ComparatifLes Purple ayant plusieurs signatures seuls les modes standard et warm ont servi pour ce comparatif, et c’est plus particulièrement un entre-deux qui a servi de référence. Les Sony WM1A et Shanling M0 ont servi de sources et seules les sorties asymétriques ont été utilisées. Tous les types de fichiers et de genres musicaux m’ont […]

EarSonics Purple : jouissif

Comparatif

Les Purple ayant plusieurs signatures seuls les modes standard et warm ont servi pour ce comparatif, et c’est plus particulièrement un entre-deux qui a servi de référence. Les Sony WM1A et Shanling M0 ont servi de sources et seules les sorties asymétriques ont été utilisées. Tous les types de fichiers et de genres musicaux m’ont aidé pour effectuer les comparaisons directes.

EM64 – EarSonics/France – 1140€
Les EM64 sont les derniers moniteurs EarSonics dédiés aux professionnels; sortis récemment ils sont censés avoir inspiré les techniciens et ingénieurs dans la conception des Purple, mais même si l’on retrouve un certain air de famille, ils n’en sont pas moins différents dans leur approche. Les EM64 sont des retours de scène et se caractérisent, au même titre que les EM32, par une dynamique très travaillée, là où les Purple, à l’instar des EM10 ou Grace, ont vraiment tous les potards à fond.

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D’un point de vue de la scène sonore, les EM64 sont plus frontaux et se focalisent encore plus sur la cohérence globale. Même si le niveau de détails est équivalent, les Purple les font ressortir plus facilement en raison d’une micro-dynamique plus audible et d’un certain boost dans le haut-médium qui a tendance à éclaircir la signature. Par conséquent, les EM64 paraissent aussi moins holographiques. L’espace sonore des Purple est en revanche plus restreint dans la largeur, mais l’effet de profondeur se fait bien plus ressentir du fait aussi d’une approche plus frontale et pleine de la part des EM64 qui vont nettement plus loin sur la hauteur donnée à l’image sonore.

Le grave des EM64 a lui aussi une attaque rapide, mais son image prend plus d’espace durant la tenue de la note, là où les Purple, même en réglage warm, vont diffuser une note techniquement plus maîtrisée et dont les contours sont plus facilement identifiables. Sans caricaturer à l’extrême, les EM64 ont une tonalité et une image du grave qui pour certains sera plus naturelle, quand les Purple proposent un grave plus contenu, net et, selon le réglage, avec une tonalité plus proche du bas-médium. Les amateurs d’infra se retrouveront cependant certainement plus dans les Purple, capable de descendre avec plus de contrôle dans les basses fréquences et avec un certain vrombissement que l’on avait aussi, en plus grande quantité, dans les S-EM9.

Dans les médiums, les EM64 mettent moins de distance et ainsi plus de présence et d’énergie, mais les Purple insistent un peu plus sur les harmoniques et la clarté avec pourtant un positionnement hors-tête rappelant le travail effectué sur les Grace. L’agressivité est tout à fait maîtrisée dans le haut médium, mais les EM64 sont plus sensibles à l’enregistrement et le révélera un peu plus facilement.

L’extension dans l’aigu des Purple est dans la continuité du travail effectué sur les Grace et les EM64, mais à la différence de ces derniers leur quantité est un peu moindre bien que la tonalité soit très similaire. La cohérence des EM64 est supérieure et le jeu de cymbales en second plan marque moins par sa précision que par son intégration à la scène globale, chose sur laquelle les Purple se démarquent en offrant un focus plus aisé procurant une excitation, un engagement dans la musique, que les mélomanes pourraient bien préférer. La jonction avec le haut-médium est magnifique, fine et sans effort, on reconnaît là encore l’évolution suivie par la marque de Montpellier : enfin de la présence !

VE8 – Vision Ears/Allemagne – 2330€
Les VE8 étaient jusqu’à peu le flagship de Vision Ears et sont unanimement reconnus comme l’un des meilleurs customs à travers le monde. Avec une signature passe-partout est un aigu réaliste et très riche en harmonique, il est très difficile d’avoir des griefs contre ces derniers. A plus de 1000€ au-dessus du tarif des Purple il est évident que les derniers nés d’EarSonics ne jouent pas exactement dans la même catégorie, et pourtant…

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La scène sonore des VE8 est un peu moins étriquée que celle des Purple, jouant eux aussi sur un gros effet de profondeur au layering très propre, plus précis, mais aussi encore plus holographique et plein. Si la différence de scène sonore avec les Purple se fait tout de même ressentir, c’est avec les EM64, plus plat et « in your face », que la différence de philosophie se fait immédiatement entendre; avec les VE8 il est possible de suivre nettement les effets sonores, les deux moniteurs d’EarSonics n’en sont pas encore à ce niveau.

Les VE8 ont une quantité d’infra basse assez similaire à celle des Purple, mais dès qu’il est question du grave et du bas-médium une bosse et une dynamique plus maîtrisée les caractérisent, ce qui les rend très pertinent sur du rock, mais aussi les genres plus modernes. Ici, et à la différence des Purple, plus formatés pour sonner correctement sur tous les genres, l’énergie n’est pas tout le temps présente avec les VE8 qui peuvent donner le sentiment d’être congestionnés avec trop de bas-médium. Les Purple sonnent dans ce registre plus clair et articulés, avec pourtant du poids, et sont à mon avis plus polyvalents grâce à leur potentiomètre.

Dans les médiums les Purple sonnent un peu plus fins du bas-médium au médium, mais ils conservent le même niveau de définition dans le haut-médium que les VE8 mais avec une transparence plus élevée. L’articulation sur les passages complexes est certes mieux gérée par les VE8, mais les Purple véhiculent beaucoup d’harmoniques et Franck Lopez a réussi à encore produire un des plus beaux haut-médium du marché de l’IEM sans reproduire l’exploit des EM10. En comparaison directe, l’écoute de l’album Rue des cascades de Yann Tiersen n’est pas exactement la même avec les VE8, certainement plus technique spatialement, mais dont l’émotion se trouve plus sur la composante bas-médium des harmoniques. Avec les Purple c’est la première fois que les notes de clavecin ont la même intensité acoustique que les VE8, mais avec légèrement plus de haut-médium. Accordéon, violon, clavecin, piano, tous sont à l’honneur.

L’aigu des Purple est sincèrement un peu moins technique et réaliste, notamment sur les reverbs des cymbales, mais il n’y a pas de gap technologique entre les deux IEMs comme il peut y en avoir avec des CA Solaris ou EE Phantom. EarSonics a réussi à produire un aigu riche et très engageant, très proche de ce qui est proposé dans le très haut-de-gamme.

EM10 – EarSonics/France – 1990€
Les EM10 sont les customs les plus onéreux de la marque, rejoints récemment par les Grace, ils constituent pour moi un tournant important dans la philosophie du constructeur français après des S-EM9 résolument techniques.

La volonté d’EarSonics derrière les EM10 est de proposer un IEM concentrant tout leur savoir-faire repoussant les contraintes imposées par l’écoute nomade d’aujourd’hui. Que ce soit sur smartphone ou baladeur high-end, d’un mix ultra compressé ou d’un enregistrement aux petits oignons en DSD, les EM10 se doivent de bien sonner.

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La scène sonore des EM10 est très homogène, intégrant tous les instruments, voix, effets, sonnant à l’unison et ne s’appuie pas sur un excès de précision pour dissocier l’image de chaque élément. Les Purple sont moins larges et non pas l’extrême cohérence des EM10, mais comme pour la comparaison avec les EM64, ils disposent toutefois d’une profondeur plus nette accentuant l’effet holographique.

Contrairement aux EM64, les EM10 et les Purple partagent une approche plus semblable de la dynamique, mais le profil ADSR des notes jouées par les EM10 diffère de celui des Purple. Le grave des EM10 a une attaque moins rapide, poussant parfois à monter le volume, mais la tenue de la note et la propagation du grondement de l’air dans l’espace est plus naturelle bien que moins technique. On retrouve ici typiquement ce qui pouvait séparer les EM10 des Grace, mais les Purple sont bien moins sages et offrent une approche plus engageante que celle des Grace.

Les médiums des EM10 sont parmi les plus beaux qu’EarSonics ait réussi à réaliser et même s’ils n’ont pas la présence des EM64, ils restent plus réalistes et émotionnels notamment sur les voix féminines. Les Purple bénéficient cependant d’une amélioration sur le bas-médium, présente dans les Grace, qui permet de mieux discerner les voix masculines et d’accroître la transparence d’un registre pouvant facilement sembler bouché. Il est vraiment plus facile de se focaliser sur les voix et de se laisser entraîner. A l’instar des VE8, les EM10 ont tendance à déporter la tonalité des notes de violon, piano ou encore accordéon, vers le médium et bas-médium, ce qui impacte la clarté globale de la scène sonore. Par conséquent, les Purple ont tendance à être plus transparents.

L’aigu des EM10 est plus fin, étendu dans l’espace, mais aussi moins présent que dans les Purple, dont le boost favorise la présence des détails et la spatialisation en profondeur. Cette différence accentue l’impression de clarté et de transparence que l’on ne ressent pas dans les EM10, les Purple renouent cependant plus avec la patte historique EarSonics, que personnellement je trouve moins présente dans les Grace, S-EM9 et les S-EM6v2 axés sur la technicité. Les Purple arrivent à combiner un aigu technique, précis et étendu, qui en plus n’est pas patiné, avec du scintillement sans excès de brillance et toute l’excitation qui en découle.

Les Purple ne sont pas au même tarif que les EM10, mais ils tiennent la comparaison avec une personnalité qui leur est propre, fruit du travail en R&D réalisé ces 2 dernières années. Lors de la comparaison des Grace aux EM10 il pouvait en ressortir que l’excitation, l’engagement, procuré habituellement par le son sauce EarSonics n’était pas toujours au rendez-vous, avec les Purple il l’est clairement !

Conclusion

Les Purple sont les IEMs attendus depuis longtemps chez EarSonics, ils rassemblent enfin toutes les qualité d’un ear haut-de-gamme sans compromis : dynamique, transparence, détails, et versatilité. C’est certainement, à mon avis, le meilleur universel d’EarSonics à l’heure actuelle. Avec ses trois réglages il est difficile d’être déçu et selon l’humeur il est possible d’obtenir plus ou moins de grave et de bas-médium tout en laissant les médiums et aigus s’exprimer. Nul doute que les Purple creusent encore un gap avec leurs autres IEMs, chapeau EarSonics !

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Vic

6 réponses à “EarSonics Purple : jouissif

  1. Chouette test, mais l’absence de prix (ou alors ce sont mes yeux) le rend moins intéressant et rend les comparaisons très abstraites…

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