MrLoco a craqué pour les Trinity et c’est sous leur charme qu’il nous partage un premier retour… Présentation Jomo Audio est une société Singapourienne créée en 2015 et qui, bien que relativement récente, a acquis une renommée internationale assez rapidement. Elle propose une gamme d’intras d’une dizaine de modèles et est surtout connue en France […]

[Feedback] Jomo Trinity, le Dieu unique ?

MrLoco a craqué pour les Trinity et c’est sous leur charme qu’il nous partage un premier retour…

Présentation

Jomo Audio est une société Singapourienne créée en 2015 et qui, bien que relativement récente, a acquis une renommée internationale assez rapidement. Elle propose une gamme d’intras d’une dizaine de modèles et est surtout connue en France pour son ancien flagship, les Flamenco.

 

Trinity, le nouveau Flagship de Jomo Audio a été lancé officiellement le 17/11/18 au tarif de 3799 $ singapouriens soit environ 2475€.

C’est le 1er intra triple hybride au monde a avoir été commercialisé. On retrouve à l’intérieur des shells :

– 1 DD (Driver Dynamique) de 8mm pour les basses – 20Hz à 1000Hz

– 4 BA (Armatures Équilibrées) pour les médiums – 1000Hz à 8000Hz

– 2 drivers électrostatiques pour les aigus – 8000Hz à l’infini

Le câblage interne est en litz cuivre plaqué argent, tout comme le câble stock.

 

Il existe deux versions des Trinity :

– les Brass : shell violet avec le nozzle en laiton

– les SS : gris avec le nozzle en acier inoxidable

 

 

 

D’après Joseph Mou, le patron de Jomo Audio, le tuning est exactement le même mais le matériau utilisé pour la canule a visiblement une influence importante sur la restitution. Voici les courbes des deux versions mesurées par Crinacle (sans compensation) :

A la vue de ces courbes, et des premiers retours sur Head-Fi, j’ai décidé de partir sur les Trinity SS.

 

A ce jour, les Trinity sont uniquement proposés en Universel (IEM), mais les équipes de Jomo Audio travaillent activement sur la version Custom (CIEM).

On peut par ailleurs choisir parmi les finitions proposées par Jomo sur leur site ici : Finitions

 

Packaging

Le packaging, haut de gamme, contient un étui de transport en cuir végétal Buttero italien de première qualité, fabriqué à la main.

 

 

On retrouve en plus à l’intérieur du packaging un adaptateur pour avion, un adaptateur 3.5-6.35, une brosse avec embout de nettoyage et le lot d’embouts caractéristique de Jomo ; des double flanges et des Tornado en 3 tailles.

 

Ergonomie

Nous avons droit à un shell très ergonomique et d’une taille relativement petite qui me permet notamment, malgré mes petites oreilles, de trouver les Trinity très agréables à porter. Aucune gêne n’est à déplorer même lors de sessions prolongées, le shell venant se loger délicatement à la manière d’un custom dans la conque.

La canule, de la même taille que sur les Flamenco, est un peu large pour moi. Après pas mal de tips rolling, j’obtiens le fit parfait avec les double flanges Jomo. Le diamètre de la canule n’est pas modifié et la pression dans le conduit est la plus faible. Les Spiral Dot conviennent aussi mais exercent une pression supérieure.

 

Il me semble souhaitable sur les Trinity de respecter le diamètre de sortie de la canule. La réduction de celui-ci, comme pour les Flamenco d’ailleurs, entraîne une diminution importante de la scène, particulièrement en profondeur, et une augmentation des graves.

 

Matériel utilisé, protocole de test, playlist et lexique

Les écoutes ont été réalisées sur un Sony WM1Z K mod premium (mod réalisé par Music Sanctuary). Les câbles qui ont été utilisés sont le câble stock, un OAO Gold Twelve et un Brimar Supreme Reference.

 

A réception des Trinity le 04/01, j’ai passé 3 semaines à n’écouter que ces intras en me fixant rapidement sur le OAO qui est le câble qui en tire à mon avis la quintessence. J’ai ensuite repris mess éternels Zeus XIV et j’ai pu apprécier les différences des deux modèles en alternant les écoutes. J’ai aussi eu la chance de pouvoir comparer le son des Trinity avec celui des Flamenco.

 

Depuis la réception des Trinity, j’ai passé en revue un bon pan de ma discothèque, mais j’ai tout de même une playlist relativement restreinte que je connais par cœur pour réaliser mes écoutes critiques :

Angus & Julia Stone – Take you Away

Cannonball Aderley – Somethin’ Else

Daft Punk – Giorgio by Moroder

Das EFX – Knockin’ Niggaz Off

Du Bailly – La Folia : Yo soy la Locura

James Blake – Limit to your Love

Joan Diener – Aldonza (L’Homme de la Mancha)

Larry Carlton – Sunrise

Melody Gardot – Who will comfort Me

Patricia Barber – The Beat goes on

RATM – Killing in the Name

Rone – Flesh (remix by Sasha) sur compilation InFiné Exlusive

Sixto Rodriguez – Sugar Man

Tool – Vicarious

 

Voici un petit lexique permettant de comprendre mes impressions :

Spatialisation (Soundstage) : définit les trois paramètres que peuvent prendre l’expression musicale soit largeur, hauteur et profondeur.

Aération : définit la sensation d’espace entre les plans, d’air autour des musiciens et des chanteurs.

Détourage / Résolution : définit la faculté de chaque intra à bien délimiter les contours d’une voix, d’un instrument ou d’un groupe d’instruments de musique.

Définition : définit la capacité à percevoir un maximum d’informations

Dynamique et Transitoires : définit la restitution des écarts d’intensités macro et micro, la qualité des attaques et des fins de notes.

Réponse fréquentielle : définit la présence et qualité des différents registres, graves, médiums et aigus.

Respect des timbres : définit la signature ou couleur sonore propre à un instrument de musique ou à une voix.

 

Et le son ?

Je rappelle que les écoutes sont faites avec les Trinity SS.

 

Spatialisation / Aération :

Les Trinity proposent une vraie bulle immersive à la manière des LCDi4.

Ils sont sur ce point très sensibles à l’enregistrement qu’ils restituent de fort belle manière. On peut se retrouver sur scène devant le lead vocal, enveloppé par la musique, puis sur un autre morceau, au milieu du public, voire certaines fois au balcon.

Et forcément cela influence la perception que l’on peut avoir de la scène sonore. Sur les morceaux qui le permettent, celle-ci est large, mais surtout exceptionnellement haute et profonde. La musique respire, la scène s’anime autour de nous, on ferme les yeux et on y est.

 

Détourage / Définition :

Avec les Trinity on est dans le très très haut du panier sur ces 2 points.

La résolution est incroyable. Les différents instruments se détachent clairement tout en proposant un ensemble homogène et très cohérent. Le niveau d’analyse des enregistrements est excellent et permet une lisibilité parfaite du message contenu sur la piste écoutée. Et Jomo a réalisé un vrai travail d’orfèvre afin que tout cela ne saute pas aux oreilles et ne gâche pas le plaisir d’écoute en attirant l’attention.

 

Dynamique et Transitoires :

La macro dynamique des Trinity est plutôt dans la tranche haute. La vivacité des impacts de grosse caisse, le tranchant,la souplesse des cuivres, et les coups de cymbales sont retranscris d’une manière très authentique. L’enveloppe ADSR semble correspondre à la réalité et donne aux Trinity un naturel très au-dessus de la moyenne. Et en plus, on ne perçoit pas de différence de traitement en fonction du driver utilisé ce qui est un tour de force.

La micro dynamique n‘est pas en reste non plus. Malgré un détourage / une définition hors norme, le groove dégagé par les Trinity est très bon. Et le legato est là quand la musique le demande.

 

Réponse fréquentielle :

Vous avez pu voir les courbes dans la présentation, voici mon ressenti.

Ce qui frappe en premier sur les Trinity, c’est l’impact des basses. Elles sont viscérales, profondes et tendues. Les sub-basses sont bien présentes, les basses équilibrées sans accentuation particulière ce qui ne génère aucun effet boomy ou cotonneux. Elles n’en font jamais trop et ne masquent pas le médium. Sur «Limit to your love», par exemple, c’est jouissif.

Ce qui frappe ensuite c’est la douceur des aigus. Aucune trace de brillance ou de sibilance. Mais sous cet aspect lissé, se cache en fait un aigu qui file très haut et d’un naturel confondant. Les drivers électrostatiques apportent de l’air, de l’espace, du vrai. Quel plaisir de pouvoir monter le son sans être incommodé.

Alors les médiums dans tout ça ? Et bien certains pourraient les trouver en retrait selon leur goûts, mais ils sont bien présents. Versatile me semble être le mot juste. Ils laissent passer les moindres inflexions dans les voix et traduisent sans efforts les plus petites évolutions de sentiments.

Finalement, la réponse fréquentielle pourrait être qualifiée de léger V.

 

Timbres :

Les timbres, résultantes des 2 derniers points, me paraissent justes, et particulièrement aux 2 extrémités. Les instruments sonnent vrais. On pourra toujours regretter un très léger manque de corps sur les médiums mais c’est le prix à payer pour garder une technicité de haut vol et une présentation aérée.

 

Comparaisons

Zeus :

Par rapport aux Zeus, les Trinity sont plus musicaux. Ils sont moins dans la performance technique apparente même s’ils sont encore plus détaillés et avec un layering supérieur. La scène me semble moins large mais plus profonde et haute. Plus de basses, des médiums moins mis en avant tout comme les aigus, les Trinity sont finalement plus équilibrés. La comparaison directe est surtout difficile pour les Zeus au niveau des timbres qui paraissent à la limite du faux.

 

Flamenco :

Un air de famille indéniable : la technique au service de la musique.

Les Flamenco c’est flamboyant, vif et brillant, parfois trop. Bien plein au niveau des médiums, une restitution dense. La scène est cohérente mais pas exceptionnelle en largeur, hauteur et profondeur.

Les Trinity sont plus aérés, plus mats. Les aigus filent sans agressivité et, les basses sont plus impactantes. Les médiums sont plus neutres. La scène est meilleurs sur tous les points. Résolution et layering sont un poil supérieur. Finalement, les Trinity ont un rendu un peu plus laidback que je trouve plus naturel.

 

Conclusion

Le travail réalisé par Jomo sur les TRINITY est un véritable tour de force. Les trois technologies différentes qui sont exploitées sont parfaitement maîtrisées et la cohérence du rendu est assez exceptionnelle.

Ils proposent une restitution légèrement en V, d’un raffinement et d’une élégance relativement peu courante. Les basses abyssales mais tendues et les aigus solaires jouent un grand rôle dans ce rendu aérien, détaillé et naturel. Le côté un peu laidback permet sans problème de longues sessions d’écoutes.

Les Trinity sont à ce jour les meilleurs intras qu’il m’ait été donné d’écouter (je ré-écouterai bien les Soundwriter tout de même !).

 

12 réponses à “[Feedback] Jomo Trinity, le Dieu unique ?

  1. clair, instructif et super bien détaillé et imagé, c’est propre !
    je serais incapable de faire ça !
    j’ai enfin compris la différence entre les 2 versions ..
    Tu regrettes pas alors, quand tu dis plus mat que le flamenco ou rendu laidback, tu veux dire plus droit ou plus froid ? j’aurais bien aimé les écouter …

    encore une fois, bravo !

    PS: Cannonball Aderley j’adore surtout Mercy Mercy Mercy … un must, des frissons !!

    1. Plus droit ou plus froid, ça me semble être à peu de choses près la même chose.
      Et c’est exactement ça. Moins d’emphase dans les médiums, plus neutre.
      Mais les médiums ne sont pas pour autant lointains.

  2. « Jomo Trinity, le Dieu unique ? « 

    Bah nan… : tu as « 1 DD (Driver Dynamique) de 8mm pour les basses – 20Hz à 1000Hz « le Père…
    « 4 BA (Armatures Équilibrées) pour les médiums – 1000Hz à 8000Hz«  le Fils…
    Et « 2 drivers électrostatiques pour les aigus – 8000Hz à l’infini » le Saint Esprit…

    La Sainte Trinity quoi !

    Merci MrLoco pour ce retour qui donne envie

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