Clap de fin estival : après Cabris c’est finis ! Pour mieux revenir ? Qui sait. Mais d’ici là, bonne lecture. Petite clarification préalable que je te dois, cher lecteur : j’ai appelé cette liste un top « vaguement metal », car si mon style de prédilection est bien le metal, les années passant, j’ai […]

[Tops de l’été] Un top « vaguement metal »

Clap de fin estival : après Cabris c’est finis ! Pour mieux revenir ? Qui sait. Mais d’ici là, bonne lecture.


Petite clarification préalable que je te dois, cher lecteur : j’ai appelé cette liste un top « vaguement metal », car si mon style de prédilection est bien le metal, les années passant, j’ai fini par avoir une surreprésentation dans mes écoutes de deux sous-styles, le stoner et le sludge (avec une pincé de doom aussi, mais tout ça est lié, comme dirait le grand chef d’une secte millénariste aujourd’hui au chômage)… ce que traduit grandement la liste ci-dessous.

Si tu veux en savoir plus sur ces styles, et parce que je suis une feignasse, les pages Wikipédia consacrées au stoner et au sludge sont pas mal gaulées et permettent surtout d’avoir une assez bonne idée de ce que tu vas te prendre dans les oreilles.

Clutch « Psychic Warfare »

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Clutch est un groupe souvent affilié au stoner à défaut de lui trouver une meilleure étiquette. Il sévit depuis le début des 90’s et son « style », après quelques évolutions, s’est stabilisé à mes yeux véritablement en 2004, avec l’immense Blast Tyrant (toi qui me lit, je t’invite à écouter au moins une fois cet album, qui est le joyau d’un groupe ne pondant pourtant que de bons albums ; c’est te dire la tronche du joyau) dans ce que je qualifierais tout simplement de rock bien couillu avec un très gros sens du groove (et plus ou moins de références blues, hard rock ou « stoner »).

Psychic Warfare s’inscrit dans la droite ligne de ses prédécesseurs, et principalement du petit dernier, Earth Rocker, sorti en 2013… tu aimes le rock qui bouge, tu aimes les racines blues, tu aimes les trucs qui ont un putain de groove, tu aimes qu’un barbu te chante une sorte de prêche avec une voix habitée, tu aimeras Psychic Warfare et Clutch fils ! Tu peux marcher en paix maintenant, tu as accès directement la lumière. Amen.

Faith no more « Sol invictus »

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Avec Faith No More (FNM), je te préviens tout de suite, on rentre dans le groupe culte. Ces mecs sont des pionniers de ce que l’on appelait dans les 80’s la « fusion »… si si, tu sais, le mix d’un peu tout et n’importe quoi (funk, rap, pop, rock, metal, punk, ska, reggae, électro, musique péruvienne avec accordéon, j’en passe et des meilleurs) mais joué avec beaucoup d’énergie. Le Mother’s Milk (1989) des Red Hot Chili Peppers ou le Give A Monkey A brain And He’ll Swear He’s The Center Of The Universe (1993) de Fishbone en seraient d’assez bonnes illustrations. Cependant, contrairement à ses petits « camarades » (vu les relations entre Mike Patton, chanteur de FNM, et les RHCP, les guillemets s’imposent), FNM a toujours eu à mes oreilles un coté plus sombre, parfois plus metal, mais surtout plus barré, voire novateur. Car quand beaucoup de groupes de fusion alternaient différents styles sur une même galette, chez FNM, on transcendait complètement les styles impliqués pour en faire une mixture propre. Cette affirmation est particulièrement vraie pour Angel Dust (1992), véritable ovni musical et pour moi meilleur album du groupe.

Sol invictus est le dernier rejeton, mais c’est surtout un album attendu depuis 18 ans ! Eh ouais, Album Of The Year, le prédécesseur, était sorti en 1997… Pourquoi un si long trou, me diras-tu ? Eh bien simplement parce que ce groupe composé de personnalités très fortes (têtes de cons ça marche aussi) avait splitté en 1998, chacun partant vaquer à ses occupations. Et, sans spécialement se focaliser sur Mike Patton, ils en ont beaucoup des occupations (je t’invite à regarder les productions d’Ipecac Regordings, le label de Patton).

Que dire de Sol Invictus sinon que c’est un retour ultra réussi, que comme toujours FNM nous pond un album qui ne ressemble que peu à ce qu’ils ont pu sortir avant. Ceux qui voulaient un Angel Dust ou un King for a Day bis ont dû être déçus, d’autant qu’aux premières écoutes on (le on, c’est bibi qui n’engage que lui-même) peut y reconnaître la touche de certains autres projets de sieur Patton (j’ai un peu pensé à du Mr Bungle à la California… idée qui s’est vite dissipée, mais bon) et une petite impression de « facilité » ou de désordre. Et puis, au fil des écoutes, comme souvent avec FNM, j’ai fini par être charmé par les différentes ambiances, les parties catchy imparables, celles plus sombres, la voix toujours aussi sublime et protéiforme de Patton, etc. Sol Invictus, comme tout album de FNM, est une mine, tu n’as plus qu’à prendre ta pioche et creuser dedans !

Goatsnake « Black age blues »

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Dans le « stoner », Goatsnake est un groupe aussi important que rare. Né au milieu des 90’s des cendres de The Obsessed, groupe culte de doom (alors oui, c’est important d’être culte surtout dans le doom metal, ça compense le fait de ne pas vendre beaucoup d’albums), Goatsnake a connu son « âge d’or » au début des 2000’s avec la sortie de pas moins de deux LPs et quelques EPs. Black Age Blues est donc son troisième album, et là, je te vois venir, trois albums en quasi vingt ans d’existence, on a connu plus productif. Donc soit ces mecs sont de gros branleurs, soit ils sont ultra perfectionnistes… Bon, ce sont clairement des branleurs (bien qu’ils aient tous d’autres groupes, Greg Anderson, le gratteux, est notamment fondateur de Sunn O))), pierre angulaire du drone métallique), mais c’est surtout un groupe qui ne cesse de se reformer et de sliptter… il faut donc profiter de son retour discographique, qui sera surement éphémère… surtout quand c’est un retour de la plus belle des manières.

Goatsnake c’est une musique faite de riffs de guitares massifs et d’une section rythmique rampante sur lesquels vient se poser une voix sublime, claire, habitée, sensible et pourtant si puissante… Goatsnake, c’est de la lave en fusion éclaboussée de classe et de beauté. Que dire si ce n’est que Black Age Blues s’inscrit pleinement dans ce son si particulier, qu’il reprend l’histoire là où Goatsnake l’avait laissée… mais il n’est pas pour autant « statique » : les bougres ont en effet parsemé leur musique compacte, monolithique de petits éléments qui l’aèrent un peu, des cœurs gospels là, des violons ici, du piano plus loin… et un chant qui n’a peut-être jamais été aussi beau. Tu l’auras compris, si tu veux atteindre les cieux sur un chemin de feu, cet album tu devras écouter ! Amen (bis).

Ghost « Meliora »

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Ghost, une sensation « metal » venue du froid (y fait froid en Suède, non ?). Pour certains, c’est surtout une belle bande d’opportunistes qui ont tout compris au moyen de tirer le meilleur profit possible du revival 70’s qui règne dans le petit monde du metal actuellement, en y ajoutant une dose de mystère par l’anonymat de ses membres, cachés derrières des costumes ecclésiastiques (un chanteur en pape noir et des musiciens en habits de moine pour la faire simple) et quelques gouttes d’occultisme (satan, ça marche toujours comme recette chez nous les métalleux… c’est tellement evil !). Comme tu l’auras compris, je ne suis pas de ceux-là… pas tant que l’occultisme ou le carnaval me fascinent, mais simplement que les deux premiers albums sont à mes yeux une belle réussite de hard rock revival et le look ou encore textes du groupe s’inscrivent à merveille dans cette musique vintage.

Que dire de Meloria, troisième album du groupe ? Je le confesse (c’est l’occas ou jamais, tous les groupes n’ont pas un pape comme chanteur), aux premières écoutes, il ne me plaisait pas ce petit dernier ; son trop lisse, trop « metal »… où est passée cette ambiance si 70’s, si psychédélique, un peu occulte de son prédécesseur ? Ce n’est qu’en le réécoutant plusieurs fois, en lui laissant véritablement sa chance, que j’ai eu la révélation : tous les titres de Meliora sont des singles, c’est ultra catchy, hyper bien composé et arrangé… ils ont pondu une bombe d’efficacité. Et je te le prédis, la maladie va continuer de se répandre : toi aussi tu finiras par avoir envie de chanter à gorge déployée ton amour de la bête dans « he is » et par te laisser aller à cette farce si joliment emballée… Pourquoi ? Parce que Ghost s’avère bien plus qu’une farce, mais un groupe qui nous a pondu tout simplement une kyrielle de bons morceaux, plus imparables les uns que les autres. Si c’est pas le signe que satan les habite réellement ça !

Torche « Restarter »

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Torche ce sont mes chouchous, un groupe à la croisée des chemins entre le Stoner et le sludge… mais Torche, c’est avant tout un son, les guitares, la basse et la batterie fusionnent véritablement dans un magma compact, viscéral… un flux qui te prend aux tripes et t’emmène loin, très loin. Et sur ces vagues sonores si denses vient se plaquer une voix à la limite du pop, qui projette sa lumière sur ce qui aurait pu être considéré comme un peu étouffant et rend cette musique finalement assez « joyeuse ».

Je dis donc, vive le sludge mélodique, la pop sludge ou je ne sais quelle étiquette à la con que l’on pourra trouver, car Restarter est surement l’album que j’ai le plus écouté en 2015. Il s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur, Harmonicraft, sorti en 2012, et qui était l’album par lequel Torche avait à mon sens véritablement trouvé sa voie et le bon équilibre de ce son si particulier. Restarter est cependant une chtouille plus sombre que son prédécesseur mais, comme tu l’auras compris, tout aussi addictif. Un seul conseil : écoute le titre Restarter. Si tu adhères, tu auras fait une découverte magique !

Et si tout ça ne t’intéresse pas, tu pourras toujours jeter une oreille sur

Le Bleeder, de Mutoid Man, parce qu’au fond de toi je sens bien que tu as envie d’écouter une superbe mixture de heavy à la NWOBHM, de bon vieux rock ‘n’ roll et de hardcore… Mutoid Man est là pour toi, oui spécialement pour toi… en plus, ce Bleeder, c’est comme le rosé en été, c’est frais et ça fait du bien. Amène ton verre j’te dis !

Le Lore, de Elder parce qu’avec cet album, Elder vient tout simplement de pondre un concentré de doom metal traditionnel, de stoner et de rock progressif. Cinq morceaux à tiroirs jouissifs et plein de feeling… ils t’attendent, viens t’y perdre !

Le The Plague Within, de Paradise Lost parce que tu aimes la confiture faite dans les vieux pots… que tu n’attendais plus grand-chose de ce groupe un peu perdu, qui avait posé son cul pile entre deux chaises (on est Depeche Mode en plus dark ou alors on fait du metal « sombre » ?)… et que là, ils te mettent un beau pain dans la gueule avec un superbe album de metal ultra sombre à grosse tendance doom… le retour des boss du style, qu’ils avaient grandement contribué à créer, ni plus, ni moins.

Le Purple, de Baroness, parce que (i) Baroness, c’est bon, mangez-en, (ii) tu aimes le sludge, mais à condition qu’il soit sensible (bien entendu que c’est possible !) et (iii) le purple, c’est le mélange du red et du blue, les deux premiers et moins contestés albums de Baroness.

Le Pylon, de Killing Joke, car même si ce n’est pas ma sortie récente préférée de la blague qui tue, dans la mesure où c’est Killing Joke, c’est tellement au-dessus de la mêlée que c’est déjà excellent… et au-delà de ça, si tu n’as jamais écouté ce groupe si unique – si si, je vois bien que vous êtes nombreux dans ce cas, et c’est mal, très mal – ce n’est pas la plus mauvaise porte d’entrée.

Le Exhausting Fire de Kylesa, parce que tu as toujours rêvé d’écouter du sludge psychédélique et que j’ai envie d’exhausser tes prières !

Le New Bermuda de Deafheaven, parce que je vois bien dans tes yeux de hipster perdu que tu désires plus que tout au monde te prendre une bonne tranche de metal extrême dans la tronche, mais que les corps paint, c’est vraiment trop la honte devant les potes… hé bé Deafheaven est là pour toi et en plus tu peux mettre « post » devant black-metal, car il y a plein d’ambiances toutes jolies dedans ; te dire si ça chie la classe. Bon, si t’es un true black-metaleux, écoute quand même, tu seras surpris, c’est bien.

Le This Is Not Supposed to Be Positive de Hangman’s Chair, déjà parce que c’est un groupe français, mais, surtout, parce que dans la série stoner doom, cet album froid et désespéré est une pure réussite !

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