La team des testeurs fauchés revient à la charge et, cette fois-ci, leur cible sera un nouveau venu de marque dans l’arène toujours plus populeuse des intra-auriculaires économiques à micro-divers dynamiques : les RHA S500i ! Nous remercions RHA d’avoir eu la gentillesse de prêter, pendant un mois entier, une paire de S500i à chacun […]

[Test] RHA S500i

La team des testeurs fauchés revient à la charge et, cette fois-ci, leur cible sera un nouveau venu de marque dans l’arène toujours plus populeuse des intra-auriculaires économiques à micro-divers dynamiques : les RHA S500i !


(Source RHA.)

Nous remercions RHA d’avoir eu la gentillesse de prêter, pendant un mois entier, une paire de S500i à chacun de nous deux.

Considérations pratiques

La marque

Reid Heath Limited alias RHA est une entreprise de fabrication de produits audio basée au Royaume-Uni. Son assortiment d’intras est composé de différents modèles allant de l’entrée de gamme, à laquelle appartiennent les S500i, jusqu’au fleuron de la marque, les T20i, déjà commentés, ici même, par notre camarade Squyzz.

La philosophie de RHA est de combiner des matériaux de grande qualité, une conception de précision et un engagement résolu dans le design se traduisant par une identité forte des produits proposés, aussi bien visuellement qu’acoustiquement.

De fait, RHA, c’est aussi un type de son particulier : riche en basses, à signature plutôt « fun » et percutante… ou plutôt c’était car il se pourrait bien que, de ce point de vue, les S500i augurent un tournant dans l’histoire de la marque.

Le prix

Nous avons testé ici la version avec micro (dont la présence est indiqué par l’« i » en suffixe du nom de l’intra). Elle est commercialisée à 49,95 €. La version sans micro, baptisée sobrement S500, est proposée à 39,95 €.

Les spécifications

  • Ecouteurs intra-auriculaires à micro-driver dynamique de 6 mm de diamètre (modèle 140.1)
  • Réponse en fréquence : 16-22000 Hz
  • Impédance : 16 Ohms
  • Sensibilité : 100 dB
  • Poids : 14g
  • Câble : bi-matière, d’1,35 m de longueur
  • Fiche : jack 3,5 plaqué or

Comme vous l’aurez relevé, le modèle de transducteur utilisé est le 140.1. Pourquoi cette précision ? Voici la réponse que notre camarade RHA, représentant de la marque sur le forum nous a fournie à cette question:

RHA n’utilise jamais de pièces « off-the-shelf », déjà fabriquées et disponibles dans le commerce. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas eu à considérer d’autres transducteurs. Nos ingénieurs conçoivent et développent ce qu’ils pensent être le transducteur le plus approprié pour ce que nous souhaitons accomplir avec le produit en question.
Le modèle 140.1 est le terme que nous avons choisi pour qualifier ce driver micro dynamique ultra-compact et léger, pensé par notre R&D pour offrir un son entraînant et riche en détails.

L’emballage et les accessoires

La firme britannique a emballé ses S500i dans un joli cartonnage plein de vide qui, outre les intras, contient une housse en mesh fermée par un lacet et garnie d’un sachet de dessiccateur, une pince et sept paires d’embouts : six paires d’hybrides en silicone à ailette simple (deux par tailles : S, M et L) et une seule paire (taille M) de silicone à double ailette – ou biflange — présentés sur un type de support assez caractéristique des accessoires de la marque.


L’emballage des RHA S500i. (Source: nmatheis @ Head-Fi.)


Les accessoires des RHA S500i. (Source: DZ.)

Nous aurions aimé pouvoir disposer, pour ce dernier modèle d’embouts, du même assortiment de tailles que celui proposé avec les autres embouts. C’est d’autant plus regrettable que l’un d’entre nous, à savoir DZ, n’a obtenu un seal (= occlusion du conduit auriculaire) satisfaisant qu’avec ces bi-flange. L’on pourrait également regretter l’absence, dans les accessoires, d’un étui rigide qui nous semble plus sécurisant pour le transport des intras que la housse souple fournie. L’ensemble est cependant très correct pour du premier prix et se conforme en cela au standard récemment établi en la matière par certaines nouvelles « stars » de l’entrée de gamme tarifaire, tels les Havi B3 Pro 1.

Note : 5/5

Le design et la fabrication

Conçus au Royaume-Uni mais assemblés en Chine, les RHA S500i bénéficient d’une qualité de fabrication irréprochable. Leur finition est à l’avenant et nous a paru parfaitement maîtrisée.

L’aluminium usiné qui constitue le matériau des coques est une très heureuse surprise en entrée de gamme. Le câble, pour partie gainé de tissu, semble solide et durable et ne présente pas de tendance trop marquée à l’emmêlement. Son entrée dans la coque est par ailleurs protégée par un surgainage assurant un bon amortissement des tensions mécaniques et prévenant l’arrachage.



(Source: RHA.)

Les commandes déportées et le micro, protégés par un boîtier métallique le long du câble, nous ont paru aussi simples que pratiques. Le jack enfin, quoique relativement petit, a l’air solide et offre une accroche satisfaisante.

D’un point de vue matériel donc, le rapport qualité/prix de ces intras est tout simplement excellent — d’autant que les S500i disposent d’une garantie de 3 ans !
Leur design est à l’avenant : épuré mais technique, urbain et chic. En ce domaine encore, c’est pour nous un sans-faute.

Note : 5/5

L’ergonomie

Les dimensions réduites de ces intras (16,7 mm de long pour un diamètre de 7,5 mm au niveau de la coque et de 5,6 mm au niveau de la canule) font qu’ils se logent facilement dans le pavillon de l’oreille, autorisant même, si l’anatomie auriculaire du porteur s’y prête, une insertion profonde à l’intérieur du conduit auditif. A la longue, cependant, l’arrière biseauté de la coque, avec son arête coupante, peut finir par blesser l’anthélix, notamment au niveau de l’antitragus. DZ en a été un peu gêné après une heure de port.


(Source: prothesiste-dentaire.fr)

L’on pourrait croire également que la relative petitesse des S500i permettrait de les installer avec le câble passant par-dessus le pavillon ; malheureusement, si DZ y est parvenu sans trop de difficultés, ce ne fut pas le cas de lolo33 qui a toujours trouvé ce port inconfortable.

Le seal de ces intras est également un peu délicat, surtout en insertion profonde (avec des embouts Spinfit, par exemple), alors même que les S500i sonnent bien mieux ainsi, avec des timbres plus pleins et une meilleure assise fréquentielle. En tout cas, l’occlusion dans ce type de port s’obtient moins aisément qu’avec des Zero Audio Carbo Tenore et il faut, pour y parvenir, se soumettre à toute une série de manipulations assez fastidieuses — à savoir : présenter l’intra muni de son embout en face du conduit, tirer sur l’helix pour dégager ce dernier en même temps qu’on y introduit le S500i, relâcher la traction sur le pavillon et ajuster très légèrement l’intra dans le conduit jusqu’à obtention de l’effet ventouse… Et encore n’est-on pas au bout de ses peines à ce moment-là car ces intras présentent un autre défaut, relatif à l’occlusion auriculaire elle-même: la propension au « driver flex », c’est-à-dire à la tension du diaphragme des transducteurs sous la pression du seal, tension pouvant aller jusqu’à leur blocage pur et simple ce qui entraînera le mutisme de l’intra affecté. C’est là un travers que présentent la plupart des micro-drivers dynamiques (à commencer par ceux des Tenore) mais il prend, hélas, des proportions assez alarmantes sur les RHA . Lorsqu’il se manifeste, il est malaisé d’y remédier sans nuire au seal puisqu’il faut alors décompresser un minimum la chambre acoustique que scelle justement l’embout… Une fois obtenue, l’occlusion est durable et se trouve peu compromise par les mouvements.


Les embouts fournis avec les RHA S500i. (Source: RHA.)

Et c’est tant mieux, car le changement des embouts hybrides fournis n’est pas des plus aisés ! En cause : le diamètre étroit de leur canule et les caractéristiques de son silicone. Celui-ci est plus dense, plus dur que le silicone de l’ailette et gêne en conséquence la dilatation de l’embout. En d’autres termes, il faut parfois batailler ferme pour enfiler l’embout sur la canule de la coque !

L’autre point noir de l’ergonomie des S500i est leur sensibilité acoustique aux frottements sur le câble. Nous nous trouvons là, en fait, devant une aberration, car c’est un plastique particulièrement propice à ce genre de parasitage mécanique qui a été choisi pour gainer la partie du câble la plus difficile à immobiliser, à savoir celle allant du séparateur aux coques, alors que le reste dudit câble, entre le jack et le séparateur, bénéficie pour sa part d’un gainage en tissu bien plus isolant ! L’inverse, pensons-nous, aurait été plus logique.

Dernier détail agaçant : si toutes les commandes disponibles (pause et volume), sont pleinement fonctionelles sur iPhone, sur smartphone Android seule la touche de pause est effective, celle réglant le volume demeurant inopérante.

Note : 3/5

Conditions du test

Sources

  • iBasso DX50 (sous firmware 1.5.0) + LOD ultra-court JDS Labs + BG8DX MX (un clone d’Objective 2 vendu en Chine)
  • Xuelin Ihifi 760 + LOD Forza Audioworks + C&C BH2
  • Xuelin Ihifi 960 « Modify » rockboxé + LOD Forza Audioworks + C&C BH2
  • Cowon J3
  • Sandisk Sansa E280

Play-list de test

  • AC/DC – [Tout ce qu’il est possible d’écouter…]
  • Adèle – 21 + Live
  • A Perfect Circle – Thirteenth Step – “The Package”
  • Barlow Girl – Our Journey So Far
  • Biosphere – Substrata – “Kobresia”
  • Christine and the Queens – Chaleur Humaine
  • Com Truise – Galactic Melt – “Futureworld”
  • Coors (The) – Unplugged
  • Eagles (The) – Grand Collection
  • Eels – Daisies of The Galaxy – “Daisies of The Galaxy”
  • Fugees – The Score – “Fu-Gee-La”
  • GASSIN Emilie – Curiosity
  • HARVEY P. J. – Stories From The City, Stories From The Sea – “One Line”
  • HEPBURN Alex – Together Alone
  • Karma to Burn – Karma to Burn – “Mt. Penetrator”
  • Metallica – Metallica –“Enter Sandman” + “The Unforgiven”
  • MILLER Marcus – The Sun Don’t Lie
  • Nirvana – Unplugged In New York – “Dumb”
  • Nostromo – Ecce Lex – “Still Born Prophet”
  • OBEL Agnès – Aventine
  • RICH Robert & LUSTMORD Brian – Stalker – “Elemental Trigger” + “Synergistic Perceptions”
  • Spacek – Curvatia – “Sexy Curvatia”
  • STILETTO Gianni – Kognitive Devide – “Reality Port”
  • STIRLING Lindsey – Shatter me
  • Swell – Whenever You’re Ready – “In The Morning”
  • TCHICAI John & REK Vitold – Satisfaction – “Hullo”
  • Transwave – Phototropic – “Byron Bay”
  • Willis Clan (The) – Heaven
  • Zaz – Paris

Le son

Les S500i ont impérativement besoin d’une période de rodage de 60 heures au moins pour parvenir à leur maturité acoustique et, d’après les recommandations de notre camarade RHA représentant de la marque sur TN, ce rodage s’effectuera de préférence sur une boucle de bruit rose (comme celle-ci, téléchargeable gratuitement).

Au sortir de leur boîte, ces intras diffusent un son clair et tubulaire à la fois, plutôt aéré mais assez métallique. Leur restitution des voix, par exemple, est aussi lointaine que sibilante et celle des médiums en général globalement dure. Déjà, cependant, avant même le moindre rodage, nous avons pu noter l’équilibre du spectre des S500i qui nous ont paru présenter des basses bien dosées et des aigus présents mais sans agressivité. Seule la partie médiane de leur réponse fréquentielle nous a donc fait tiquer avec son côté acide et voilé qui nous a donné l’impression d’un effet « radio », avec des hauts-médiums très crissants et distordus et des mid-médiums manquant de corps, creux, comme évanescents.

Réponse fréquentielle

Après rodage, le son de ces intras reste globalement clair et présente une signature plutôt en V, avec un creux de la réponse fréquentielle au niveau des médiums.


Graphe schématique de la réponse
fréquentielle des RHA S500i. (Source: RHA.)

Graves

Les S500i offrent des infra-graves absolument magnifiques et d’une qualité inouïe jusqu’alors dans leur secteur tarifaire. Que ce soit dans l’interprétation des compositions d’Agnès Obel, dans le rendu de la grosse caisse folk du « Daisies of Galaxy » des Eels ou encore dans celui de la ligne de synthé du début de « Synergistic Perceptions », le morceau dark ambient de Robert Rich et Lustmord, ces intras restituent les plus bas registres, à partir de 80 Hz et en deçà, non seulement avec de l’impact mais aussi avec du corps, de la texture, et cela sans jamais autoriser le moindre débordement des infra-graves sur les graves. La liaison entre les deux sous-registres, comme on peut également le constater sur le titre de Rich et Lustmord, est constamment magnifique de présence et de propreté, de définition et d’extension.

Cette présence aussi fine et subtile qu’impérieuse des subs apporte une assise à la fois ferme et dynamique aux genres basseux les plus énergiques et les plus rentre-dedans — telle la synthwave du « Futureworld » de Com Truise, que les S500i font claquer et vibrer avec beaucoup de précision et de profondeur, d’autorité en un mot.

Cette profondeur ne se retrouve pas complètement dans les mid-basses des RHA, certes bien texturées mais un peu en manque d’extension. Dans le rendu de ce sous-registre (qui se situe entre 80 et 170 Hz environ), les S500i arrivent moins bien à concilier tenue et corps que dans la restitution des infra-graves. Leur performance dans cet intervalle fréquentiel reste cependant fort appréciable — comme nous avons pu le constater par exemple sur des morceaux d’AC/DC ou de Metallica — et, quoique sacrifiant un peu la présence à la maîtrise, ne donne pas pour autant un sentiment de retrait des graves dans leur spectre global.

L’un dans l’autre, grâce à la qualité exceptionnelle, à ce jour — y compris parmi les autres écouteurs à drivers micro-dynamiques —, de leur rendu des infra-basses, les S500i nous paraissent constituer une nouvelle référence dans le traitement du registre grave dans leur secteur tarifaire… voire au-delà. La note que nous avons attribuée à leur restitution de ce registre reflète ce constat.

Note : 6/5

Médiums

Nous n’aurons certes pas la même aménité à l’égard de leur traitement des médiums, hélas.

Le rodage a certes maté les sibilances et chuintements dans la partie haute de ce registre, au niveau de sa liaison avec les aigus (vers 2-3 kHz) mais des duretés s’entendent encore dans l’articulation des sifflantes sur les RHA et des acidités viennent trop souvent entacher la restitution des instruments ayant leur tonalité fondamentale dans ce sous-registre — comme, par exemple, la caisse claire de « The Package », le titre métal-prog d’A Perfect Circle.

Même constat concernant les mid-médiums (entre 250 Hz et 1,5 kHz à peu près) que nous avons trouvé au final assez « serrés », en défaut non seulement d’ampleur et d’extension mais aussi d’impact, avec des attaques un peu trop rondes. Alors, certes, cela pourrait être un facteur de musicalité mais, en l’occurrence, il s’agit plutôt d’un manque de définition — à preuve le rendu des guitares électriques par les RHA qui nous a paru généralement trop agressif, trop aigre et comme flouté par un flottement dans la tenue de la tonalité.

Mais le plus dommageable, dans la restitution de ce registre par les S500i, n’est pas là. Il réside dans la spatialisation particulière que ces intras confèrent aux médiums, en mettant en avant les hauts-médiums tout en reculant les bas-médiums vers le fond de la scène. Il en résulte une impression d’incohérence qui s’entend très bien, par exemple, dans l’interprétation unplugged que le groupe grunge Nirvana a donné de son « Dumb » pour MTV : la caisse claire du batteur Dave Grohl s’y trouve comme projetée sur le devant du soundstage alors même que la guitare de Kurt Cobain et, surtout, la basse de Chris Novoselic donnent l’impression de résonner en fond de scène — a contrario de leurs localisations respectives sur l’estrade, pendant l’enregistrement.

Ce problème de disparité de la spatialisation des médiums, en particulier à l’articulation bas-médiums/mid-médiums (vers 200-250 Hz, donc), nous a même amenés à nous demander s’il n’y a avait pas un problème de réverbération de cet intervalle fréquentiel à l’intérieur de la coque des RHA !

Note : 2/5

Aigus

Les plus hauts registres sur les S500i n’ont rien de remarquable ni de répréhensible : ils font leur boulot. Certes très brillants et bien définis, ils ne sont guère filés.

Ce raccourcissement des extensions ne permet pas aux RHA de toujours rendre compte des subtilités de textures des aigus — comme on peut s’en rendre compte, par exemple, à l’écoute des glissandi électroniques qui viennent orner la voix de Steve Spacek au début de son titre électro-soul, « Sexy Curvatia », et qui nous ont paru sonner trop secs et trop fluets sur les S500i.

Note 3/5

Soundstage

L’incohérence du traitement spatial des médiums a, bien évidemment, des effets dommageables sur le soundstage, notamment dans sa dimension frontale, en nuisant à la lisibilité de l’étagement des plans en profondeur. Maintenant, cette défaillance se remarque surtout dans le rendu des morceaux dont les sources, dans leur grande majorité, s’expriment précisément dans ce registre, à savoir essentiellement les musiques acoustiques et/ou vocales. Par ailleurs, la profondeur n’est justement pas un axe selon lequel la scène sonore des S500i a particulièrement tendance à se déployer.

Non que le soundstage de ces intras soit désespérément plat. Au contraire, il offre parfois de belles résonances en profondeur — comme, par exemple, dans le rendu de l’« Elemental Trigger » de Robert Rich et Lustmord — mais il faut bien reconnaître qu’il donne plus l’impression d’avoir la forme d’un écran légèrement concave que de présenter une véritable volumétrie.

Sa principale qualité réside dans la netteté de sa séparation latérale. Les RHA prodiguent en effet beaucoup de détails sur l’axe des x et y permettent une localisation précise des instruments.

Ce détourage net et ferme des sources, sans flou ni flottement, sur le devant de la scène s’est imposé à nous dans la restitution de tous les genres de musique : depuis l’ambient de Biosphere (et, notamment, les petits bruits d’eau vers la fin de « Kobresia », aux alentours de 6’54’’) jusqu’au folk du « Daisies of the Galaxy » des Eels. Dans ce dernier cas, l’acuité du placement latéral était hallucinante sur les RHA puisqu’elle nous a permis de situer les premières interventions de la guitare, au début de ce morceau, à 10H30 précises dans le panoramique !

Note : 4/5

Dynamique

La macro-dynamique des S500i, c’est-à-dire leur capacité à négocier les brusques changements d’intensité sonore, est un peu défaillante. Trop souvent nous avons trouvé que leur rendu des impacts, par exemple, manquait d’attaque, de mordant.

Côté micro-dynamique et scansion fine du signal, ce n’est guère mieux : les RHA n’ont pas beaucoup de swing. Sur les morceaux les plus groovy, tel le « Mt. Penetrator » du groupe de stoner Karma to Burn, leur prestation est tout juste correcte (même si, en l’occurrence, c’est leur relative mollesse macro-dynamique qui affecte surtout le cadencement de ce genre de pistes).

Leur dynamique relative, enfin, à savoir leur faculté à rendre compte des intensités sonores respectives de chaque source à un instant donné du signal, ne rattrape guère leurs piètres performances par ailleurs dans ce secteur — en particulier dans l’interprétation de titres riches en médiums comme le track folk « In the Morning » de Swell dont les RHA semblent aplanir la dynamique relative en conférant plus ou moins la même intensité sonore à tous les instruments jouant simultanément (ici, principalement, guitares et voix).

La finesse de la résolution spatiale de ces intras dans la dimension latérale compense un peu ce tassement dynamique mais au final, le tableau des intensités sonores simultanées paraît assez compressé et brouillon sur les S500i, et cela même dans leur interprétation des morceaux de studio les mieux travaillés de ce point de vue, tel le « One Line » de P. J. Harvey dont les RHA délivrent une restitution assez monodimensionnelle en termes de dynamique relative.

Note : 2/5

Rapidité

Les S500i ne sont pas des intras rapides. Leur tendance à escamoter les attaques en est en partie responsable. Sur une rythmique sèche et claquante comme celle de « Reality Port 23 », le morceau drum’n’bass de Gianni Stiletto, on les sent perdre pied et leur restitution se brouiller, voire sombrer dans l’incohérence, leur déroulé temporel des salves de syncopes devenant même heurté et donnant l’impression d’être tantôt en avance, tantôt en retard sur le tempo !

Peut-être les RHA souffrent-ils ici, encore une fois, de l’hétérogénéité de leur rendu des médiums qui, après avoir nuit à leur soundstage, viendrait impacter négativement leur capacité à suivre les cadences les plus rapides, puisque les passages les plus vifs du morceau de Gianni Stiletto se situent à l’articulation, particulièrement sensible dans le rendu de ces intras, entre médiums et hauts-médiums.

Et, de fait, leur piètre performance en terme de vélocité dans leur interprétation de la trance Goa du « Byron Bay » de Transwave semble le confirmer, la rythmique de ce morceau restant essentiellement cantonnée dans la partie médiane du spectre de fréquences : non seulement les différentes sources ont tendance, dans l’interprétation qu’en délivrent les S500i, à se chevaucher dans le temps, gênant ainsi la perception du contre-point, mais nous avons même cru distinguer du pleurage dans les arpèges des synthés lead jouant dans le haut-médium !

Cependant, le constat de lenteur reste le même sur des morceaux à la palette fréquentielle plus large, tel le « Still Born Prophet » du groupe de grind Nostromo, par exemple, qui descend plus bas dans les graves et dont les RHA font une sorte de torrent boueux où les notes successives des riffs de guitares et de la ligne de basse sont très difficilement distinguables les unes des autres…
Bref, les S500i sont des intras lents.

Note : 2/5

Timbres

Avec leur problème de restitution des médiums, leur dynamique en berne et leur relative lenteur, les RHA ne peuvent pas faire de miracles dans le rendu des timbres et si, à l’occasion — comme sur le « Daisies of the Galaxy » des Eels, par exemple — il leur arrive de sortir de belles voix, présentes et articulées, pleines et définies à la fois, en règle générale ils peinent à offrir des timbres une image sonore suffisamment réaliste et caractérisée, « authentique » en un mot.

Globalement, et en dehors de certaines exceptions donc, les S500i restituent des voix très en retraits par rapport au signal d’origine, même sur les pistes qui auraient plutôt tendance à les mettre en valeur, tel « Fu-Gee-La », le célèbre titre hip-hop des Fugees : sur les RHA, le timbre des trois rappeurs sonne globalement trop clair et parait manquer de chair ainsi que de présence.

Le constat est moins négatif à l’écoute du rendu des prises de studio respectueuses des timbres, relativement parcimonieuses en effets et comportant des voix dont la tessiture se situe plutôt dans le haut-médium — comme celle de P. J. Harvey dans « One Line », par exemple. En ce cas, la restitution du chant par les S500i retrouve de la densité… mais acquiert aussi une dose un peu excessive d’acidité.

Il n’y a pas que les voix dont les RHA ont tendance à travestir le timbre. C’est aussi le cas du trio traditionnel d’instruments du rock (batterie, guitare et guitare basse) ainsi qu’on peut le constater dans leur interprétation du « Still Born Prophet » de Nostromo : la guitare y noie la basse qui y noie la batterie, en une sorte de camaïeu indifférencié.

Les timbres d’un morceau de jazz comme le magnifique « Hullo » de John Tchicaï et Vitold Rek pâtissent d’une forme identique de confusion sur les S500i, le rendu du saxophone et celui de la contrebasse y manquant de personnalité, de caractère propre et distinct : le saxo parce qu’il s’exprime essentiellement dans mid-médiums que ces intras rendent, comme on l’a vu, à la fois creux et lointains ; la contrebasse parce qu’elle manque tout autant de corps dans ce même registre et que les graves, du coup, viennent en quelque sorte s’engouffrer dans ce vide des fréquences médianes et engloutir plus ou moins le reste du spectre fréquentiel de cet instrument.

La pire contre-performance est atteinte dans ce secteur par le rendu du violon — en particulier celui de l’artiste Lindsey Stirling, dans ses compositions hybrides mêlant classique et dubstep : son instrument, tel que les RHA le restituent, y sonne parfois comme une guitare !

Note : 2/5

Conclusion

Son
Soundstage : 4/5
Réponse fréquentielle :
Grave : 6/5
Médiums : 2/5
Aigus : 3/5
Dynamique : 2/5
Rapidité : 2/5
Timbre : 2/5

Moyenne son : 3/5

Usage
Emballage et accessoires: 5/5
Design : 5/5
Fabrication : 5/5
Ergonomie et fonctionnalités : 3/5

Moyenne usage : 4,5/5

Note finale
La note attribuée au son compte double :
((2 x 3) + (1 x 4,5)) ÷ 3 = 10,5 ÷ 3 = 3,5/5

Les défauts réellement gênants que présentent les RHA S500i, surtout dans leur rendu, sont cependant compensés par des qualités parfois remarquables et absolument inédites dans leur gamme de prix.

3,5/5

9 réponses à “[Test] RHA S500i

  1. Mon dieu qu’ils sont durs les testeurs! Heureusement qu’ils se rattrapent en fin de conclusion…
    Oui le câble offre de superbes microphoniques, mais bon y’a la pince, oui les médium sont en retrait et plutôt métalliques, oui, mais comme vous le soulignez, moins de 40€!
    Dans cette gamme de prix, j’ai rien trouvé de tel jusque-là. Alors non je n’ai pas tout testé, mais une telle qualité de son associée à un tel packaging et un tel niveau de qualité dans la construction, moi je dis chapeau RHA!

    1. Les Zero Audio Carbo Tenore nous paraissent mieux, avec des médiums mieux maîtrisés, (même si leur qualité de fabrication est irrégulière), de même que les Havi B3 Pro 1, qui restent les champions du respect des timbres en entrée de gamme… Mais nous pensons quand même intégrer à terme les RHA S500 à la prochaine refonte de notre comparatif d’intras économiques car ils sont malgré tout nettement meilleurs, selon nous, que les TTPOD T1 et que les VSonic VSD3. (Remarque, ce n’est pas difficile, hein…)
      Maintenant, après coup, nous est venue l’idée que le boîtier commande + micro pouvait peut-être nuire au rendu des S500i… Or toi, Manny, si je ne m’abuse, ce sont les S500 que tu possèdes et non les S500i?
      En tout cas, merci de ton intervention: plus on sera nombreux à donner notre avis sur ces intras, plus celui-ci aura de chances d’être « objectif ».

      1. Effectivement c’est bien les S500 que j’ai. Je ne pense pas que le boitier nuise au rendu car je me retrouve dans votre test. Des graves jamais entendus jusque là sur de l’intra à 50€ (bien plus agréable que sur les EPH100 que j’ai eu), des aigus pas fatiguant et des médiums légèrement en retrait et plutôt acide (mais non rodés encore).
        De mémoire, c’est une signature similaire aux EPH100 sauf que le port se fait oublier, que c’est deux fois moins cher et que le message est plus clair et détaillé.

  2. Je ne capte pas plusieurs choses :
    – la note de 2/5 avant la conclusion, puis 3.5/5 dans la conclusion.
    – la note de 6/5 dans le grave. C’est sur 5 ou ça ne l’est pas, et ça enlève tout sens à la notation (sans rentrer dans un débat sans fin).

    1. Si la note de 2/5 à laquelle tu fais référence est celle juste avant la conclusion, il s’agit de la note du respect des timbres. C’est la mise en page qui t’a induit en erreur. (La gestion des interlignages est un calvaire sur WordPress, le logiciel qui sert à faire le blog.)
      Quant à la note de 6/5 donnée au rendu des graves, elle reflète simplement le fait que les performances des S500i dans ce secteur excèdent celles de tous les intras que nous avons pu écouter jusqu’alors dans leur gamme de prix et bien au-delà. En d’autres termes, c’est la notion de maximum que les S500i redéfinissent dans ce secteur précis. Pour exprimer ce constat, nous n’avions d’autre choix que de toucher au numérateur de la notation.

      1. OK, merci pour les explications.
        Je m’en doutais un peu pour les basses mais j’ai préféré poser les questions ici dans l’éventualité où d’autres auraient les même interrogations.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

:D :-) :( :o 8O :? 8) :lol: :x :P :oops: :cry: :evil: :twisted: :roll: :wink: :!: :?: :idea: :arrow: :| :mrgreen: