Grâce à leur format relativement petit et à leur très bon rapport qualité/prix, les DX50 et DX90 avaient réussi à se frayer un chemin dans le secteur très concurrentiel des baladeurs numériques de milieu de gamme. Presque deux ans plus tard, iBasso tente une nouvelle percée en sortant le DX80. Celui-ci propose un nouveau design […]

[Preview] iBasso DX80

Grâce à leur format relativement petit et à leur très bon rapport qualité/prix, les DX50 et DX90 avaient réussi à se frayer un chemin dans le secteur très concurrentiel des baladeurs numériques de milieu de gamme. Presque deux ans plus tard, iBasso tente une nouvelle percée en sortant le DX80. Celui-ci propose un nouveau design et une interface utilisateur améliorée. Est-ce un simple renouvellement de la gamme ou un tout nouveau DAP ?


Préambule

Avant toute chose, je tiens à remercier notre partenaire Audiophonics pour le prêt de ce baladeur.
Cet article est basé sur une période d’écoute de trois semaines. Comme je considère cette durée insuffisante pour permettre la rédaction d’un test digne de ce nom, ce texte doit être considéré comme une simple preview.

 

Présentation

 

Packaging

Le DX80 est livré dans une élégante boite reprenant les couleurs habituelles des cartons iBasso mais avec un système d’ouverture plus évolué. Le packaging du DX80 a un aspect très haut de gamme et semble montrer une volonté de montée en gamme par rapport à son prédécesseur, le DX90, sans que cela se traduise pour autant par une augmentation du tarif puisque le DX80 est proposé à 379€.

DX80 boite 2

Le lot d’accessoires est bien fourni, dans la continuité de celui du DX90, avec un câble USB, une housse de protection en silicone, un câble S/PDIF et le « fameux » câble de rodage (dont l’utilité reste encore à démontrer).

Design

Avec le DX80, iBasso inaugure un nouveau design extérieur. Fini le format briquette des DX50 et DX90, très pratique au demeurant, ou le format parpaing du DX100 et bienvenue à un format brique du plus bel effet. Brique, car même si sa longueur et sa largeur sont similaires à celles d’un petit smartphone (petit d’après les standards actuels), le DX80 est épais. Pour vous donner un ordre d’idée, avec ses 16,8 mm d’épaisseur il est plus corpulent que la partie la plus grosse de mon Sony ZX1 muni de sa pochette. Cela présente au moins un avantage : il tient bien dans la main.

ibasso_dx80

Toutefois, en dépit de ses mensurations, je dois admettre que j’aime beaucoup la forme du DX80. Avec sa coque en aluminium, ses coins en biseau, ses tranches plus foncées, son (relativement) grand écran de 3.2 pouces et les trois gros boutons empruntés à ses aînés, le dernier-né a du charme. Il est d’ailleurs dommage qu’iBasso ne fasse pas plus d’efforts sur la housse de protection fournie dans le paquet, qui défigure totalement le lecteur (en plus d’être moins agréable au toucher que l’alu brossé de l’appareil).
La construction du DAP est de bonne qualité. Rien ne bouge, les fiches jack semblent solides et un capot protège les deux slots micro-SD. Bref, c’est un bel objet qui n’a pas à rougir face à ses concurrents plus haut de gamme.

DX80 3

D’un point de vue pratique, sur la face avant, on retrouve les boutons pause et avant/arrière déjà présents sur les DX50 et D90. Les tranches sont également pourvues de commandes physiques avec le bouton marche arrêt à gauche et à droite le réglage du volume. Sur les tranches supérieures et inférieures sont situées les différentes sorties (casques, ligne ou line out, S/PDIF) ainsi que le port USB et les deux slots micro-SD. Vous l’aurez compris, le DX80 est bien pourvu en boutons — un avantage pour ceux qui aiment changer de chanson ou modifier le volume sans avoir à sortir le lecteur de leur poche. A noter toutefois la suppression du switch permettant de verrouiller les touches.
Un point négatif tout de même : le capot protégeant les cartes mémoires. Son ouverture est gênée par la protection en silicone, rendant l’accès aux slots moins aisé.
Ce petit désagrément n’arrivera pas à entacher les deux améliorations apportées au DX80 : la line out a enfin un volume fixe et la lecture se met sur pause automatiquement lorsque l’on débranche le casque. Les possesseurs de DX50 et DX90 apprécieront.

Interface

Qui dit nouveau design dit aussi nouvelle interface… ou presque. iBasso profite du plus grand écran offert par le DX80 pour moderniser l’interface graphique de son DAP. Les grandes lignes sont globalement les mêmes, hormis quelques ajouts inspirées des téléphones récents.
L’interface de ce lecteur se décompose en trois écrans :

  • Un écran permettant de naviguer dans sa musique sur différents niveaux d’indexation (artistes, albums, chansons, dossiers) ;
  • Un écran « d’écoute », qui s’affiche lorsqu’on lance une chanson ;
  • Un écran de paramètres, permettant d’accéder à tous les réglages disponibles.

dx80 interface

Ces trois écrans sont accessibles en glissant son doigt vers la droite ou vers la gauche. Avec ce fonctionnement, iBasso évite le piège des menus labyrinthiques et adopte le principe un menu = une fonction.
Autre nouveauté de l’interface : la mise en place d’un centre de contrôle. À la manière de ce qu’on peut trouver sur certains smartphones, un menu est affichable sur le deuxième écran en glissant son doigt du haut vers le bas et regroupe les principaux réglages. L’utilisateur peut ainsi, en un clin d’œil, passer son lecteur en mode DAC ou régler la luminosité de l’affichage sans avoir à changer d’écran.
Toutes ses nouvelles fonctionnalités ne seraient pas possibles sans la présence d’un affichage tactile de bonne facture. Il n’est pas parfait, les pochettes d’albums y apparaissent pixelisées, mais il répond bien au mouvements des doigts.
Les mots d’ordre de cette nouvelle interface semblent donc être simplicité et rapidité ; ça devient presque rare.

Un peu de technique

On continue : nouveau design, nouvelle interface et nouvelles puces pour la partie DAC. Le DX50 se basait sur une puce Wolfson, le DX90 sur deux puces Sabre. Le DX80 utilise quant à lui un duo de puces Cirrus Logic CS4398 qu’on peut par exemple retrouver dans un AK120II beaucoup plus cher. Côté amplification casque, le DX80 sort 245 mW à 32 Ohms, ce qui est suffisant pour alimenter la plupart des casques nomades voire certains casques sédentaires peu gourmands.

Autonomie

L’autonomie n’était pas le point fort du DX90… et le DX80 ne fait pas beaucoup mieux en la matière. Comptez, au mieux, environ 7 heures de musiques. Pendant la période de test, je l’ai rechargé quasiment tous les jours. Ce n’est pas formidable, même au regard des standards actuels. Disons que le DX80 n’est pas fait pour être éloigné d’une prise trop longtemps. Heureusement, sa charge complète est assez rapide.

Mode DAC USB

Un point sur le mode DAC… Comme ses prédécesseurs, le DX80 peut servir de DAC une fois branché sur le port USB d’un ordinateur. Il suffit de l’activer dans les menus ou via le centre de contrôle. Ce mode fonctionne bien et n’a pas nécessité l’installation d’un pilote spécifique sur mon Mac. (Il est cependant nécessaire sous Windows). Pour information, une grande partie de mes écoutes ont été effectuées pendant la période de test via le mode DAC. Je tenais à en parler pour un point annexe à cette utilisation : le câble USB fourni avec le DAP n’est pas conseillé pour ce mode. En effet, il a tendance à bouger dans la prise USB du DX80 dès que l’on touche à dernier, ce qui, naturellement, désactive le mode DAC. Ce câble convient pour la charge, mais je conseille de prendre un autre câble pour utiliser le DX80 comme DAC.

Le son

Les écoutes ont été effectuées sur des intra moulés Custom Art Pro330V2 mais aussi, et principalement, sur un KEF M500 et sur un Hifiman HE400S. J’ai aussi pu comparer le DX80 à mon lecteur actuel, le Sony NW-ZX1.

Signature

Autant le dire tout de suite, si vous avez apprécié le DX90, il y a de fortes chances que vous aimiez le DX80. La signature est plutôt neutre à tendance légèrement montante. Les personnes recherchant un DAP à la signature fun devront se diriger vers un autre produit. En effet, même si ses basses semblent descendre plus bas que celles du DX90, elles restent relativement en retrait. Elles sont également moins énergiques et percutantes que celles de mon ZX1. En revanche elles sont sèches, rapides et plus texturées que celles du DX90. Toutefois je déconseille d’associer le DX80 à des intras ou casques à signature claire. Le rendu sur les Pro330V2 n’est pas formidable : le manque de basses se fait ressentir et un léger souffle est audible. Ce manque est moins gênant sur les deux casques, moins montants et plus dynamiques que mes intras. Attention donc aux associations !
D’ailleurs, les basses ne sont pas les seules fréquences à être sèches sur ce lecteur : le médium l’est aussi dans une certaine mesure. Pour être parfaitement honnête, ce type de rendu n’est pas ma tasse de thé. Je préfère les médiums légèrement chauds, ronds et texturés. Ici, rien de tout ça. Amateurs de restitution charnelle des voix, passez votre chemin ! D’une manière générale, et cela ne s’applique pas qu’aux mediums, le DX80 donne plus dans la précision et le détail que dans l’émotion. Cela ne devrait cependant pas choquer les possesseurs de DX90. Le medium est cependant de qualité : détaillé, aéré et un rendu fidèle des timbres.
Les aigus de ce DAP sont pour leur part légèrement en avant, ajoutant beaucoup d’air à la scène, sans pour autant être agressifs ni gênants. Ils sont au contraire de bonne qualité avec beaucoup de détails.

Soundstage

Le DX80 offre une scène intimiste, plus que celle du DX90. La largeur parait moins grande que sur le DX90 et beaucoup moins que celle du ZX1, tandis que la profondeur est faible (plus profonde néanmoins que celle du ZX1). La présentation est laid-back et la scène est aérée.
En revanche, le placement des instruments est bon. Le DX80 confirme sa sonorité technique en proposant un soundstage précis et bien étagé, c’est d’autant plus dommage que la scène ne soit pas plus profonde…

Conclusion

Difficile de conclure sans répondre à la question « Est-il utile d’acheter le DX80 lorsque l’on possède déjà le DX90 ? ». J’aurais envie de dire oui, si le plus grand format du DAP ne vous rebute pas. En effet, le DX80 me semble être la suite logique du DX90 avec une sonorité similaire, des basses descendant plus bas et un niveau de détail qui me parait plus élevé. D’une manière générale, à 399€, le DX80 semble être un bon candidat pour tout ceux souhaitant un baladeur à la signature neutre, avec de la dynamique et à la sonorité technique. Je me répète mais le DX80 n’est clairement pas fait pour ceux cherchant du fun ou de l’impact dans le bas du spectre. Le DX80 est également réussi pour tout ce qui est annexe au son. L’aspect extérieur est soigné — lorsque l’on utilise pas l’affreuse protection en silicone — et l’interface graphique est intuitive et moderne. On peut toutefois déplorer que l’autonomie soit aussi faible, c’est un point sur lequel iBasso devra travailler. Certains regretteront probablement l’impossibilité de se connecter à des plateformes d’écoute en ligne comme Deezer ou Qobuz, mais ce défaut relatif, surtout dans cette gamme de prix, me paraît assez bénin. Pour résumer, nous sommes en présence d’un lecteur de bonne qualité, du moins pour ceux qui recherchent son type de sonorité (et qui ont de grandes poches).

9 réponses à “[Preview] iBasso DX80

  1. Salut FB,
    Encore merci pour cet excellent feedback.
    Cependant (et dis moi si je me trompe), ma synthèse de ce que j’ai pu lire serait :

    Si vous recherchez un bon DAP (voir un très bon DAP), limite pour faire du « monitoring » sur ces fichiers audio alors le DX80 est fait pour vous.

    Maintenant si vous recherchez du « FUN », de « l’harmonie » et de la « musicalité » limite plus de plaisir (premier effet KISS) à l’écoute, alors passez votre chemin et mieux vaut miser sur un bon vieux DX50 voir Fiio X3 II ou Plenue D. De plus vous ferez des économies (deuxième effet COOL).

    Maintenant j’ai le droit de me tromper, mais j’en ai pas l’impression???

    Merci

    1. Non pas forcément, tout va dépendre de ce que l’on branche dessus.
      Il sera un très bon complément à des intras ou un casque un peu chauds, que l’on aime bien mais que l’on ne souhaite pas rendre encore plus chaud. Par exemple j’ai bien aimé l’association avec mon Fidelio L1 et j’imagine qu’il sera très bien avec les CA Ei.XX.

      Même si je dois avouer avoir trouvé l’écoute plutôt ennuyeuse avec mes Pro330V2 (timides dans le bas du spectre), au moins le DX80 a le mérite d’être plus versatile que des DAP plus chauds (Cowon Plenue, Sony ZX2, etc…)

  2. Je comprends toujours mal dans ces CR pourquoi il n’y a aucun essais de ces DAP sur une chaine de salon, branchement sur DAC comme DDE HR : c’est là qu’on pourrait savoir si c’est vraiment bon…et ça intéresse du monde…

    1. Désolé, c’est vrai que c’est un sujet dont on ne parle pas souvent. Je vais ajouter quelques lignes sur la sortie LO.

      Par contre j’ai du mal de comprendre pourquoi « c’est là qu’on pourrait savoir si c’est vraiment bon ». Un casque ou des intras peuvent très bien nous permettre de tester la qualité sonore du lecteur… L’important est de tester sur un matériel que l’on connait bien.
      De plus si on le branche sur un DAC, c’est le son du DAC qui est entendu, et non celui du lecteur
      Le câble optique fourni est extrêmement court, c’et vraiment pas pratique à utiliser (surtout sur des enceintes…) Pour cette utilisation, un raspberry Pi avec Volumio sera bien plus pratique pour beaucoup moins cher (ou simplement votre ordinateur…)

      La partie son est basée sur la sortie casque uniquement car la sortie Line Out pourrait être très bonne et la sortie casque catastrophique (mauvais ampli…) Or sur un baladeur, c’est surtout la sortie casque qui nous intéresse… Pour info la sortie ligne du DX80 est très bonne mais très peu puissante, il faut monter le volume sur l’ampli pour avoir un niveau sonore correct.

  3. Bonjour,

    Merci pour le test.

    Il serait intéressant de savoir si un casque « gourmand » peut être branché dessus (genre HD650/700).
    Il faudrait aussi savoir si les défauts à l’écoute viennent du lecteur… ou du casque utilisé, défauts mis justement en évidence par le lecteur ?
    Enfin, sur quels œuvres musicales le test d’écoute a-t-il été fait ?

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