Feedback de DarkZenithRHA T20 : dommage… Questions pratiques Les RHA T20 sont certes des intras lourds mais ils savent se faire oublier une fois en place dans l’oreille (dans la mienne, du moins) et leur poids ne m’a jamais gêné. Leur câble inspire confiance et paraît robuste, depuis la partie à mémoire de forme, moins […]

[Feedback collectif] RHA Audio T20

Feedback de DarkZenith

RHA T20 : dommage…

Questions pratiques

Les RHA T20 sont certes des intras lourds mais ils savent se faire oublier une fois en place dans l’oreille (dans la mienne, du moins) et leur poids ne m’a jamais gêné. Leur câble inspire confiance et paraît robuste, depuis la partie à mémoire de forme, moins rigide que sur d’autres intras mais très efficace et confortable à la fois, jusqu’au split et au jack dont le surgainage est agrémenté d’un ressort qui me semble idéal pour l’amortissement des tensions mécaniques.

Un objet bien pensé, donc, tant d’un point de vue ergonomique que par sa durabilité apparente.

Reste que je trouve ces intras assez moches — parce qu’ils ressemblent trop aux osselets de mon enfance, peut-être. En tout cas, à mes yeux, ils n’ont pas un aspect HDG mais plutôt ludico-technique, tel un rêve de mécano… Plus important : le câble transmet un peu trop les bruits de frottement, et cela alors même que la forme des T20 oblige de le porter par-dessus l’oreille. Ces microphonics ont une tonalité plutôt grave, relativement moins gênante que les bruits de frottement d’autres intras, mais n’en sont pas moins agaçants quand on marche.

Coté specs, l’impédance assez basse (16 ohms) des T20 permet de faire appel à des sources à la puissance plutôt modeste pour les alimenter, mais leur sensibilité relativement faible (90 dB) exigera en même temps de ces sources une dynamique conséquente et donc une certaine amplitude de voltage — comme celle, par exemple, que peut fournir mon Alo Audio « new » RX sur lequel je les ai écoutés, branché à la sortie ligne de mon iBasso DX50 (fw 1.9.4).

Pour les tester, j’ai choisi les embouts biflange en grande taille fournis dans la boîte car ils m’offraient à la fois le meilleur fit et la meilleure isolation. Il est à noter que le set d’embouts livrés avec les T20 est conséquent et de qualité, même si le matériau des mousses m’a semblé assez peu souple.

Les filtres

Les RHA T20, outre l’innovation technique de leur driver à double bobine, présentent aussi la particularité d’offrir deux systèmes de filtres : l’un actif qui consiste en trois canules interchangeables et l’autre passif sous la forme d’un évent grillagé en face arrière de la coque, dans le prolongement de l’axe de la canule, juste à côté de la gravure du nom de la marque.

Les évents arrière sont cruciaux pour l’extension des basses. Il suffit de les boucher avec le doigt, pendant l’audition, pour rendre les graves comme décharnés, leur faire perdre du corps et de l’ampleur. Ces évents m’ont paru aussi assez indispensables pour restituer correctement les infra-basses. C’est donc bien un dispositif de filtrage supplémentaire qui vient s’ajouter aux canules amovibles pour modifier le signal acoustique après son émission par le driver.

Voyons maintenant ces canules d’un peu plus près…

Avec le filtre « bass » (gorge de canule noire), les basses sonnent à mes oreilles de manière distordue, trop « boomy », et viennent « baver » sur les médiums. Avec ce filtre, on n’entend pratiquement plus que ce registre dont la présence envahissante incline trop, à mon goût, la réponse fréquentielle des T20 vers le côté kéké de la force. Autrement, curieusement, cette canule ne me semble pas toucher aux autres registres, pas même aux médiums — ce qui est dommage, car il aurait pu les relever un peu, comme nous le verrons plus loin…

Le filtre « treble » (gorge de canule jaune) rend quant à lui le son général trop étriqué à mon goût, avec des basses qui gardent de l’attaque et pas mal de présence, mais perdent assez nettement d’ampleur et de corps pour, au final, se voir doter d’une sonorité assez artificielle. Cela dit, cet effacement relatif des graves avec cette canule semble remettre un peu en avant les médiums qui y gagnent un soupçon de chaleur et une certaine frontalité. Malheureusement, cela se paie par une saturation assez ahurissante et quasi douloureuse de l’articulation hauts-médiums/aigus dont la restitution semble pomper une partie excessive de l’énergie du signal, jusqu’à la surmodulation.

Au final, c’est donc le filtre « référence » (gorge de canule incolore/argentée) que j’ai choisi pour la suite des écoutes, car c’est celui qui me semblait respecter le mieux le signal — ou le déformer le moins.

Analyse sonore

Réponse fréquentielle ressentie

J’ai trouvé les graves des T20 avec les filtres « référence » assez beaux, bien texturés, avec de l’assise dans les infra-basses, ronflants quand il le faut, dotés d’une attaque précise, mais sans sècheresse excessive. Les infra-basses m’ont paru cependant un peu « boursouflées », « pâteuses » et m’ont semblé manquer de définition, surtout dans la restitution de sons très graves aux attaques estompées (telles les lignes de basse de synthés qu’affectionnent les compositeurs ambient, par exemple).

Les médiums des T20, quant à eux, m’ont carrément fâché, car ils sont pour moi une catastrophe eu égard au prix de ces intras : lointains, secs, feutrés, ils m’ont fait penser aux voix sortant d’un appareil radio de piètre qualité. RHA ne semble décidément pas apprécier les médiums organiques, chaleureux et frontaux, comme cela se remarquait déjà dans le rendu des S500i. Ce manque de présence, notamment dans le bas médium, se paie par une mise en avant corrélative des hauts-médiums qui, sans être agressifs ni distordus en eux-mêmes, se détachent néanmoins du reste du signal en paraissant trop souvent frôler la sibilance (sans toutefois en être objectivement affectés). Cette déficience des médiums prive la restitution des voix par les T20 de la chaleur qu’exige pourtant la correcte interprétation de certains genres, comme le folk ou le blues par exemple.

Le bas des aigus m’a paru très sale. Les cymbales, par exemple, sont très crissantes et brouillonnes à la fois sur les T20. Le reste de ce registre m’a semblé cependant bien articulé, avec de la finesse et de l’extension, mais aussi un certain défaut de présence et de mordant qui, sans assombrir nullement le rendu général des T20, estompe néanmoins la restitution de certains instruments ou de certaines interventions sonores survenant dans ce registre, en particulier sur les musiques électroniques et la trance spécifiquement, qui sonne un peu trop « mate » sur ces intras. Innerfidelity a d’ailleurs livré un graphe de la réponse fréquentielle des T20 montés avec le filtre « référence » qui montre bien l’effondrement de la courbe dans les aigus, entre 5 et 9 kHz : http://www.innerfidelity.com/images/RHAT20ReferenceFilter.pdf.

Il est frappant de constater, sur cette même page de mesures relevées par Tyll Hertsens, dans le graphe de restitution de signaux carrés à 300 Hz, l’ampleur des résonances parasites ou tintements qui affectent les médiums, ce qui tendrait à prouver que leur côté « cartonneux » proviendrait en fait d’un défaut de tenue de ce registre.

Dynamique et rapidité

L’attaque des T20, quoique assez mordante et plutôt tranchante, m’a paru manquer d’ampleur : ces intras savent « claquer » quand il le faut, c’est certain, mais peut-être pas avec toute la force ou l’impact que véhiculent certaines musiques.

Les T20 se rattrapent en micro-dynamique : ces intras swinguent plutôt bien et offrent un bon balancement sur les genres les plus groovy comme le stoner. Dans la restitution des tracks qui ont leur section rythmique dans le haut médium (avec un relatif effacement du kick et de la basse, donc), ils sont assez jouissifs de vélocité. En revanche, dès qu’on descend dans les registres et qu’on donne aux RHA des musiques énervées aux tonalités plus graves à interpréter (comme du grindcore, par exemple), ils perdent en précision et délivrent une restitution assez confuse et empâtée, brouillonne en un mot.

Rendu des Timbres

Avec leurs médiums à la ramasse, les T20 sont incapables de restituer vraiment les timbres avec réalisme. Sur du jazz, leur rendu des instruments acoustiques traditionnels de ce genre, comme le saxophone ou la contrebasse, donne immédiatement une impression de confinement et de tubularité à la fois.

Avec ces intras, de façon générale, les instruments à cordes ne sont pas vraiment à la fête, notamment les guitares qui paraissent, sur les T20, avoir parfois une caisse de résonance en carton ! Quant aux voix, faute d’assise dans le bas médium, ainsi que je l’ai souligné plus haut, elles ont l’air désincarné, sec et lointain — et cela est vrai aussi bien de la restitution des voix féminines que de celle des voix masculines.

Soundstage

Vu la disparité de traitement des registres fréquentiels par les T20, il n’est guère étonnant que leur soundstage soit généralement peu convaincant dans ses tentatives de restitution des espaces de production et/ou d’enregistrement. Quoique plus performants en ce domaine que leurs petits frères, les S500i, si les T20 offrent parfois de beaux effets de profondeur, ils peinent à rendre compte de la largeur et, plus encore, de la hauteur propres à la spatialisation de chaque morceau. Néanmoins, quand cette spatialisation est homogène (impression de vastitude des territoires sonores de la dark ambient ou, au contraire, sentiment d’exigüité du studio d’enregistrement de morceaux folks intimistes), les T20 proposent une prestation assez correcte qui peut provoquer, selon l’intention de la production, aussi bien une impression d’immersion et un sentiment d’égarement qu’une sensation de délicieuse proximité et de complicité avec l’artiste. Malheureusement, dès que la spatialisation des tracks se complexifie et fait appel, par exemple, à des reverbs diverses, les RHA montrent leur limite, notamment dans la diffusion latérale qui reste chez eux relativement restreinte et serrée. Enfin, si leur scène peut à l’occasion déployer des réserves de profondeur, l’étagement des plans n’est pas leur fort et leur restitution des concerts live peine à donner une image ne serait-ce que cohérente de la disposition des sources.

Conclusion

À près de 230 € (sur Son-Video.com par exemple), le prix des RHA T20 me paraît trop élever pour leurs prestations.

Dotés de médiums trop pauvres ou étiques pour apporter beaucoup de fun à l’auditeur, ils ne peuvent guère non plus prétendre à de grandes compétences techniques et ne sauront pas vraiment satisfaire les audiophiles en quête de réalisme ou d’exactitude.

Leur matériau et le soin manifestement apporté à leur conception comme à leur fabrication ne sont pas suffisants, selon moi, pour justifier leur tarif face à une concurrence de milieu de gamme qui, pour sa part, atteint parfois l’excellence en sachant allier plaisir et technicité (Fidue A83) et en offrant même, à l’occasion, une modularité du filtrage encore plus conséquente (FLC Technology FLC8S).

Surtout, l’entrée de gamme en provenance des pays asiatiques est en train de remettre à plat toute la hiérarchie des intras jusqu’au milieu de gamme. J’aurais aimé que ce soit la firme écossaise RHA qui vienne donner ce coup de pied dans la fourmilière des produits audiophiles, comme elle a d’ailleurs failli y réussir avec les S500. Malheureusement, la promesse annoncée par les petits frères n’a pas été tenue par leurs aînés dont le rendu sonore me paraît à peine digne des meilleurs intras en dessous de 50 €… Bref, essai raté.

Et si je devais attribuer une note au RHA T20 à la suite d’un test en bonne et due forme, ce serait un petit 2,5/5, soit tout juste la moyenne.

 

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