Le feedback officielGrâce au forum international qu’est Head-fi, on a souvent la chance de découvrir du matériel méconnu voire inconnu en France. La plupart du temps, il s’agit de matériel venu d’Asie où la créativité en matière d’audio paraît sans limite, mais il arrive aussi que plus près de chez nous, on découvre quelques engins […]

[multi-feedback] Beresford Caïman mkII

Le feedback officiel

Grâce au forum international qu’est Head-fi, on a souvent la chance de découvrir du matériel méconnu voire inconnu en France. La plupart du temps, il s’agit de matériel venu d’Asie où la créativité en matière d’audio paraît sans limite, mais il arrive aussi que plus près de chez nous, on découvre quelques engins bizarres susceptibles de valoir le coup d’oreille… Dans le cas présent, c’est de Grande Bretagne que provient le Beresford Caïman mkII.

Introduction

Caiman 3.4 loin

Stanley Beresford n’est pas vraiment un inconnu outre-Manche. Il propose en effet depuis de longues années des DAC à petit prix qu’il design lui-même mais qu’il fait produire en Chine ; un peu à la manière de Jan Meier de Meier Audio. Personnage haut en couleurs, Beresford s’est à la fois constitué une vraie clientèle de fan chez les Brittons, mais aussi une réputation sulfureuse de charlatan manipulateur qui lui a valu un ban permanent de Head-fi.

Néanmoins, même si le taulier est interdit de séjour, son nom pullule dans les profils d’amateurs Britanniques. Le matériel Beresford semble surtout prendre racine dans des installations pourtant haut de gamme. Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité.

C’est ainsi que j’ai pu découvrir le Beresford Bushmaster mkII, qui a eu le don de me plaire assez pour que je commande immédiatement son grand frère : le Caïman mkII. Stanley Beresford pratique la vente directe via son site. Le tarif, livraison et taxes comprises, tourne autour de 350€, ce qui positionne le DAC dans l’entrée/milieu de gamme. Outre le prix relativement modéré, Beresford s’engage à vous reprendre le matériel si vous n’en êtes pas satisfait. Que demande le peuple ?

Fonctionnalités & technique

Le Caïman mkII offre des dimensions somme toute modérées (210x50x140mm), ce qui permet de lui trouver une place à peu près n’importe où sans problème.

L’alimentation à découpage fournit les 12V nécessaires au fonctionnement du DAC, mais de nombreux amateurs utilisent avec profit des batteries – comme par exemple les batteries qui permettent de recharger des smartphones – ce qui permet d’utiliser le DAC sans prise de courant à proximité. Certains avancent même que le résultat sonore en est amélioré. En outre, Beresford a incorporé dans son produit un système spécifique visant à « purifier » le courant distribué aux différents circuits.

Caiman - connectique

Quatre entrées numériques sont à disposition : 1 USB, 2 toslink et 1 coax. L’USB est gérée par une bonne vieille Tenor 7022, qui a fait ses preuves et ne pose aucun souci de compatibilité avec quelque système que ce soit : du sûr, du solide et du fonctionnel. La sortie analogique est classiquement sur RCA. On note en plus la présence d’un connecteur de mise à la terre. Ça peut être extrêmement utile en cas de souci de masse dans une installation. D’un point de vue qualité de construction, l’ensemble n’est pas vraiment luxueux et fait pour ainsi dire un peu « cheap ». On note avec curiosité un port exotique qui est en fait un bus I2C permettant dans le futur de connecter d’éventuels produits additionnels.

La face avant nous met à disposition l’ensemble des fonctionnalités offertes par le Caïman.

Caiman - détail facade droite

On note très rapidement une sortie casque en jack 6,35mm. En effet, un ampli casque en classe A/B est intégré. Le volume est réglable via un potard de facture très classique. Un switch permet en outre de choisir si on veut que les sorties RCA soient à volume fixe ou variable, ce qui permet d’utiliser le Caïman mkII en tant que préampli. En mode fixe, les sorties analogiques sortent un niveau très usuel de 2Vrms.

Caiman - détail facade gauche

Enfin, une série de LEDs permet de savoir quelle entrée est préselectionnée. Un bouton permet de faire les changements, mais il est possible d’automatiser la sélection de source. En tout cas c’est ce que dit le manuel mais j’avoue ne pas avoir testé cette option. Les LEDS éclairent assez fort, ce qui peut gêner mais on peut faire en sorte qu’elles s’éteignent automatiquement une fois la bonne entrée sélectionnée. C’est très bien fait.

Un switch permet d’allumer et d’éteindre le DAC. On ne peut pas dire que le Beresford Caïman mkII fasse dans le luxe mais clairement il est très complet.

Caiman : les entrailles

La conversion Numérique/Analogique est assurée par une puce Wolfson. Néanmoins on ne retrouve pas ici les très connues 8740/41/42 mais une plus rare. J’avoue que j’ai cherché un moment ce que ça pouvait être précisément mais sans résultat fiable.

Enfin, Stanley Beresford propose assez régulièrement des « upgrades » de ses produits, ce qui permet de faire évoluer le matériel dans la durée. J’ai ainsi pu acheter récemment le firmware V6 que Beresford livre via une puce à installer soi-même, ce qui se fait sans difficulté au vu du design intérieur simple du Caïman mkII.

À l’écoute

J’ai pu comparer le Bereford Caïman mkII à un Metrum Octave mkI , un Beresford Bushmaster mkII, un TotalDAC A1 et un Meier-audio DACCORD. Le plus souvent, l’ensemble de ces DAC ont été associés à un ampli DNA Sonett 2 et un HD800. De manière générale, j’estime que les différences entre (bons) DAC sont subtiles donc les impressions qui suivent sont à prendre avec des pincettes dans la mesure où j’exagère par écrit des sensations parfois très diffuses. En résumé, je ne parierais pas sur le fait de pouvoir identifier tout cela de manière fiable en test aveugle.

Le point essentiel qui me frappe à l’écoute du Beresford Caïman mkII c’est la proximité de sa tonalité avec les dacs R2R que sont le Metrum Octave mkII et le totalDAC A1. Le Beresford sonne analogique. On a vraiment peine à identifier dans le son du Caïman mkII ce qui peut habituellement caractériser les DACs à technologie Delta/Sigma.

En comparaison, le Bushmaster mkII du même Stanley beresford sonne plus « maigre », plus léger et une pointe d’agressivité se laisse parfois percevoir dans l’aigu. Rien de tout cela avec le Caïman, qui offre un son plutôt mat, liquide et plein. Évidemment on n’atteint tout de même pas le son charpenté du Metrum Octave et encore moins le mélange d’impact, de plénitude et de richesse harmonique du TotalDAC A1, mais le fait est que pour 350€, le Caïman permet de goûter au son « analogique » d’assez belle manière.

Si on essaye de creuser un peu, on peut toutefois assez rapidement identifier quelques limites. Le grave semble manquer légèrement de texture et d’extension, le médium tend à être légèrement effacé et bien sûr l’aigu ne satisfera pas les amateurs d’analytisme. Ceux qui préfèrent la douceur seront ravis. Pour autant, l’ensemble est équilibré et cohérent et ne fait pas montre de coloration excessive à mon sens.

La comparaison avec le Metrum Octave permet de mettre en valeur les qualités de résolution et de dynamique du Beresford Caïman. Certes, les deux DACs ne sont pas analytiques ; néanmoins l’écoute de musique classique en particulier permet de mettre le doigt sur les faiblesses chroniques de l’Octave en matière de résolution et de restitution de détail. En la matière, le Caïman fait mieux en ne sacrifiant pas grand-chose. Le médium magnifique, le caractère organique du rendu et un sens particulier des textures permet à l’Octave de se défendre mais en toute honnêteté, je préfère le Beresford Caïman au Metrum Octave. Pour autant, la résolution du Caïman mkII n’atteint tout de même pas le top niveau et, assez curieusement, j’ai trouvé que le petit frère (le Bushmaster) en offrait plus sur ce plan. Plus encore, le Bushmaster offre un soundstage holographique absolument extraordinaire (surtout compte tenu du tarif de 210€) que le Caïman ne reprend malheureusement pas. Ce dernier offre bien sur une présentation sans défaut particulier. Le medium très légèrement en retrait occasionnant peut-être un son parfois un peu « laid-back » .

Finalement, il faut au moins un Meier DACCORD ou un totalDAC pour vraiment dominer ce petit Beresford Caïman mkII. Le DAC de Jan Meier offre une neutralité, une droiture et une transparence qui met en exergue le manque de limpidité et de précision du rendu du Beresford. En outre, le Meier DACCORD est mieux fini et propose nettement plus de fonctionnalités. Certes, le tarif est supérieur (650€ environ), mais le jeu en vaut la chandelle d’autant que le Meier offre finalement lui aussi un peu de ce son analogique qui nous intéresse ici.

Face au TotalDAC A1, le Beresford ne peut plus lutter malgré la proximité de tonalité. Le totalDAC offre plus de tout. Plus d’impact, plus de corps, plus de résolution, plus de caractère et plus de richesse tonale surtout. Mais la comparaison est injuste compte tenu des différences tarifaires.

Quelques mots sur la sortie casque. Je l’ai trouvée très décevante dans la mesure où elle colore fortement le son final qui sort du casque. Les basses sont assez nettement exagérées ce qui peut se révéler très rigolo à l’écoute mais certainement pas neutre ou fidèle. En soit je trouve ça suffisamment disqualifiant et je n’ai donc pas prolongé les écoutes avec le HD800 d’autant que la configuration de la sortie casque est plutôt orientée basses impédances. Je précise néanmoins que la coloration se retrouve même avec du casque sensible et/ou basse impédance ou des écouteurs intra-auriculaires. Pour autant, ça peut se révéler parfois pratique. Je recommande chaudement l’utilisation d’un amplificateur casque dédié pour profiter au mieux des qualités du DAC.

Conclusion

Que faut-il finalement retenir en ce qui concerne le Beresford Caïman mkII ?

Il me semble que l’intérêt principal du Caïman mkII est de rendre accessible à toutes les bourses (ou presque) un type de son qu’on croise rarement dans cette gamme tarifaire. La douceur, la tonalité analogique emportent l’adhésion, surtout quand il s’agit de chercher une source compatible avec un ensemble ampli et casque plus analytique, comme par exemple le HD800. À mon avis, et compte tenu de l’existence et l’excellence de la prestation du Meier DACCORD, je pense que le tarif de 350€ est largement justifié, mais n’en fait pas non plus un roi du rapport qualité-prix. Disons du coup que le Beresford est un excellent choix dans sa gamme tarifaire pour qui recherche ce type de sonorité.

Toutefois, et compte tenu du fait que j’ai préféré le Caïman mkII au très réputé Metrum Octave, vous pouvez situer l’estime générale que je porte au DAC anglais. Mais ce n’est qu’un avis et bien souvent plusieurs opinions valent mieux qu’une…

3 réponses à “[multi-feedback] Beresford Caïman mkII

  1. chapeau aux testeurs ! euh certains ont des oreilles faites de bois quand même !

    Plus sérieusement :
    1. Je remercie encore une fois Sorrodje pour l’initiative enthousiasmante que représentait le Beresford loan tour. Sa confiance en nous fut remarquable.
    2. L’exercice démontre encore une fois combien il ne faut pas prendre pour vérité absolue ce que l’on peut lire dans les reviews et tests divers. Là où Sorrodje met un bémol sur la sortie casque qu’il juge trop chaude pour son goût, c’est précisément là où moi j’apprécie en particulier le parti-pris. Comme quoi le plus important est de connaître les goûts du testeur en matière de signature !

    1. Ce DAC a remplacé un Fostex HP-A8C fort apprécié mais malgré tout revendu (avant sa chute magistrale du prix en neuf) pour cause de financement de nouveaux éléments.

      En parcourant le net à la recherche d’un DAC abordable, performant et peu courant, je suis tombé sur le Beresford en question. Une fois commandé et installé (fonctionnant d’office avec une alimentation linéaire régulée à 12v), et passé un petit temps de rodage, j’ai été très agréablement surpris par les performances du DAC.

      Autant je considérais le Fostex comme étant neutre, droit et analytique, le Beresford préfère composer avec une certaine rondeur, une “chaleur analogique” pourrait-on dire qui, je crois, me manquait avec le Fostex. Rapidement, je l’ai préféré. Bien sûr, l’équilibre tonale n’est probablement pas aussi parfaite que le Fostex mais, sur mon système, cela ne me prive de rien. Les basses sont tendues, définies, les timbres ont une belle projection, les aigus, certes, peut être un peu court comme cela a été écrit, sont malgré tout cristallins et en aucun cas agressifs, comme par exemple avec des puces Sabre ES équipant des DAC dans cette gamme de prix.
      Cela fait 6 mois que je le possède et je ne m’en m’en suis pas encore lassé.

      Petite parenthèse, soigner particulièrement l’alimentation électrique de son système (ligne électrique dédiée, barrette secteur et câbles secteurs de conception audiophile) est indispensable avant d’émettre des avis sur le matériel. C’est probablement le retour d’expérience le plus marquant de ces derniers semestres/années. Ca coûte des sous, certes, mais on ne le regrette pas (scène sonore, transparence, dynamique).

      J’oubliais la partie amplificatrice de ce DAC. J’écoute rarement au casque et jamais plus de 30mn d’affilée (HD 598). C’est (trop) chaud, les basses ronflent un peu, le potar manque de progressivité et de transparence… Bref, c’est plutôt moyen, j’en conviens. Mais je m’en fiche pour le peu que je l’utilise.

      A part cela, Je mets des sous de côté pour m’offrir à terme un DAC Audiomat qui, j’espère, le remplacera d’ici une année.

      Merci au concepteur de ce site sympathique.

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