,
    Salut Fabaaroan,

    D’abord un grand merci pour ce superbe retour très agréable à lire et surtout hyper détaillé et hyper pro.

    J’aurais aimé vous demander conseil concernant un futur achat d’intras chez Campfire Audio …
    À savoir que je n’ai jamais possédé d’intras auparavant et qu’il est donc très difficile pour moi de me rendre compte du rendu de ces différentes technologies utilisées.
    En ce moment je fonctionne avec un dap Astell & Kern AK70 et un casque Beyerdynamic T5P 2e gen.
    Je suis très satisfait du rendu.
    J’écoute essentiellement du rock ( des années 70 jusqu’au rock actuel ) et un peu de blues.
    Quels seraient selon vous les meilleurs intras de cette marque pour ce type de musique et en accord ave mon dap ??
    Petite info complémentaire pour vous aider, j’aimerais un rendu un peu plus fun, un peu moins détaillé qu’avec mon combo actuel ( sans pour autant aller dans un rendu trop sourd ou trop étouffé ).
    Voilà je sais que c’est très difficile de se prononcer pour une autre personne mais si vous pouvez m’orienter vers un bon choux ce sera déjà très bien.
    D’avance merci.
    Éric.

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