l’AKG K701 est une référence extrêmement populaire et généralement appréciée dans le petit monde des amateurs de musique. Assimilé au haut de gamme de la marque Autrichienne, il présente l’intérêt d’être proposé à un prix intéressant en regard de ses performances. Sa signature sonore assez linéaire le classe dans la catégorie des casques respectueux des interprétations et des productions qu’on […]

AKG K701 – La sagesse autrichienne

l’AKG K701 est une référence extrêmement populaire et généralement appréciée dans le petit monde des amateurs de musique. Assimilé au haut de gamme de la marque Autrichienne, il présente l’intérêt d’être proposé à un prix intéressant en regard de ses performances. Sa signature sonore assez linéaire le classe dans la catégorie des casques respectueux des interprétations et des productions qu’on lui confie. Cependant, la tendance moderne qui consiste à cataloguer, un peu vite parfois, comme « neutre » tous les casques qui ne mettent pas en avant de manière excessive le registre grave (en opposition à ceux qui ne font que cela) me parait ambitieuse et trompeuse car il existe presque autant de signatures sonores différentes que de casques et ce, quel que soit leurs tendances dominantes, « neutres » ou pas. Le K701 ne déroge pas à cette règle en offrant une restitution musicale qui lui est propre et que l’on devra prendre soin d’apprécier soi-même préalablement à toute acquisition.

Caractéristiques

Le K701 est un caque de taille importante, doté de deux capsules en plastique. Le choix de ce matériau peut dérouter mais l’ensemble est irréprochable d’un point de vue qualitatif. Un bandeau en cuir marron, de très belle conception, constitue le point de contact avec le sommet de la tête. Les coussinets sont de très belle qualité, remplaçables, assez rigides pour être solides et ne pas se tasser trop rapidement, mais suffisamment souples pour être confortables. Le câble en revanche n’est pas détachable, et c’est sans doute la plus grosse critique que l’on puisse émettre vis-à-vis de ce casque, car pour bénéficier de cette fonctionnalité vraiment appréciable, il faudra acquérir le K702, identique en tous points à son petit frère, excepté sa couleur (noire), le câble amovible et… son tarif bien plus élevé ! C’est relativement incompréhensible de la part d’AKG !

Même observé attentivement, l’assemblage est exempt de tout défaut apparent. De conception ouverte, l’isolation vis-à-vis de l’extérieur est naturellement inexistante, mais de toute façon, la taille de l’appareil le rend totalement inapte à tout usage en extérieur. Il s’agit donc d’un casque destiné aux écoutes exclusivement sédentaires en environnement calme.

Si son impédance de 62 ohms et sa sensibilité assez élevée de 105db le rendent virtuellement utilisable sur un baladeur sans dispositif d’amplification externe, la réalité est tout autre, car ce casque exige de la puissance pour exprimer son potentiel, notamment en terme de dynamique. S’il s’accommode fort bien de la sortie « casque » de mon MacBook Pro, il est en revanche nettement moins à l’aise avec les trois baladeurs que je possède, à savoir un iPhone, un Samsung P3 et un Sansa Clip+. En revanche, l’ajout d’un petit amplificateur, même basique, de type Cmoy JDS (j’apprécie beaucoup cet appareil, peu onéreux et très bien construit) ou FiiO (tels que le E11, dont on dit beaucoup de bien, mais que je n’ai jamais essayé) apportera la puissance nécessaire pour pouvoir utiliser le K701 avec une source nomade. Le problème principal n’étant pas nécessairement le volume sonore, mais plutôt la dynamique indispensable pour profiter d’une écoute vivante. Il convient toutefois de garder à l’esprit que, comme pour tous les casques, la qualité du résultat sera très dépendante de la qualité du signal reçu et que les baladeurs, aussi bons soient-ils, auront du mal à rivaliser avec une installation sédentaire bien pensée (ce qui signifie que sa qualité n’est pas nécessairement liée à son prix). Cela est presque toujours vrai et d’autant plus avec le K701 qui exige d’être assez fortement alimenté pour s’exprimer pleinement.

En usage sédentaire donc, le K701 se comporte de manière très satisfaisante en liaison directe avec une carte son de bonne qualité, mais bénéficiera bien évidemment de l’apport d’une amplification de bonne qualité (les résultats avec mon Lake People G100 sont excellents tandis que ceux avec mon Little Dot I+ sont médiocres). Plus important encore, on prendra grand soin de ne pas négliger la qualité de la source, car le K701 saura être à la hauteur des meilleures d’entres elles et il serait dommage de s’en priver.

Note : J’insiste sur ce point, comme je le fais chaque fois, mais on ne dira jamais assez l’importance de la qualité de la source dans un système d’écoute ! Inutile d’avoir un amplificateurs, des enceintes ou un casque capable de restituer un signal de grande qualité de manière fidèle si ce signal ne peut pas être extrait ! Ainsi lors de la constitution d’un système, si le budget est limité, on veillera à ne JAMAIS sacrifier la qualité de la source qui restera acquise en cas d’évolution des autres éléments et ne sera ainsi jamais un facteur limitant, mais au contraire la clé de voûte d’une restitution fidèle.

Enfin, sans être un adepte totalement convaincu de la théorie du rodage des casques, il m’a semblé constater que le K701 se bonifie au bout d’une bonne centaine d’heure d’écoute. Certains parlent de 400 heures nécessaires pour le mener à son meilleur niveau ! Je me garderai d’affirmer quoique ce soit de formel à ce sujet, vous voilà simplement averti de ce qui se dit !

Confort et légèreté

Le système AKG que l’on retrouve sur bon nombre des casques de la marque est ingénieux. Nul besoin en effet d’ajuster soi-même le casque à sa morphologie, cela se fait automatiquement par l’action élastique du bandeau supérieur et qui s’adapte de manière très douce et confortable sans points durs. Ceci étant, lors d’un usage prolongé (quelques heures au moins), la zone d’appui, en cuir sur le K701, peut se faire sentir. En ce qui concerne le positionnement des capsules circum-aurales, aucune pression excessive n’est à signaler. Ajoutons enfin la légèreté liée à l’usage du plastique (qui permet également de maintenir un prix accessible), et nous obtenons un casque au confort étonnant compte-tenu de sa taille relativement imposante.

Une restitution sonore linéaire et sans artifices

Le K701 n’est pas un casque qui verse dans le spectaculaire disons-le tout de suite. Sa signature est vraiment très linéaire, sans mettre d’accent particulier sur un registre plus que sur un autre. Vous entendrez ce que les musiciens ont enregistré, rien de plus, rien de moins et c’est extrêmement appréciable. Peu nombreux sont les casques qui peuvent aujourd’hui se vanter d’appartenir à cette catégorie.

La spatialité est étonnante. Probablement liée à la structure des capsules et à leur positionnement par rapport à l’entrée du canal auditif, la restitution des ambiances est captivante et constitue sans nul doute l’une des qualités la plus remarquable du K701. Difficile de faire mieux dans cette gamme de prix.

Venons-en à présent à ce registre grave qui fait tant parler de lui lorsqu’il est question de ce modèle dans les échanges entre passionnés. Certains, dont je fait partie, considèrent qu’il est juste, avec beaucoup de matière, tandis que d’autres déplorent un manque de présence notoire et une « sécheresse » résultante. Qui a raison ? Impossible de trancher. Pour ma part, j’estime que le grave n’est pas envahissant, mais ne manque pas de matière. Aimerait-on en avoir plus ? Peut-être, pour certains styles de musiques (électro, rock…). Est-ce suffisant pour d’autres styles tels que le jazz, le classique, le baroque…? Question d’appréciation, mais personnellement, je pense que oui, d’autant plus que le bas médium n’est pas du tout en retrait, au contraire, ce qui est à mon sens tout à fait suffisant. Sachez néanmoins que je suis un grand amateur de l’Audio-Technica ATH-AD1000 qui est encore plus réservé à ce niveau, cela vous aidera sans doute à juger la valeur de mes propos par rapport à vos attentes, car j’ai une sainte horreur des basses envahissantes qui « mangent » les détails dans le bas du spectre.

En ce qui concerne le registre aiguë, si les résultats sont excellents, je déplore tout de même une très légère carence et j’aurais aimé un peu plus de mordant dans les attaques. Ceci étant la plupart des auditeurs trouveront sans doute que plus aurait été trop, cette remarque est donc à tempérer en fonction de la sensibilité de chacun. Les registres médiums sont très bons également, avec une bonne présence de l’ensemble du spectre intermédiaire, sans lacune ni emphases évidentes. Au final nous avons affaire à une restitution très propre, « dégraissée » de tout artifice, faisant la part plus que belle à une spatialité exemplaire avec un sens du détail aiguisé sans pour autant tomber dans une brillance excessive ou artificielle. La projection est assez reposante, on est spectateur de la scène sonore plus qu’acteur et parfois, cette distance (toute relative), peut conférer un rien de platitude si l’enregistrement n’est pas bon, ou si la prise de son est trop nivelée. D’un autre côté, la spatialité est telle que l’immersion demeure totale dans tous les cas.

On entend parfois dire que le K701 est « terne » en comparaison d’autres casques de gamme équivalente ou légèrement supérieure (L’ATH-AD1000 évidemment, mais aussi le Sennheiser HD600,  le Beyer Dynamic DT880, ou encore les Grado…). S’il est certain que ce n’est pas un casque « fun » sa projection un peu distante doublée de son aigüe parfois écourté peut donner cette impression sur certains morceaux, face à des concurrents qui seront peut-être plus enjoués, mais qui chuteront à leur tour dans d’autres domaines.  Il me semble, mais cet avis est très personnel, que ce ressenti est plus qu’étroitement lié aux styles de musiques que l’on écoute. Je trouve pour ma part que le K701 excelle sur tout ce qui est acoustique ou pour les petites formations qui permettent vraiment de prendre conscience de sa faculté à restituer « grand ». Sur des morceaux plus rock, qui se voient souvent sublimés par des graves un peu plus charpentés, il est vrai qu’en écoute comparée, cette impression peut être légitime.

Note : Les écoutes comparatives sont à la fois les alliées et les ennemies de tous les passionnés de musique. Si elles permettent effectivement de jauger les qualités d’un équipement par rapport à un autre, elles font intervenir beaucoup de paramètres subjectifs liées à ce que l’oreille est habituée à entendre, ce qui rend très difficile, voir impossible la définition d’une « référence ». Ainsi par exemple, les habitués du Beyer Dynamic DT880 trouveront quelques fois que le K701 peut être un peu « terne », tandis que les possesseurs de ce dernier trouveront au DT880 une bonhommie dans le registre grave… Alors que les deux casques sont excellents et que ces différences n’apparaîtraient certainement pas (du moins pas autant) en dehors d’écoutes comparatives.

Quelques comptes rendus d’écoutes

Comme d’habitude, j’utilise toujours les mêmes morceaux pour donner une idée du résultat de mes écoutes. J’ai volontairement choisi des morceaux relativement connus et faciles à se procurer le cas échéant, afin que ces éléments aient un sens pour le plus grand nombre de personnes possibles.

 

« Deed’ I do » (Diana Krall – « Live in Paris » – © Verve 2001)

  • Qualité d’enregistrement : Très bonne
  • Caractéristique(s) évaluée(s) : Tessiture de la voix, placement et volume des instruments, équilibre tonal

D’entrée de jeu, la spatialité est excellente, voir exceptionnelle. La voix de Diana est très légèrement en retrait et la contrebasse sensiblement en avant, mais je ne perçois pas cela comme comme un défaut, c’est juste la signature du casque. La restitution est assez chaleureuse, au sens musical du terme. J’aurai cependant apprécié un aiguë un peu plus montant pour les octaves supérieurs du piano. Les détails de la batterie sont bien restitués, ainsi que des micro informations du morceau.  L’écoute est très plaisante et respire grâce à un espace sonore vraiment bien représenté. Note : 8/10

 

« Vol De Nuit » (Hadouk Trio – « Live à FIP » – © Mélodie 2007)

  • Qualité d’enregistrement : Exceptionnelle
  • Caractéristique(s) évaluée(s) : Qualité et détails des timbres, restitution de la scène sonore

Lors d’une écoute de test, la restitution de ce morceau est toujours un moment à la fois attendu et redouté tant il ne pardonne absolument rien. Je retrouve les caractéristiques ressenties avec Diana Krall, mais magnifiées, à savoir un bas médium un peu en avant, et un aiguë qui chute un peu tôt. Rien de vraiment gênant, mais il me semble que l’ensemble manque un peu de mordant et est un peu trop écourté. Les percussions ne « claquent » pas tout à fait comme j’aime. Néanmoins, ce propos mérite d’être fortement tempéré par la particularité de ce morceau qui exige un niveau de détails et une dynamique hors du commun pour être exprimé pleinement. Ici le K701 est très bon, mais pas hors du commun. Note : 7/10

 

« Partita No. 1 – III. Corrente (BWV 825) » (Bach / András Schiff – « Six Partitas » – © ECM 2010)

  • Qualité d’enregistrement : Excellente
  • Caractéristique(s) évaluée(s) : restitution des registres médiums, éventuels effets d’écho

C’est sans grande surprise que le résultat est très satisfaisant sur ce morceau, même si l’aiguë est un peu court. Ce n’est pas vraiment gênant sur du piano seul, d’autant qu’il ne manque pas grand-chose, mais c’est à noter tout de même. La scène sonore est excellente, aucun effet de résonance n’est à déplorer,  les attaques sont dynamiques, mais encore une fois, j’aimerai un peu plus de mordant ! Note : 8/10

 

« Sonate pour violoncelle & basse continue en mi – II. Allegro » ( Vivaldi/Geminiani – © Accent 1991)

  • Qualité d’enregistrement : Exceptionnelle
  • Caractéristique(s) évaluée(s) : Détails,  matière et tenue dans le bas et dans le haut médium, équilibre global

Voici un morceau qui convient parfaitement au K701. Son médium aiguë de toute beauté confère beaucoup de matière au violoncelle tandis que le bas du spectre s’exprime avec une présence bienvenue par le biais des basses continues. La scène sonore et remarquable, tout comme les micros informations. Les musiciens respirent, les archets frappent, l’expérience est vivante et dynamique, une vraie réussite. Note : 9/10


« This Boy » (Brendan Perry – « Ark » – © 4AD 2010)

  • Qualité d’enregistrement : Exceptionnelle
  • Caractéristique(s) évaluée(s) : Restitution de la complexité sonore, timbre de la voix, spatialité

Ici encore le K701 est dans son élément. La scène est superbe, les timbres restitués avec grandeur et le bas médium vient apporter l’ambiance souhaitée à ce oeuvre exceptionnelle. La voix de Brendan Perry se situe juste dans le médium aiguë que le K701 manie avec maestria. La restitution est émouvante, précise, avec beaucoup de matière, c’est véritablement très bon. Note : 9/10

 

« Sultans Of Swing » (Dire Straits  – « Money For Nothing » – © Vertigo 1997)

  • Qualité d’enregistrement : Correcte
  • Caractéristique(s) évaluée(s) : clarté et impression génerale, volume de la basse

Voici enfin le résultat concernant l’écoute du morceau le moins bien enregistré de cette sélection. Et bien, bonne surprise, c’est très agréable ! Ici l’aiguë un peu écourté n’est plus un inconvénient, mais évite au contraire les effets pervers de la prise de son plus que moyenne de cette composition. La basse est audible, distinguable, sans être proéminente. Tout au plus, le bas médium vient apporter un peu de chaleur. Cette expérience est une bonne nouvelle car cela signifie que le K701 ne fait pas parti de ces casques avec lesquels il sera impossible d’écouter du rock plus ou moins bien enregistré.  Note :9/10

Conclusion

Recommander ou ne pas recommander l’acquisition du K701 est un exercice très difficile. Le casque est remarquable, sans aucun doute. Il tient ses promesses en terme de qualité, de confort, et de sérieux en ce qui concerne ses aptitudes sonores. Son tarif aux environ de 200€ en font de plus une excellente affaire. Mais il convient tout de même de préciser qu’il y a des concurrents, chez Beyer Dynamic, chez Grado, chez Sennheiser, qui offrent tous des approches singulières. Un grave plus en avant chez Beyer, un médium aiguë magnifié chez Grado, de la rondeur chez Sennheiser… Dans un segment de prix où l’on est en droit de ne plus raisonner seulement en termes de compromis (comme c’est le cas pour le choix d’un casque nomade), mais bien de préférences, il faut étudier ce que chaque marque propose et faire son choix. Cependant, le K701 est un peu à la croisée des chemins et constitue un achat sûr que peu d’amateurs de musiques à la recherche de justesse et de fidélité regrettent. J’ajouterai que dans l’hypothèse d’une acquisition sans écoutes préalables possibles (comparatives ou non), ou d’occasion avec un budget serré, le K701 est probablement le choix le moins risqué grâce à son tarif agressif et à ses qualités globales, les principaux concurrents à niveau de qualité équivalent étant presque toujours un peu plus cher.

Disponibilité

Thomann.de : 199€ fdpin

Amazon.fr : 230€ fdpin

Son-video.com : 270€ (+ port)

 

Test crossposté sur passion-audio.com

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