A l’issue d’un voyage intime au coeur de l’univers de son artiste favori, Lucius vous dévoile cette semaine le terme de la saga « Mike Patton & Co ». 2009 : Reformation ? Faith No More, devenu plus populaire mort que vivant (tout comme Refused groupe de Punk Suédois dont le chanteur est un ami de Mike […]

[ZIK] Patton : L’âge de la raison ?

A l’issue d’un voyage intime au coeur de l’univers de son artiste favori, Lucius vous dévoile cette semaine le terme de la saga « Mike Patton & Co ».

2009 : Reformation ?

Faith No More, devenu plus populaire mort que vivant (tout comme Refused groupe de Punk Suédois dont le chanteur est un ami de Mike Patton), revient d’entre les morts. C’est lors du mariage de Roddy que Mike Bordin et Billy Gould se concertent pour reformer le groupe, le plaisir de rejouer ensemble se faisant de plus en plus sentir. Une rumeur court cependant : le groupe aurait cédé à l’appât du gain des festivals comme Coachella. En effet, ce festival peut offrir jusqu’à trois millions de dollars pour permettre à un groupe de jouer ! Ils l’ont fait avec Fugazi (groupe de Rock Underground légendaire), qui a gentiment décliné l’offre. Le groupe maintient que la re-formation est un pur plaisir et que si ce n’était pas le cas, elle n’aurait pas eu lieu. Les premiers lives rassurent tout le monde… « FAITH NO MORE is fucking back » !

Faith No More commencent son show avec la reprise de “Reunited” de Peaches & Herb (un duo de chanteurs américains actif depuis 1967). Le tout fonctionne si bien que l’on a du mal à croire que douze ans séparent leur dernier live de leur nouvelle tournée à guichet fermé. Faith No More est devenu culte et le temps où il passait inaperçu est révolu, le petit OVNI du métal fait maintenant parti des grands. Aucun morceau n’a vieilli (même si le groupe en déteste pas mal aujourd’hui), chaque morceau joué en live gagne en énergie vis-à-vis de la version studio et chacun sonne comme « hier ». Patton est plus pro et chaque musicien a pris du galon. La sortie de Sol Invictus sera l’occasion de revenir sur cette re-formation.

Pendant la tournée de FNM, Patton trouve le temps de composer une BO :

C’est quasiment un pléonasme de préciser que le caméléon a composé la BO de ce film ! Il parvient à faire une BO à l’image du film : c’est speed, pas très fin, ça prend des idées ici et là, tout en sonnant Patton à chaque seconde (le savant fou, pas le savant). Cela ressemble à du Fantômas pour « débutant dans la discographie de Patton » ou alors Fantômas vs X-ecutioners ! Sweet Cream est un tube purement Pattonien.

Zu (groupe de Ipecac) est un mélange de Free Jazz et de Métal, purement instrumental sauf que Patton s’en mêle !


C’est sombre, glauque, imprévisible et représente bien une longue marche à travers les restes d’une forêt dévastée par la fin du monde, cela laisse toujours l’avantage de ne pas se laisser surprendre par les chacals qui vous guettent.

Le temps d’un morceau, Patton retrouve son pote de Bungle, Bär Mckinnon sur Atlas Face du groupe Umlaüt (un descendant de Mister Bungle malheureusement moins travaillé). A l’écoute du morceau, on s’aperçoit de ce que pouvait apporter Bär sur les compos de Mister Bungle : un brin de folie enfantine et une diversité dans les sons.

Pour (presque) en finir avec ses collaborations diverses et variées, Patton chante un peu sur le morceau Unbalanced Pieces de Soulsavers en compagnie de Mark Lanegan.


Pop à la sauce Peeping Tom avec deux chanteurs en pleine osmose. L’atmosphère y est humide, délicieusement sexy et sombre comme un dimanche de pluie où votre Mamie trouve les mots pour vous rappeler que le temps passe vite… surtout les beaux jours.

Planemo sur l’album Garden of Faiting Stars de The Book of Knots nous emmène dans les contrées lointaines du rock « sombrexpérimental » ! Le morceau semble démarrer dans les années 50 pour flirter avec des airs de BlackMetal alternatif dans la deuxième partie du titre. Patton y assure le chant dans un style très « dépressif » principalement dans les graves et libère son cri de douleur dès les derniers instants…

Mike Patton fait son cinéma :

A l’approche du présent, j’abandonne l’ordre chronologique des participations de Patton pour regrouper les derniers projets en date, en commençant par ses excellentes musiques de film.

Sortie en 2011, Patton a composé une BO parfaitement adaptée au film The solitude of Prime Numbers. On y retrouve les ingrédients qui ont déjà fait mouche avec « The Perfect Place ». Si vous souhaitez découvrir le monde de Patton, ses BO sont certainement le meilleur moyen tant elles sont réussies, travaillées et accessibles. L’écoute de la BO provoque même l’envie de voir le film.

En 2013, Patton est choisi pour la BO de « The place beyond the pines ».
Inspirée par Ennio Morricone, cette BO est une étape de plus dans son parcours de compositeur : un chef d’œuvre comme disent les journalistes. Terrifiante et mélodieuse à souhait, elle ferait presque souhaiter que Patton ne se consacre plus qu’à ce type de projet. A nouveau, un des meilleurs moyens de rentrer dans la discographie de l’artiste.

En 2010, Patton participe au film Bunraku en chantant sur la BO et en prêtant son organe pour la voix off du film.

Si vous avez vu le film Je suis une légende alors vous avez entendu Patton viciférer ses cris. En 2007, il double les voix des monstres infectés du film de Francis Lawence. Tendez bien l’oreille, il s’agit bien de notre italien.


Il a également participé à pas mal de doublages pour jeux vidéo dont « The Darkness », jeu tiré du comics du même nom créé par Warren Ellis (parmi ces oeuvres les plus connues : Red). Il participera également à : Portal (la voix d’un personnage), Left 4 Dead  (pour les infectés) et Bionic Commando (la voix d’un personnage).

2010 : Monde de chien, Patton créé son orchestre italien

A quoi ça sert d’avoir une voix qui fait tout, si c’est juste pour hurler ?!
Donc, tout comme Peeping Tom, Mondo Cane promis depuis 10 ans sort enfin. Chaque morceau est une reprise de musique italienne : Ennio Morricone, Gino Paoli, Gianno Morandi, entre autre « classique ». Le disque dure 35 minutes, et c’est bien vu de la part de Mike Patton… Le crooneur a jugé bon de ne pas trop en faire et rien ne laisse présager que c’est Patton au chant. C’est le disque qui définit le mieux les étiquettes dont il est affublé : « psychopathe » dans les années 90, « élitiste et rockeur intellectuel qui se la pète » fin 90/2000, « démodé, ringard et vendu » en 2010. Du côté des fans « meilleur chanteur de métal » en 90, « génie » pour les années 2000, « Dieu » pour les années 2010… Pourtant, Patton, après trente ans de carrière, définit sa musique comme « Shit Music » et s’étonne de toujours « s’impressionner de rien » et de confirmer « si tu penses que tu n’as plus rien à apprendre, alors t’es baisé man », « jouer dans un orchestre, c’est différent d’un groupe, l’orchestre perd son chanteur ? Fuck it ! Pas d’importance, on te remplacera sans sourciller ce qui laisse réfléchir sur ta position d’artiste »

Et sinon Mondo Cane ?! Et bien Mike Patton adore l’Italie, il s’est marié à une italienne, vit à Bologne pendant une longue période, il aime les vieux films même les navets, et quelqu’un est encore surpris de le voir sortir cet album ?

C’est un projet qui a pris le temps de murir, supporté par un orchestre de 60 musiciens, produit au millimètre, et surtout pensé pour les fans d’Italie ou les italiens eux-mêmes. Vous n’aimez pas l’Italie ? Vous n’aimez pas la voix de Patton ? Vous n’aimez pas les BO de navets italiens ? Mais qu’est-ce que vous faites ici… Lisez les panneaux bon sang, je ne peux rien pour vous, si vous espérez revoir un « Angel Dust 2 », cela n’arrivera JAMAIS.

Pour conclure sur une anecdote, Mondo Cane fut joué dans un festival de metal où 20.000 personnes ont respecté et même salué la performance, le monde change, et le temps où chaque personne se limitait à un style de musique est complètement révolu.

Laborintus 2

Vous les retrouverez en live ici avec Patton.

Le projet Laborintus 2 dure 32 minutes et 10 secondes divisées en 13 parties pertinentes sur le sujet suivant : c’est une œuvre politico-sociale expérimentale nous renvoyant à la classification qu’imposent certains codes musicaux réduits à néant dans le final de cette œuvre.

C’est la Radio Nationale de France qui commande le projet « composé en 1965 à la demande de François Wahl pour l’O.R.T.F. à l’occasion du 700e anniversaire de la naissance de Dante, Laborintus II emprunte son titre au recueil poétique Laborintus d’Edoardo Sanguineti.

« Le texte de Laborintus II développe certains thèmes de la Vita nuova, du Convivio et de la Divine Comédie de Dante et les assemble principalement par des analogies formelles et sémantiques avec des textes bibliques et des écrits de T. S. Eliot, Ezra Pound et Sanguineti lui-même.
La principale référence formelle de Laborintus II est le catalogue, pris dans son acception médiévale (comme par exemple les Étymologies d’Isidore de Séville, qui apparaissent également dans cette œuvre), qui met en relation les thèmes dantesques de la mémoire, de la mort et de l’usure : c’est-à-dire la réduction de toutes choses à une seule unité de valeur. Les mots isolés et les phrases doivent être considérés selon les moments comme des entités autonomes, ou bien être saisis comme une partie de la structure sonore dans sa totalité.
Le principe du catalogue ne se borne pas au seul texte, mais sert au contraire de fondement à la structure musicale elle-même. Vu sous un certain angle, Laborintus II est un catalogue de références, d’attitudes et de simples techniques instrumentales ; un catalogue un peu didactique, comme un livre d’école qui traite des visions de Dante et du geste musical. Les parties instrumentales se développent principalement en tant qu’extension de l’action vocale des chanteurs, et la courte séquence de musique électronique est conçue comme le prolongement de l’action instrumentale.
Laborintus II est une œuvre scénique ; elle peut être traitée comme une histoire, une allégorie, un documentaire, une danse. Elle peut être représentée à l’école, au théâtre, à la télévision, en plein air ou en tout autre lieu qui permet de rassembler un auditoire. »

Luciano Berio (Chef d’orchestre pour Laborintus 2)

MOONCHILD TRIO, suite et fin

De 2010 à 2014, le groupe sort quatre albums.

“Powerful secrets are revealed through intensity and extremes of experience”

Le groupe continue son aventure musicale tantôt barrée, puis très travaillée (toujours même) pour lesquelles il est toujours anecdotique de constater que chaque site, chaque magazine, chaque personne a son « Moonchild préféré ». Certains vous expliqueront que Ippissimus est le sommet de leur expérience musicale et d’autres vous argumenteront que non, c’est un plantage complet. Pour avoir consommé chaque album jusqu’à la moelle, je vous confirmerai que « tout dépend de votre état d’esprit » et de ce que vous recherchez au moment de l’écoute (surtout pas de la détente !). C’est également curieux de lire des articles entiers haineux et très médisants sur tel ou tel album, mais jamais au sujet de la discographie complète. Alors que, honnêtement, chaque album joue sur le même ton, on peut tous les qualifier de pompeux et démonstratifs ou bien d’albums conceptuels intéressants et recherchés.

Nous arrivons à la fin de notre périple, et je commence à me répéter, mais cette musique ne semble pas être faite pour les critiques, elle s’écoute et nous emporte, nous inspire… ou pas. Je maintiens que c’est la bande son parfaite pour se retrouver entre âmes déchues au fond d’un canyon, dans une tente et se repentir par la sudation, position tailleur, cerveau embrumé par une recette de Sitting Bull.

2010 : Ippissimus

(Allez, on peut dire le plus accessible, ou alors le plus chiant ou encore le plus envoûtant)

2012 : Templars in Sacred Blood

2014 : The Last Judgement (où Patton a trouvé son chant pour SuperHero de Faith No More)

C’est le dernier album du projet « Moonchild », oui c’est violent et barré, mais le groupe a des thématiques adaptées… Avis aux amateurs.

Mike Patton rejoint encore John Zorn sur « Christmas song » en 2011. Un morceau à la Frank Sinatra pour la voix, artiste que Mike Patton idolâtre au point de regretter de ne jamais avoir pu chanter à ses côtés.

La même année, il collabore avec un groupe de son label Bohren & Der Club Of Gore, groupe de Jazz sombre à limite de l’Ambient. Sur le morceau Catch My Heart, le tempo y est lent, la voix de Patton semble sortir d’une tombe contenant une âme trahie par ses proches.

On le retrouvera également en 2012 avec Guano Padano, Patton chante pour donner naissance à un morceau très noir très marqué « ambiance polar ». Ce morceau est teinté d’une touche du projet Tomahawk de notre ancien clown. Et justement, en 2013, l’album suivant de Tomahawk va voir le jour.

Tomahawk : Oddfellows

Album complet


La tribu Tomahawk, créée par Sioux Patton et Sioux Denison en ce début de siècle de débauche, est parti s’installer au fin fond d’une grotte pour trouver l’inspiration d’une nouvelle série d’Incantations chamaniques sombres et ténébreuses. Soudainement accompagné d’un nouveau membre, le petit génie Trevor Dunn, la légende peut renaître, puisque Dunn répond aux attentes du groupe  par sa maîtrise de la basse et son ouverture d’esprit. Le dernier élément de la tribu, chargé des percussions, le grand apache John Stanier répond quant à lui toujours présent.

Les langues de vipères n’auront qu’à bien se tenir : la tribu revient, solide comme un roc. Duane Denison compose la plupart des titres que Mike Patton s’empresse d’arranger en ajoutant les mélodies, le chant enragé et les « bruitages ». Trevor Dunn et John Stanier apportent leurs touches personnelles. Résultat ? New Noise ! Une multitude de sons tous plus originaux les uns que les autres ; et si la bande s’inspire du passé, elle le fait avec brio, en sachant ajouter une touche nouvelle. Pour ce 4ème album on pénètre dans le monde des francs maçonniques Odd Fellows :
guitare dissonante, chant typé chorale de l’enfer, « Oddfellows », un morceau surprenant, à l’image du groupe tout comme les tubes « Stone letter » « South Paw » « Waratorium » « Typhoon ». L’ennemi est arrivé ! Ne pas réfléchir, fixer les gestes de ses adversaires, esquiver et frapper au bon moment. Prendre le temps de se couvrir pour récupérer et puiser l’énergie nécessaire au refrain speed et punky de ces trois titres mélangeant le rock, la pop et le western. « I.O.U » et son intro Hip-Hop puis le chant de Mike et la guitare de Duanison viennent nous rappeler que c’est du Rock. Les violons font monter la tension, Mike lâche un « Run » sorti du purgatoire invente un chant d’opéra unique. Cassure d’anthologie où le morceau s’éteint aussi vite qu’il est excellent.

« White Hats/Black Hats » « The quiet few » et « Rise up dirty waters » sont déments, on comprend bien que, comme le dit Duanison, les compositions sont calibrées pour être jouées en concert. On se croirait à une soirée mélangeant le Tango, le Jazz et le Rock chez un chef Apache, où l’ambiance tourne au massacre comme le final endiablé de The Quiet Few. « A thousand eyes », « I can almost see them»; « Choke Neck » et « Baby let’s play » vous donneront la sensation que le mec à coté de vous se nomme “Bad Horse” et vous prépare à l’attaque des visages pâles, parer à affronter le déferlement de violence qui l’accompagne. Ces morceaux ont de la classe. Des mélodies planantes teintées de mélancolie portée par un chant grave. On sent le désespoir planer sans que jamais il ne s’installe vraiment…


Ce quatrième album de Tomahawk permet au groupe de se démarquer définitivement de la concurrence en mettant la barre très haute en termes d’originalité, de mélodie, de rage et de variétés sonores. D’ailleurs cet aspect mélodique va en décevoir plus d’un (surtout les fans de Rock plutôt classique ou brute, sans fioriture) qui préféreront le coté brut des premiers albums.

Le 13 mai 2014, le groupe sort deux chutes :


Le très rock M.E.A.T (très proche du Batman de John Zorn) et Curtain Call tourné du côté obscur de la force, très orienté Ambient par rapport au reste de la production du groupe.

En 2013, Mike Patton participera à l’album de Deltron 3030, accompagné du producteur/compositeur Dan the Automator, du DJ Trip-Hop Kid Koala et du rappeur Del the Funky Homosapien. Patton assure les « backing vocals » sur le morceau City Rising from the Ashes dont le clip rappelle Numéro 9 et le manga Gunnm. 

Mike Patton participe au live Song Project de John Zorn créé à l’occasion des 60 ans du JazzMan en 2013. En 2014 sortiront six vinyles issus d’une sélection de composition de Zorn sur lesquels Mike Patton, Jessi harris et Sofia Rei ont écrit les paroles avant de les enregistrer en studio. En 2015, le live au Poisson Rouge est mis sur CD : le son est plus qualitatif qu’en studio, un régal pour les oreilles !

Toujours en 2014 sort TETEMA, un album né du duo Mike Patton et Anthony Patteras (compositeur australien). Ce projet est défini comme de la caféine introduite directement dans nos oreilles et nos yeux. L’art-design de l’album fait écho aux monstres d’André Franquin (le célèbre créateur du Marsipulami).

Les habitués de Patton ne seront pas choqués par ce Tétéma, bien au contraire. Les autres risquent un peu la crise cardiaque tant ce projet baigne dans une atmosphère psychologiquement agressive et tendue. C’est un mélange d’Electro et de musique tribale avec un Patton au sommet de son art. Cet album défend le nomadisme de l’Homme et la fin des frontières. Pour cela Patteras parcourt la moitié du globe (dont un passage dans un couvent du Sud de la France) pour enregistrer des sons, puis rejoint Patton à « Frisco » pour les voix et Will Guthrie (Australien aussi) aux percussions. Le résultat est un mix des projets bruitistes de Patton, Anonymous de Tomhawk, Fantômas et le savoir faire d’un compositeur plus accessible que John Zorn. Malgré tout, Patton n’utilise pas d’onomatopée ; il hurle, chante ou récite des incantations (les 30 dernières secondes de Tenz)On se trouve face à une musique viscérale parfois sauvage (Irundi), bruitiste indutriel (Pure War) à tendance tribal (Tenz), le tout dans différents styles : Electro, Métal, Ambient, World Music, Noise Rock… Les percussions tiennent une place importante, la voix de Patton est omniprésente, sombre et inquiétante. Les morceaux sont parcourus de bruitages divers : insectes volants, ruissellement, bruits de rue… Et de nombreux instruments : le piano (effrayant sur la piste ténébreuse Ten years Tricked), le saxophone, le didgeridoo, la flûte, la batterie…  Patton, lui, s’en donne à cœur joie. Tétéma résume presque tout son registre : hurleur, chanteur, crooneur, rappeur, choriste, conteur… Il faudra d’ailleurs bien respirer le temps de Irundi, car la tension psychologique est toujours à son comble grâce à la voix sombre et d’un piano sorti d’un Resident Evil. Reste un album situé entre nos origines, la musiques de nos ancêtres et le futur… A nouveau, ce n’est pas le CD que l’on écoutera « chez mamie » le dimanche (il va falloir prendre Mondo Cane…) mais l’album propose une expérience d’écoute assez surprenante, notamment grâce à cette production très claire et puissante. Tétéma se consomme la nuit (ou assis en tailleur face au coucher de Soleil), l’esprit ouvert face à la richesse culturelle du monde actuel, enfin prêt à accueillir un projet plus accessible :

Le Soleil invaincu

Depuis 2009, Patton trouve le temps de tourner deux fois avec Faith No More. Malgré son âge avancé, le bougre n’a pas changé et continue de mettre un point d’honneur à rendre les lives de FNM si particuliers : tantôt à poil, parfois perché sur scène, réalisant un salto sur la batterie, chantant avec le micro dans la bouche, montant sur les épaules du service de sécurité pour chanter dans la fosse… Patton reste ce trublion capable du pire (frapper un technicien, se comporter à 50 ans comme à ses 20 ans), comme du meilleur (son chant puissant et juste). C’est aussi l’occasion pour le groupe de reprendre plusieurs artistes : Lady Gaga, Tom Jones, ou… Jacques Dutronc.

La re-formation de FNM tient à la volonté du bassiste Billy Gould, qui a continué à composer pour le groupe pendant la période d’arrêt, dans l’espoir de convaincre toute l’équipe de se reformer un jour ou l’autre. Lors du mariage de Roddy Bottum, Gould et Bordin se mettent d’accord : rejouer ensemble est plus qu’envisageable… reste à convaincre Patton. Le moyen le plus simple étant de lui proposer des morceaux qu’il jugera « bons » selon ses critères. Le groupe compose donc dans le plus grand des secrets (une condition imposée par Patton) puis se produira déguisé en exorcistes en juillet 2014. Ceux qui espéraient entendre la suite logique ou un retour d’Angel Dust vont être très déçus.

Le morceau commence par 30 secondes hypnotiques, FNM envoi le rythme en mélangeant un chant rappé sur fond de piano imposant et une batterie qui ferait marcher au pas toute une armée. Au bout d’une minute commence la première série de « Get the Mother Fucker on the phone » (ceux qui détestent ça vont être déçus, il y en a plus de 40 en trois minutes), où viennent se rajouter des choeurs en fond et de légers « motherfucker » insolents et à peine audibles de Mike Patton.

A la fois triste, nostalgique, rageux, épique et tendu ; mais surtout c’est à nouveau un OVNI musical comme seul FNM sait le faire. Je note aussi que Bordin est encore incroyable à la batterie, ce batteur a toujours su tirer son épingle du jeu au sein de FNM. Motherfucker ne peut que surprendre et déranger.

Autoproduit, à nouveau étrange, à nouveau différent, FNM revient inspiré, énigmatique et énervé. Cette pochette où le loup nous fixe la gueule semi-ouverte, ces paroles semblant régler des comptes avec leur passé et l’industrie musicale, et enfin cette photo où le groupe trinque tranquillement, le regard fixe, déterminé et amusé avec un être humain en laisse, symbolisant cette chienne d’industrie dont ils ont su s’affranchir. Malgré tout, cela ne sonne pas vraiment comme une chanson d’un groupe aussi expérimenté : cela donne l’impression que les membres ont décidé de « faire comme si » ils avaient toujours la trentaine.

Dix secondes explosives qui laissent la batterie battre le fer tant qu’il est encore chaud, puis Mike Patton vient arracher ses lyrics incroyables pour très vite partir sur des chœurs du plus bel effet. Morceau explosif ! Quand la batterie martèle l’auditeur, Patton hurle un refrain atomique sur fond de riffs de guitare aiguisée avec du barbelé. SuperHero me rappelle Kindergarten, Smaller and smaller… Grâce aux envolées shamaniques de Patton et au piano de Bottum. Ce morceau m’a rappelé également les débuts de FNM grâce à la basse de Gould très présente et percutante. Et puis ce solo de guitare qui débute à 3:40 rejoint par Patton qui hurle tel un loup hanté par sa meute, chargé d’émotions et de sentiments purs.

MotherFucker et SuperHero s’éloignent encore plus des délires schizo-pattoniques des années 90. Album of the Year fermait déjà bien le chapitre sur cette période d’écriture ultra-perchée. Les deux singles ne font plus dans l’ironie, FNM tape là où ça fait mal.


« La dernière fois que nous nous sommes retrouvés en studio, c’était parce que nous le DEVIONS. Cette fois, c’est parce que nous le VOULIONS »


Pochette étrange tirée de l’œuvre de Ossian Brown, lettre d’or, 10 morceaux, label indépendant, Faith No More apparaît avec des chatons sous le bras, costumes blancs et fleurs pour la scène, aux antipodes de l’artwork de ce « Sol Invictus » sombre et torturé : Faith No More est toujours Faith No More, imprévisible et provocateur.
Tout en restant fidèle à lui-même, le groupe refait surface un peu comme s’il n’était jamais parti : piano et éclats de violence restent maîtres à bord. Les morceaux sont courts, à l’exception de Super Hero et Matador, afin de ne pas dépasser la limite de concentration de l’auditeur : « 40 minutes suffisent, après tu décroches en règle générale, pour ce genre d’album en tout cas. Slayer, Reign in Blood, c’est parfait par exemple », explique Mike Patton. C’est à nouveau le grand huit des genres mais l’album est plus homogène que King For a day par exemple, ne cherchez pas un nouvel « Evidence » ou « Easy », chaque morceau joue dans la même cour : le rock qui frappe. Même Sunny Side Up semble cool et calme lors des premières écoutes, puis au fil du temps, il apparaît vraiment percutant, incisif ; mais à l’opposé de « Ugly at the morning », et précède à merveille le torturé Separation Anxiety.
En milieu d’album se trouvent quatre titres à l’ambiance similaire (4.5.6.7), entre Western et toujours cette ambiance de maison hantée, où se trouvent des personnages torturés psychiquement (comme « RV » dans Angel Dust, « What a day » dans King For A Day, Got tha feeling dans AOTY puis « Black Friday » dans Sol Invictus).
Motherfucker vient un peu casser cette série, même si le morceau trouve très bien sa place. Matador est un peu le point culminant de l’album : 6 minutes pour rejoindre « El matador » puis tous se souhaitaient de pouvoir revenir d’entre les morts …

Ce Sol Invictus est homogène en beaucoup d’aspects : la batterie militaire (même sur la dernière piste : prenez la batterie, elle se calera sur beaucoup de morceaux Hardcore, si on l’accélère à peine), le piano qui sur la plupart des morceaux est choisi pour son intemporalité (selon Bottum, il sonne faux parfois), la guitare sèche à deux reprises, aucun sample, et une ambiance très « Morriconniene » tout le long de l’album. Seul Patton réalise à nouveaux le grand écart et créé la surprise en chantant de différentes façons tout le long de l’album : cette voix si grave à la Leornard Cohen au cours de l’intro de Cone of Shame (entre autre), ses cris sortis des entrailles de l’enfer sur SuperHero, hurlements différents sur chaque morceau…
23 ans après Angel Dust, Faith No More sort l’album qu’il aurait dû créer il y a bien longtemps, un album sur la rédemption, la maturité. En espérant que cela ait permis au groupe de tirer un trait sur son passé pour avancer dans sa quête…
Sol Invictus sonne moins moderne qu’Angel Dust à son époque (mais résonne toujours aujourd’hui comme bien plus avancé que la plupart des tentatives de certains groupes), mais ce dernier opus est l’occasion pour Patton et le reste du groupe de faire la paix avec leur passé.
Faith No More est revenu sans tomber dans les pièges classiques du retour : « on revient parce que les jeunes ne savent pas jouer » « on revient pour montrer qui est le patron » « on revient pour l’oseille »… Non : ils sont revenus « parce que ils se sentent bien ensemble et que jouer et enregistrer est un vrai plaisir ». Et si Patton a pour cela mis de côté tous ces projets annexes, on veut bien les croire.

2016 : Nevermen

Malgré tout l’investissement apporté à FNM entre 2013 et 2015, Patton se consacre en parallèle à plusieurs projets : une reprise de Bowie, un album avec Kaada (avec qui il a enregistré Romances en 2004) : Bacteria Cult.

Nevermen composé de Tunde Adimpe (le chanteur de TV On The Radio, groupe de pop expérimental américain) et Doseone (rappeur et compositeur de Clouddead, Themselves, Anticon).

L’album dégage tour à tour rage, sagesse, explosions de violence et envolées lyriques à la sauce Pop, Hip-Hop et chœur planant. Tout comme Tétéma, ce projet casse toutes les frontières, les étiquettes et les codes des genres à l’image de Angel Dust ou Mister Bungle dans les années 90 : 25 ans plus tard, le combat reste le même.

Nevermen fourmille d’idées au point de paraître too much sur les premières écoutes mais au fur et à mesure, chaque détail va ressortir pour laisser place à un tout cohérent, puissant et poétique.

Le projet s’ouvre sur un Dark Ear partagé entre couplets « trip-hopien » et couplets Pop emboîtant le pas à des couplets Metal. En l’espace d’un titre, 4 ou 5 genres se mélangent. Treat Em Right alterne choeurs, couplets Hip-Hop et refrain Pop. Wrong Animal Right Trap démarre façon Mad Max pour tout de suite accouché d’un couplet OVNI au rythme saccadé et rapide, où apparaît un couplet de Rap Hardcore… Le Single Tough Towns vient calmer le tempo avec son intro façon « Massive Attack » pour repartir de plus belle pendant le refrain. Hate On nous emmène dans des contrées lointaines perdues entre nappes d’Orgue, sonorités tibétaines et chœurs d’incantations chamaniques, pour finalement nous ramener comme chaque morceau dans un mélange de Pop-Electro-Rap. La joyeuse Mr Mistake apparaît comme une frontière entre la première et la deuxième partie de l’album (plus sombre), cette piste est celle qui mélange le moins de genre, c’est la piste la plus pop de l’album et la plus accessible. Vient alors un point culminant, le coup de génie ShellShot qui démarre sur fond de percutions Hip-Hop, des nappes de synthés galactiques traversées de chœurs lointains… Puis la météorite s’écrase et c’est le début de l’invasion sonore : refrain métallisé sur fond de synthés, break planant quand le morceau atteint son apogée à 2min23 où les trois chanteurs se renvoient la balle pendant plus d’une minute enragée, comme des jeunes en prison… pour laisser Tunde finir le morceau sur une touche plus posée. At Your Device alterne passage Pop planant et Rap Hardcore ; à l’inverse de Non Babylon qui reste sur le même registre Pop jusqu’au final très Gospel. Après tout ce déluge de genre, de sons, d’idées, de cris, de chants, de Rap et de Rock, … Nevermen sort son drapeau blanc avec Fame 2 The Wreckoning à l’ambiance très Lounge, planante pendant les 4 premières minutes pour finalement s’ouvrir aux rythmes Pop qui sonnent comme un adieu, une rédemption, un nouveau départ.

Nevermen est une machine à tubes, à refrains entraînants typiques de la marque Patton. A chaque titre, on peut presque dire « ça c’est une idée de Patton ! Ce son, c’est Tunde, obligé ». L’osmose entre les trois univers fonctionne et le partage du temps de parole force l’admiration. Un album haut en couleurs, véritable puit sans fond d’énergie positive…

A l’inverse de la collaboration avec Kaada !

Ce nouvel album du Tandem, reste une expérience à vivre. Bien plus stressant que son prédécesseur, Bacteria Cult semble être la bande son d’une vie de chien, d’incompréhension, de torture et surtout de questionnement. Encore un projet qu’il faut vivre , pour le comprendre ou le fuir.

A l’heure où j’écris ces lignes, Bacteria Cult est le dernier projet de Patton. Que va-t-il se passer dans le futur ? Les rumeurs courent… Patton et le chanteur de Tool pour un projet nommé Mona Foma, Patton en live avec Tétéma, … Alors, qu’en est-il de la »Midlife Crisis » de l’artiste ? Car Patton approche dangereusement les 50 ans (janvier 2018). Sachant que 25 ans plus tôt, il prenait un malin plaisir à se moquer de Madonna. Alors Mike, tu t’en sors mieux que Louise ?

Conclusion : « La meilleure façon de se venger d’un ennemi, c’est de ne pas lui ressembler« 


« C’est quand tout se décompose que je compose »

La citation de Marc Aurèle n’a de point commun avec Patton que cette volonté de ne jamais imiter l’autre, ami ou ennemi. Mike Patton n’a jamais chanté/composé du Métal en suivant les codes imposés par les albums les plus vendus ; il a toujours mis un point d’honneur à créer sans se plier à des usages souvent ridicules.

Au cours des interviews planquées ici et là sur le net, quand les journalistes ne lui demandent pas « Vous aimez chanter ? » « Vous aimez créer ?» « Et Jim Martin ? » (vous pouvez être sûr que si l’interview contient une question de ce genre, toutes les réponses seront étranges et faussées) ; mais qu’ils s’intéressent au personnage de façon plus subtile, avec des questions travaillées et non du « Closer System », Patton dévoile une personnalité concernée par le monde qui l’entoure, très emphatique et sympathique, laissant apparaître une connaissance astronomique de l’être humain et de sa culture.

Que retenir de tous ses travaux ? Angel Dust, King For A Day, Tomahawk, Disco Volante, California, le concept de Fantômas, Moonchild et ses travaux avec Eyvind Kang principalement ou encore plus récemment, Tétéma et Nevermen.  Sa capacité à servir de faire valoir, à utiliser sa notoriété pour aider d’autres artistes. La meilleure idée qu’il a eu ? Créer son label certainement, et quitter Faith No More en 1997 … Pour y revenir en 2009. C’est un exercice dangereux mais réussi, si l’on considère que le groupe vient combler un vide. Ou bien raté, si on prend en compte leur âge et surtout l’expérience de chaque membre.

Malgré beaucoup de recherches, est-ce que cette série d’articles recense tous ses travaux ? Non. Il doit manquer quelques participations et puis tous ces morceaux repris en live avec ses différents groupes. A ce propos : écouter Patton sur album, c’est bien. En live ? C’est mieux ! Quelle énergie ! Retracer tous ces albums/participations/live est un véritable défi!

Boulimique en créations, assoiffé de savoirs, toujours à la recherche de nouveaux instruments, de nouveaux artistes à promouvoir via son label Ipecac, Mike Patton reste fidèle à lui-même et à ce qui l’a poussé à devenir ce chanteur hors du temps et des modes. Devenu libre comme les oiseaux qu’il imitait dès son plus jeune âge, sans suivre l’espèce dont il est issu, sans jamais se poser trop longtemps au même endroit pour éviter la mâchoire de dangereux prédateurs, visiblement toujours prêt à survoler de nouveaux paysages, en prenant soin de ne pas approcher le soleil de trop prés.

Mike Patton reste un personnage hanté par cette rage difficile à apprivoiser qui hante certains d’entre nous, que le chanteur a su canaliser en s’exprimant sur la scène musicale. Et pour reprendre un des chanteurs adoptés par Patton : « La qualité d’un homme se calcule à sa démesure ; tentez, essayez, échouez même, ce sera votre réussite ». Je n’aurais pas dit mieux pour définir Patton. Merci Jacques Brel.

Si les genres musicaux sont une sorte de religion, Mike Patton est, avec beaucoup d’autres, le lien entre toutes ses « communautés » qui, au fil du temps, s’ouvrent au monde parfois pour de bonnes raisons, parfois pour de mauvaises… Il ne cesse de représenter ce mouvement du « shuffle » avec toujours cette intention de réunir son public issu de différents horizons autour d’un même projet, et Faith No More en est l’exemple le plus flagrant et peut-être le plus réussi en alliant succès artistique et commercial.

Ni un génie, ni un frimeur, juste un créateur sans limite au service de son public. Aujourd’hui, à l’approche de la cinquantaine, Mike Patton va devoir franchir un cap, ou s’enfermer dans un personnage qui lui colle à la peau depuis trop longtemps. Un opéra Pattonien ? Pourquoi pas. Car, comme il l’a exprimé pour Bungle (« Les années lycées ne durent qu’un temps »), il serait judicieux d’adopter une orientation artistique digne d’un homme riche d’un vécu immense afin de finir sa carrière comme un mentor et non un menteur, qui se trompe lui-même, et son public par la même occasion. Il est donc peut-être temps pour lui de passer la vitesse supérieure pour marquer le monde d’une empreinte définitive.

Il ne me reste plus qu’à remercier cet artiste qui – depuis l’âge de 7 ans – m’a initié à l’univers musical, et par conséquent à la découverte du monde, de l’être humain et ses créations, tout simplement.

« Si chaque membre d’un collectif s’autorise à être soi-même et que les autres le lui permettent, tout se passe tranquillement »

« Si ma musique te pousse à t’arrêter, à réfléchir… Alors, c’est le mieux que je puisse faire »

Mike Patton


Sources :
New Noise Mag
Rock Power
Hard rock
Rock Hard Mag
The Faith No More and Mr Bungle Companion de Greg Prato
The Believer : Entretien avec Patton
Merci à tous les correcteurs, le blog, TN et les membres qui m’ont éclairé tout au long de ce voyage.

Discographie :
1984 : Turd
1986 : The Raging Wrath of the Easter Bunny de Mister Bungle
1987 : Bowl of Chiley de Mister Bungle
1988 : Goddamnit I Love America de Mister Bungle
1989 : OU818 de Mister Bungle
1989 : The Real Thing de Faith No More
1989 : Sweet Emotion de Faith No More
1990 : Live at The Brixton Academy de Faith No More
1991 : Mister Bungle de Mister Bungle
1992 : Angel Dust de Faith No More
1992 : The world is Yours de Faith No More
1992 : Elegy avec John Zorn
1993 : Songs to make Love de FNM
1993 : Another Body Murdered avec FNM et Boo-Ya-Tribe pour la bo du film Judgement Night
1995 :King For A Day de FNM (voir article pour tous les inédits et les covers de FNM)
1995 : Psychoanalytwist de Milk Cut
1995 : Disco Volante de Mister Bungle
1996: Lookaway de Sepultura
1996: Adult Theme For Voice de Mike Patton
1997: Album Of The Year FNM (voir article pour les remix et inédits)
1997 : Pranzo Oltranzista de Mike Patton
1998 : FNM vs Sparks
1998 : Ford Mustang de Gainsbourg Serge // Fear No Love Bob Ostertag // The Art Of Fistfucking // « Romance for a choking Man/Woman »  « cudegokalalumosospasashatetéwao » //
1998: « Chariot Choogle » de T. Rex, remix de Fantômas
1998:   Weird Little Boy de JohnZorn.
1998 : Aera 877, de Melt-Banana
1998 : Fantômas : Amenaza al Mundo
1998 : Bulls-Eye ; avec Zorn
1998 : Tin hate trio Infinito
1998 :  B.O. de No Coração dos Deuses, Cavalera « Procura O Cara ». Avec Sepultura.
1999 : She avec Masami Akita
1999 : California de Mister Bungle
1999 : Song Drap 7 avec Jerry Hunt
2000 : Secrets for sale avec Kid606 (le trip-hop man vénezuelien agé de 36 ans),
2000 : GI Joe avec  les Melvins pour la bo de Halloween,
2000 :  The Big Gundown , avec Zorn John
2000 : live avec le hip-hopien Buckethead.
2000: Un album avec Neil Hamburger
2001: Tomahawk de Tomahawk
2001 : Director’s Cut de Fantômas
2001 : Lovage avec Dan The Automator
2002-2005 : Morceau Avec Team  Sleep de Chino Moreno
2002 : Irony is a dead scene de The Dillinger Escape Plan
2002 : Hemophiliac de Zorn
2002 : The Millenium MonsterWorks de Fantômas
2002 : Live avec PainKiller
2003: Leviathan de Zorn
2003 : Mit Gas de Tomahawk
2004: Six Flags, cover des Black Flag
2004: Maritime remix de Isis
2004 : Virginal Co Ordinates, de Evyand Kang et Patton.
2004 : Who is he et Where is the line (qui sera remixé par Fantômas également). De Bjork.
2004 ; Delirium Cordia de Fantômas
2004 : Romances de Kaada
2004 : Avec Subtle sur l’album A New White
2005 : Général Patton Vs Executionners.
2005 ; Firecracker
2005 : GrandGuignol, du collectif  Naked city créée par John Zorn.
2005 : Fantômas/Mel-Banana Split
2005 : Helium de Tin Hat Trio
2005 : Avec Odd Nosdam sur le morceau 11th Avenue Freakout Pt 2
2005 : Suspended Animation de Fantômas
2005 : September Songs et Did You miss Me avec The Young Gods en Live
2006 : Peeping Tom de Peeping Tom
2005: Moonchild et Astronome avec Zorn.
2006 : Ballad of a Thin Man avec Jamie Saft Trio (cover Bob Dylan)
2006 : Julia (Beatles cover) avec Carla Hasset
2007 : Six Litanies for Heliogabalus de Moonchild avec Zorn
2007 : Athlantis avec Evyand Kang
2007 : Anonymous de Tomahawk
2007 : Tecolote de Tomahawk
2007 : Voix pour Je suis une légende
2007 : DVD Patton & Kaada Live
2007 : How To vibrate de Foetus
2008 : No Flag de Dub Trio
2008 : Crucible Avec Zorn
2008 : A Perfect Place, BO de Patton
2008: Bird’s Eye avec Serj Tankian
2008: Lost Week-end de The Qemists
2008 : Live avec Zu
2008 : Lariny avec Praxis
2008 : « Dracula Cha cha » de Bruno Martinot, cover de Patton.
2008 : Fire Ikuma avec Tanya Tagaq Gillis
2009 : Crudo avec Dan The automator.
2009 : Reformation et tournée mondial avec Faith No More
2009 : Bo de Cranck 2
2009 : Avec Zu, Carbon
2009 : Live avec Zach Hill et Kid 606 (année à vérifier)
2009 : Atlas Face avec Umlaut
2009 : Unbalaced Pieces avec Soulsavers et Mark Lanegan
2009 : Planemo avec The Book Of Knots
2010 : Voix pour le film Bunraku et OST.
2010 : Mondo Cane
2010 : Ippissimus de Moonchild
2011 :  John Zorn – The Christmas Song (Ft Mike Patton)
2012 : Laborintus 2 de Luciano Berio
2012 : Helium de Tin Hat Trio pour la Bo de 360
2012 : Prairie Fire avec Guano Padano
2012 : Catch My Heart avec Bohren & Der Club Of Gore
2012: LA chanson De Jacky avec Secret Chiefs 3
2012 : Templars in Sacred Blood de Moonchild
2013 : BO The solitude of Prime Numbers.
2013 : BO de  « The place beyond the pines ».
2013 : Oddfellows de Tomahawk
2013 : City Rising from the Ashes de Deltron3030
2013: Live Song Project de Zorn
2014 : The Last Judgement de Moonchild
2014 : Curtain Call et MEAT de Tomahawk
2014 : Tetema avec Anthony Patteras
2015 : Sol Invictus de Faith No More
2015 : Live at Le Poisson Rouge avec Zorn
2016 : Nevermen de Nevermen
2016 : Bacteria Cult de Kaada et Patton

Quelques Lives qui font mal !
1992 : Faith No More Seinfeld
1995 : Tournée Faith No More
1997 : Tournée Faith No More
2001 : Tournée Bungle
2002 : Tournée Tomahawk (Stockholm)
2003 : Tournée Tomahawk (Belfort)
2005 : Tournée Fantômas (Montreux)
Les live avec The Dillinger Escape Plan

3 réponses à “[ZIK] Patton : L’âge de la raison ?

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