Testé il y’a quelques temps par Sorrodje, le Dharma D1000 nous est conté cette fois par Isalula, un TNien à l’ « Headphone Road » personnelle très expérimentée. Salut à toi l’ami(e), Avant que tu ne commences à parcourir ce que je nomme une « brève (?!!) de comptoir », j’aimerais t’en toucher deux mots. Si tu […]

[Feedback] Le Dharma D1000 par Isalula

Testé il y’a quelques temps par Sorrodje, le Dharma D1000 nous est conté cette fois par Isalula, un TNien à l’ « Headphone Road » personnelle très expérimentée.


Salut à toi l’ami(e),

Avant que tu ne commences à parcourir ce que je nomme une « brève (?!!) de comptoir », j’aimerais t’en toucher deux mots.

Si tu es désireux de trouver toutes les réponses à tes questions, une analyse approfondie, de la rigueur, le pourquoi du comment par A+B, des données techniques, des courbes de réponses fréquentielles, et caetera. Je vais être franc avec toi, ce qui suit a bien des chances de te laisser sur ta faim ou pire, de t’ennuyer ferme. Ne te méprends pas, ta démarche est on ne peut plus légitime et je la respecte. Mais pour ma part, un retour d’expérience, alias feedback, ne saurait être assimilable à un test.

Si tu te décides malgré tout à aller plus avant, garde à l’esprit que même si cette « brève de comptoir » prendra parfois des allures de test dans sa forme et son déroulement, elle n’en est donc absolument pas un, à l’instar de toutes celles que j’ai écrites dans ce lieu et ceux qui l’ont précédés. Elle est le reflet de ce que je suis depuis un bout de temps et de ce que je suis attaché à demeurer : un amateur, un aficionado avec un peu, beaucoup de subjectivité, son lot de questions sans réponse, aujourd’hui empreint de ces certitudes qui ne seront peut-être plus celles de demain, mais toujours avec sa passion et sa sincérité.

Voilà, tu sais désormais ce qui t’attend, si j’ose dire. Le cas échéant, il ne me reste plus qu’à te souhaiter une bonne lecture. Dans le cas contraire, je te souhaite de trouver prochainement ton bonheur dans cette quête du Casque idéal.

Isalula
Septembre 2016

Introduction

Dharma final
Les casques hybrides sont une chose rarissime. Faut-il imputer ce phénomène à la complexité de leur nature ? De facto, nous parlons tout de même ici de faire cohabiter au sein d’une même chambre un driver électrodynamique et un driver (électret) électrostatique ; chacun en charge d’un segment de la bande passante : le premier gérant les basses fréquences et le second les hautes fréquences, histoire de faire (vraiment) très simple.

On peut donc raisonnablement se convaincre que cet atypisme implique une technicité plus accrue que d’ordinaire de la part de son ou ses concepteurs. Mais n’est-il pas tentant d’entreprendre et d’aboutir à lier la gracilité de l’électrostatique à la charpente de l’électrodynamique, le meilleur de ces deux mondes-là ?

Confrontations

Ma foi, je crois que le décor est planté : les casques hybrides sont donc bel et bien en marge de la production industrielle ; d’où ma légitime curiosité pour le Dharma D1000 de la société californienne Enigmacoustics me direz-vous ? Eh bien, vous avez failli avoir tout à fait raison. Failli, car ce nouveau venu me ramène avant toute autre considération une dizaine d’années en arrière et cette rencontre fortuite avec un vétéran des années 70 qui fut, à n’en point douter, l’un des fleurons de la firme autrichienne AKG ayant pour nom K340.

akg k340

Si vous me connaissez un tant soit peu, vous confier qu’il occupe et occupera toujours une place à part sur mon cheminement est totalement superflu. Mais il y a également la grande majorité, autrement dit tous ceux qui ne me connaissent pas (fuyez, il est encore temps !), d’où ce qui précède.

Pour autant, je n’imaginais pas retrouver à l’écoute du Dharma D1000 certains traits de caractère qui m’avaient si profondément, spontanément et durablement séduit chez le K340. Et ce n’est pas la réalité qui le contredira.

Même pour le cancre en lecture de mesures et autres valeurs que je suis aujourd’hui et serait encore demain, il est éloquent que l’américain affiche des exigences alimentaires bien moindres que son homologue autrichien : un faible niveau d’impédance nominale (26 Ω) et une haute sensibilité (103 dB). Des spécifications qui offrent un terrain d’entente avec d’éventuels nomadiens qui en pinceraient pour lui, contrairement à celles de cet AKG que j’ai tant aimé. L’architecture a changé de camp puisque l’Enigmacoustics Dharma D1000 est un modèle ouvert. Différences ici encore avec un câble bilatéral et amovible dont les fiches ne me sont d’ailleurs pas inconnues pour avoir croisé la route d’un certain Sennheiser quelques années plus tôt. Nos deux hybrides affichent un certain poids sur la balance, le Dharma D1000 faisant preuve de davantage d’embonpoint (450 grammes sans son câble de 3 mètres) mais aussi d’un degré de confort sans commune mesure vis-à-vis de celui que prodiguait avec la meilleure volonté du monde le K340 dans sa version standard. Allez, finissons-en sur une note réconciliatrice et plus précisément deux traits communs : ils sont circum-auraux et équipés d’un connecteur mâle Jack 6,35 millimètres.

Acoustiquement parlant ? J’imagine que le nouveau venu pourra faire étalage de sa supériorité sans réelles difficultés : l’aigu de son super tweeter répondant au nom de Sopranino file bien plus haut (40 kHz spécifiés) et le grave (5 Hz spécifiés) ne laissera pas l’ombre d’une chance au K340 en matière de présence, d’assise, de texture et d’extension. Et pourtant, s’il est vrai que le médium du Dharma D1000 n’est pas chiche d’expressivité, il se pourrait que je lui préfère encore (et toujours ?) le modulé de qui vous savez : une supériorité manifeste sur le papier ne se traduisant pas forcément à l’oreille.

Mais le temps est venu de mettre (à regrets) un terme à l’évocation de ce fleuron du temps jadis puisque ce n’est pas à l’AKG K340 que le Enigmacoustics Dharma D1000 s’entendra jauger l’espace d’une poignée d’heures, mais en compagnie d’un fleuron du temps présent en « la personne » du Kennerton Odin sous l’œil impartial aux reflets rougeoyants d’un AudioValve Solaris en mode OTL alias output transformerless (depuis le temps que je voulais le placer ce truc-là, ça en jette, j’en suis tout chose).

Odin

On prend tout et on recommence alors ? Euh, non, on va se contenter de mentionner que l’Odin est un orthodynamique, que son architecture est toute aussi ouverte, que ses spécifications en matière de sensibilité (104 dB) et d’impédance (40 Ω) ne sont pas très éloignées du Dharma D1000 et qu’en voilà une chose qu’elle est bonne puisque je n’aurais pas à faire pivoter le potentiomètre de volume d’un point cardinal à un autre durant le galop d’essai. Et aussi, hélas, qu’il dispense un port de tête moins confortable.

Je scrute : point de bois, honneur au métal et au cuir ou assimilé avec cette toute première énigme acoustique nommée Dharma D1000. La manufacture est excellente. Soit : si la nature boisée du Kennerton me parle davantage (l’appel de la forêt ?), le design d’une élégante sobriété de l’Enigmacoustics ne me laisse pas complètement de marbre ou de bois (je laisse toute latitude au lecteur quant au choix du matériau).

Son poids ? Il se fera vite oublier pour quatre raisons : un large bandeau d’arceau, des oreillettes souples, un système d’ajustement en deux temps et surtout trois mouvements (Han ! Je le hisse, Hop ! Je le glisse et zou ! Il coulisse) et enfin les 670 grammes de l’Odin en comparution directe.

De prime abord, le Dharma D1000 va me faire de l’oreille au point que si je ne connaissais pas la musique, l’Odin ferait rapidement pâle figure. Oui mais voilà, je la connais la musique et je vais donc très vite déchanter. Car si le haut du spectre brille par sa finesse et m’émeut davantage que celui du flagship de chez Kennerton, l’Enigmacoustics ne s’arrêtera pas en si bon chemin pour atteindre la sibilance. Oui, oui et oui, le Dharma D1000 est plus enjoué, plus vivace que l’Odin et je mentirais si je disais que j’y suis resté indifférent. Mais la voie de la raison sera la plus forte, et son verdict est sans appel : rédhibitoire.

L’histoire s’achèverait-elle ainsi ? Aurais-je fait tout ce chemin pour prendre congé sans en avoir entendu davantage ? Fichtre, non !

Poursuivons…

Je décidais résolument de faire abstraction des récentes estafilades acoustiques pour m’enquérir d’un aspect bien plus engageant : le grave, et là c’est du solide. Certes, si le Kennerton fait mieux sans pour autant creuser fondamentalement l’écart, n’oublions pas à qui nous avons affaire : le Dharma D1000 n’est « qu’un » hybride électrodynamique & électrostatique là où l’Odin est un orthodynamique. Or, la restitution du bas du spectre n’est-elle pas l’atout majeur des casques de ladite technologie ? De la tenue, de la substance, de la texture, de l’impact et tout cela sans le payer d’un effet de masque ; voilà ce que je retiendrais du Dharma D1000 à cet endroit. Et rares sont les casques électrodynamiques à atteindre ce niveau de restitution selon mon expérience.

L’image que déploie l’Enigmacoustics versus celle du Kennerton est relativement moins aboutie. L’ouverture et la spatialisation se restreignent. Je persiste et je signe quant à l’usage de l’adverbe relativement. Même topo pour ce qui a trait à la dynamique, la spontanéité : l’américain en a sous le capot mais le russe en a davantage en réserve. Tous deux font preuve de relief, mais la présentation m’apparaît plus frontale vis-à-vis de celle de l’Odin. La polyvalence est avec eux, faute de mouchoir de poche je ne parviendrais pas à octroyer l’avantage à l’un ou l’autre.

En dépit de sa restitution des basses fréquences, je ne peux m’empêcher d’appréhender le Dharma D1000 comme un casque à l’équilibre tonal montant. Il est plus ciselé, plus lumineux ; là où je ressens un Odin plus organique, plus mat. Paradoxalement, cette luminosité ne permet pas à l’Enigmacoustics de prendre l’ascendant sur le Kennerton en matière de définition. De facto, il s’avère moins résolvant, moins détouré sur les notes que l’Odin. A l’instar d’autres critères, je le situerais donc un cran en-dessous du Kennerton. Cela dit, il y a les affinités de chacune et de chacun ; à commencer par les miennes.

Mais que l’on ne se méprenne pas sur ce qui précède : l’Enigmacoustics Dharma D1000 est loin de traîner la patte lorsqu’il fait cavalier seul. Son principal handicap ? Que son auditeur ne possède pas la tolérance requise vis-à-vis de sa restitution aiguisée de certaines hautes fréquences. C’est tout moi justement, et c’est bien dommage.

4 réponses à “[Feedback] Le Dharma D1000 par Isalula

  1. Merci pour ce Feedback clair et concis, je retrouve beaucoup de ce que j’ai entendu notamment sur l’ampli hybride de la marque Enigma-acoustics qui donnera son meilleur au Dharma !

    1. Merci Isalula pour ce feedback dans lequel je retrouve complètement mes impressions personnelles !
      Tu as parfaitement expliqué les différences telles que tu les as perçues et ton retour répondra à beaucoup de questions que ce posent les personnes intéressées par ces casques.

      Pierre

  2. J’aime beaucoup ce genre de retour : simple, concis, clair, pas prise de tête pour un sou (pour le pauvre béotien que je suis)…
    Si je m’écoutais, pour un peu j’en redemanderais… Et puis, tiens : j’en redemande !
    Merci et félicitations, Isalula

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