« C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie… Il y a du linge étendu sur la terrasse et c’est joli…On dirait le Sud… Le temps dure longtemps… Et la vie sûrement… Plus d’un million d’années… Et toujours en été… » « Le Sud », ce  célèbre slow des seventies passe encore régulièrement à la radio mais combien, jeunes ou moins […]

[Zik] WATTS ! WHAT ? OUAT… Once upon a time

« C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie… Il y a du linge étendu sur la terrasse et c’est joli…On dirait le Sud… Le temps dure longtemps… Et la vie sûrement… Plus d’un million d’années… Et toujours en été… »

« Le Sud », ce  célèbre slow des seventies passe encore régulièrement à la radio mais combien, jeunes ou moins jeunes, connaissent l’auteur-interprète de cette chanson  ?  Et combien sont parmi eux, ceux qui pourraient se vanter de bien connaître son Œuvre. Alors que pourtant, cet homme a touché à nombre de styles musicaux de son époque (jazz, alternatif, psychédélique) avec une rare maîtrise ; sur plus de 200 pièces musicales qu’il a écrites, certaines auraient leur place au Panthéon du Rock, aux côtés des compositions des meilleurs groupes anglo-saxons.

Cela vous étonne ? Alors suivez-moi dans ce Conte Musical où je me propose de vous faire découvrir l’œuvre et la personnalité d’un être bien peu ordinaire : un artiste touche à tout, un dandy à la scène comme à la ville et même, un concentré de paradoxes, à lui tout seul !

IL ÉTAIT UNE FOIS… NINO FERRER

Nino

Un artiste  esthète collectionneur de paradoxes

Esthète ? Il l’est, de par son éducation, ses tenues vestimentaires soignées, son sourire classieux, son attitude toujours posée.

Il l’est aussi, par ses choix de véhicules, les décos intérieures de ses habitations, et même jusqu’à la beauté des êtres dont il s’entoure ; rien ni personne ne semblant devoir être dissonant dans le monde de Nino Ferrer.

 

Les Paradoxes ? Il les cultivera dès le début de sa carrière solo en donnant l’image d’un jeune artiste qui ne se prend pas au sérieux alors que ses rêves sont, malgré tout, empreints de textes romantiques et d’accords aux accents de musique noire américaine.

À son corps défendant, aussi, quand les ventes de ses « singles » se chiffreront en millions d’exemplaires, alors que celles de ses albums ne dépasseront guère quelques dizaines de milliers d’unités.

Et celui, ô combien iconoclaste, de l’artiste qui ayant atteint le statut très envié de vedette reconnue internationalement, se met à prendre en grippe tout ce qui a construit son succès  au point d’en faire une véritable frustration.

Paradoxal  également, que le style de vie opulent du sympathique dandy légèrement exubérant et insouciant  des premières années et celui du quasi ermite, humble et réservé qu’il deviendra, soucieux et désespéré de l’avenir du Monde.

Ou même, entre cet hôte généreux qui à Rueil-Malmaison accueille en permanence ses amis, musiciens ou autres, avec femmes et enfants, ou ce patriarche protecteur, triant sur le volet les visiteurs qu’il acceptera dans la bastide.

Et quid de cet homme habituellement affable qui peut en quelques secondes s’emporter, piquer une colère noire parce qu’il est fortement contrarié ?

Pour terminer, que penser de ce personnage des premières années, tatillon sur l’agencement de ses intérieurs et qui, vingt ans plus tard, deviendra permissif au point de laisser place, presque avec amusement, à un certain désordre, aux toiles d’araignées et aux « exactions » de ses compagnons à quatre pattes ?

 

Nino Ferrer, Don Quichotte : un même combat !

Nino Ferrer n’est ni un E.T. venu conquérir la planète Showbiz, ni un artiste capricieux et narcissique mais il ne supportera jamais de devoir passer sous les Fourches Caudines des maisons d’édition musicale. Refusant de se soumettre à leurs diktats, il ne cessera de croiser le fer avec elles, ses moulins à vent à lui ! Rappelons que pour le héros de Cervantès, les moulins à vent représentent le mal absolu !

Sa sensibilité à fleur de peau et son ardent désir de libre arbitre ne feront que faire croître ce spleen baudelairien qui s’empare de lui lentement mais sûrement et qu’il dissimule sous un sourire… paradoxal, de naturel et de façade.

Lui, l’Amoureux « amateur éclairé » de Jazz, de Rythm’n Blues, de Soul, n’aura jamais pu imposer aux majors et au public ce pourquoi il vibrait vraiment. Alors, suivant malgré tout  « sa ligne musicale »  il s’est résigné, durant les premières années de sa vie d’artiste, par dépit, peut-être, par facilité et autodérision sans doute, à faire ce qu’on attendait de lui : un cocktail de textes drolatiques plaqués sur des mélodies solides.

C’est ainsi que la griffe caractéristique de Nino Ferrer est née, permettant à ses tubes de  résonner dans les émissions de variétés et sur les radios durant  les glorieuses sixties & seventies et ce, bien au-delà de l’Hexagone.

 
La belle époque
 
 

De la layette à la Sorbonne

Agostino Ferrari naît à Gênes en l’été 1934, dans une famille bourgeoise franco-italienne d’ascendance aristocratique. Il passe les cinq premières années de sa tendre enfance en Nouvelle-Calédonie, où sa mère a des attaches coloniales et le père, un poste d’ingénieur.

1939, retour express vers l’Italie natale pour cause de conflit mondial. Puis, après une longue période d’austérité due à la Grande Crise, en 1947, la famille s’installe à Paris où le père vient de trouver une nouvelle situation professionnelle.

Pour Agostino, ce sera le Lycée Saint-Jean-de-Passy dans le XVIe arrondissement puis la Sorbonne, où il préparera une licence de lettres axée sur l’ethnologie, l’étude des religions, la préhistoire ainsi que la littérature et la philologie italiennes.

Il effectuera un stage au Musée de l’Homme, département préhistoire, sous la direction d’André Leroi-Gourhan, avec lequel il collaborera à plusieurs campagnes de fouilles tant en France qu’en Espagne.

Parallèlement et ce, depuis l’âge de quinze ans, le futur « Nino » se passionne  pour la Peinture et la Musique qu’il apprend en bon autodidacte…

Diplôme universitaire en poche, il s’embarque sur un cargo pour faire le tour du monde, participe à quelques chantiers archéologiques en Mélanésie, et se décide à regagner Paris, qui sera sa ville d’affection.

 

Les  premiers pas… sur scène

Ses premières scènes
Ses premières scènes Rive Gauche

Avant même de connaître la célébrité, Nino traîne ses guêtres dans tous les cabarets de Saint-Germain, où lorsque l’occasion lui est donnée, il expose son excellente connaissance du Blues ainsi que du Jazz de la New-Orleans, pour lequel il entretient une passion particulière. Visiblement, son bagage n’est pas celui d’un simple artiste de variétés.

C’est durant l’année 1953, alors qu’il est en propédeutique au lycée Henri IV (année post-bac préparatoire aux études universitaires) qu’il rencontre au « Bar de la Phaluche » place de l’Odéon, Richard Bennett (1936-2005), un tout jeune homme assis derrière ses fûts et ses cymbales…

Celui-là même qui deviendra un batteur de jazz réputé (avant d’être directeur artistique chez Barclay, Polydor, CBS) s’avouera impressionné par le déterminisme de ce jeune  barbu, banjo en bandoulière qui menant de front études supérieures et musique, prétend vouloir graver son premier disque à « compte d’auteur » !

Car, de fait, à dix-neuf ans, Nino sait déjà où il veut aller et c’est ensemble, qu’ils enregistreront  deux blues traditionnels sur un disque Pyral (ancien disque -très fragile- dont la couche superficielle gravée est incrustée dans la masse en aluminium de la galette).

Par la suite, tous deux créeront  un trio de Jazz, les Dixies Cats dans lequel Nino sera contrebassiste. Richard Bennet, qui accompagnera durant quelques temps son ami devenu chanteur, restera très lié avec ce dernier, comme presque tous ceux qui approcheront Nino Ferrer à quelque moment de sa vie.

 

premières recettes
Dubitatifs ou rêveurs ? Les premières recettes !

 

Adaptabilité et éclectisme, des qualités indispensables à la réussite

Il participe en 1959 avec les Dixies Cats, aux enregistrements de deux 45 tours dont un avec le trompettiste Bill Coleman.

Début des années 1960, la formation a déjà signé bon nombre d’engagements et  anime les bals des grandes écoles parisiennes… Elle s’étoffe pour évoluer vers un ensemble qui doit accompagner en tournée, les Chaussettes Noires dont le chanteur n’est autre qu’Eddy Mitchell.

Nino délaissera sa contrebasse pour une guitare basse électrique mieux adaptée à un rythme plus syncopé que le jazz en général.

 

Ray Charles + Vince Taylor = Métamorphose et Réalisme

En 1961, ils font la première partie de Count Basie et de Ray Charles, durant toute une semaine au « Festival de Jazz d’Antibes ». C’est là, à Juan les Pins, qu’ils assisteront aux répétitions de  la rockstar du moment : Vince Taylor.

 C’est un électrochoc, Le fameux « What’d I say » de Ray Charles et le répertoire de Vince Taylor seront à l’origine d’un changement radical de style, Nino et Richard imposant alors un virage rythmique à leur formation qui devra abandonner le ternaire du Jazz pour le binaire du Rock.

Mais la métamorphose ne doit pas s’arrêter là ; les orchestres de Jazz n’ont plus la cote et même sans vouloir trahir ses racines musicales, le groupe doit évoluer vers le R n’ B pour assurer sa pérennité. Il leur faut donc trouver un chanteur… Après de nombreux essais infructueux, ils croisent au Golf Drouot, la très charismatique américaine Nancy Holloway avec qui  ils feront un bout de chemin. Son expérience de la scène et sa réputation leur ouvriront bien des portes.

 

Nino et Nancy Halloway
Nino & Nancy Holloway au Golf Drouot  1963

 

Les artistes ont la bougeotte  !

Finalement, Nancy Holloway s’orientera vers une carrière solo, notamment grâce au succès de  T’en Vas Pas Comme Ça (titre de circonstance) adaptation du très célèbre  Don’t Make Me Over de Dionne Warvick, tandis que Nino quittera les Dixies pour se produire dans les cabarets,  formule plus adaptée à l’évolution qu’il veut donner à sa vie d’artiste. Durant tout ce temps, il écrit, compose et « ronge son frein » face aux multiples refus des Maisons de Disques.

 

Sur la rampe de lancement

Finalement, il signera en 1963 son premier enregistrement « officiel » dont la chanson principale de la  face A, « Pour Oublier qu’on s’est Aimés » qui correspond pourtant au style qu’il souhaite imprimer à sa carrière, ne rencontrera le succès que beaucoup plus tard…

 

Pour Oublier qu’on s’est Aimés

(repris ici sur l’Album Métronomie)

 

Généralement, la face B d’un 45 tours est plutôt réservée aux (2) titres sur lesquels on mise le moins. Or, comme si déjà il ne fallait pas déroger à la  fameuse « règle du paradoxe », sur le verso de ce premier disque figure C’est irréparable  qui connaîtra une destinée internationale. Reprise en plusieurs langues par des interprètes féminines dont Dalida, elle sera magnifiée en espagnol par la chanteuse Luz Casal dans la BOF du film « Talons Aiguilles » de Pedro Almodovar, sous le titre :

 

Un Año de Amor

 
 

Décollage  !

Ce n’est que deux ans plus tard, après plusieurs échecs de constitution de groupes et quelques fâcheries avec la Maison de disques d’Eddie Barclay, que Nino Ferrer connaîtra véritablement le succès avec son premier tube.

Et pourtant, celui-ci voit le jour au hasard d’une soirée tropézienne qu’il anime avec son orchestre ; une dame ayant perdu son petit chien demande à ce qu’on fasse une annonce… que Nino exécute en improvisant une chanson : « Z’avez pas vu Mirza ? Oh lalala, lala… Où est donc passé ce chien… Oh lalala, lala… » etc… Tout cela sur un rythme très swing ; les invités présents sont emballés, en redemandent… Vous connaissez la suite :

 

Mirza

 

Mise sur Orbite

Sa carrière est lancée… Les éditeurs musicaux trouvent le concept excellent et le pressent de surfer sur ce style original ; ce qui nous vaudra nombre de succès plus farfelus les uns que les autres :

 

Les Cornichons

En revanche, rançon de la gloire, cette succession de tubes lui collera une étiquette dont il ne pourra plus se départir. Et tout comme son homologue Henri Salvador, il devra se consoler en réservant la face B de ses 45 tours à des morceaux plus sérieux, graves ou mélancoliques.

 

Un style unique, reconnaissable entre tous

Cet « électron libre » s’impose donc sur la scène « yéyé » grâce à des compositions aux mélanges détonants empreints de Soul, souvent illustrés de textes burlesques qui rendent « sa griffe » si particulière.

Sa carrière se bâtira sur  le succès de disques 45 tours, format dont la concision semble lui correspondre mieux que celui, plus incertain commercialement, d’un album 30 cm.

Sur près de 200 chansons, le grand public n’en (re)connaîtra qu’un petit nombre…Ce qui ne manquera pas de lui laisser un goût amer qui se transformera au fil du temps en un véritable sentiment de frustration ; au point qu’il dira « porter comme une chape de plomb » ces titres qui ont fait un temps sa gloire.

 

Madame Robert

 

Black is beautifull

 

1966, avec Wilson Pickett
1966, avec Wilson Pickett

1967, avec Louis Amstrong
1967, avec Louis Amstrong

 

 Et qui c’est qui a copié l’autre ? Ho, Hé, Hein, Bon !

En 1966, c’est à dire un an avant la sortie du célèbre  Amstrong de Claude Nougaro basé sur le même thème, Nino  enregistre son titre-hommage aux chanteurs noirs anglo-saxons, ses modèles de toujours :

 

Je Voudrais Être Noir

 

« Cigarettes, wisky et p’tites pépées »

Le titre de la chanson d’Eddy Constantine résume assez bien la situation. Sa posture de chanteur décalé lui réussit plutôt bien. Argent, succès, lui font s’autoriser pas mal d’excès et lui permettent d’assouvir son goût pour la « flambe » : voitures luxueuses, décorations d’intérieurs extravagantes, conquêtes féminines…

Nino et sa Rolls Phantom - 1971 San Remo
Nino et sa Rolls Royce à San Remo – 1971

 

Voici ce que Brigitte Bardot, avec qui il a vécu une brève aventure en 1971, a écrit dans son premier livre autobiographique :

« Je fus invitée à une soirée chez ce merveilleux chanteur qu’est Nino Ferrer.

J’y allais en conquérante insolente, cachant derrière les faux-semblants une vulnérabilité et une tristesse profondes. Je trouvai Nino gentil, timide, nostalgique, vrai et extrêmement sensible. Du coup, je baissai le masque et apparus moi aussi telle que j’étais pour de vrai. Il s’ensuivit un coup de foudre réciproque qui balaya en un instant toutes les blessures de part et d’autre. J’allai même le retrouver à Rome (…) le temps d’un long soupir (…).

Dommage, je n’étais pas prête à vivre un nouvel amour, trop d’amertume me revenant au cœur, au plus profond des bras de Nino. Il écrivit néanmoins pour moi une chanson extraordinaire « Libellule et Papillon » de la trempe des créations de Gainsbourg, que je ne chantai jamais.. ».

Initiales B.B. (Grasset – 1996)

La rencontre Brigitte Bardot et Nino Ferrer, en 1971
 

 Nino Ferrer : un Être visionnaire et  subversif  ?

Avec ce titre sorti en 1967, Nino a-t-il une vision prémonitoire des événements qui surviendront bientôt ? Rien n’est moins sûr au constat de ce qu’il déclarera plus tard ! Sans doute son goût de la dérision et le jeu de mot facile que permet le patronyme du « Grand Timonier » (Mao Zedong) de « l’Empire du Milieu » (nom que se donne la Chine) sont prétexte à s’amuser et se moquer de tout, puisque justement, quoique Nino fasse, tout lui réussit, du moment qu’il reste dans le registre de l’humour ; fût-il noir ou… rouge !

 

Mao et Moi

 

1968, sous les pavés : la lumière !

Mai 1968 pour la vedette en pleine ascension qu’il est, c’est un peu comme un pavé des barricades qui aurait atterri dans la marre de sa carrière qui s’annonçait alors internationale… Incommodé par ces mouvements politico-sociaux qui « lui cassent la baraque » il prendra conscience par la suite de l’évolution  significative et intéressante que les événements auront engendrée, l’amenant à réviser son jugement et mesurer ainsi ce qu’il se passe dans le monde…

Quelques années plus tard,  Nino Ferrer reconnaîtra : « j’ai vécu les premières années de succès comme dans un tourbillon, en croquant la vie à belles dents, sans trop m’occuper  de ce qui était hors de mon petit univers ». Ici encore, même les années passant, son phrasé témoignera du paradoxe qui s’invite dans son subconscient, faisant cohabiter noirceur et candeur : « Le monde n’est pas rose, même si la vie est belle et géniale, l’avenir est très très sombre… » (archives INA)

Cette même année 68, Nino  décide d’acheter à Rueil-Malmaison, « La Martinière » une jolie propriété de style colonial qui lui rappelle son enfance néo-calédonienne… à la condition expresse que Kinou, sa jeune et jolie secrétaire vienne y vivre avec lui ! Elle accepte et deviendra (plus tard) son épouse ; de cette union naîtront deux enfants : Pierre et Arthur. Cette maison sera d’ailleurs, le lieu des prémices de sa rupture future avec le « système » puisque, déjà, il y fait installer un studio d’enregistrement complet !

 

Je Vends des Robes

 

Besoin d’un break

Le caractère entier de l’individu s’accommode de plus en plus mal du carcan imposé par les maisons de disques et d’un succès qui ne répond pas à ses aspirations profondes. Il part en Italie, où, trois années durant, il gagnera encore en notoriété en animant l’émission télévisée  « Io, Agata e tu »  sur la  Rai. Pendant ces années il continuera à sortir des disques 45 tours, alternant toujours des textes drolatiques et d’autres sérieux. Certains titres seront de vraies réussites.

Ci-après, une très belle chanson qui aurait pu être celle d’un Charles Aznavour…

 

Un Premier Jour Sans Toi

 

Finalement, il rompt avec le Show-biz et son « système » qui lui est devenu insupportable ». Il se consacrera désormais à la musique, la vraie, qu’il différencie de ce qu’il nomme péjorativement la « muzak » (aux USA, la muzak est un genre musical normalisé et aseptisé diffusé dans les lieux publics et plus communément appelé « musique d’ascenseur »)…

 

Changement de régime

C’est en 1970, année charnière, qu’il sort « Rats & Rolls »  un album enregistré en public et uniquement destiné au marché italien. On peut y entendre quelques reprises et surtout les prémices des morceaux qui composeront son véritable premier album à venir… Désormais, Nino optera presque systématiquement pour des galettes  bretonnes plutôt que des blinis… En clair : il privilégiera la réalisation de 33 tours en lieu et place des 45 tours.

 

« The » Rencontre

En 1971, sa rencontre avec Mickey Finn Waller (1947-2013), guitariste britannique excellent mais atypique, lui redonne goût à la composition ; c’est le début d’une longue collaboration et d’une belle amitié.

Durant des mois, Nino écrit et compose avec une approche musicale entièrement nouvelle : mélange de rock progressif, alternatif, psychédélique…

Il reprend le chemin des studios pour y enregistrer un album qui restera plus ou moins confidentiel si ce n’est deux morceaux, à savoir, la reprise de « Pour Oublier qu’on s’est aimé » (voir plus haut) dont l’intérêt sera enfin légitimé ainsi qu’un deuxième titre qui connaîtra un excellent accueil et qui sera vendu individuellement  à plus de 500 000 exemplaires :

 

La Maison près de la Fontaine

 

Et pourtant ce 33 tours vinyle, « Métronomie » véritable précurseur d’un nouveau style musical dans l’Hexagone, sera avec ceux qui suivront, parmi ce qui se fera de mieux en France, à l’époque ; notamment dans celui-ci avec une mise en avant d’un instrument fantastique : l’orgue Hammond ! On y trouve aussi quelques petits clins d’œil à des groupes marquants ainsi qu’aux événements de 68 !

NDLA : Personnellement,  j’y vois une référence à « I’m a Man » de Chicago et un solo de batterie façon « In a Gadda Davida » de Iron Butterfly ; mais voici ce qu’en dit un certain Koamae dans un extrait de l’article qu’il lui consacre le 14 décembre 2010, sur le site de Blog’n Rock  (cliquez si vous voulez retrouver l’article intégral)

« Faire un disque barge et beau à la fois, tel est le pari que se lance Nino Ferrer en 1971. Depuis le célèbre « Mirza » de 1965, il était habitué à sortir des chansons françaises populaires et souvent drôles de deux minutes, trois maximum… Métronomie est le disque qui va tout briser, car cette fois, Nino Ferrer va taper dans le rock progressif et psychédélique. Oui, vous avez bien entendu ! Et ici, malgré la présence du classique absolu La Maison Près De La Fontaine, on est loin des clichés à la « Mirza », « Le Téléfon », etc… Dans Métronomie, on retrouve du Pink Floyd, du King Crimson, du Hendrix, et autres. A la française. Ce qui ne veut pas forcément dire ‘en moins bon’. Ce disque, malheureusement, est comme les autres merveilles que Nino Ferrer a sorties dans les années 70: méconnu du grand public… Qu’il est con, le grand public, d’avoir oublié tout ça ! M’enfin…

Du haut de ses 32 courtes minutes, Métronomie aligne en huit titres tout ce que le paysage français avait de mieux à produire à l’époque. Tout comme Polnareff’s de qui-vous-savez et Histoire De Melody Nelson de Gainsbourg. Les trois disques sont sortis en 1971. Année bénie ! Comme je l’ai dit plus haut, Nino Ferrer met dans ce disque du prog’, du psyché, et il va pas faire semblant d’en mettre… Preuve en est avec le premier titre de l’album, un instrumental (la musique française a appris un nouveau mot !) de 9 minutes (et une nouvelle durée !) appelé tout simplement Métronomie. Une déferlante psychédélique à tomber par terre, on imagine bien la gueule de ceux qui ont découvert ça alors qu’ils s’attendaient à du Nino Ferrer classique… Une forte influence Atom Heart Mother dans le début, qui dérape ensuite sur un trip total. Ils auraient fumé avant de jouer que ça m’étonnerait pas. Dès le début, on prend conscience de ce que va être le disque: un OMNI (objet musical non-identifié) total. Si Les Enfants De La Patrie sonne déjà plus variété, elle reste quand même assez barrée, et fantastique. Enfin, pour clôturer la face A, Métronomie 2 est un orgasmique torrent d’orgue hammond »…

 

Métronomie (Album intégral)

 

Enfin libre !

Désormais Nino, qui s’est mis volontairement » hors système » s’affranchira des contraintes imposées aux artistes dits de « variété » par les Majors. Fini le style imposé, finie la limitation de durée d’un morceau, il peut enfin se lâcher, chanter dans la langue de Shakespeare, donner libre cours à ses explorations musicales… Et si ce nouveau genre déconcerte un grand nombre de ses fans, ce sera pour gagner un autre public, plus jeune, plus pointu.

En 1973, Nino sort « Nino and Leggs » un album très anglo-saxon dans la forme, et pour cause puisque  Leggs est tout simplement la formation de Mickey Finn-Waller qui l’accompagne.

 

1974, c’est un nouveau 30cm : une sorte de friandise entièrement en langue anglaise que s’offre Nino avec la participation de la jeune américaine Radiah Frye, mannequin (ex-compagne de Jean-Paul Goude) mais aussi actrice de films érotiques, danseuse, choriste à ses heures.

Nino, alors en pleine renégociation de contrat avec Barclay’s rompt celui-ci au motif que la Maison de Disques ne veut pas entendre parler d’une version anglaise de « South ». Il intègre alors CBS dont le Directeur Artistique n’est autre que son ancien complice batteur : Richard Bennett.

 

Nino and Radiah (Album intégral) 

 

Des south en forme de corne d’abondance

C’est donc à Londres, aux Studios Trident et sous label CBS, qu’émerge « South » qui deviendra un énorme succès… dans sa version française « Le Sud » que Nino acceptera d’enregistrer, bien qu’insatisfait du résultat, sous l’amicale pression de Richard.  Le single, sorti en 1975, se vendra à plus d’un million d’exemplaires…

 

Le Sud 

 
 

L’originalité n’est pas que dans les titres

Entre 1975 et 1977, sortiront deux autres albums : « Suite en Oeuf » et « Véritables Variétés Verdâtres » qui ne marcheront que très moyennement alors que là encore, il y a « matière à découvertes »…

Par exemple, dans « Moon » l’accent est mis sur le texte qui fait référence à la secte et aux réserves du chanteur envers tous ces prêcheurs de la « bonne parole » ou autres « vendeurs d’espérances mystiques » alors que dans « Ouessant », il s’agit d’un superbe hommage à l’île bretonne en forme d’éloge musical où la part belle est faite aux instruments.

 

Moon (Extrait de l’album « Suite en Œuf »)

Ouessant (Extrait de l’album « Véritables Variétés Verdâtres »)

 

Mirza s’est  barrée,  Gaston  n’a plus de Téléphon,  pour les cornichons, on a perdu le bocal

1979, Nino Ferrer apparaît sous les traits d’un officier russe (le Capitaine Nino) mélancolique et désabusé dans « Corto Maltese en Sibérie » 24ème aventure du héros d’Hugo Pratt.

C’est également l’année de la sortie de l’album « Blanat » (du nom du château où sera effectué l’enregistrement) qui reçoit  un très bon accueil par la presse professionnelle et permet à un jeune public de découvrir l’artiste. Cependant, cette fois encore, il restera ignoré de ceux qui le suivaient dans les années « d’avant ».

Pour ce disque, sous label CBS, l’artiste n’arrive pas à s’accorder avec les musiciens d’un autre chanteur (Gilbert Montagné) prévus pour la circonstance. Nino devra attendre que les Leggs aient terminé leur tournée avec David Bowie pour qu’une fois encore Mickey Finn-Waller et sa bande , bouclent l’affaire en huit jours…

Tous ensemble, ils nous livrent un magnifique opus dont le titre, « l’Arbre Noir » écrit 20 ans auparavant par Nino (ce qui en dit long sur l’abnégation dont il a dû faire preuve) est à tomber tant sur le plan technique qu’artistique ;  répétons-le, il n’y a alors en France aucun équivalent à ce niveau de qualité !

« Moment de pur ponheur » à savourer :

 

l’Arbre Noir (Extrait de l’album « Blanat »)

 

Après la réalisation de « Blanat », Nino  partira en tournée avec Jacques Higelin (et Mickey Finn-Waller, qui sera guitariste pour les deux vedettes).

C’est lors de l’enregistrement de cet album au château que la famille FERRARI découvre « la Taillade » une magnifique bastide du XVe siècle, dans le Quercy Blanc près de Montcuq. Nino y transférera son studio d’enregistrement au grand complet et viendra s’y installer avec Kinou et Pierre. C’est là qu’Arthur, le second garçon du couple, viendra au monde.

Le dandy des années insouciantes s’y transformera doucement en un cowboy des temps modernes, entouré de ses animaux favoris. Il se lancera même dans l’élevage des chevaux…

 

« La Carmencita » paraît en 1981. La consonance du titre laisse augurer une ambiance latino mais il n’en est rien ; c’est essentiellement un album de reprise d’anciens morceaux joués seul ou en formation restreinte, ce disque ne comportant que 3 chansons inédites.

 

La Carmencita (Extrait de l’album du même nom)

 

Autres expériences, autres albums, autres styles

Il réalise la musique du film « les Babas Cool » de François Leterrier en 1981 et enchaîne, en 1982, celle d’un autre long métrage, « Litan » de Jean-Pierre Mocky, qui lui confie également le rôle du « Docteur Steve Julien ».

Cette même année 1982, « Ex Libris »  est enregistré à la Taillade. Kinou et Arthur, assurant les chœurs de certains titres, comme « Semiramis ».

La tonalité de cet album n’est pas sans rappeler celle d’un Jacques Higelin ou d’un  H.F Téphaine.

 

Riz Complet (Extrait de l’album « Ex Libris »)

 Anne (Extrait de l’album Ex Libris) 

L’année suivante, avec la sortie de « Rock n’ Roll Cow-boy »… c’est encore une autre « bifurcation musicale » comme le laisse augurer le titre du disque.

On est décidément et définitivement très loin des projets Jazz-Blues des années 50’s. Cependant, la qualité conceptuelle est bien présente tout comme la richesse des textes, qui est à souligner.

Les amateurs de BD reconnaîtront peut-être au passage, la « patte » qui a illustré la jaquette du disque ; il s’agit de Franck Magerin.

 

Rock n’ Roll Cow-Boy (Extrait de l’album du même nom)

 

De grands blancs dans le planning

Le 13ème 30cms s’intitule « 13ème Album ». Sorti en 1986, soit 3 ans après le précédent, c’est pour l’essentiel, un aperçu de « L’Arche de Noé », spectacle monté en collaboration avec le Théâtre de l’Unité,  dans lequel le chanteur interprète Dieu le Père.

Cependant, durant toutes ces dernières années, Nino ne s’est pas endormi sur ses lauriers : il s’est employé à combler les blancs du planning avec la couleur des toiles qu’il réalise. Rappelez-vous, la peinture c’est sa deuxième passion !

Justement, 7 ans plus tard, c’est à dire en 1993, la FNAC organise une exposition de ses œuvres picturales ainsi qu’un certain nombre de concerts. La même année, il enregistre « La Désabusion » en faisant appel, une fois de plus, à ses bons potes, Micky et les Leggs, pour peaufiner ce qui sera son dernier album 100% studio.

L’intitulé du disque, association contractée de deux mots qu’il est aisé de discerner, exprime clairement où en est l’artiste quant à sa vision du monde…  Il n’en est pas moins, que mis à part un ou deux morceaux discutables (notamment la chanson « Marcel et Roger » dont le texte est composé uniquement de prénoms), cette fois encore il s’agit d’un album « cousu-main » qui nous est proposé.

 

Blues dans la Fin du Monde (Extrait de l’album « La Désabusion »)

 
 

« Ma Vie chez les Automobiles »   arrive dans la foulée du précédent opus. Ce disque au contenu un peu hétéroclite fait la part belle à l’écriture ou aux interprétations des proches du chanteur ; notamment dans la célèbre chanson d’amour qu’il a musicalement superbement « arrangée » et qu’il partage dans un duo avec Kinou, son épouse :

 

Besame Mucho (Extrait de l’album « Ma Vie chez les Automobiles »)

 

Faut-il  chercher une quelconque explication métaphysique, prémonitoire ou philosophico- transcendantale ?… Le dernier titre du dernier album n’est ni plus ni moins que la Marseillaise… Vous savez ?… Ce vieil air aux accents patriotiques qui s’interprète dans une communion pleine d’espérances, la main sur le cœur ou avant même un sacrifice ultime.

Peut-être, tout simplement, un petit clin d’œil à cette France qu’il aime tant : Nino qui a attendu 1989  pour prendre la nationalité française afin de fêter dignement et à sa façon, le bicentenaire de la Révolution, l’a déjà interprétée, pour l’occasion, avec une chorale de Montcuq lors d’une célèbre émission télévisée.

 

 De la soie des pinceaux à la plume du stylo

C’est en 1994 que sort aux Editions Archimbaud Les Belles Lettres, un recueil d’écrits où Nino nous livre quelques confidences ou pensées intimes, sur un ton à la fois drôle et désabusé, fidèle cette fois encore à sa « Paradoxale Attitude ».  

C’est ma tournée : la der des ders !

1995 : Un dernier disque est commis, il s’agit d’un concert enregistré en public, comprenant 17 morceaux dont deux inédits, mélangeant les succès des deux périodes artistiques de Nino Ferrer.

Ce concert, immortalisé par cet ultime album, signera la dernière manifestation publique officielle de l’artiste…

L’impression pour une nouvelle forme d’expression

C’est également en 1995 que Michel Archimbaud le met en contact avec la jeune Caroline Bouyer, plasticienne qui possède un atelier de gravure à Paris. Entre les deux artistes, la mayonnaise prend tout de suite. Nino s’avérera être un élève appliqué qui aura tôt fait de maîtriser la technique de l‘Eau Forte.*

La Navigation (Gravures à l’Eau Forte par Nino Ferrer)

* Cette forme de gravure particulière utilise la capacité de l’acide à attaquer le cuivre ; les réserves (équivalent des blancs sur un dessin) étant créées par un vernis protecteur délimitant la zone d’influence de l’acide. Le principe : plus l’acide agit > plus il creuse le métal > plus l’effet recherché sera foncé. Au final, la plaque de cuivre sera encrée et mise sous presse pour être éditée sur un papier spécial…

L’artiste trouvera dans cet art, une forme d’expression nouvelle qui va le passionner au point qu’il émettra le désir de faire éditer son travail. Ce vœu sera respecté post-mortem par Caroline Bouyer qui, à la demande de Kinou, s’installera plusieurs semaines avec sa presse, à la Bastide de Montcuq pour finaliser le travail.

Et puis, ce jour d’été 1998,  l’information arrive, abrupte, directe, telle une mauvaise farce jetée à la figure du téléspectateur :

Journal Télévisé du 13 Août 1998

Épilogue

Mounette, la mère du chanteur qui logeait à « La Taillade »  s’est éteinte en juin. Or, cette issue fatale, bien que prévisible, n’en est pas moins tragique pour Nino qui vouait une adoration sans bornes à sa mère.

À cette période, il prépare un nouvel album auquel doit participer activement son fils Arthur, guitariste… C’est vraisemblablement l’ultime opus que souhaite nous livrer Nino qui a prévu de l’intituler : « Suite et Fin »

Or la disparition de sa mère fait que Nino n’a plus ni la volonté ni la capacité de terminer ce projet qui ne verra donc jamais le jour. L’artiste est plongé dans un abîme de souffrance morale  telle, que malgré l’affection et l’amour des siens, il broie du noir et véhicule des idées funestes qui affolent son entourage.

Pourtant, le 12 août, date anniversaire de son épouse Kinou, il participe aux préparatifs et se montre particulièrement attentif avec les invités venus célébrer l’événement…

Le lendemain, fidèle à lui-même, Nino s’habille élégamment, coiffe son Panama, et cigare à la bouche part en automobile vers son ultime destin : au beau milieu d’un champ isolé, il se tire une balle en plein cœur ; il allait avoir 64 ans.

 La Rua Madureira (sortie : 1964 – Réédition sur Compil. 1998/2008   « Sacré Nino »

« La Rua Madureira » est avec « le Sud », une des chansons de Nino  les plus reprises. Ci-après, une version dépouillée, la plus belle, peut-être…

La Rua Madureira (Univers Nino par Denis Colin et Ornette)         

 

Comme de nombreuses personnalités du spectacle, Nino Ferrer a choisi lui-même le jour et la façon de tirer sa révérence. La liste est longue de tous ceux qui l’ont précédé dans le geste… Combien l’ont suivi depuis et combien d’autres suivront encore ?

Quel que soit le domaine dans lequel il excelle, l’artiste n’en reste pas moins un être humain, avec ses forces, ses faiblesses, sa part d’ombre et ses jardins secrets…

Rétrospective des ŒUVRES PICTURALES de NINO FERRER

(Edition spéciale TN !

Remerciements

Je remercie chaleureusement Kinou, pour sa spontanéité et pour l’autorisation qu’elle m’a donnée d’utiliser les photos dont elle a la propriété ainsi que pour les informations ou anecdotes qu’elle a bien voulu me confier.

« Je me souviendrai longtemps de ce jour de mars où répondant à un appel inconnu, j’ai entendu une voix féminine (chaude comme celle de Jeanne Moreau) me dire au téléphone :

  • « Allo ? Bonjour, C’est Kinou… »
  • (moi) « ?? Euh… Bonjour…?… Qui ?? »
  • «Kinou FERRARI, la femme de Nino FERRER, quoi… ! »

Cette première conversation d’une quarantaine de minutes fût délicieuse ; quarante minutes d’un réel bonheur pour moi ! »

Je remercie également l’équipe du site officiel de Nino FERRER qui grâce à son travail  fait perdurer la mémoire de l’artiste et la globalité de son Œuvre.


 

Références utilisées 

-  http://www.nino-ferrer.com/

- http://www.dandy-magazine.com/ (magazine international de la mode, de l’élégance, sous toutes ses formes)

- http://blognrock.canalblog.com/

- Archives INA

- Wikipédia

- Extraits de Presse divers et (a)variés


21 réponses à “[Zik] WATTS ! WHAT ? OUAT… Once upon a time

  1. Un très grand article, certes par la longueur, mais surtout par la qualité et par la richesse des recherches qu’on devine en le lisant.
    Merci beaucoup Wayne !

  2. Impressionné ! Je suis impressionné par ce travail digne d’un biographe. Merci Wayne, j’ai adoré la lecture dont tu nous gratifies là.

  3. Alors là Wayne,
    Tu sais quoi, je ne connaissais pas plus que ça Nino Ferrer, car pour moi cela fait parti de la génération de mes parents, et quelque part, ça ne me concernait pas.

    Mais vu la masse spectaculaire de travail que tu as fournit, déjà d’une je vais lire ton article de A jusqu’à Z, mais en plus je vais m’intéresser de prés à cet artiste et commencer à écouter quelques morceaux.

    Encore une fois merci et mes respects !

  4. Merci Wayne pour ce magnifique travail,s’il évoque pour moi des souvenirs,j’espère que ce sera pour d’autres un moyen de faire connaissance avec un grand artiste un peu oublié ces temps-ci.

  5. Merci à vous. Même si le travail fût long, il ne fût jamais laborieux. Il m’a permis de faire la connaissance de Mme Nino Ferrer (Kinou que j’ai eu plusieurs fois au téléphone) et c’est déjà une belle récompense de mes efforts…

    J’ajouterai simplement qu’il faut se munir de son équipement de spéléologue audiophile et aller s’engouffrer dans la deuxième vie musicale de l’artiste, Certains morceaux sont stupéfiants (la musique est mon Opium, je vous le rappelle)…

    PS : ceux qui suivent mon aventure « applesque et rockamboxlesque »du moment, auront peut-être une moins piètre opinion de moi à l’aulne de cet article qui n’a de valeur que par celle que lui donne l’artiste à qui il est consacré.
    ws

  6. Bravo et tu m’as donné l’envie de créer un article sur Mike Patton.

    A qui faut-il envoyer son article pour le valider?

  7. je suis proprement estomaqué par la qualité de cet article. Un immense merci Wayne de nous avoir raconté avec autant de talent la vie de Nino Ferrer dont je me souviens aussi pour une raison un peu particulière puisque à treize ans je me suis fait piqué à la sortie d’un petit supermarché vosgien avec « le Sud » planqué sous ma veste.

    1. merci pour ce compliment jx… Dis : à 13 ans, c’était déjà « l’appel du Sud » à ce que je vois !

  8. magnifique! Je souffre toujours en société de ne pas avoir grandi en France, ben voilà que je saurai quoi dire!!!!
    Vraiment super!
    Merci!

  9. Mais quel article, quel travail, quel bonheur de te lire…
    Un grand merci. Pour nous, pour cet artiste, pour la musique.
    Je vais m’empresser d’aller à la médiathèque découvrir ce monsieur que je ne connait que très peu.

  10. Superbe article aussi documenté que passionné! Je suis tout aussi impressionné que mes camarades par la qualité de ton travail (et sa quantité!), la justesse de ton expression et la finesse de ta sensibilité, mon cher Wayne Shelton.
    La musique de Nino Ferrer m’accompagne depuis l’enfance. Elle a été la bande-son des cabrioles de mes jeunes années et de leur mystère aussi. Je te suis très reconnaissant de m’en avoir appris un peu plus sur ce qui a formé pour une bonne part mon imaginaire musical.
    Comme manny, je vais de ce pas me procurer les morceaux les plus goûtus de la discographie de ce grand monsieur que tu viens de me faire (re-)découvrir, l’ami.
    Un énorme merci à toi.

    1. C’est la « Justice » que je voulais rendre à cet Artiste invraisemblable !
      Merci, je me sens « payé » de mon travail.

      1. Oui, tout à fait. Je voulais juste ajouter que ton travail, en fait, respire l’amour: tu m’as bien fait sentir l’homme derrière ses compos et ça, c’est une sacrée réussite, je trouve!
        WS, le Sainte-Beuve de TN! ;-)

  11. Un article d’anthologie, une belle leçon d’écriture et de documentation, j’applaudis des mains et des pieds.
    Bravo !

  12. Une nouvelle fois, merci pour tous ces éloges qui me touchent…
    DZ ; faudrait quand même pas « prouster » le bouchon trop loin… avec Sainte-Beuve !

  13. Pour completer ton titre, ouahhh.
    Ce matin TN a pris une autre dimension pour moi. Et Nino aussi…
    J’ai ecoute Metronomie. Comme quoi une petite maison peut se cacher dans un merveilleux album.
    Encore merci et j’espere relire bientot d’aussi beau article.

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