Le baladeur design est un des secteurs audiophiles les plus dynamiques qui soit, et voit déferler depuis trois ans une concurrence asiatique redoutable : que ce soient les japonais de Sony, les chinois d’iBasso et de Fiio ou encore les coréens d’iRiver et de Cowon, on ne peut pas dire que les constructeurs fassent semblant […]

[Test] TheBit Opus #1

Le baladeur design est un des secteurs audiophiles les plus dynamiques qui soit, et voit déferler depuis trois ans une concurrence asiatique redoutable : que ce soient les japonais de Sony, les chinois d’iBasso et de Fiio ou encore les coréens d’iRiver et de Cowon, on ne peut pas dire que les constructeurs fassent semblant de développer des solutions à la fois bien conçues et d’une qualité sonore remarquable.

C’est justement une firme coréenne, TheBit, qui sera le sujet de l’article du jour, avec un nouveau baladeur plein de promesses : un design abouti, un firmware basé sur Android et une qualité sonore sans compromis, le tout pour environ 600€.

Un tueur d'Astell & Kern en approche ?
Un tueur d’Astell & Kern en approche ?

Voici donc venu l’OPUS#1 Portable MQS Audio Player — ou Opus #1 pour les intimes.

Caractéristiques

  • Cirrus Logic CS4398 x 2 (1 par canal)
  • Supporte les taux d’échantillonnage jusqu’à 24bit/192KHz
  • Écran : 4’’ TFT Touch Display (480*800)
  • Sorties : Jack 3.5mm (asymétrique) et 2.5 TRRS (symétrique)
  • CPU : ARM Cortex-A9 1.4GHz, Quad-Core
  • Mémoire (RAM) : DDR3 1GB
  • Mémoire interne : 32GB
  • Deux ports carte micro SD 400GB max (2 x 200GB)
  • Autonomie batterie : +/- 8 heures
  • Batterie : 4000mAh /3.7V Li-Polymer
  • Système Exploitation : Android
  • Compatible avec systèmes exploitation : Windows 7/8 (32/64bit) MAC OS X 10.9 ou supérieur
  • Formats supportés : APE, FLAC, WAV, WMA, ALAC, AIFF, MP3, OGG
  • Réponse en fréquence : ±0.02dB (Condition: 20Hz~20KHz) / ±0.3dB (Condition: 10Hz~70KHz)
  • Rapport Signal Bruit : 114dB @ 1KH / 115dB @ 1KHz
  • Diaphonie : 125dB @ 1KHz, / 130dB @ 1KHz
  • Niveau de Sortie : 2.1Vrms / 2.3Vrms
  • Dimensions : 72 x 112 x 18mm
  • Poids : 185g

De l’extérieur

Au déballage

L’Opus #1 est une brique audiophile au design léché et particulièrement réussi. Jugez donc les photos de la bête : dos en verre et carcasse en aluminium anodisé font bon ménage.

Le verre, grand ami des traces de doigt, mais très robuste sur l'Opus.
Le verre, grand ami des traces de doigt, mais très robuste sur l’Opus.

La construction est très soignée, parmi ce que j’ai pu voir de mieux sur un baladeur : aucune pièce ou vis ne dépasse, aucun jeu n’est à signaler (les boutons notamment sont très bien assemblés). L’ensemble tient bien en main, les chanfreinages des arrêtes évitant au baladeur de sombrer dans le travers de la brique qui scie les mains tout en gardant un aspect très anguleux. La trappe pour mettre les cartes microSD est à la fois aisée à enlever et très bien fixée, même si je n’ai pas d’idée de sa durabilité sur le long terme.

En un mot comme en cent, c’est un sans-faute sur la qualité de fabrication et l’Opus laisse une belle impression de robustesse !

L'ensemble fait petite brique et tient bien en main.
L’ensemble fait petite brique et tient bien en main.

Démarrons la bestiole…

Premier gros point noir pour l’Opus… son temps d’allumage : 35 secondes au total pour pouvoir se retrouver sur la navigation par dossier. C’est long, très long, et en 2016 certains font nettement mieux, le champion incontesté étant le Lotoo Paw 5000 qui se lance en trois secondes montre en main.

Le scan de la carte SD est en revanche relativement rapide, surtout par rapport à certaines marques (Hifiman, pour ne pas les citer), et ne se fait que quand le contenu de la carte est changé.

Ensuite, les réglages, malheureusement peu nombreux, certains classiques (luminosité, langue, etc.) et trois particulièrement notables :

  • Un equalizer 10 bandes personnalisable (jusqu’à trois différents), c’est plus qu’appréciable ;
  • Un mode sleep, qui, a priori, permet d’éteindre le baladeur après une certaine durée, par exemple pour s’endormir avec sans qu’il tourne toute la nuit ;
  • Un réglage de la balance gauche/droite, c’est un excellent point, que l’on aimerait voir plus souvent sur les baladeurs.

Dommage toutefois que l’interface n’ait pas été traduite en français (l’espagnol et l’allemand étant de la partie…). On aurait par ailleurs aimé avoir un contrôle plus fin de l’ergonomie et de l’interface, par exemple en forçant le baladeur à s’allumer directement sur la navigation par dossier, sur tel dossier dans telle carte SD (ou sur la mémoire interne du baladeur), afin de rendre la navigation plus agréable.

Un petit air de famille avec l'AK240, non ?
Un petit air de famille avec l’AK240, non ?

Sur l’écran de lecture, le nécessaire est présent, sans fioriture : pochette en fond, type de fichier et échantillonnage, durée du morceau et temps restant, nom du morceau et de l’artiste.

Le tactile ne souffre d’aucun reproche. Les boutons de commande, extrêmement bien construits, sont quant à eux à la fois une force (ils permettent de manipuler l’appareil sans l’allumer),… et une faiblesse. Ils sont petits, et, comme le baladeur est relativement symétrique, à l’aveugle, il peut arriver de se planter entre la tranche avec vol± et celle avec play/pause/avant/arrière ; surtout que les boutons sont petits et ne dépassent pas beaucoup, rendant leur manipulation assez hasardeuse. Il pourra donc vous arriver, dans un premier temps, de confondre le changement de morceau et le bouton pause.

La répartition des boutons est assez piégieuse, à noter la sortie casque au-dessus du baladeur et non en dessous, ce qui est tout sauf pratique une fois dans la poche.
La répartition des boutons est assez piégieuse, à noter la sortie casque au-dessus du baladeur et non en dessous, ce qui est tout sauf pratique une fois dans la poche.

Au quotidien, le baladeur est donc tout à fait utilisable, mais pourrait être nettement plus efficace quand même. Gageons qu’il s’agit de défauts de jeunesse qu’une mise à jour pourrait aisément corriger, en ce qui concerne la partie logicielle.

Le baladeur tient sans problème son contrat de 8h d’autonomie, si ce n’est un peu plus. À noter que la charge est en revanche plutôt lente (il faut plus d’une heure et demie pour recharger par USB l’Opus #1), même si tout est relatif. En 2016, cela peut prêter à sourire quand on pense à l’autonomie de certains anciens baladeurs Cowon, mais c’est sans compter sur ce que les entrailles de la bête Opus – et de nombre de ses concurrents – consomment…

De l’intérieur

L’architecture

L’architecture de l’Opus #1 s’articule autour d’une paire de Cirus Logic CS4398, probablement la puce la plus utilisée sur des baladeurs haut de gamme depuis quelques années. Malheureusement, le constructeur n’est pas plus exhaustif sur l’intérieur de l’Opus.

Cette puce, très répandue donc, est réputée pour fournir un son plutôt côté chaleureux de la force, quoique certaines marques parviennent à en faire sortir un son plus froid, sans emphase dans le bas-médium (emphase qui donne cette sensation de chaleur, justement). Sur l’Opus #1, nous restons en terrain connu et le rendu du baladeur est typique des CS4398 bien maîtrisées : c’est légèrement chaleureux tout en restant très maîtrisé, puissant et fluide.

La signature sonore

Plus en détail, penchons-nous tout d’abord sur la signature sonore : le baladeur fait la part belle aux médiums et aux bas-médiums, dans la droite lignée, là encore, de ses prédécesseurs pourvus de la CS4398.

Les basses sont particulièrement bien soignées (texture et matière) et cognent fort, peut-être un peu trop avec les intra-auriculaires et les casques déjà lourdement chargés en graves.

Le bas-médium possède une emphase assez agréable, bien maîtrisée et qui ne nuit pas au reste du signal sonore, tout en conférant à l’ensemble une chaleur décidément bien agréable.

Les médiums sont très fluides, au sens où l’on a l’impression que les notes s’enchaînent de manière continue sans crispation, et surtout dotés d’une quantité de détails qui place l’Opus dans les très bons élèves de cette gamme tarifaire (faisons large en comparant les baladeurs sous la barre symbolique du millier d’euros).

Les aigus sont la partie en retrait, sur l’Opus #1, non pas pour leurs qualités, mais plus pour leur quantité. Ils sont très bien maîtrisés, avec une (très) légère tendance à la sibilance sur certains morceaux… notamment ceux mettant l’accent sur les voix féminines (je pense aux premiers morceaux de Norah Jones, Don’t Know Why, qui sont impitoyables avec la restitution des aigus, mais également Little Numbers de Boy). Il est toutefois à noter que je suis très sensible dans cette partie-là des aigus et que cela ne concernera pas tout le monde.

L’ensemble sonore dégage une impression de cohérence, de fluidité, le tout mâtiné d’une coloration bien agréable à l’écoute : ce baladeur n’est pas neutre, au sens monitoring du terme, mais plutôt enjoué, et donne furieusement envie de taper du pied ! Et ce sans que cela sombre du côté brouillon.

Spatialisation

La scène sonore, quant à elle, est indéniablement un des points forts de l’Opus #1 : elle est très ample et profonde, malgré un placement un tout petit moins précis que le champion incontesté des baladeurs (sur cet aspect), le Hifiman HM901s (qui coûte plus du double, cela étant dit). Dit autrement, pour ce prix les concurrents ne feront pas mieux techniquement parlant… à ma connaissance.

Niveau de détail

L’Opus #1, comme on peut s’y attendre avec une signature enjouée et chaleureuse, n’est pas un baladeur monstrueusement détaillé. Néanmoins, chez TheBit, chaleur peut rimer avec résolution : l’Opus #1 fait ressortir la plupart des micro-détails des enregistrements sans sombrer dans l’excès d’analytisme ; chose plutôt classique sur les Cirus CS4398, mais ici très bien maîtrisée. Il sera difficile de mettre en défaut le petit de TheBit sur ce point, sauf à mettre des sommes autrement plus conséquentes dans votre source.

En conclusion

Pour comparer brièvement, je dirais que TheBit a réussi avec son Opus là où les premiers AK de iRiver ont échoué, en essayant de proposer un son à la fois chaleureux, fluide et pêchu. Pour un prix qui ne dépasse pas celui du tout premier AK100 (600€) avec de grandes avancées par rapport à il y a trois ans, c’est une franche réussite.

Alors certes l’Opus #1 ne vient pas révolutionner le monde des baladeurs dans cette gamme de prix, mais avec sa construction soignée, son usage au quotidien tout à fait décent – même si loin d’être parfait –, son autonomie supportable et surtout sa grande cohérence sonore, les compromis sont mineurs et le pari réussi pour les coréens de TheBit !

Est-il parfait pour autant ? Non, la faute à quelques trébuchements ergonomiques (notamment le temps de démarrage) et une signature qui ne pourra pas convenir à tout le monde — surtout les aficionados de sources droites voire montantes —, mais pour les amateurs du son Cowon P1, AK120 ou Colorfly, l’Opus est un solide concurrent pour un tarif très contenu.

Pour proposer un baladeur qui tient tête aux ténors de la gamme des 500-1000€, sans pour autant révolutionner le genre, l’Opus récolte un 4/5 bien mérité.

Note - gramophone - 4


Nous adressons tous nos remerciements à notre partenaire Audiophonics pour le prêt de ce baladeur.


3 réponses à “[Test] TheBit Opus #1

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