Après avoir testé l’Audeze Sine en ces colonnes, Kirasd69 nous propose maintenant un feedback très complet de son grand frère, le modèle EL-8, dans sa version Open Back. Grâce à un gentil TNien j’ai pu me procurer un Audeze EL-8 Open back à un prix défiant toute concurrence. Ce faisant, je poursuis ma progressive montée […]

[Feedback] Audeze EL-8 Open Back

Après avoir testé l’Audeze Sine en ces colonnes, Kirasd69 nous propose maintenant un feedback très complet de son grand frère, le modèle EL-8, dans sa version Open Back.

Grâce à un gentil TNien j’ai pu me procurer un Audeze EL-8 Open back à un prix défiant toute concurrence. Ce faisant, je poursuis ma progressive montée en gamme. Qu’il est loin le temps de mon AKG K242 HD (toujours un excellent casque en passant) pour lequel j’avais déboursé à peine plus de 100 € !

Cet Audeze coûtait à sa sortie presque 900 €. Aucune idée s‘il les valait ou non, vu qu’il est à ce jour le seul casque de cette tranche tarifaire que je possède. Même si j’ai déjà écouté du matériel plus haut de gamme, je n’ai jamais possédé de casque ayant un prix à quatre chiffres. Je ne me risquerai donc pas à le comparer avec des produits qui sont loin de m’être aussi familiers.

Toujours est-il que la qualité musicale dont il fait preuve me laisse un peu baba. Alors certes, je répète ça dans quasiment tout mes feedbacks mais j’ai un principe : ne jamais prendre moins bien que ce que l’on possède déjà. Du coup il m’est difficile de ne pas être enthousiaste, vu qu’à chaque fois je monte d’un palier en qualité !

Dans ce feedback, je vais comparer l’EL-8 à son petit frère le Sine, à l’Audioquest Nighthawk et au Massdrop HE4XX. Vous allez me dire : « Mais il est fou ! Il compare un casque ouvert à un semi ouvert et à un fermé. » Eh bien, oui ! Et même si la comparaison ne concernera pas certains critères comme la scène sonore, tous ces casques peuvent être mis en parallèle dans d’autres secteurs, comme le respect des timbres par exemple.

J’évoquerai également le Beyerdynamic Amiron Home (mais de mémoire seulement et donc brièvement) ainsi que le Grado SR325e. Si ce dernier boxe dans une autre catégorie, il me semble intéressant de voir les différences et les points communs avec l’EL-8 et les sus-nommés.

Le matos sur lequel l’EL-8 a été testé est le suivant :

  • Geek Out 1000
  • Graham Slee Bitzie
  • Audio GD R2R 11
  • Questyle QP1R
  • Meizu Pro 6 Plus

Autant le dire tout de suite, l’EL-8 a parfaitement été drivé par l’ensemble de ce matériel, y compris par le Meizu Pro 6 Plus. Je m’attendais à ce qu’il soit bien plus exigeant sur la source, à l’instar de son petit frère, le Sine. Ce dernier passe très difficilement sur le Meizu, par exemple. J’estime que le Sine n’est drivé qu’à 50% de ces capacités par le Pro 6 Plus contrairement à l’EL-8 qui s’exprime pour sa part à 90% de son potentiel. Ce pourcentage n’est en aucun cas une mesure. Il s’agit juste d’une appréciation personnelle par rapport aux autres matériels. Le Geek Out ou l’Audio GD ont beau posséder une puissance bien plus importante que le Meizu, la différence entre les trois est restée subtile à mes oreilles. Le Meizu m’a juste paru avoir un peu moins d’impact et délivrer un peu moins de jus que les autres, mais sans que cela affecte le haut niveau de ses prestations sur l’EL-8.

Le package

Comme à son habitude Audeze fournit un excellent package. Il est un peu dommage que la marque ne fasse pas preuve d’un peu plus d’originalité, comme Hifiman par exemple. Pas de bois ni de boite “support”, en l’occurrence. Par contre l’ensemble est bien pensé et agréable.

Boite de l'Audeze EL-8 Open Back

Pour l’EL-8, la boite fonctionne avec un rabat aimanté. Lorsqu’on l’ouvre, on découvre l’EL-8 dans un écrin de mousse. Au milieu du rabat se trouve une petite boite fine, elle aussi dotée d’un rabat aimanté. A l’intérieur nous avons la documentation habituelle, un adaptateur 6,35 mm et une pochette souple de transport en velours.

Intérieur du package

L’avantage de cette boite c’est que l’on peut ranger le casque en un rien de temps, on peut ainsi le transporter très facilement. La pochette de transport est utile, mais elle est très fine. Pour qui voyage beaucoup, mieux vaudra utiliser la boite.

Le casque

Le casque est très imposant. Les coques sont vraiment larges. Elles sont composées d’aluminium et de bois. Le contour en bois est un plaquage comme pour le Hifiman HE560. Sa texture est très agréable. Au toucher on a l’impression que c’est du matériau “brut”. Le reste du casque est en aluminium noir usiné dans la masse. Cela en fait un casque assez lourd mais qui semble construit comme un tank. Cet aluminium est très beau et agréable au touché, par contre les angles saillants peuvent se montrer “coupants” (c’est un grand mot mais vous comprenez ce que je veux dire) en cas de manipulation trop brusque.

Les oreillettes peuvent également pivoter à 90°, autorisant le port du casque autour du cou ainsi que son rangement à plat.

Photo du casque

Le câble est un modèle plat de très bonne qualité. Il est revêtu d’une matière soft touch qui à la bonne idée de ne pas attirer la poussière ! (C’est une vraie plaie chez d’autre fabricants de casques qui utilisent du câble plat). Le câble est assez rigide. Ce qui peut être gênant pour certains. Autrement il ne s’entortille pas et ne se plie pas, donc aucun soucis pour sa longévité. La “sortie” est un jack 3,5 tout ce qu’il y a de plus standard. A l’autre bout, Audeze a placé deux connecteurs de son cru, assez étranges. Leur forme fait penser à des connecteurs réversibles mais ils ne le sont pas. De plus ils possèdent quatre broches au lieu de deux. Ce sont simplement des 2-pin standards (canal et masse) mais doublés, ce qui permettrait selon la marque une meilleure connexion, moins de distorsion, etc… Tout le blabla marketing habituel. Mais, après tout, il faut bien justifier la moindre petite extravagance, surtout à ces niveaux de prix…

Parlons un peu des pads. Ils sont en simili-cuir, de bonne taille et très confortables. Comme chez d’autre concurrents, ces bonnettes ont la particularité d’être inclinées (« angled »), avec une partie arrière plus épaisse que la partie avant, ce qui leur permet de mieux épouser les contours du crâne et améliore l’isolation en réduisant les fuites sonore. Elles sont collées sur les coques par des bandes adhésives double face. Cela facilite leur remplacement.

D’un point de vue technique, Audeze oblige, nous en sommes en présence d’un casque orthodynamique (ou magnétique planaire). La membrane de ses drivers, de 100 mm de diamètre, est plane et la “bobine” (l’élément mobile) est gravée à sa surface. Pour la faire vibrer, Audeze utilise une seule série d’aimants baptisés “Fluxor”, très puissants. Bien souvent les casque orthodynamiques ont deux rangées d’aimants qui prennent la membrane en sandwich. Ici Audeze a trouvé le moyen de n’avoir besoin que d’une seule batterie d’aimants.

La marque utilise également une technologie qui ne fait pas l’unanimité parmi ses fans : les fameux guides d’ondes sonores dits “Fazor”. A cause de la conception orthodynamique, les ondes sonores produites par la membrane sont “cassées” par les aimants présents sur le chemin. Les éléments Fazor sont censés corriger ce point. Je dis « censés » car de nombreux fans trouvent le son meilleur sans cette technologie. Beaucoup de fans ont critiqué le changement qu’Audeze avait opéré sur son LCD-2 qui est sorti en deux version, avec et sans Fazor. D’ailleurs, suite à la grogne des utilisateurs, Audeze a produit une nouvelle version de son LCD-2, le LCD-2 Classic dépourvu de cette technologie Fazor. Mais fermons la parenthèse.

L’Audeze EL-8 est pour sa part équipé du système Fazor, pour le meilleur ou pour le pire.

système Fazor, vue éclatée

Sonorité et association

La sonorité de l’EL-8 m’a vraiment estomaqué la première fois que je l’ai écouté et procuré le genre d’effet que l’on recherche souvent en vain ailleurs. Ici, étonnamment, c’est un petit casque qui y parvient.

Dès les premières notes, plusieurs points sont marquants par rapport aux autres casques. Déjà l’EL-8 descend très bas. Les graves sont parfaitement tenus et plutôt secs. On est loin des basses grassouillettes d’un Audioquest Nighthawk et on descend bien plus bas qu’un Audeze Sine. Les basses sur l’EL-8 ont une texture très engageante et présentent plus de définition que sur le Nighthawk. Le niveau de détails délivrés dans ce registre est similaire à celui qu’on obtient sur l’Audeze Sine, mais avec une bien meilleur assise.

Sur le « Nancy Mulligan » d’Ed Sheeran, extrait de l’album Divide, la qualité des basses produites par l’EL-8 avec le QP1R donne un rythme d’enfer ! Pourtant sur cette musique les basses ne sont pas si importantes que ça (au contraire des bas médiums) mais leur qualité apporte un vrai plus à la restitution de cette piste.

Ecoute du Audeze EL-8

Cette qualité du registre grave s’impose encore plus sur l’album Tubular Bells de Mike Oldfield. A partir de la cinquante-troisième seconde de la musique « Finale », une ligne de basse joue la mélodie principale sur un intervalle de fréquences allant de 20 à 30Hz. La majorité des casques sont incapable de restituer correctement cette mélodie. L’Audeze EL-8 y arrive presque ! Il nous sort un petit quelque chose, là où la plupart des concurrents ne délivrent qu’une bouillie sonore, y compris le Nighthawk pourtant excellent dans ce registre. Quant au Sine et au Massdrop He4XX ,c’est bien simple : ils ne descendent pas aussi bas (ou, en tout cas, pas avec la même maîtrise).

Les médiums sur l’EL-8 ont de la matière. Beaucoup de matière. Cela fait furieusement penser aux Grado. Les voix, les guitares, les cuivres bénéficient avec ce casque d’un traitement fabuleux. Sur les musiques de film composées par John Williams (pour Star wars, par exemple, ou encore Jurassic Park), on prend son pied de très belle manière. L’Audeze n’atteint certes pas, dans le rendu de ce registre, la profondeur d’un Nighthawk, mais son interprétation des médiums est finalement bien plus cohérente, équilibrée et musicale. Si le Nighthawk est plutôt “dark”, l’Audeze EL-8 est, quant à lui, plutôt “bright” mais sans excès et toujours de façon maîtrisée. Il n’est pas dur comme peut l’être le Sine. Le He4XX à pour sa part des médiums en léger retrait et offre de ce registre un type d’écoute plus fun mais moins fine et moins présente que celle de l’EL-8. Les sonorités de pianos et violons sur les musiques du jeu Destiny 2 sont ainsi retranscrites par l’Audeze avec une beauté saisissante, en particulier le morceau “The Farm » : à partir de la trente-huitième seconde, la musique nous inonde d’émotions que l’EL-8 retransmet avec brio. Il en va de même dans la deuxième partie de cette piste, après l’arrivée des violoncelles.

En un mot, les médiums de l’EL-8 sont beaux. Tout simplement.

Les aigus de l’EL-8 sont fins, très détaillé et très doux. Ils n’ont rien de piquant et ne présentent ni la sibilance ni la dureté qui peuvent parfois être fatigantes sur le Sine ou le HE4XX. Le haut registre, sur l’EL-8, coule comme un bon miel. Mais il n’est pas non plus nonchalant comme sur le Nighthawk. Dans le passage au clavecin du “Once upon a troubadour” de Nighthwish, l’Audeze délivre des aigus à la fois parfaitement détaillés, ciselés, qui filent très haut, et d’une réelle douceur. C’est assez intriguant (en tout cas pour moi) d’avoir autant de résolution et de douceur combinées.
Comme dans les basses, l’extension est excellente.

Quant à la signature sonore de l’EL-8… Eh bien, je dois avouer que je ne saurais pas la décrire ! Pour moi, elle est neutre et en même temps très vivante, voire un peu “tubesque”. Si je devais vraiment la définir avec les termes usuels, je dirais que c’est une sonorité en très léger V. Enfin V… Parlons plutôt de « tiret bas courbé”.

La scène sonore, enfin, est très large, et le positionnement ainsi que la séparation des instruments y sont très précis. La localisation des sources est en tout cas bien plus nette que sur le Nighthawk ou le Sine. Le Massdrop He4XX offre un placement similaire mais il est complètement ouvert. L’EL-8, en comparaison, me fait plus penser à un semi-ouvert par sa diffusion des sons vers l’extérieur. Mais on est bien sur un casque ouvert. Et les concepteurs de l’Audeze ont su tirer pleinement parti de cette caractéristique.

Les combos

Avec le Geek Out 1000, on a une très bonne définition des graves qui descendent bien bas. Les médiums sont corrects, rien à redire la-dessus. Les aigus n’ont pas le côté brillant typique des ESS9018. Est-ce l’EL-8 qui corrige cette brillance ou le Geek Out qui en est dépourvu ? Je ne sais pas. Toujours est-il que les aigus sont très détaillé et conservent la douceur que sait leur conférer l’EL-8. La spatialisation du Geek Out 1000 avec l’EL-8 est moyenne. Le Geek Out ne permet pas d’exploiter tout le potentiel d’un casque ouvert.

Avec le Graham Slee Bitzie, on est à l’opposé du Geek Out. Les graves descendent moins bas mais les médiums et les aigus me semblent plus beaux, dotés de plus de matière. Un peu de brillance apparaît dans les aigus, mais sans rien de lassant. Le plus impressionnant par rapport au Geek Out 1000, c’est la profondeur du rendu du Bitzie, alors même qu’il offre moins de basses. Cette profondeur est très engageante, et cela donne beaucoup de relief à certaines musiques (sur l’album Vagabonde de Cecile Corbel, par exemple).

Avec l’Audio GD R2R 11, le combo est tout simplement parfait. La puissance du R2R 11 donne à l’EL-8 un impact saisissant ! A tel point qu’avec cette source je m’en sers également pour des films ou des jeux vidéos. L’impact des basses procure un effet proche de celui d’une salle de cinéma Dolby Atmos, sans l’égaler toutefois. On arrive à avoir plus d’impact qu’avec le Nighthawk. La douceur du R2R 11 se fond parfaitement dans celle de l’EL-8. Je noterais un tout petit peu moins de détails par rapport aux autres combos, mais c’est très léger. Les mediums sont plus chaleureux, mais avec moins de grain. On s’éloigne du style Grado pour gagner un peu plus de fluidité. L’expérience reste néanmoins excellente.

Avec le Questyle QP1R, on a tout de suite moins d’impact qu’avec le R2R 11 (forcément puisqu’il est moins puissant que ce dernier), mais la prestation reste toujours d’un haut niveau. Le QP1R fait parfaitement honneur à la spatialisation de l’EL-8. La scène sonore est large et profonde, le placement des instruments très précis. Et surtout, le rythme est là ! La rapidité du QP1R convient parfaitement à la rapidité des membranes de l’EL-8. On tape du pied sans même s’en apercevoir, on est vraiment transporté. Quand j’écoute ce combo (c’est un peu étrange de dire ça vu que l’immersion dans la musique est tel qu’on l’oublie qu’il s’agit d’un combo), j’ai beaucoup de mal à revenir sur autre chose tout de suite après. Il faut que je descende progressivement en gamme si je veux réécouter mon casque Beats par exemple. Autrement la chute est trop rude !

Sur l’album, fraîchement sorti de We Sell The Dead, Heaven Doesn’t Want You And Hell Is Full, c’est juste du bohneur !

Avec le Meizu Pro 6 Plus, enfin, on est à peu près au niveau du Geek Out 1000 avec un peu moins d’impact et un peu moins de basse. Le passage en symétrique aurait pu être bénéfique pour l’EL-8 mais je n’avais pas de câble adapté. Quoique proposant une résolution légèrement inférieure que les autres sources, le Meizu Pro 6 Plus s’en sort tout de même plus que bien. Avec l’Audeze, il forme un combo nomade de grande qualité : de quoi faire de l’ombre à beaucoup de combos dap + casque nomade. Bon, soit, l’EL-8 est l’antithèse d’un casque nomade… mais rien n’empêche de s’en servir comme tel. Le Meizu Pro 6 Plus offre sur l’Audeze une rapidité similaire au QP1R et donc un excellent sens du rythme. Comme avec le Geek Out et bien qu’on soit ici avec un DAC Sabre ESS9018, on n’a pas de fatigue au niveau des aigus. Pour le reste, c’est très détaillé même si,malheureusement, cela manque de matière et de “grain”.

Autres comparaisons

EL-8 versus Amiron Home

Attention, mes impressions sur l’Amiron sont des souvenirs…

Bien que 300 € séparent ces deux casques, pour moi ils sont de même niveau. On est sur du haut de gamme dans leur marque respective (même si ce ne sont pas des fleurons tels que les modèles de la série T chez Beyer et les LCD d’Audeze). Le Beyer Amiron a une signature en V, avec des basses et des aigus accentués. Ses médiums sont en retrait mais son rendu des voix ne les escamotent pas pour autant. Ses basses sont sèches et descendent très bas : sur ce point, l’Amiron et l’EL-8 sont pour moi à égalité. Au niveau des aigus (je n’ai pas oublié les médiums dont je parlerai plus loin) ceux du Beyer sont plus piquants et un poil plus métalliques. Suivant les associations, ça peut être fatiguant. Je l’ai surtout remarqué avec le combo Schiit Modi 2 +/Magni 2 et le Xduoo XD-05. L’Audeze EL-8 n’est jamais fatiguant pour sa part. Je dirais que le Beyer présente en contrepartie un peu plus de micro-détails.

Pour en revenir aux médiums, à mon oreille ceux de l’Audeze EL-8 sont bien meilleurs, avec plus de présence, de matière et de grain que sur le Beyerdynamic Amiron Home. Seules les voix sont pour moi de qualité similaire. Sur l’EL-8 j’ai plus l’impression d’une prestation “Live” quand le Beyer sonne à mes oreilles plus “monitoring”. Le Beyer est moins fun, moins chaleureux que l’Audeze. Concernant la scène sonore, alors là, je dirais que c’est un match nul. Je suis incapable de déterminer si le soundstage de l’un est plus large, plus profond ou même mieux spatialisé que celui de l’autre. Les deux casques sont sur ce point identiques à mes oreilles. Peut-être est-ce dû à mon matos qui n’est pas assez discriminant ou peut-être n’y a-t-il tout simplement aucune différence.

EL-8 versus Grado SR325e

Tout d’abord, pourquoi avoir décidé de comparer ces deux là ? L’EL-8 coûte presque trois fois le prix du Grado ; il est de plus circum-aural quand le Grado est supra-aural. Les positionnements tarifaires et marketings sont également différents, de même que les signatures et les technologies utilisées. A première vue, donc, tout les oppose. L’élément qui me donne envie de les comparer, c’est le grain, la texture du son.

Audeze EL6 vs Grado SR325e

Les casques Grado ont la particularité de mettre en avant la texture de certains instruments, la capacité de restituer avec authenticité des colorations comme, par exemple, les stridences métalliques des guitares saturées ou la raucité des cuivres. Beaucoup d’audiophile appellent ça le “son Grado” et il est vrai que ces types de sonorité sont très rarement aussi bien restitués par les autres marques… sauf chez Audeze. Sur le Sine, cela s’entend peu mais sur l’EL-8, avec la source adéquate ( QP1R ou Graham Slee Bitzie, en l’occurrence), cette faculté de rendre ce que j’appelais plus haut le « grain » de l’instrument est bel et bien présente. Elle est certes moins évidente que sur un Grado mais n’en constitue pas moins un nouvel avantage à porter au crédit de l’EL-8. Cette capacité de texturation renforce sur l’Audeze l’impression de résolution. Cet effet est encore plus marqué chez les Grado et c’est peut être pour cela que les modèles de la marque de Brooklyn sont souvent comparés à des casques bien plus chers. En tout cas, retrouver cette particularité sur l’Audeze EL-8 le distingue encore plus de la concurrence.

Pour le reste les deux signatures sonores sont trop différentes pour offrir vraiment matière à comparaison, le Grado étant plutôt mid-centric. Par contre la dynamique est similaire, c’est à dire excellente dans les deux cas.

Conclusion

Que pourrais-je bien ajouter après tout cela ? L’Audeze EL-8 est un casque très polyvalent, à l’aise sur le plupart des styles musicaux, et même pour les films et les jeux.

Il bénéficie d’un design superbe et d’une réalisation de très haut niveau (comme toujours chez Audeze). Sa conception et ses performances, sont remarquable. Son prix neuf beaucoup moins. A 900€, il est d’après moi un peu trop cher. Un Beyerdynamic Amiron Home, quoique de même qualité, coûte 300€ de moins, ce qui n’est pas négligeable. En revanche, tandis que l’Amiron a quasiment conservé son prix de lancement, celui de l’Audeze EL-8 a pour sa part rapidement chuté. On le trouve aujourd’hui pour moins de 500€, et à ce tarif là, c’est plus qu’une excellente affaire !

Avec ce casque, si vous le trouvez à bon prix, vous en aurez vraiment pour votre argent. Sa principale force est son extrême cohérence dans sa présentation de la musique. Ou plutôt je devrais dire dans son interprétation de la musique. Car à ce niveau, même si cela reste un casque, cela devient presque un instrument de musique. Pour peu que sa signature vous convienne, il est difficile de trouver mieux au prix il se vend désormais.

Je sens en tout cas qu’il va m’accompagner de longues années. Pour la première fois dans ma vie d’audiophile, je n’ai plus trop envie d’aller voir ailleurs.

Ainsi se termine ce long feedback qui j’espère vous aura plu. Cet Audeze EL-8 à changé ma vision de l’écoute au casque. Dans l’évolution de mon expérience, il y aura eu un avant et un après EL-8.

4 réponses à “[Feedback] Audeze EL-8 Open Back

  1. super feedback, merci! Perso c’est un casque que j’avais adoré ! Je crois que les 1eres versions (boites noires) ont vraiment occulté cette V2 et c’est bien dommage

  2. Merci pour cet article également.
    Dans le domaine des casques orthoplanar, je n’ai que le Hifiman HE-500 pour en parler.
    Juste un mot pour dire que le HE-500 a ce que tu décris, un grave sec qui descend bas, pas de sensation « d’empâtement » dans les mid basses comme les isodynamiques. Il passe jusqu’au 20 Hz et en dessous sans atténuation, mieux que le Panasonic HD10 isodynamique qui descend pourtant à 15 ou 20 Hz, un des meilleurs représentants dans les casques à drivers classiques. Le HE-500 est capable de donner la sensation de peau des grosses caisses par exemple comme aucun casque ne m’a donné jusqu’à présent, mais je n’ai pas tâté des flagships à 3 chiffres (les bons bien sûr, ce n’est pas tout de coûter cher).
    Le HE-500 possède aussi cette polyvalence, sûr que l’EL-8 donne envie s’il réunit aussi ces qualités! Belle construction avec l’alu.

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