Comparaisons  Empire Ears Phantom (1799€)   Les Empire Ears Phantom se caractérisent par un grave imposant et véhiculant plus d’énergie à l’attaque que la plupart des IEM équipés de transducteurs à armature équilibrée, à l’inverse l’aigu en manque cruellement et c’est pourquoi la signature sonore de cet intra est sombre et manque d’intensité sur tous […]

EarSonics Stark : full metal jacket

Comparaisons

 

Empire Ears Phantom (1799€)

 

Les Empire Ears Phantom se caractérisent par un grave imposant et véhiculant plus d’énergie à l’attaque que la plupart des IEM équipés de transducteurs à armature équilibrée, à l’inverse l’aigu en manque cruellement et c’est pourquoi la signature sonore de cet intra est sombre et manque d’intensité sur tous les instruments jouant dans le registre des aigus. Le haut-médium n’est pas non plus un registre marqué comme il l’est dans la signature des Stark qui projettent pianos, violons, flûtes au premier rang quand les Phantom ont tendance à les étouffer au point de les oublier dans la restitution. Comme avec les EM10, la comparaison directe met en avant la recette EarSonics pour restituer des médiums et des aigus très musicaux, à côté les Phantom semblent presque éteints. Le titre Rue des cascades (Yann Tiersen/Rue des cascades, 1996) en est le parfait exemple. Les Phantom ont par conséquent une signature plus reposante, mais difficilement appréciable à bas volume tant le grave et le bas médium prennent le dessus.

De fait, la scène sonore des Phantom donne l’impression d’être à la fois voilée et pleine en comparaison des Stark dont la scène sonore est plus large, bien plus détaillée et plus précise. Compte tenu des technologies, les Phantom sont paradoxalement des IEM bien plus fournis en grave et dont l’articulation peine sur les pistes complexes. La proposition d’EarSonics avec les Stark va bien au-delà de celle d’Empire Ears pour un budget moindre : techniquement et musicalement les Phantom sont surpassés.

 

EarSonics EM64 (1140€)

 

Les EM64 sont les derniers customs professionnels d’EarSonics, avec une signature plutôt neutre ils viennent remplacer les EM32 et ne partagent presque rien avec les Stark, sauf d’avoir été conçu par les mêmes personnes. Le passage d’une paire à l’autre est d’ailleurs assez déroutant.

En effet, les EM64 ont un son épais et mat, avec un bas médium plus présent et plein, remplissant une scène sonore très frontale. En comparaison, les Stark sonnent plus fins et clairs, le bas médium en est presque creusé, la scène sonore est ouverte et s’espace hors tête avec une distance plus importante entre les instruments. Aussi, la signature des Stark se focalise sur la résolution, les détails composant la tessiture des instruments, ce qui est moins le cas de celle des EM64. Par conséquent, les Stark sont plus détaillés mais n’en sont pas moins euphoniques.

Le grave des EM64 comme des Stark a une attaque rapide et une fin de note plutôt courte, mais les Stark offrent plus d’espace, une plus grande résolution et extension vers l’infra. Les EM64 sont plus focalisés sur le médium et bas médium que les Stark, les voix sonnent au milieu du crâne en comparaison des Stark les plaçant plus en recul. Le contrôle de l’agressivité dans le haut-médium est par contre très prononcé dans la signature des EM64, là où celle des Stark, à l’instar de celle des EM10, va plus loin en quantité et vivacité.

 

FiR audio M5 (2899€)

 

Les FiR M5 sont des IEM américains équipés de trois technologies différentes de transducteur et partage donc le transducteur dynamique et les transducteurs à armature équilibrée avec les Stark. Ils sont tous deux fabriqués en métal, mais les Stark par leur poids semblent plus robustes. Si les M5 sont techniquement supérieurs au Stark sur quelques aspects, et tout particulièrement en ce qui concerne la taille de la scène sonore et la présentation des pupitres, l’écart entre les deux IEM ne justifie clairement pas la différence de prix tant les Stark sont plus naturels, d’une résolution analogue et surtout plus musicaux.

Le flagship de FiR est d’emblée bien plus basseux, sombre, mais aussi spacieux avec des médiums et haut-médiums en retrait dans la scène sonore en comparaison des Stark qui sont plus neutres. Les Stark sont de ce point de vue plus clairs dans le médium et plus dense dans le grave. Sur certaines pistes les M5 sonnent aussi plus organiques, il est d’ailleurs nécessaire de prendre quelques minutes pour se réadapter. En ce sens, les M5 ne sonnent jamais fins alors que les Stark vont varier d’une piste à l’autre.
Le grave comme le bas-médium des M5 est plus présent, marquant l’impact avec un longue fin de note, là où les Stark sont plus rapides, ce qui peut avoir une différence non-négligeable dans le rendu des notes de basses sur des musiques électroniques chargées. Cela peut être un atout sur certaines notes dont les réverbérations, échos, se font plus sentir et sont plus plaisantes à l’oreille, mais cela peut aussi être un défaut en assombrissant la tonalité de certaines voix masculines et leur faisant perdre du mordant. Les Stark m’ont semblé franchement plus entraînants sur les voix.

L’aigu des M5, comme celui des Stark, peut être agressif selon les enregistrements. L’hybride d’EarSonics colore cependant la tonalité en semblant réduire la quantité de bas-aigu et doser jusqu’à la zone d’inconfort. Même si le constructeur américain a mis un transducteur électrostatique, l’aigu des Stark est à la fois plus audible et plus étendu, les cymbales étant jouées avec plus de justesse et décryptant avec plus de facilité la complexité du jeu. Les Stark transmettent une excitation parfois absente des M5. Le M5 est cependant d’une technicité supérieure dans sa capacité à présenter les instruments dans une plus large et plus haute scène sonore. Chacun des éléments est en effet présenté plus distinctement et avec plus de transparence, le grave descend plus bas et prend plus d’espace.

 

EarSonics EM10 (1990€)

 

Les EM10 sont des customs développés par EarSonics dans l’optique d’offrir une solution sur-mesure complémentaire aux S-EM9, mais c’est finalement un produit bien plus haut-de-gamme qui a vu le jour. Son universalisation a été commercialisée plus récemment avec les Grace dont vous retrouverez le test ici. Après plusieurs années de mise en service les EM10 restent parmi les CIEM les plus performants et disposant d’un tuning mature pouvant largement dépasser les épreuves du temps.

Contrairement aux EM64, les EM10 partagent de nombreuses caractéristiques avec les Stark, mais si ces derniers ont un grave plus physique avec cette impression tactile offerte par le transducteur dynamique, ils sont encore loin de rivaliser complètement avec le niveau de raffinement et d’articulation des EM10. Plus clairs, rapides et denses, les Stark peuvent sonner aussi plus agressifs et moins cohérents… mais c’est sans compter sur ses nombreuses qualités dont ne sont pas pourvus les EM10.
En effet, d’emblée le passage aux EM10 nécessite déjà de monter de quelques crans le volume pour retrouver des sensations similaires d’écoute et la première impression est que les EM10 ont une signature plus douce, moins claire mais aussi une scène sonore plus large et un étagement des plans plus large. Du grave à l’aigu, les Stark sont plus lumineux, les voix sont plus directes, et les notes donnent une impression de poids qu’il n’y a pas à l’écoute avec les EM10. Les Stark sont sans aucun doute plus intenses, mais aussi en contrepartie moins romantiques.
On retrouve malgré tout une approche particulière et commune de la part d’EarSonics dans les Stark et les EM10. La marque occitane nous propose dans ces deux produits leur idée de ce qu’est un son taillé pour les mélomanes en recherche de restitution performante. Il n’en reste pas moins que ceux cherchant des IEM complémentaires et pouvant reprocher aux EM10 de manquer parfois de franchise dans le grave, trouveront certainement dans les Stark ce qui leur manque, mais ceux-ci ne viendront pas remplacer le flagship aux 10 transducteurs…

 

Vic

2 réponses à “EarSonics Stark : full metal jacket

  1. Superbe review intelligible. Merci pour ce retour de grande qualité, qui donne vraiment envie de découvrir ces Intras !

  2. Merci pour ton retour VIC qui m’a donné envie de prendre ces intras vraiment fabuleux.
    En changeant le cable par un Ares 2 8w ça règle le problème des médiums aigus un peu agressif sur certains morceaux sans toucher aux aigus. Et les infra basses ressortent mieux en gardant cette rapidité diabolique.
    Superbe review dont je partage pleinement les conclusions.
    Bravo à Earsonics pour avoir réussi un hybride dynamique et musical.

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