Avec le K812, AKG signe son grand retour dans le segment haut de gamme du casque Hifi. Le résultat est-il à la hauteur de ces longues années d’attente ? C’est ce que nous vous invitons à découvrir dans ce test. Introduction Lorsqu’en 2013, AKG a enfin dévoilé le K812, l’ensemble de la sphère audiophile casqueuse […]

[Test] AKG K812

Avec le K812, AKG signe son grand retour dans le segment haut de gamme du casque Hifi. Le résultat est-il à la hauteur de ces longues années d’attente ? C’est ce que nous vous invitons à découvrir dans ce test.


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Introduction

Lorsqu’en 2013, AKG a enfin dévoilé le K812, l’ensemble de la sphère audiophile casqueuse n’a eu qu’un seul mot : enfin ! Enfin AKG proposait un casque très haut de gamme, à même de concurrencer les Sennheiser HD800 (accéder au test) ou Beyerdynamic T1 (accéder au feedback). Ce casque n’a pourtant pas attiré les foules et est resté, depuis lors, relativement confidentiel. La faute en incombe probablement et avant tout à un tarif très élevé de presque 1500€. En outre, la concurrence était bien installée avant l’arrivée de ce flagship made in AKG, qui doit notamment faire face au HD800 de Sennheiser, casque haut de gamme le plus vendu au monde.

Pour autant, AKG était accusé depuis des années de vivre sur ses acquis, et plus précisément sur  le K701. En effet, les Q701, K702, K702 anniversary et même le dernier K712 ont été assimilés par les passionnés à de simples variations sur la base du K701 originel. Un peu plus de basses par ici, un bandeau un peu différent par là, les amateurs attendaient qu’un jour AKG se réveille et propose enfin un concurrent à la hauteur de ce qui se fait chez les voisins. Incontestablement, le K812 est bien la nouveauté attendue et elle n’a plus rien à voir avec ses ancêtres. Tout est nouveau dans ce casque.

Nous étions du coup assez curieux de savoir si cet AKG mérite mieux que le relatif anonymat dans lequel il vit depuis sa sortie. À l’instar de l’Ultrasone Edition 12 en octobre 2014, il nous a été possible de dégoter un exemplaire de K812 et donc de lui accorder un essai digne de ce nom.

Il aura été testé principalement sur un amplificateur DNA Sonett 2 et un DAC metrum Octave , un Ensemble Fiio X3 + ampli jdslabs O2 et aussi directement depuis diverses sources nomades.

Fiche technique

Casque dynamique, ouvert, circumaural

  • Efficacité 110 dB SPL/V
  • Bande Passante : 5-54000 Hz
  • Impédance: 36 Ω
  • Puissance d’entrée max : 300 mW
  • Câble : amovible sur connecteur Lemo, 3 m
  • Connecteur : jack 3,5mm + adaptateur 6,35mm
  • Poids : 390 g

Mesures (source innerfidelity.com ) : PDF

Déballage et découverte

Lors de la phase de lancement de produit, en 2013, AKG a communiqué assez franchement sur l’aspect luxueux, classieux de son modèle haut de gamme. En découvrant l’emballage du casque, on n’est pas déçu. La boîte est de très bonne facture et colle à l’image haut de gamme recherchée. Elle n’a pas le caractère utilitaire de celle du T1 mais elle présente très bien. À l’ouverture, on découvre le casque, bien entendu, mais aussi un stand en bois de type « Omega » que les amateurs connaissent bien. Rares sont les casques livrés avec un stand et AKG propose donc ici un plus.

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Le casque est livré avec un unique câble détachable de 3 mètres. Le connecteur câble/casque est de très bonne qualité et ressemble d’ailleurs beaucoup aux connecteurs du HD800 . Le reste du câble fait très « cheap » par contre. Il est fin et se termine par un Jack 3,5 sur lequel peut se visser un adaptateur 6,35mm. On trouve la même chose sur n’importe quel casque basique d’entrée de gamme. L’image luxueuse en prend un coup et l’on pourrait attendre mieux d’un casque de ce tarif. Même l’Ultrasone Edition 12 et son package indigne proposent un câble de bonne tenue avec un Jack Neutrik de meilleure facture. On doit mettre au crédit du K812 que ce câble fin s’oublie vite du fait de sa souplesse. Le câble étant connecté à une seule oreillette, on oubliera donc un éventuel passage en symétrique via un recâblage adapté.

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Le reste du casque semble bénéficier d’une finition très correcte, même si le plastique est massivement utilisé pour la construction. L’arceau qui assure le serrage est un peu grossier mais semble solide. Le K812 repose sur la tête grâce à un bandeau très confortable en cuir et tissu « mesh ». Les réglages sont un peu durs à prendre en main de prime abord, mais un peu d’habitude suffit et l’on peut alors facilement et solidement adapter le casque à sa morphologie. Les deux oreillettes sont superbes en finition noire avec un liseré argenté. Elles sont majoritairement composées d’un matériau perforé dans lequel est fixé le driver électro dynamique de 53 mm. Le mot d’ordre est visiblement celui de la maximisation de l’aération du casque.

Les coussinets sont en matériau synthétique simili-cuir à mémoire de forme. Ils proposent un large débord qui entoure l’oreille, lequel se positionne du coup parfaitement à l’intérieur, sans qu’aucun point de contact ne se fasse sentir. Le casque se fait oublier et le matériau n’irrite pas la peau, même quand il faut chaud et/ou après des heures d’utilisation. Le ressenti est véritablement excellent.

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Le seul reproche que l’on pourrait faire au casque est de ne pas serrer assez le crâne et donc de bouger facilement selon les mouvements de la tête. En outre le casque est un peu lourd (presque 400 grammes) et face à un HD800, par exemple, ça se sent bien.

De manière générale, on n’est pas déçu à la découverte du K812. En dehors du câble cheap, le reste de la prestation est en accord avec le positionnement tarifaire du casque. On le chausse donc avec gourmandise à l’idée d’envoyer le son.

À l’écoute

Les impressions que je livre ci-dessous sont issues d’écoutes sur près de 6 semaines de test, en association avec le matériel évoqué. L’AKG K812 a été comparé au HD800, au Stax SR404 et au KOSS ESP 950.

Au vu des spécifications de l’engin, ma première impulsion a été de le brancher directement sur le FIIO X3 qui me sert de baladeur au quotidien. Étonnamment, il m’a fallu monter assez considérablement le son du baladeur pour avoir un volume d’écoute « normal », alors même que le X3 est réputé pour sa puissance. Si l’on essaye le K812 sur un smartphone, on sera probablement déçu à la fois par le volume insuffisant mais aussi par la qualité audio qui sera assez nettement inférieure à ce que l’on peut obtenir via un amplificateur dédié.

La suite des impressions sera d’ailleurs majoritairement issue d’écoutes réalisées sur mon système sédentaire ou via un ensemble FIIO X3 + jpslabs O2 avec lequel j’ai obtenu des résultats très satisfaisants.

Image sonore

Globalement en découvrant le K812 on est assez vite séduit par le son produit. Il est propre, équilibré sans emphase particulière sur un registre. La présentation est vraiment excellente, dans le sens où le K812 parvient à recréer une image aérée et holographique de la musique. Aucune sensation d’enfermement ni, a contrario, d’image diffuse n’est pas à déplorer. Le soundstage est évident, naturel, et offre un charme certain. On est clairement assez proche d’une présentation à la HD800, avec un premier plan un peu en retrait (laid-back) et une scène aérée. Les amateurs de son très frontal en seront pour leurs frais. La latéralisation n’est pas excessive et aucun décalage largeur/profondeur ne se fait sentir. En un mot c’est très cohérent. Même l’étagement des plans est au-dessus de tout soupçon. Pour autant, il semble manquer quelque chose en termes de réalisme par rapport au HD800, sans vraiment que l’on sache où et pourquoi. J’y reviendrai.

La réponse fréquentielle globale n’attire pas de reproche particulier, bien au contraire.

Grave

Au chapitre des graves, quand on vient de casques offrant des basses très précises comme le HD800, les Electro-Stats ou même le Beyerdynamic T1, on ressent tout de même une sensation de basses très – très – légèrement « boomy » . Cela s’oublie assez vite à l’écoute et contribue assez certainement à la légère chaleur ressentie, mais ça n’en reste pas moins un défaut technique dans ce registre. En creusant un peu, on s’aperçoit pourtant que le K812 propose un registre grave vraiment agréable, plein, vivant, fun. Le sous grave est très bien traité et il est plus fourni que sur le HD800. L’amateur de musiques électroniques que je suis apprécie ! La liaison avec le bas médium est excellente et l’écoute ne manque en aucun cas de fondations.

Médium

Le médium est neutre, dans le sens où aucune emphase ou coloration euphonisante ne s’invite inopinément à l’écoute. On retrouve ici la sensation générale de cohérence qu’offre l’AKG. Les guitares n’agressent pas mais ne manquent en aucun cas d’énergie ou de corps. À la limite, on regrette presque le manque de parti pris. Assurément, le K812 ne choquera aucun auditeur. Pas de sensation d’excès comme on peut le ressentir avec le Stax SR404 ou le Koss ESP950. Les voix, en particulier, sont ici bien traitées et se détachent du reste de l’instrumentation  ; elles offrent ainsi une articulation et une lisibilité excellentes sans être criardes ou nasales. Pourtant une sibilance peut se faire entendre et commence à apparaître… C’est là le point qui fâche.

Haut médium et aigu

Le haut médium et l’aigu du K812 sont définitivement plus problématiques. Certes, ce secteur est légèrement moins en avant que celui du HD800 ou du Stax, mais on s’aperçoit pourtant assez rapidement que l’AKG agresse sur un certain nombre d’enregistrements. Le phénomène est d’autant plus sensible qu’on monte le volume d’écoute. Parfois la gêne est indiscernable et parfois elle est insupportable. Dans les mauvais moments, l’aigu du K812 est définitivement agressif et occasionne des sibilances très notables rendant l’écoute fatigante. Les violons crient, les trompettes percent, les cymbales font grincer des dents, les « s » des voix chuintent. La faute en incombe assez certainement un niveau de distorsion un peu plus élevé dans ce registre (cf. mesures). Le plus surprenant, c’est que le phénomène semble très dépendant de l’enregistrement. Certains passent, d’autres pas et ce n’est pas forcément dépendant de la qualité intrinsèque globale dudit enregistrement. Évidemment plus on écoute fort et plus le phénomène est notable, bien que la sensibilité de chacun puisse altérer grandement la perception de l’aigu.

Dynamique en berne ?

En dehors de ces points, cet AKG m’aura posé un autre « problème » durant le mois où je l’ai eu en écoute. En fait, j’ai toujours eu envie de monter le son pour aller chercher quelque chose que je ne suis jamais arrivé à trouver. Pourtant, le casque est homogène malgré ses quelques carences et ne manque pas d’énergie et de fun factor… mais quelque chose fait défaut. En fait, après de longues comparaisons avec le HD800 et le Stax en particulier, je crois que l’AKG tend à compresser la dynamique et que du coup, il entame ses capacités à reproduire à la fois les nuances les plus subtiles et les ambiances de la musique. Oui, on a du détail. Oui, le casque offre du rythme, mais j’ai trouvé qu’il n’arrivait pas à offrir le réalisme et donc l’immersion qu’offre un HD800. Voilà quel était le manque que j’évoquais un peu plus haut à propos du soundstage. Dès lors, je me suis très souvent retrouvé à monter le volume pour chercher plus d’immersion et finalement ne récolter qu’un aigu encore plus agressif. Autant c’est quelque chose que je pourrais aisément pardonner à un casque de milieu de gamme, autant je trouve que ce défaut est rédhibitoire pour un flagship lancé à presque 1500€.

Je me dois pour autant de rester précautionneux face à cette constatation. En effet, malgré des spécifications techniques qui laisseraient imaginer que ce casque est très facile à alimenter, j’ai eu la ferme impression que l’AKG812 nécessitait une amplification bien choisie pour donner le meilleur. Un rendu idéal est bien souvent le résultat d’une synergie particulière entre le casque et son amplificateur. Peut-être n’avais-je donc pas la chaîne idéale pour pousser le casque dans ses derniers retranchements. Néanmoins, je ne suis pas le seul à avoir fait ce constat de manque de dynamique du K812.

Le mieux sera comme d’habitude que vous vous fassiez une idée par vous-même.

Conclusion

 

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Le K812 offre donc un bilan plutôt bon mais avec quelques réserves. Si l’on fait abstraction des défauts techniques, il reste que le K812 est un casque vraiment sympathique, très agréable et très polyvalent. Je ne crois pas avoir noté dans mes écoutes un style de musique où l’AKG s’est révélé mauvais. En dehors des enregistrements où son aigu est désagréable, le K812 assure. En contrepartie, je trouve qu’il n’offre pas de sensations exceptionnelles. Je n’ai jamais eu l’impression d’être emporté par la musique.

J’ai tendance à dire que c’est un casque finalement assez facile, qui pourra plaire à tout le monde. Sa superbe plastique, son excellente finition et son positionnement luxe valoriseront à coup sûr son propriétaire. L’amateur très (trop?) exigeant lui préférera sans doute du matériel à la fois plus performant et doté d’une plus forte personnalité.

Pour mettre les choses dans leur contexte et si je me base sur mes goûts personnels, j’aurais bien plus de facilité à vivre avec un K812 qu’avec un Beyerdynamic T1 par exemple. Pourtant, ce dernier me semble offrir des qualités supérieures (soundstage précis et meilleur niveau de détail) et il est maintenant vendu bien moins cher.

Compte tenu du tarif très élevé et en regard de la concurrence, une note de 4 étoiles sur 5 semble juste et le positionne par exemple à égalité avec l’Edition 12 que j’avais également beaucoup apprécié.

 

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6 réponses à “[Test] AKG K812

  1. Très belle rédaction Sorrodje j’ai l’impression d’avoir écouté cet akg sans jamais l’avoir coiffé. Ton test, comme ton article sont particulièrement bien construits. Félicitations.

  2. Pour la vision globale du casque, je suis d’accord avec le test de Sorrodje : aération, peu de coloration du son & du détail.

    Concernant la synergie, je conseille plutôt des amplifications transistor, que des amplifications tubes pour ce K812.
    Sinon, on a cet effet de compression de dynamique; je n’ai pas apprécié ce casque sur tous les amplis tubes dont j’ai pu essayer (Little Dot III et IV SE, AudioValve RKV III, WOO Audio WA7 & Vincent Audio KHV-1).

    Pour les aigus et la distorsion, je ne me prononce pas sur la partie évoquée par Sorrodje, car je n’ai jamais ressenti ce problème (bien que mon audition soit encore excellente et contrôlée régulièrement).

    Et pourtant, il se révèle extrêmement tranchant sur des masters trop poussifs; j’utilise ce casque (ainsi que le STAX SR009 pour les instrumentations classiques) pour valider ou invalider les versions d’albums dont je souhaite garder en archives.
    Ce casque était présenté lors de sa sortie comme un casque pour professionnels de la musique, et non pour mélomanes / audiophiles.

    Un casque plutôt à privilégier sur des musiques modernes, en particulier de l’électro.
    Sur des instrumentations plus classiques ou jazz, il aurait tendance à ne pas assez enjoliver l’écoute.

    Par contre, j’ai une préférence pour le maintien de tête du K812 face au HD800, bien que le poids soit un peu supérieur.
    Le système de suspension, de type ‘gimbal’, permet de mieux ajuster à la forme du crâne en latéralité.
    Grosse remarque : le système, situé entre le cadre du casque et les oreillettes, est extrêmement fragile (lames en feuilles d’aluminium d’un millimètre d’épaisseur).
    Donc ce casque est à transporter bien protégé dans sa boîte ou même une valise de transport.

    La forme étudiée des pads permet de mieux fermer l’espace derrière la condyle mandibulaire, ce qui permet d’avoir une chambre acoustique bien close (sur le HD800, j’ai une légère fuite arrière et je peux facilement passer l’index entre le pad et l’espace derrière la mâchoire).

    Pour le câblage, je suis d’accord sur la prise Jack employée qui ne correspond pas à la gamme, mais moins sur le diamètre de câblage, qui ne ferait qu’alourdir un côté du casque et rendrait son confort bien moindre pour l’utilisateur.

    Le prix initial de 1599€ est bien trop élevé, son positionnement marketing a été une erreur lors de son lancement.

  3. Merci pour les commentaires ;)

    @Zet : mouairf. :mrgreen:

    Je retenterai à l’occasion sur un autre ampli pour en avoir le coeur net mais j’écoute majoritairement de la musique offrant des qualités d’enregistrement et de mastering au dessus de la moyenne (Classique et Jazz enregistré au XXIème siècle) et c’est sur ces musiques que le K812 est pour moi le plus à la peine. A la limite , c’est un casque que j’aurais eu justement tendance à utiliser pour de la musiques compressée à mort. D’où les bons résultats chez moi avec de l’électro par exemple. Le scintillement de l’aigu est vraiment dur à supporter sur les musiques acoustiques , les cordes en particulier.

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