Développé il y a 3 ans par EarSonics, société basée à Montpellier, le SM3 représentait le fleuron de la gamme universelle du constructeur jusqu’à peu. Détrôné par le SM64, de 50€ plus cher, le SM3 ne tire pour autant pas sa révérence et continue de faire nombre de ventes chez le fabricant hexagonal. A propos […]

SM3 d’EarSonics, un intra toujours d’actualité

Développé il y a 3 ans par EarSonics, société basée à Montpellier, le SM3 représentait le fleuron de la gamme universelle du constructeur jusqu’à peu. Détrôné par le SM64, de 50€ plus cher, le SM3 ne tire pour autant pas sa révérence et continue de faire nombre de ventes chez le fabricant hexagonal.

A propos du SM3

Intra-auriculaires 3 voies, 3 transducteurs, uniquement disponible en noir, avec le câble noir EarSonics, qui typiquement laisse quelques centimètres sous le menton ; il est de type retour de scène, dont le guide câble est assez long, pouvant paraître un peu trop rigide. Pour les habitués cela ne posera aucun problème, le confort est au rendez-vous, pour d’autres il y aura très certainement un temps d’adaptation, autant dans la mise en place que dans le positionnement du guide câble afin d’optimiser le port. Dédié à un usage professionnel, le guide câble servira en effet à tenir le serre câble dans le haut de la nuque.

Le SM3 est environ deux fois plus épais que le SM1, il paraît ainsi imposant de prime abord, mais une fois positionné dans la conque, rien ne dépasse. Le confort est excellent et l’on a vite tendance à les oublier. Le côté de gauche et celui de droite sont discrètement indiqués sur la face intérieure de l’intra, il faudra là aussi un certain temps d’adaptation pour repérer rapidement lequel des deux se loge dans la bonne oreille. L’insertion est d’ailleurs aisée et en rien profonde, ne dépassant pas le premier coude, un point très positif pour les plus réfractaires aux intras, comme pouvant être négatif chez certains de ceux ayant des problèmes de fit récurrents et préférant un intra plus intrusif. Le form factor des produits EarSonics étant le même pour toute la gamme SM, c’est à dire en forme de coquillage, le port est donc le même pour tous.

N’imaginez pas tomber sur l’intra le plus esthétique qui soit non plus, le SM3 est comme la plupart de ses concurrents, un intra à vocation professionnelle, avec des attraits répondant aux exigences des mélomanes ; il n’en est pas moins excellemment bien fini, les deux coques le constituant sont d’ailleurs soudées par ultrason, ce qui n’empêche pas de casser ce joint si l’intra est choqué. Le câble y est inséré sans cache (sans le fameux recessed socket) pour le protéger, comme on le trouve par défaut sur la gamme EMx, mais il est très bien maintenu et vous pourriez avoir des difficultés pour le retirer lors du changement si celui-ci venait à être défectueux. Effectivement, impossible de perdre un intra au bout du fil. De plus, pour l’usage que j’ai des câbles EarSonics, il faut tout de même les maltraiter avec de la volonté pour avoir à le changer régulièrement.

Un filtre maison est inséré dans la canule de l’intra, nul ne sert donc d’essayer d’en mettre un autre, cela risquerait d’endommager le conduit et rendre son retrait impossible.

Deux paires de bi-flange en silicone (identiques), ainsi que deux tailles de mousses(M & L), un outil de nettoyage (brosse uniquement) et une housse de protection sont fournis avec le SM3, soit le minimum syndical à 350€ et l’on pourrait douter que tout le monde se satisfasse de si peu d’embouts, malgré les mousses expansives fournies. Dans cette gamme d’autres constructeurs font bien mieux. Il est toujours possible de lui rajouter des earmolds, qui outre le confort, amélioreront notablement la qualité sonore, mais leur prix étant de 90€ sans compter les frais de port, d’empreintes et d’envoi de ces dernières, chacun verra midi à sa porte.

Dans cette gamme la concurrence ne fait ni mieux, ni moins bien, on sourira de l’attention qu’a eu EarSonics à retirer le cure canule de son outil de nettoyage, cause de retour récurrent en SAV pour mauvais usage.

Signature et qualités acoustiques

Le SM3 est un intra à ranger clairement du côté obscur de la force, un bas du spectre corpulent et diffus, des aigus qui ne manquent pas de présence mais qui sont adoucis plus que raccourcis, et des voix extrêmement détaillées et nuancées. En bref, une signature très douce qui plaira aux auditeurs habitués aux longues sessions et qui exigent un contrôle exemplaire sur tout le spectre sonore.

L’écoute du SM3 met d’emblée en avant de la texture, de l’ampleur à chaque note et une largeur de scène inhabituelle sur un moniteur. Celle-ci est littéralement posée devant l’auditeur et se rapproche sur les côtés, on ressent bien l’éloignement et avec justesse les mouvements dans l’espace.

Cet espace est plein, rien ne manque, les timbres sont « matériellement » restitués, ce qui donne un effet tridimensionnel à tous les éléments de la scène. C’est un son typiquement EarSonics que l’on retrouve sur les intras constituant le haut de la gamme, l’espace est véritablement plein.

Le SM3 est donc un intra assez reposant, malgré cette proéminence basseuse, et d’une dynamique qui n’est pas foudroyante, avec des aigus très doux permettant de l’utiliser des heures durant sans éprouver de fatigue auditive. Face à une telle signature très peu d’intras font concurrence au SM3. S’il a des défauts, ces derniers font clairement ses qualités. Certains diront qu’il est mou du genou, à cela d’autres diront qu’il est reposant. Certains diront que ses aigus sont coupés à la serpe, d’autres diront qu’ils sont adoucis pour un plaisir accru sur les pistes chargées en aigus.

Il n’en reste pas moins que l’intra exempt de défauts court toujours, et s’il y a bien un reproche à faire au SM3, ce serait celui concernant son manque de transparence. Passant d’une restitution transparente (EM4 par exemple) à celle du SM3, le choc est flagrant. Mais il ne l’est pas moins lorsque l’on y revient depuis l’ER4p d’Etymotic, depuis le Westone 4 ou l’UM2 de Westone. Toutefois ce manque de transparence n’empêche absolument pas de l’oublier une fois habitué à une telle restitution. Ce problème est d’ailleurs aussi présent chez son concurrent direct, l’Um3X de Westone.

Comme tous les intras de cette catégorie, et encore souvent au-dessus, il y a une certaine difficulté à séparer clairement les instruments quand ceux-ci sont nombreux. La corpulence du grave, même si maîtrisée, n’aide pas non plus à cela. Ce défaut est toutefois pallié par une scène sonore large, qui laisse de la place au positionnement des instruments.

Le SM3, comme la plupart des intras de la marque EarSonics, s’exprimera d’autant mieux s’il est amplifié et l’on en tirera le meilleur des parties. Les aigus gagnent en extension, les basses en profondeur et matière, le médium perd une partie de son voile, c’est un phénomène assez typique de l’usage d’un bon ampli sur un intra de bonne facture, qui me conforte dans l’idée que le SM3 est un intra haut de gamme.

Impressions sur quelques titres

Ben Harper / There will be a light (2004) / Church House Steps 

Habitué à nous servir d’excellents enregistrements, There Will Be A Light ne déroge pas à la règle. On entend distinctement toutes les voix, séparées les unes des autres mais manquant de précision, ceci imputable au manque de clarté. Le grave est bon, mais il manquera d’impact (sans amplification) et de couleur à de nombreuses personnes, notamment les plus avertis sur la restitution de la batterie. J’apprécie ici tout particulièrement la largeur de scène et la hauteur des notes, qui offrent véritablement l’immersion idéale à mes oreilles.

Flox / In dub / Believe

Flox, compositeur à base de reggae et de modernité, nous emmène dans des mélodies très aériennes avec de nombreux échos de la voix très bien rendus, avec beaucoup de détails mis en relief  dans la profondeur de la scène.

Donc de l’ampleur et de la texture, oui, mais pas suffisamment de hauteur pour être en complète immersion.

La basse est pour sa part bien présente, descendant bas et occupant toute  l’arrière de la scène. Un seul reproche ici, un léger manque de transparence sur les voix.

 Morcheeba / Big Calm / The Sea

Très mélodieux, ce titre requiert une certaine dynamique pour emporter l’auditeur, chose pour laquelle le SM3 ne séduit pas entièrement, malgré un excellent nuancé sur la voix qui fourmille de détails. L’espace est bon, la scène bien posée, mais ce n’est pas suffisamment engagé.

Panda dub / Antilogy / Natural Mystic

Le manque de transparence perçu sur certains titres n’est absolument pas présent ici, la voix est palpable, la spatialisation est très bien retranscrite avec un bon étagement d’avant en arrière, qui monte légèrement vers le fond. L’aération entre les instruments se fait bien ressentir et l’on est bien embarqué dans le groove de la basse qui ne se fait pourtant pas trop sentir derrière tout cela.

Asa / Asa / Bi Ban Ke

Emporté par la batterie au début, puis par la voix lorsqu’elle arrive, très proche de face, on est saisi par le détail qui ne manque corps. La voix donne malheureusement parfois l’impression d’être nasale. Les cymbales sonnent bien, mais ont trop peu d’extension pour sonner avec réalisme. La réputation des aigus coupés à la serpe s’explique effectivement ici. Le piano n’est pas vraiment audible quand le message se complexifie, ses notes perdent de leur emphase sur les plus basses fréquences.

Com Truise / Galactic Melt / Futureworld

Ce titre est devenu ma piste de référence pour les basses, leur profondeur, leur rapidité, leur texture. Etonnant de diversité, il sait révéler, ou non, le meilleur d’un intra dans ce registre.

Concernant le SM3 on commence avec un patent manque de rapidité, malgré une excellente profondeur. Les nombreuses cymbales sont encore ici trop écourtées, on reste sur notre fin, bien que les aigues soient tout en finesses. Les basses sont texturées, mais trop traînantes à mon goût. De plus, on remarque un manque de séparation dans l’aigu, notamment sur les cymbales.

En bref, c’est un flagrant manque de pêche dans un univers bourré de détails composé de basses texturées, mais ne révélant pas tout le potentiel de ce titre extraordinairement explosif.

C2C / Tetra / The Beat

Une grosse basse qui dès les B-E-A-T gronde très fort, tout en laissant tout parfaitement à sa place. Le SM3 sépare parfaitement les instruments, met les voix en retrait et les voile légèrement. La basse prend ici beaucoup d’espace et a tendance à malheureusement atténuer la perception des détails sur les autres instruments.

 

Conclusion

Encore aujourd’hui le SM3 reste à mon avis une grosse référence dans le monde des intras aux alentours des 350€. Avec une signature bien particulière à la sauce EarSonics, ce trois transducteurs doté de trois voies saura séduire qui aura l’oreille faite pour ce produit. Je pense en effet qu’ici la signature sonore du produit a de quoi désorienter les habitués aux intras de la scène américaine, plus taillés en V que ne l’est le SM3, qui malgré tout n’est pas le défenseur de la neutralité avec son bas du spectre corpulent, ses médiums détaillés et nuancés, ses aigus fins mais écourtés, tout ceci dans autour d’une articulation travaillée aux petits oignons.

Le SM3 est un intra aux nombreuses qualités, mais qui malheureusement n’aura pas réussi à dépasser certains défauts que nombreux trouveront rédhibitoires, tels que le manque de transparence ou encore un entraînement trop faible, pâtissant d’un manque d’impact dans un grave trop relâché avec des nombreux baladeurs.

Mais comme souvent, certaines qualités font les défauts et vice-versa. Pour qui cherche un intra reposant, le SM3 conviendra très certainement, pour qui cherche l’éclate, d’autres intras seront à conseiller, autant chez EarSonics, que chez d’autres fabricants largement reconnus pour ces qualités que n’a pas le SM3.

Difficile de ne pas parler du SM64 alors même que l’on parle de son aîné, je dirais même plus de son cousin. Car en effet, le SM64 diffère trop du SM3 pour que celui-ci soit considéré comme son amélioration. Un virage certain a été pris et l’aspect reposant, ronflant du SM3 n’a absolument pas été conservé sur le SM64, plus chargé en aigus, bien contenu dans le grave, ayant gagné en transparence.

Mon avis biaisé et subjectif :

Dans cette gamme, la concurrence nous propose un Tio (Ultrasone) ultra plat, mais ultra chiant, un ER4p (Etymotic) ultra dynamique, mais ultra agressif, un Um3X qui se débrouille très bien lui aussi mais plus axé sur le médium et avec un grave plus tenu, mais tout aussi volumineux, si ce n’est plus. En bref, à ce tarif, le SM3 a encore un bel avenir devant lui. Attention tout de même, l’arrivée d’Heir Audio sur le créneau des universels tend à bouleverser quelque peu la donne, à condition d’apprécier la signature de leurs produits, car s’il va s’en dire que le nombre de transducteurs ne fait pas tout, cela va mieux en le disant, au risque que certains ne soient surpris de la comparaison faite entre certains modèles.

Note : 9/10

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2 réponses à “SM3 d’EarSonics, un intra toujours d’actualité

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