Mouvement issu du sud des États-Unis et plus précisément d’Atlanta, nous allons essayer de comprendre ici quelles sont les influences qu’a englouties la Trap, sous-genre de rap qui secoue le monde du hip-hop depuis une dizaine d’années. Entre drogue, strip club et violence des mots, voici comment débute l’histoire. Tout d’abord, il faut savoir qu’Atlanta […]

[Zik] Atlanta et la Trap music

Mouvement issu du sud des États-Unis et plus précisément d’Atlanta, nous allons essayer de comprendre ici quelles sont les influences qu’a englouties la Trap, sous-genre de rap qui secoue le monde du hip-hop depuis une dizaine d’années. Entre drogue, strip club et violence des mots, voici comment débute l’histoire.

Tout d’abord, il faut savoir qu’Atlanta est née à la fin de la construction des voies ferrées aux États-Unis, qu’elle abrite le plus gros aéroport du monde, et que toutes les routes menant à l’est passent par la ville, plus précisément via la Spaghetti Junction, un énorme échangeur autoroutier. Ce qui fait de la ville une plaque tournante et un point stratégique plus qu’idéal, notamment pour le trafic de drogue.

Le mot Trap (piège en français) vient du fait qu’Atlanta est une ville pleine d’impasses ; The Devil, réalisateur de clips et producteur pour le collectif Duct Tape ainsi que d’autres rappeurs des bas-fonds de la ville, l’explique : « (…) il y a des tas d’impasses et de sens uniques ici. Et si tu t’aventures dans ces types de rue, tu finis dans un cul-de-sac, face à face avec les camés. C’est un putain de piège. Parce que s’ils t’attirent au fond de la rue, tu te retrouves coincé. »

Les débuts du rap d’ATL

Au début des années 90, plusieurs rappeurs et DJ’s d’Atlanta commencent à ramener la Bass Music de Miami dans leurs productions, sous la houlette d’Ichiban Records ; Outkast n’existe pas encore et Lil Jon n’a pas encore développé le Crunk.

C’est vers la fin des années 90 que les studios Big Oomp Records et DJ Jelly en particulier font découvrir à la ville des petits jeunes comme Outkast, T.I. et Young Jeezy ; le son Dirty South prend de l’ampleur et dépasse le cadre sudiste, il écrase tout avec une constellation qui réunit les villes du sud telles Houston (Z-Ro), Memphis (Three 6 Mafia), Miami (Pitbull), la Nouvelle-Orléans (Hot Boys, 1er groupe de Lil Wayne) et Atlanta, donc, qui est le point névralgique de tout ce petit monde, pas seulement musicalement mais aussi économiquement (Coca-Cola, CNN ou encore UPS ont leur siège social à Atlanta).

Là où le rap de Memphis a eu son influence dans la Trap, au-delà des kits de basses du Roland 808 utilisés, c’est du côté des thèmes ou plus précisément de l’attitude menaçante des paroles.

Lil Jon et le Crunk

Au début des années 2000, quand Lil Jon développe le Crunk, qu’il rapporte de Memphis, une transformation s’opère dans le son d’Atlanta : les basses deviennent plus lourdes, le rythme plus lent et les refrains sont beuglés. Mais Atlanta a cette particularité d’être la Mecque du Strip Club, et compte plus d’une trentaine d’établissements à travers la ville, pour un chiffre d’affaires d’environ 240 millions de dollars. Lil Jon, avec son passé de DJ, compte bien faire rentrer le Crunk dans les clubs, avec des boucles simples mais terriblement efficaces et des artifices dont il a le secret. Il popularise un son qui va faire danser l’Amérique, puis bientôt le monde entier. Le Crunk change la donne et rien ne sera plus jamais pareil à Atlanta. Le public ne le sait pas encore mais Lil Jon inscrira définitivement la ville sur la carte du rap US.

L’influence de la Black Mafia Family sur la ville

Revenons un peu en arrière pour mieux nous projeter plus en avant. Au début des années 90, à Detroit précisément, naît une organisation criminelle spécialisée dans le trafic de drogue : la Black Mafia Family, avec, à sa tête, le célèbre Big Meech. Stratégiquement, ils viennent s’implanter à Atlanta dans le but de s’en servir comme plaque tournante et faire transiter la cocaïne provenant du Mexique. Pour légitimer leur business et blanchir l’argent, ils montent un label (du même nom que l’organisation) au début des années 2000. C’est à ce moment-là qu’ils font la connaissance du jeune rappeur Young Jeezy, qu’ils veulent produire, et de Bleu DaVinci.

Coach K, alors impresario de Young Jeezy, souffle l’idée à son protégé de parler de ses relations avec la BMF dans ses chansons. Shawty Redd produit alors entièrement la mixtape Trap or Die, reconnue pour être le tout premier projet Trap.

Au même moment, une autre future star de la Trap va trouver Coach K : Gucci Mane. Le manager veut absolument associer les deux stars montantes sur un morceau. Zaytoven, ami et beatmaker de Gucci Mane, doit produire le titre. So Icy sort et le refrain de Gucci Mane marquera la Trap à tout jamais ; par la suite, une embrouille sur l’appartenance des droits du morceau brouillera définitivement Gucci et Jeezy.

Voilà maintenant 10 ans que la Trap domine et une flopée de producteurs talentueux que sont notamment les Zaytoven, Metro Boomin, ou autre Mike Will Made It font réellement la pluie et le beau temps dans le rap game.

Les rookies de ces dernières années ont pour la plupart été découverts par Gucci Mane : Peewee Longway, Rich Kidz, Young Thug, Migos, Young Scooter, Rich Homie Quan… Tous ces artistes mettent du chant dans leurs morceaux, une particularité qui pourrait ouvrir la Trap à un nouveau public beaucoup plus diversifié.

Le plus talentueux de cette génération est sans conteste Young Thug, chanteur/rappeur à la voix cartoonesque : il bouscule les codes et maitrise la science du refrain comme très peu d’artistes.

Le groupe Migos commence à s’exporter et sera en France en avril et juillet, il prévoit un album pour le mois de juin.

Peewee Longway, quant à lui, a sorti une mixtape le 9 mars dernier qui a une nouvelle fois été très bien accueillie.

 Young Scooter a donné suite à son classique Married To The Street :

 

Rich Kidz avec Skooly, qui est souvent comparé à Young Thug, néanmoins, il a un style plus R&B/Soul traditionnel dans sa façon de chanter :

Rich Homie Quan est le partenaire de Young Thug sur la mixtape désormais incontournable « Rich Gang : Tha Tour Part 1″, le volume étant sorti en bootleg, nous n’aurons pas de sortie officielle :

7 réponses à “[Zik] Atlanta et la Trap music

  1. AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!

    He’s back!!!!!!!!!!!!!!!!

    Propagande!

    Ils savent faire quoi à part compter des billets et montrer des femmes (par contre je n’y suis pas opposé )?

  2. You took my words from another interview on a completely different topic and put them in to fit what you were trying to say. Not only is it incorrect but it’s an amateur thing to do if you’re trying to be a journalist. All you had to do was reach out to me and ask, instead of making all of us look stupid and your article look dead wrong.

    1. Wendy Day n’était pas d’accord sur une de mes explications à propos d’un deal, j’ai enlevé la partie qui posait problème, fin de l’histoire.

  3. Thank you Barz13 for contacting me and caring enough to make the story correct.

    Lucius, since the beginning of rap, the purists (I used to be one) have hated everything that isn’t lyrical or skill driven. The upside of the Internet is that you can find new music that YOU will like. However, before you totally disrespect street rap and/or pop rap, just understand that THIS is the type of rap that has made millions of dollars for people who may not have been able to do so in other ways, it has spread rap worldwide so guys like you even knew the rap you like existed, and it opened up the genre of rap to many choices for many people. Rather than hating on what you don’t like (it’s all really just opinion), why not go to an article that highlights what you DO like so you can support what you like publicly. It’s better use of your time and energy. Plus, you won’t look like an asshole.

  4. « before you totally disrespect street rap »
    No direspect, just humour, good or bad, I don’t know, but it’s not disrespectful.

    All people on this planet look like an asshole, especially people without humour.
    You need to step back about the limit between humour and disrespect.

    I am obviously not insulting anyone here but I don’t like this music and i’m free to tell this with humour because it’s a sad world.

    I hope my english is better than my humour

    But, for the debate, for to evolve, to progress. We need the ying and the yang…

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